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Articles (787)
- Montréal-Nord. Une clinique de proximité par et pour les citoyenn·e·s
À Montréal-Nord, des citoyen·ne·s construisent une clinique communautaire de proximité, fruit d’un partenariat regroupant Parole d’excluEs, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et la Société d’habitation populaire de l’Est de Montréal. Ce projet repose sur une vision élargie de la santé qui postule que les besoins de la communauté doivent être au cœur de l’approche des soins, et dans laquelle les citoyen·ne·s sont appelé·e·s à jouer un rôle actif aux côtés des professionnelles de la santé.
- La fin du monde chez les Mayas
La nouvelle ne pouvait pas tomber à un meilleur moment. Si vos REÉR ont fondu, si votre courtier s’appelle Vincent Lacroix ou Bernard Madoff, ne vous en faites pas trop, car vos souffrances seront de courte durée : avec leur sagesse séculaire, les Mayas ont prévu la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Je laisse à d’autres le soin d’analyser pourquoi certaines sociétés, à certaines périodes, sont particulièrement friandes de telles nouvelles pour m’intéresser à l’idée de « fin du monde » chez les Mayas d’hier et d’aujourd’hui.
- Reprendre parole. Entrevue avec la maison d’édition Diverses Syllabes
Nouvelle maison d’édition fondée à l’été 2020, Diverses Syllabes a soulevé un grand intérêt dans le milieu littéraire et au-delà. À bâbord ! a rencontré trois des co-fondatrices.
Version intégrale de l’entrevue parue dans le numéro 86 de la revue.
Avec Sayaka Araniva-Yanez, Brintha Koneshachandra et Paola Ouedraogo
Propos recueillis par Alexis Ross
- Les mouvements pour un salaire étudiant
Nous publions ici la version intégrale d’un article d’Aurélien Casta paru en version abrégée dans le magazine des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE). L’auteur remercie les membres des CUTE et en particulier Annabelle Berthiaume pour leur proposition et leur relecture des différentes versions de ce texte, ainsi que Maud Simonet, Bernard Friot et Laura pour leurs suggestions.
- Les limites de l’Europe
Une situation de violence structurelle s’abat aujourd’hui plus que jamais sur les populations en situation de vulnérabilité cherchant refuge en Europe. L’incapacité des leaders européens à accueillir et à intégrer ces réfugié·e·s demandeurs·euses d’asile expose les limites du droit européen et international, de même que celles du projet européen dans son ensemble. À bâbord ! a rencontré François Crépeau, professeur de droit international à l’Université McGill et Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’Homme des migrants, pour discuter des problèmes et défis mis en lumière par ce déplacement inévitable de populations. Résumé critique d’une crise politique.
- Expériences limites
« En fin de compte, tout ce que je puis dire de véridique d’Alfa (…),
c’est qu’elle m’a rendu fou : mais je plains ceux qui méprisent ce genre de folie. »Olivier Rolin, Méroé
- Esquiver la surveillance numérique
Je réponds ici à trois questions : quels sont les meilleurs moyens pour s’assurer qu’une action ne soit pas découverte avant sa mise en œuvre ? Y a-t-il des outils qui permettent de limiter la surveillance en ligne et si oui, lesquels ? Comment limiter les pistes laissées derrière soi en cas de risque de poursuite au criminel pour soi ou pour les allié·e·s ?
- Au sujet de certaines formes de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États
Voici une liste provisoire et non exhaustive de certains types de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États qui ont pris forme au sein de divers modes de production qui se sont succédé dans l’histoire (la commune primitive, le mode de production esclavagiste, le mode de production féodal, le mode de production capitaliste, le mode de production « socialiste » et le mode de production « communiste »). Les concepts énumérés ici sont définis, par ordre alphabétique, dans un lexique qui apparaît dans la deuxième partie du texte.
- Les limites de l’enseignement à distance
Connaissez-vous ce mot relativement nouveau, MOOC ? C’est l’acronyme de Massive Online Open Course, autrement dit : cours en ligne offert à un grand nombre de personnes. On réfère par là à des pratiques relativement nouvelles en éducation, notamment en éducation supérieure, qui proposent un enseignement à distance qui fait usage des importantes ressources d’Internet et qui, en effet, peut être dispensé, gratuitement ou à un coût très minime, à un grand nombre de personnes qui peuvent en outre interagir entre elles.
- Les positions syndicales implicites, un frein au changement ?
Les différentes visions du syndicalisme ne sont pas suffisamment expliquées et débattues. Elles déterminent pourtant les orientations, les moyens d’action et même le fonctionnement des syndicats.
- La relance de la lutte sociale
Il est trop tôt pour proposer des analyses approfondies, et encore moins un bilan de la grève étudiante. Mais on peut déjà formuler un certain nombre d’observations sur la nature de cet événement extraordinaire qui rappelle, par certains aspects, le Mai 1968 français.
On notera d’abord qu’il s’agit sans doute, par son ampleur et son intensité, de la grève la plus longue et la plus massive que le Québec ait connue. Pour en trouver des équivalents, il faut évoquer des précédents aussi (…) - La communauté sourde québécoise
En avril 2013, lorsqu’on discutait sur toutes les tribunes du projet de loi 14 portant sur l’avenir du français, un animateur de la radio de Radio-Canada a eu une réaction de surprise lorsqu’une collaboratrice de l’émission, Eve-Lyne Couturier, lui a mentionné qu’une coalition d’organismes représentant la communauté sourde du Québec demandait un amendement à la Charte de la langue française pour y inclure une reconnaissance officielle de la langue des signes québécoise (LSQ).
- Les limites de l’hagiographie
Même s’il n’a jamais pu accéder au grand rôle politique auquel il était en droit d’aspirer, Gérald Godin a su s’affirmer comme un député et un ministre importants durant les deux premiers mandats gouvernementaux du Parti québécois à l’Assemblée nationale. Après la défaite électorale de sa formation politique en 1985, malgré une tumeur cancéreuse au cerveau qui ralentissait considérablement le rythme de ses activités, Godin a exercé, dans l’opposition officielle, ses fonctions de député avec dignité et professionnalisme jusqu’à la fin du dernier mandat qu’on lui a confié.
