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- Marre des zones grises
On m’a souvent demandé d’intervenir sur la question des agressions sexuelles, de la violence à caractère sexuel, autour d’#AgressionNonDénoncée et de #MoiAussi, sur la culture du viol, sur les rapports de pouvoir entre professeurs et étudiant·e·s en milieu universitaire… Tant de fois où j’ai parlé de ça, d’une manière ou d’une autre, je me rends compte que j’en suis fatiguée. Fatiguée d’en parler de la même façon, pour faire sérieux, professionnel. En parler de l’extérieur.
- Des inquiétudes sur la recherche universitaire
Un article paru en 2016 dans la revue Studies in Higher Education [1] interrogeait 50 chercheurs·euses établis d’Australie et du Royaume-Uni sur ce qu’a signifié pour eux cette exigence qu’on leur fait depuis quelques années de préciser l’impact, notamment socioéconomique, de leurs projets de recherche, tout particulièrement auprès de possibles subventionnaires.
- Luttes pour l’accès au savoir
Depuis quelques années, le « partage illégal » de livres et d’articles savants prend de l’ampleur dans le monde universitaire. Les initiatives se multiplient pour contrer et dénoncer les tarifs toujours plus prohibitifs demandés par les éditeurs des publications scientifiques. Contre le cloisonnement du savoir, des voix s’élèvent.
- Un parti qui hésite... 10 ans plus tard
Québec solidaire a eu 10 ans en février 2016 et À bâbord ! avait produit un court dossier à ce sujet au même moment. Dans la foulée du 11e congrès du parti qui s’est tenu la fin de semaine dernière, nous mettons en ligne ce dossier. Vous trouverez ici le texte critique de Diane Lamoureux. Dans cet autre article, est réunie la dizaine de témoignages de personnalités publiques soulignant le travail parcouru depuis la fondation de QS.
Dossier coordonné par Philippe Boudreau.
- Montréal, une et multiple
Le titre du dernier roman de Monique Proulx, Ce qu’il reste de moi (Boréal, 2015), est énigmatique. Il laisse entendre que nous aurons affaire à un récit de type autofictionnel, raconté par un personnage dressant le bilan d’un parcours singulier, pratique littéraire fort répandue aujourd’hui. Or, on comprend vite, en le lisant, qu’il n’en est rien, que l’héroïne mythique incarnée ici par la figure historique de Jeanne Mance, centrale sur le plan symbolique, est elle-même une condensation originaire du Montréal diversifié et éclaté d’aujourd’hui, présent proche qu’elle relie au passé lointain à travers les personnages qui la prolongent et la redoublent.
- Résultats décevants, changements nécessaires
Plus de 500 000 employé·e·s de la fonction publique étaient en négociations avec le gouvernement en 2015 pour le renouvellement de leur convention collective. La mobilisation fut particulièrement importante l’automne dernier. D’ici à un bilan complet, nous vous proposons dans notre numéro 64 trois voix différentes – parmi de nombreuses autres – qui reviennent sur les événements, le processus et le résultat des négociations de 2015… et de 2016 pour certain·e·s. Voici l’un des trois articles ; retrouvez les deux autres en kiosque.
- Les femmes, au présent
La liste est longue des disparitions de femmes. Il faut lire le long roman 2666 de Roberto Bolano pour sentir dans son corps l’extrême violence, mais aussi la terrible mécanique des femmes éliminées à Ciudad Juárez, au Mexique ; des femmes-déchets, comme dans cette scène du long métrage de Ridley Scott The Counselor où le personnage joué par Penelope Cruz se retrouve poussé par une pelle mécanique dans une immense pile de détritus. Elle est de la même espèce que les déchets, nous dit le film, un être humain jetable.
- De bonnes raisons de désobéir en 2016
Nous vivons dans un ordre social, politique et économique injuste qui déjoue l’alternance politique pour éroder à la fois les acquis sociaux et la résistance. Plus cette injustice s’approfondit et plus les privilèges à protéger pour une minorité sont grands. Dès lors, la réponse donnée par les gouvernements à toute forme de contestation citoyenne est toujours plus répressive, protégeant ainsi la classe privilégiée proche du pouvoir.
- Blue Jasmine
À la mémoire de ma mère, Éléna
Au cours des dernières années, Woody Allen a fréquemment donné à de nombreux cinéphiles la déplorable impression d’errer intellectuellement en réalisant des films qui, s’ils comportaient d’indéniables qualités formelles, n’étaient pas à la hauteur de son remarquable talent. Peut-être la volonté du cinéaste de tourner des longs métrages à un rythme effréné, alliée à celle de traduire une philosophie de vie bon enfant, lui a-t-elle été préjudiciable compte tenu du temps que tout artiste doit prendre pour renouveler son esthétique et sa thématique, voire pour se remettre en question