- Les limites de Labonté
Début juin 2007, un poignard dans le dos des jeunes punks du centre-ville : l’arrondissement Ville-Marie annonce qu’il met en application un règlement interdisant les chiens dans les Carrés Berri et Viger. Le jour de son entrée en vigueur, la place se vide. Le message, craché à grands coups d’encre et de flashes, a été compris. Plus besoin d’émettre des tickets, les jeunes et les chiens ne circulant plus dans ces endroits normalement fortement fréquentés. En somme, la situation n’est pas en constante dégradation, elle s’est déjà dégradée depuis les 15 dernières années. Ce n’est que la façon de « gérer » l’espace public par nos forces de l’ordre qui a changé. Constats et espoirs…
- Projet de loi 2 : les corps trans contre l’État
La reconnaissance identitaire est un des points centraux des militances trans et non binaires contemporaines. Rien de surprenant quand on sait le temps que nous mettons chaque jour à négocier nos identités avec les institutions et les personnes cis [1]. Mais la récente lutte contre le projet de loi n°2 nous enseigne les limites d’une approche minoritaire et nous invite à remettre le corps au centre de notre projet politique.
- Les luttes environnementales au lendemain de la COP21
Les lendemains de la COP21 en 2015 sont loin des lendemains dépressifs de la COP15 à Copenhague. L’échec de cette conférence de 2009, après avoir été souvent durement ressenti, a finalement donné une impulsion nouvelle aux résistances et aux alternatives.
- Le programme "Bleu, Blanc, Bouge"
Au Canada, les problèmes de surpoids et de manque d’activité physique deviennent de plus en plus alarmants. En effet, selon une enquête menée par Statistique Canada et publiée en 2011, 85 % des adultes et 93 % des enfants et des jeunes Canadiens n’atteignent pas le niveau minimal quotidien d’activité physique nécessaire pour maintenir une bonne santé et un bien-être satisfaisant (Statistique Canada, 2011). Selon le Canada’s House of Commons Standing Committee on Health, le Canada présente l’un des plus hauts taux d’obésité infantile du monde dit développé et se classerait au 5e rang parmi les pays de l’OCDE.
- L’archivage culturel, une responsabilité collective
Même si elle n’a plus la cote depuis l’ère numérique, la télé est toujours parmi nous et demeure très influente. Depuis 70 ans, elle marque notre imaginaire collectif et notre discours politique. Pourtant, on ne l’archive pas de manière systématique. Ce travail dépend en grande partie de passionné·es et de militant·es. Regard sur deux documentaires qui soulignent cette tâche essentielle, ainsi que l’état inquiétant de l’archivage culturel à l’ère numérique.
- Faire partie d’un tout
En septembre 2018, je vivais à Montréal, dans un appartement de la rue Beaubien dont le salon était constamment inondé de lumière et où la porte donnant sur le balcon restait ouverte même la nuit. Dehors, il faisait si chaud qu’on n’osait plus en parler, mais malgré les meubles fondants, l’air collant et les corps coulant le long des rues, le quartier demeurait bien vivant. Les parcs étaient saturés de bermudas et de pique-niques improvisés. La bière était froide, les oranges juteuses, les conversations passionnées et les amitiés, sincères. Et moi, moi je mangeais du soleil et de la salade verte en pensant que, forcément, il y avait dans cette infinité de rues, de couleurs et de possibilités, une place qui me revenait. Un matin, je m’éveillerais en disant « je suis chez moi » et en y croyant.
- Les Crypto Wars
La cryptographie fait partie de nos activités quotidiennes. Si nous sommes capables de naviguer sur le Web sans être constamment exposés à des virus ou logiciels malveillants, effectuer des transactions bancaires sans crainte de fraude, ou encore échanger des communications privées avec des collègues ou ami·e·s, c’est grâce à l’implantation de systèmes cryptographiques robustes.
- Que peut-on attendre du tramway ?
L’annonce du projet de réseau structurant de transport en commun (RSTC) à Québec a fait couler beaucoup d’encre et nourri de nombreuses tribunes, chacun y allant de son interprétation et de sa lecture. Dans les discussions ayant eu lieu autour du tramway et de ses effets, la science a été mise de côté pour faire place aux opinions. Ce texte propose d’explorer les impacts possibles sur la base de faits, soit d’études reconnues et publiées.
- Pourquoi je suis devenue une pornstar
On imagine souvent que les personnes en situation de handicap sont dans le chemin, qu’elles sont sans importance ou qu’elles ont besoin d’aide. On dit qu’elles sont une « source d’inspiration » quand elles font des choses ordinaires. On les pense moins capables ou pas aussi bonnes que les personnes « normales » (un terme qui est aussi problématique). Ces attitudes renforcent et perpétuent des politiques et des pratiques qui associent handicap et non-désirabilité.
- À nous la ville !
Les gouvernements municipaux sont à l’image de la politique à plus grande échelle. Ils en sont même parfois la caricature tristement grossie : faible participation électorale, assemblées dysfonctionnelles, recours au huis clos, budgets d’austérité, privatisation des services, tarification, discours anti-impôts, ligne dure envers les employé·e·s syndiqué·e·s, collusion, corruption, malversation, etc. La bonne foi voudrait que nous présentions les municipalités comme ces essentiels « gouvernements de proximité ». Mais de quelle « proximité » s’agit-il ? Celle des leviers les plus directs pour affirmer et concrétiser nos volontés démocratiques ou bien celle des effets les plus immédiats quant aux décisions prises ailleurs et sur lesquelles nous n’aurions plus aucun contrôle ?
- Attaques contre le droit à l’avortement
Le 28 janvier 2013 a marqué les 25 ans du jugement Morgentaler, qui a permis la décriminalisation de l’avortement au Canada. Il importe de le célébrer, tout en restant sur nos gardes. En effet, au cours des 25 dernières années, plus de 45 motions et projets de loi ont été déposés au fédéral afin de tenter de limiter ou d’interdire l’avortement… Et ça continue encore aujourd’hui.
- Le capitalisme est-il moral ?
André Comte-Sponville, Le capitalisme est-il moral ?, Albin Michel, Paris, 2004.
- Les hauts et les bas de la culture numérisée
Quand le gouvernement a annoncé les mesures de confinement le 15 mars, il était évident que ce serait une catastrophe pour la culture. Ce qui a par ailleurs été rapidement confirmé. Des programmes gouvernementaux ont été mis en place pour éviter le pire, surtout la Prestation canadienne d’urgence (PCU) dont ont profité les gens de la culture. Ce qui n’enlève rien au fait que ces derniers se sont retrouvés devant un champ dévasté.
- Ce que vous devez savoir sur la neutralité du Net
Nous sommes en 2017. À la suite d’une valse de fusions, l’accès à Internet, au Québec, est offert par seulement deux fournisseurs : Cogeco/Telus et Vidéotron/Rogers. Si vous choisissez le premier, vous disposez d’un accès ultra-rapide au réseau TQS, ainsi qu’au Itunes Media Store, grâce à un partenariat avec Apple. L’autre option vous permet d’accéder à l’ensemble des produits culturels de la nébuleuse Quebecor, ainsi qu’aux services de YouTube et de Google. Réfléchissez bien à votre choix, parce que la connexion sera d’une lenteur incommensurable si vous voulez explorer les sites web du compétiteur. Et les créations des amateurEs, les blogues citoyens, baladodiffusions et autres innovations ? De l’histoire ancienne. Scénario-catastrophe émanant d’un conspirationniste délirant et paranoïaque ? Espérons-le.
- Décroissance : adaptation ou mutation ?
Les changements climatiques, et même l’actuelle pandémie, sont les conséquences de notre dépendance à des ressources naturelles existant en quantité limitée. Ces perturbations nous obligent à réfléchir à de nouveaux modèles de société.
- Sommet du G7 : le nécessaire sabordage
Pour la première fois, le Québec a accueilli le G7, ce club sélect de pays parmi les plus puissants au monde, les 8 et 9 juin derniers. Une rencontre dont le coût est nécessairement très élevé, ne serait-ce que pour assurer la sécurité des chefs d’État présents. Tout cela pour un groupe sans légitimité.
- L’avortement en Amérique latine : excès d’objections de conscience
En Amérique latine, l’avortement est généralement illégal ou autorisé uniquement pour sauver la vie de la mère. C’est une situation qui ne trouve son pendant qu’au Moyen-Orient et en Afrique, exception faite de la Tunisie. Ces dernières années, quelques pays latino-américains ont gagné de chaude lutte sa décriminalisation partielle. Néanmoins, la multiplication des recours à « l’objection de conscience » de la part du personnel soignant tend à limiter l’accès aux interruptions de grossesse.
- La Gaspésie face aux enjeux du 21è siècle
Depuis 2014, le Forum régional sur le développement Gaspésie 21e offre un espace de réflexion et d’échanges entre des chercheurs·euses de différents horizons du développement régional au Québec et les intervenant·e·s du milieu gaspésien. La démarche cherche également à initier les étudiant·e·s aux questions du développement des régions du Québec.
- Bloquer pour construire
Avec de la persistance et de l’imagination, on peut sortir des sentiers battus et rendre bien réelles de petites utopies : créer des monnaies locales, vivre sa propre transition écologique, pratiquer une agriculture saine et de proximité, éliminer les combustibles fossiles. Beaucoup de ces projets sont cependant plus fragiles qu’on le croit et peuvent passer sous le rouleau compresseur du libre-échange et de l’extractivisme.
- L’État, les moeurs et la morale
La philosophie morale de Ruwen Ogien, complexe et pleine de subtilités, ne m’a pas laissé indifférent. Au contraire, provocante, elle m’a profondément questionné. Vous ne trouverez pas toutefois ici une synthèse analytique de sa pensée développée dans de multiples ouvrages. J’utilise trois de ses livres (L’éthique aujourd’hui, La guerre aux pauvres commence à l’école et L’État nous rend-il meilleurs ?) pour clarifier et préciser les rapports que j’entrevois entre État, mœurs et morale.
- Tergiversations écologiques
Si l’année 2012 fut marquée par la question étudiante qui provoqua la plus grande crise sociale des 30 dernières années, l’année 2013 aura été sans conteste celle des enjeux énergétiques. Pour comprendre cette transformation du débat public qui a complètement basculé en l’espace d’une année, il faut replacer la trajectoire économique, politique et idéologique du Parti québécois à l’intérieur de ce que nous pourrions appeler une « charnière historique » entre la fin d’une période libérale et la consolidation d’un nouveau régime.
- Chomsky, le langage et la créativité ordinaire
La créativité et la liberté sont des thèmes centraux dans le travail de Noam Chomsky. Avec Descartes, il pense que les êtres humains sont dotés de libre arbitre. Avec les anarchosyndicalistes, il soutient que les êtres humains se réalisent dans des actions et par du travail créatif, tout spécialement dans du travail utile à autrui.
- Debout
Le 25 juin 2013, la sénatrice texane Wendy Davis enfilait une paire de chaussures de course roses pour pouvoir tenir le coup pendant un filibuster historique : treize heures sans s’asseoir ou prendre appui, sans boire ni manger, sans quitter sa place ni le fil d’un discours écrit en opposition à un projet de loi dont l’objectif était non seulement de réduire aux vingt premières semaines de grossesse le droit des femmes à l’avortement (et encore, dans des circonstances quasi exceptionnelles), mais de limiter radicalement leur accès à des cliniques (dont le nombre sera ramené, puisque le projet a finalement été adopté le 13 juillet, de 42 à 5).
- Le budget participatif
À la suite des révélations quant à l’existence de la corruption dans les municipalités au Québec, comment expliquer qu’il n’y ait pas eu un plus grand nombre de citoyennes et de citoyens réclamant des comptes à leurs éluEs ? Depuis quelques années déjà, plusieurs faits permettaient pourtant de présumer qu’un certain nombre de nos représentantEs et fonctionnaires « s’en mettent plein les poches », ou à tout le moins abusent du système. Une question s’impose donc : comment éviter que cela ne se reproduise ?
- Externalités et économie de l’environnement
Le marché est, selon son modèle théorique, un mécanisme efficient qui permet d’optimiser l’utilisation des ressources limitées d’une société – ressources naturelles, main-d’œuvre, capital et technologies – afin de satisfaire en biens et en services les besoins des consommateurs. Pour les tenants du tout au marché, ce dernier incarne la forme la plus achevée de la démocratie.
- Du Chili au Québec : Radicalisation des crises étudiantes
Avec un étonnant parallélisme, le printemps érable suit pratiquement les mêmes traces que son « jumeau austral », le printemps chilien. De simples conflits étudiants, qui auraient pu se « régler » après quelques semaines de grève, se radicalisent et se transforment en des mouvements multisectoriels questionnant les fondements mêmes de ce qui les nie : une forme restreinte de démocratie, qui marchandise des droits, criminalise la dissidence et prétend limiter la participation citoyenne à un périodique suffrage universel.
- Peut-on encore vivre de son art ?
Il devient de plus en plus difficile aujourd’hui de gagner sa vie par un travail d’artiste. Nos sociétés archi fonctionnelles arrivent difficilement à intégrer une matière aussi insaisissable et imprévisible que l’art à ses structures économiques. L’archivage illimité et l’accès gratuit à d’innombrables oeuvres sur Internet permettent au public de cueillir des chefs-d’oeuvre en série, sans penser aux intérêts de ceux et celles qui les ont conçus. Dans cette abondance, il y aura toujours des artistes prêts à travailler pour moins, dans le but de se faire connaître.
- La politique selon Jacques Rancière
Les textes rassemblés par Martin Jalbert dans Moments politiques de Jacques Rancière portent sur plusieurs épisodes de la vie politique et intellectuelle de l’auteur : de son attitude face aux nouveaux philosophes (largement à l’origine de la pensée néoconservatrice de l’Hexagone) à la guerre du Golfe de 1991 en passant par les lois inhospitalières faisant de la figure des immigrés des boucs émissaires. Le livre nous donne à lire la mise à l’épreuve d’une pensée affinée au crible d’enjeux sociopolitiques d’actualité pour lesquels la pensée critique et émancipatrice n’est pas toujours d’un grand secours.
- Henri Lefebvre et la production de la banlieue
Crise économique oblige, il semble que nous n’ayons plus les moyens de mener le train de vie de l’État-providence. Il faut augmenter les tarifs des services dont la santé et l’éducation, revoir les règles de gouvernance économique, l’évaluation des risques, les attentes de profits. Sauf que personne ne questionne ses pratiques spatiales. Outre la remise en question de la « gratuité », fort peu pour affecter nos façons de faire hormis ces normes comptables. Du coup, la responsabilité se trouve rejetée vers un « autre » commode : le gestionnaire ou le politicien qu’il s’agit dorénavant de discipliner.
- Délire sécuritaire et privatisation de l’espace
Verrous, grillages, agents de sécurité et vidéo-surveillance : les lieux publics semblent assiégés par le crime. Voyage en Amérique du Nord et du Sud, où les barrières de sécurité confondent la limite entre l’espace privé et l’espace public.
- La décroissance
Engagement politique et dévastation de l’économie productiviste
Notre génération, rencontrant les limites de la biosphère, possède considérablement plus de responsabilités du point de vue politique et moral que les « générations anciennes, dont on peut dire aujourd’hui, par contraste avec nous, qu’elles ne savaient pas ce qu’elles faisaient ».
Bref, le progrès est devenu problématique. Comment pouvons-nous encore avoir confiance dans ce monde marchand qui s’accroît aux dépens de nos (…) - La maladie du profit
Après avoir été débouté à plusieurs reprises, Jacques Chaoulli, un médecin insatisfait de la structure du système public de santé du Québec, a finalement eu gain de cause en Cour suprême. La Cour a rendu une décision très divisée (4 juges contre 3) le 9 juin 2005. Le gouvernement libéral du Québec propose, via le projet de loi 33, trois moyens pour remédier aux listes d’attente : un mécanisme central de gestion de l’accès, la création de cliniques médicales spécialisées (CMS) et l’autorisation limitée de l’assurance privée duplicative, c’est-à-dire une assurance qui se superpose à l’assurance maladie publique. Or, le mécanisme central de gestion de l’accès suffirait, puisque la Cour a basé sa décision sur l’existence de délais d’attente déraisonnables. Les deux autres moyens, les CMS et l’assurance privée duplicative, apparaissent donc comme des décisions de nature purement politique.
- Incarner nos aspirations collectives
Au-delà des vœux pieux et des professions de foi formulées à chaque congrès syndical, que peut-on faire, concrètement, pour qu’advienne le syndicalisme combatif que l’on souhaite ? Voici quelques moyens qui pourraient, selon nous, permettre d’atteindre ces objectifs.
- Splendeurs et misères des sciences
Alors que font rage les débats sur les vertus et les limites de la science, À bâbord ! a souhaité discuter avec Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec. Quels rapports établit-il entre les sciences, les médias, le pouvoir, l’accessibilité et la recherche ?
Propos recueillis par Isabelle Bouchard.
- La citoyenneté en marche
Au Canada, plus de la moitié des revendicateurs du statut de réfugié voient leur demande rejetée. Chaque année, environ 5000 demandeurs d’asile déboutés sont déportés du pays alors que de nombreux autres quittent « volontairement ». Depuis trois ans, les sans-statut algériens ont mis en lumière les limites de notre système démocratique et les événements entourant cette question nous amènent à reconsidérer la valeur et le rôle attribué à la notion de citoyenneté.
- Droit au logement au Québec. Le temps de faire des choix politiques conséquents
En septembre dernier, des militantes et militants pour le droit au logement ont marché les 560 km reliant Ottawa et Québec pendant 28 jours. Événement le plus ambitieux des 40 ans d’histoire du FRAPRU, De villes en villages pour le droit au logement visait à mettre en lumière les graves dénis du droit au logement et à réclamer des engagements ambitieux de la part des gouvernements afin d’y mettre un terme.
- Guatemala : promesses bafouées
Entre le 4 et le 9 octobre 2005, le Guatemala fut frappé de plein fouet par l’ouragan Stan. Selon la Coordination nationale pour la prévention des catastrophes (CONRED), l’ouragan causa la mort de 669 personnes, la disparition de 884 individus et détruit 9 136 habitations. Cette catastrophe mit en évidence la situation précaire des populations autochtones et le manque d’attention portée à leur égard par un État qui les a systématiquement négligées, en dépit des Accords de paix signés en 1996 [2]. En fait, les communautés rurales où vivent la majorité de la population autochtone sont les plus marginalisées du pays.
- Google. Ne pas être malveillant
En 2015, Google devient Alphabet, compagnie mère chapeautant une diversité d’entreprises et de services. Au moment de cette restructuration, le code de conduite de Google est modifié et ne comporte plus la devise « don’t be evil », pilier de la culture de l’entreprise depuis 2000.
- « Copagande », l’art de légitimer l’institution
Le maintien en place de l’institution policière dans nos sociétés suppose un travail considérable sur les esprits. Cela se voit notamment dans les œuvres cinématographiques et télévisuelles (Bon cop bad cop, De père en flic, 19-2, District 31, etc.) et dans de nombreuses opérations de relations publiques, allant de visites dans les écoles à la participation de policier·e·s à titres « d’expert·e·s » dans des médias d’information.
- Les nouveaux gatekeepers
Jusqu’à récemment, la question « faut-il publier ou pas ? » relevait du groupe relativement circonscrit des professionnel·le·s de l’univers de la diffusion médiatique. La donne s’est grandement complexifiée ces dernières années puisque la parole publique est accessible à un nombre beaucoup plus grand de gens, alors même qu’elle est encadrée, filtrée et exploitée avec une intensité inégalée par les plateformes corporatives que sont Facebook, Google, Amazon et Apple. Cette bouleversante irruption de nouveaux « gatekeepers » (ou « portiers des médias ») dans l’écosystème médiatique est un phénomène d’une portée politique déterminante. Parce que publier, c’est justement rendre public ce qui relevait jusqu’alors du privé.
- Ceci n’est pas une satire
Ainsi donc, Facebook teste un nouveau module auprès de certains cerveaux des êtres humains qui l’utilisent. L’entreprise avertira ses usager.e.s que la nouvelle qu’ils et elles ont sous les yeux est satirique. Une anecdote qui fait sourire, et pourtant…
- La foulosophie comme militantisme culturel
Qu’est-ce que la foulosophie ? C’est la rencontre entre la philosophie et la folie. Non pas selon une logique d’affrontement entre la raison et la folie, mais plutôt dans leur croisement fertile d’où émerge la folie raisonnée, une folie créatrice et culturelle hors normes mais contrôlée.
- À propos d’Aaron Swartz (1986-2013)... et des autres
C’est à moi que revient l’honneur et le plaisir de lancer le blogue de la revue. En ce qui me concerne, j’ai l’intention de publier des réflexions plus ou moins spontanées et pas toujours abouties, mais qui, je l’espère, sauront néanmoins stimuler les esprits et enrichir les débats.
Je me lance.
- Collectivités territoriales. Champ de lutte pour un avenir viable
Les gouvernements du monde échouent au test de la responsabilité climatique et écologique. Impuissants à faire sauter les verrous d’un système qui menace la vie sur terre, ou peu enclins à le faire, ils continuent contre tout bon sens à professer l’idéologie de la croissance en prêchant un soi-disant équilibre entre des choix économiques mortifères et des écosystèmes à l’agonie.
- Nos corps de jeunes vieilles, ils en pensent quoi du féminisme ?
Comment se définir comme femmes et féministes vieillissantes dans nos sociétés contemporaines plurielles ? Quels dialogues se forment entre le corps et l’idéation de son contrôle ? Voilà des questions que nous nous proposons d’élucider à travers la socioanalyse d’une discussion entre neuf femmes âgées entre 35 et 45 ans [3].
- Splendeur et misère des coalitions
Les causes se gagnent plus facilement quand l’union fait la force. Syndicats et organisations citoyennes jugent souvent nécessaire de former des coalitions afin de mettre en commun leur énergie pour une cause particulière et lutter plus efficacement. Mais ces réseaux n’ont pas la vie facile, le plus souvent à cause d’un manque d’argent.
- Les mains invisibles de Saguenay
Un « vent de changement » a soufflé sur Saguenay le 5 novembre dernier. Plusieurs perçoivent, en effet, le départ de Jean Tremblay et l’arrivée de nouveaux visages comme la garantie d’un renouveau bienfaiteur. Il reste que redonner un sens démocratique à cet appareil municipal gangrené par le favoritisme et les abus de pouvoir s’avèrera une tâche complexe.
- Centre-Sud. Une histoire de quartier
L’Institut économique de Montréal (IEDM) a provoqué tout un débat cet été en publiant une note vantant les mérites de la gentrification dans des quartiers comme Hochelaga-Maisonneuve. C’est à se demander ce que dénoncent les voleurs de saucisses et autres barbouilleurs de vitrines.
- Consommer coûte que coûte ?
Né dans la baie de San Francisco il y a une dizaine d’années, le mouvement locavore encourage les consommateurs·trices à acheter des produits frais et de saison sur les marchés et auprès d’agriculteurs locaux. Mais au Québec, pays nordique où l’hiver dure plus longtemps que l’été, peut-on être locavore à plein temps ? Entretien avec Pascal Thériault, économiste, directeur des relations communautaires pour la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill.
- Privatisation de l’amitié et placement de produit
Pourquoi écrire sur Facebook aujourd’hui ? L’entreprise est si solidement implantée qu’elle s’impose comme une évidence, un poids lourd incontournable de la communication, un réseau aimé ou détesté, mais qui dépasse de loin tous ses concurrents. Un tel empire a nécessairement subi sa part de critiques. Pourtant il se maintient et se renforce, obtient un appui systématique même de ceux et celles qui s’y opposent, parce qu’ils n’ont pas le choix d’y adhérer, disent-ils. En ce sens, Facebook ressemble à bien des multinationales qui occupent presque une position de monopole.
- L’illusion démocratique
La grande force des dominants aujourd’hui est de s’appuyer sur le système politique le plus légitime qui soit, la démocratie, et de le vider de tout son sens. Les citoyens et les citoyennes ont parfois l’impression de pouvoir agir sur leur sort, en allant voter principalement, alors qu’en vérité ils sont bâillonnés. Ce détournement de la démocratie a comme principal effet de bloquer les solutions pour résoudre les crises qui s’accumulent.
- Le budget carbone du Québec
Tous les ans, dans les mois qui précèdent le dépôt des budgets gouvernementaux à Ottawa et à Québec, nous avons l’habitude de revivre un psychodrame sur l’état de nos finances publiques. Y aura-t-il ou n’y aura-t-il pas de déficit ? Est-il possible d’effectuer des compressions dans tel ou tel service de l’État ? Toutefois, jamais il n’est question de l’autre déficit que partage pourtant l’ensemble des pays « développés », soit le déficit carbone. Bon an mal an, le Québec se retrouve pourtant avec un déficit carbone de 11,3 mégatonnes de CO2, dans l’indifférence quasi générale.
- Perspectives douteuses à la lumière du droit récent
Il s’est passé des choses riches en contradictions, durant les mois de janvier et de février 2013, au sujet de la portée réelle des droits de négociation et de grève des salariéEs des secteurs public et parapublic et à propos de la reconnaissance, par le législateur, d’un éventuel droit de grève étudiant accompagné d’un régime de négociation. Dans l’ordre chronologique, il y a d’abord eu le jugement de l’honorable Claudine Roy, à propos de la requête syndicale portant sur le caractère inconstitutionnel de certaines dispositions de la Loi concernant les conditions de travail dans le secteur public (« loi 43 »). Ensuite, la publication par la clinique Juripop de l’étude de Guillaume Rousseau intitulée « La grève étudiante à la lumière du droit : de l’impasse judiciaire aux solutions politiques ». Enfin, l’analyse de l’Association des juristes progressistes dont le titre est « Grève étudiante : Perspectives juridiques et historiques ».
- La crise de la croissance
Depuis l’automne 2008, aucun reportage sur « l’état de santé » de l’économie mondiale ne passe à côté d’une question fondamentale : à quand le retour à la croissance ? Beaucoup d’efforts sont mis en place pour stimuler l’économie afin de retrouver rapidement le chemin d’une expansion soutenue et continue. Pourtant, les mêmes journaux télévisés qui, d’une voix, espèrent retrouver le chemin de la prospérité, se montrent de plus en plus soucieux de développement durable et de lutte aux changements climatiques. Il y a donc là imbrication de deux discours pourtant irréconciliables : d’un côté une défense non critique de la croissance économique comme souverain bien de la vie civilisée et, de l’autre, la reconnaissance de la nécessité de « protéger » l’environnement des activités humaines.
- Droit d’auteur ? Oubliez l’auteur
L’automne 2011 s’annonce chaud à Ottawa pour le secteur culturel. Outre l’impact que la lutte au déficit ne manquera pas d’avoir sur les arts et la culture en général, on assistera vraisemblablement dès la rentrée parlementaire au dépôt d’un nouveau projet de loi sur la Loi sur le droit d’auteur.
- Un grand pas en avant
La naissance de Québec solidaire en février 2006 a modifié le paysage partisan, comblant un espace laissé vacant, au fil du temps, par les autres forces politiques, notamment le Parti québécois. Dès le départ, QS prétendait dépasser de vieilles habitudes et mettait de l’avant le slogan « faire de la politique autrement ». Cinq ans plus tard, a-t-il relevé le défi ? Examinons les éléments d’un bilan peut-être précoce et sûrement incomplet.
- Recherche sécurité désespérement...
La cause semble entendue : sans flexibilité, point de salut. Ce leitmotiv, relayé par des organismes internationaux comme l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), présume que les rigidités du marché du travail sont à la source du chômage. Les gouvernements canadien et québécois ont largement adhéré à cette thèse. L’assouplissement des règles de sous-traitance, les atteintes au droit à la syndicalisation, les coupes au programme d’assurance-chômage, appelé désormais assurance-emploi, en sont autant de manifestations. Le refus de moderniser les lois du travail afin de mieux protéger les personnes à statut atypique et d’en limiter la progression va dans le même sens. En 1976, moins de 20 % des emplois étaient à temps partiel, sur appel, temporaire, contractuel, pour une agence de placement ou considéré comme autonome. Aujourd’hui, ces diverses formes d’emploi représentent plus de 37 % de l’emploi total.
- Antagonisme ou complémentarité ?
La violence entretient un lien paradoxal avec le politique. D’un côté, la fondation de l’État de droit se présente comme un acte de « pacification », mettant un terme à la « guerre de tous contre tous ». D’un autre côté, cette « pacification » n’est possible qu’à partir de l’imposition violente d’un hégémon sur les autres forces en présence. La nature violente de l’État de droit se dévoile à la vue de tous au moment des « états d’exception » ; au moment où, paradoxalement, l’État suspend les garanties constitutionnelles afin de préserver l’intégrité « menacée » de l’ordre constitutionnel. Mais l’état d’exception n’est que le révélateur du rapport inter-constitutif existant entre violence et politique.
- De l’État-providence à l’État-concurrence
L’automne 2008 semble déjà bien loin. Le temps d’une saison, il a été possible de croire que le développement du capitalisme financier avait atteint les limites de son extension et, dans la foulée de la crise financière, qu’il serait désormais possible de ramener un peu d’ordre et de bon sens à un système qui fonctionne à la démesure et à l’excès. Des géants tombaient : Fanny Mae et Freddie Mac (qui détenaient ou garantissaient 40 % du marché immobilier états-unien, soit 5,200 milliards de dollars), Lehman Brothers (actif total de 59 milliards de dollars) et une centaine d’autres institutions financières firent faillite en 2008-2009 aux États-Unis seulement. Parallèlement à ces faillites en rafale, on assistait à la nationalisation de certaines des grandes banques de la planète. Nous pouvions effectivement croire que l’ère de l’opulence et de l’arrogance néolibérale était révolue.
- Autogestion à RueFrontenac
Lors d’une soirée de discussion organisée par l’association de Québec solidaire de Mercier, le 29 septembre dernier, le journaliste Vincent Larouche, lockouté du Journal de Montréal (JdM), a soulevé de nombreuses questions sur l’autogestion, en évaluant la portée et les limites de l’expérience de RueFontenac.com.
- Montrer les dents
Ces dernières semaines, les populations nord-américaines ont ont connu des attaques historiques à l’endroit des organisations syndicales. Aux États-Unis, une douzaine de gouverneurs républicains tentent d’imiter Scott Walker du Wisconsin et de retirer aux employés syndiqués du secteur public le droit à la négociation collective. Les médias dominants présentent ces projets comme des mesures efficaces pour financer les caisses de retraite, minimisant les réductions salariales (…)
- Les gazous de la colère
Le 25 mai 2006 on a monté la rue Saint-Laurent, derrière la bannière de
Solidarité sans frontières
avec des semblants d’instruments, des embryons d’partitions,
et l’urgence de pas encore une fois, au pas, côte à côte, bien drilléEs,
répéter les mêmes slogansOn a joué faux, mais ça sonnait vrai
C’est le temps des agrais [4], de retour dans nos rues,
pour le temps d’un parfait crash sonore absoluDéfoncer les limites de l’acceptable
pour que l’odeur d’la mort devienne intolérable
qu’on la sente quand on passe à travers les façades
des images qu’les médias nous servent en rafale
des commentaires des experts qui réitèrent que
« l’enfer, c’est l’autre »
et que nos bombes les libèrent.C’est l’temps de garder le rythme comme on peut
le temps de taper plus fort si on veut
dérégler la cadence
réinventer les sens
faire taire les silences
c’est le temps de l’insolence.Tiré de « Honk You Very Much » (moyen métrage, O.D. Asselin, 2008),
texte d’une membre de l’Ensemble Insurrection Chaotique. - La pensée au service de l’action
Intellectuel engagé : c’est sous cette désignation commode que sont communément évoqués les intellectuels qui prennent position pour des causes spécifiques particulières ou encore, plus largement, pour des mouvements ou des partis. Jean-Paul Sartre en a incarné la figure paradigmatique à travers, notamment, son implication dans le Parti communiste en tant que « compagnon de route ». Chez Sartre, c’est d’abord un intellectuel qui s’engage, sur la base de sa production et de sa reconnaissance en tant justement que penseur et intellectuel, dans son cas « total », c’est-à-dire dominant dans plusieurs champs de la réflexion et de la création en art et en sciences humaines, et qui met son prestige au service des causes qu’il soutient.
- Défi ou hérésie ?
Dans La religion dans les limites de la cité. Le défi religieux des sociétés postséculières [5], nous avons déployé en quelque 140 pages ce que nous sommes invités à faire ici en 1 000 mots, soit « présenter notre position sur la place qu’il convient de faire à la religion dans l’espace public ». Soyons donc bref en retournant au titre de notre ouvrage comme élément de réponse.
- Apocalypse et utopie
On compte qu’entre le deuxième siècle avant l’ère chrétienne et le neuvième siècle de l’ère chrétienne, plus de deux cents apocalypses ont été rédigées par les communautés chrétiennes et juives. Aucun de ces livres apocalyptiques n’a été intégré dans le canon de ces deux communautés religieuses, à l’exception du livre de Daniel, dans la Bible hébraïque, ainsi que du livre de l’Apocalypse (Ap) du Nouveau Testament, dont la canonicité fit difficulté pendant les quatre premiers siècles de l’ère chrétienne. Mais quelle révélation (c’est ce que signifie le mot apocalypsis) cette littérature porte-t-elle au langage ? À cette question, les réponses données au cours de l’histoire ont été multiples. On comprendra donc que, pour des raisons d’espace, mon propos se limitera au livre de l’Ap et que la place nécessaire à son analyse détaillée me fera défaut.
- Le Collectif de recherche sur l’autonomie collective
Quel pouvoir de transformation portent les acteurs et actrices sociaux dans les sociétés actuelles ? Une réponse courante consiste à évaluer leur potentiel de résistance en fonction de leur aptitude à influencer l’orientation des politiques étatiques ou à intervenir dans les processus de prise de décision des autorités. Cette conception apparaît pourtant fort limitée et n’éclaire qu’une seule dimension du changement social et politique. Elle repose effectivement sur une définition restreinte du pouvoir, désignant alors les rapports entre dominantes et dominées, plutôt que sur une conception large qui inclurait la capacité des personnes concernées à agir sur elles-mêmes et sur leur milieu de vie.
- Internet comme mirage pédagogique
Je suis très loin d’être un technophobe et j’utilise au contraire beaucoup et apprécie énormément l’ordinateur, Internet, de nombreux logiciels et des tas d’innovations de l’ère numérique. Tout cela, je le reconnais, a souvent rendu ma vie et certaines des tâches que j’accomplis plus faciles. Pourtant, ce n’est pas sans un grand malaise que j’entends certaines personnes vanter les bienfaits pédagogiques qu’il faut attendre de toutes ces innovations. Je l’avoue : j’ai très souvent de sérieux doutes et de grandes réserves devant les promesses que me font tous ces technophiles.
- Tromperies et reculs à l’aide sociale
Le 13 décembre 2002, l’Assemblée nationale du Québec adoptait à l’unanimité la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Cette loi visait et vise toujours à engager le gouvernement et la société québécoise à « tendre vers un Québec sans pauvreté ». Deux ans plus tard, une réforme de l’aide sociale en trois morceaux – le projet de loi 57 – s’avère l’une des pièces les plus empoisonnées de l’automne politique. Le gouvernement prétend appliquer la loi sur la pauvreté. En réalité, il l’enfreint grossièrement. Il y a ici un test pour les processus démocratiques. Et un autre pour l’action citoyenne.
- Une boussole pour le changement social et politique
La démocratie participative, on commence à en parler partout au Québec. Ateliers de formation organisés par Alternatives ou le Repac, discussions à l’UFP ou dans diverses organisations populaires, projet de budget participatif dans certains arrondissements de Montréal : la voici à l’ordre du jour, avec sur toutes les lèvres la référence quasi magique à Porto Alegre. Mais qu’y a-t-il de vraiment transposable au Québec dans cette expérience brésilienne ? En quoi pourrait-elle nous servir ici de boussole ?
- Les tribunaux contre la liberté
Avez-vous remarqué que l’État n’est jamais à cours de budget quand vient le temps d’attaquer judiciairement la dissidence ? Sommes-nous si dangereux que ça ? Peut-être que non. Mais serait-il dans l’intérêt de l’État d’attendre le jour où la dissidence représentera une menace digne de ce nom à l’égard de la minorité privilégiée ? Poser la question, c’est y répondre !
- Naissance et mort de la raison émancipatrice
Dans le cadre de cette chronique, débutée au dernier numéro, je cherche à élaborer un nouvel espace de réflexion pour le thème de l’émancipation (libération) en tenant à distance tout autant les formes substantialistes de construction de l’idéal libérateur – qui tendent à imposer une idée fixe et restreinte à la liberté à la diversité des aspirations et des luttes sociales –, que les dérives post-modernes abdiquant face à la nécessité de réaliser concrètement des changements sociaux au nom (…)
- Quelle alternative pour le journalisme ?
Il est assez difficile d’imaginer quelles formes pourrait prendre le retour à une pratique journalistique digne de ce nom, alors que la crise du politique qui sévit actuellement tend au contraire à délégitimer jusqu’à l’idée même qu’une parole puisse venir s’interposer entre le citoyen-consommateur et la « réalité » économique immédiate.
- Voir les sciences comme un fruit de la nature
Comment l’épistémologie des sciences a-t-elle évolué à travers le temps ? À bâbord ! s’est entretenu avec Serge Robert, qui nous propose une lecture « naturaliste » du travail scientifique pour éclairer nos discussions sur l’engagement et l’objectivité des scientifiques. Propos recueillis par Élisabeth Doyon.
- Il faut mettre fin à l’état d’urgence au Québec
La Ligue des droits et libertés (LDL)[ demande au gouvernement du Québec de mettre fin à l’état d’urgence qui est en vigueur depuis le 13 mars 2020. L’état d’urgence prolongé et la gouvernance par décrets qui en découle provoquent une rupture démocratique. Il est temps de déconfiner la démocratie.
Déclaration signée par 69 organisations de la société civile [6].
- La taxe foncière a fait son temps
Pour penser la ville de demain, il faut également penser son mode de financement. Or, la fiscalité municipale se limite essentiellement à la taxe foncière, qui n’est pas adaptée aux défis d’aujourd’hui et de demain. Un débat politique fiscal est de mise.
- Le chemin de la révolte. Entretien avec Dominic Champagne
Dominic Champagne est un auteur et metteur en scène au parcours théâtral tumultueux, allant de l’underground, avec Cabaret Neiges Noires, jusqu’au Cirque du Soleil à Las Vegas. Il est aussi l’un des artistes québécois dont les engagements sont les plus visibles et les plus percutants, principalement ceux en faveur de la protection de l’environnement. Il nous explique les liens qu’il entretient entre son travail d’artiste et ses interventions militantes. Propos recueillis par Claude Vaillancourt.
- Le travail invisible, angle mort des luttes sociales ?
Vous vous souvenez peut-être de la bande dessinée Fallait demander, publiée il y a un peu plus d’un an sur Facebook. La bédéiste Emma y abordait l’épineux sujet de la charge mentale, qui réfère au fardeau cognitif que portent beaucoup de femmes qui doivent « penser à » et s’assurer que « tout soit fait » à la maison. S’il ne s’agit pas d’un problème récent, il doit toutefois être élargi et examiné à nouveau par les mouvements féministes et progressistes.
- Racisme. Lire ensemble pour se libérer des oppressions
Le cercle de lecture sur l’histoire de l’esclavage est né à l’hiver 2018 pour renouveler l’enseignement de l’histoire au Cégep Marie-Victorin. Deux ans plus tard, il existe toujours et ses membres veulent partager avec les communautés de Montréal-Nord et de Rivière-des-Prairies tous les bénéfices qu’ils et elles en tirent.
- Chili. Rébellions populaires contre le néolibéralisme
Depuis le 18 octobre 2019, le Chili néolibéral du président Piñera est entré en crise, en proie à une vaste rébellion populaire touchant le pays entier. En ce début de novembre 2019, les blocages sont partout, laissant voir que se joue un véritable bras de fer politique entre forces sociales irréductiblement opposées.
Photos : Fabián Muñoz.
- Nouveau Parlement, vieilles options
Avec l’appui du quart de l’électorat éligible, la Coalition avenir Québec (CAQ) se retrouve au pouvoir pour les quatre prochaines années. Si l’Assemblée nationale a renouvelé ses visages, les vieilles options et les vieux dilemmes se sont néanmoins réinstallés à demeure. Le gouvernement Legault souscrit en effet à la même logique d’austérité que ses prédécesseurs et, pour le combattre et le remplacer, Québec solidaire (QS) devra continuer à éviter les sentiers qui ont tenu la gauche en échec durant toute l’ère péquiste.
- Vers une réappropriation de notre action politique
Dans un contexte d’épuisement et de sous-financement, il est plus que jamais important de rappeler que l’action communautaire autonome est un mouvement social et politique qui doit être proactif dans la construction d’un contre-discours fort.
- Remilitarisation au Guatemala
Depuis la révolution libérale de 1871, le Guatemala n’a jamais réellement cessé d’être militarisé. Le pays a connu plusieurs décennies d’un modèle économique basé principalement sur l’exploitation et l’exportation de produits agraires. Ce modèle reposait sur la concentration des terres et des richesses aux mains d’une puissante oligarchie, ainsi que sur une population n’ayant d’autre choix que de constituer la main-d’œuvre nécessaire à son fonctionnement. Les forces armées du Guatemala étaient alors au service des secteurs économiques, imposant la stabilité nécessaire à cette structure d’exploitation.
- Coopérative des librairies indépendantes du Québec
Dans le domaine du livre, des géants comme Amazon et Renaud-Bray occupent une place si grande qu’ils menacent la diversité de l’offre et l’accessibilité à des œuvres plus rares. Au Québec, toutefois, une forte résistance à cette domination s’est développée grâce à un réseau de librairies indépendantes solidaires et en très bonne santé.
- La restitution des terres, clé de la vitalité des systèmes alimentaires autochtones
Les peuples autochtones [7] sont à la tête d’un mouvement pour la souveraineté alimentaire qui repose sur la restauration des systèmes agroalimentaires ancestraux. Bien que nous nous efforcions de restaurer ce que le colonialisme a confisqué de nos tables, il demeure que sans réparation ni restitution de nos territoires, aucune justice n’est possible. La souveraineté alimentaire passe par la restitution des terres.
- Chili. Participation des peuples autochtones au renouveau constitutionnel
La constitution chilienne sera bientôt réécrite par une assemblée constituante élue. La question de la place des peuples autochtones et des Afrodescendant·e·s dans cette assemblée, et donc dans la future constitution du pays, est cruciale.
- Le communautaire à bout de souffle
La pandémie de COVID-19 a exacerbé la surcharge et l’épuisement dans les organismes communautaires qui souffrent de sous-financement, de mauvaises conditions de travail et d’un manque de reconnaissance. Depuis plusieurs années, les organismes ressentent des pressions pour offrir davantage de services directs à la population, ce qui contrevient parfois à leur mission et mine leur autonomie.
- Brèches féministes dans les murs de la ville
Malgré des avancées au cours du siècle dernier, l’appropriation par les femmes de l’institution municipale et de la ville se produit lentement – trop lentement, au goût de plusieurs militantes et organisations féministes. Comment rompre avec cette hégémonie patriarcale qui a longtemps fait des municipalités des boys club ?
Rubriques (46)
- No 084 - été 2020
- Dossier : Résilience écologique. Résistance ou résignation ?
- Dossier : Qu’est le Québec devenu ?
- Dossier : Promesses et périls du monde numérique
- No 030 - été 2009
- No 100 - Été 2024
- No 080 - été 2019
- Dossier - Autocratie municipale
- Dossier : Saguenay - Lac-St-Jean. Chroniques d’un royaume
- No 087 - mars 2021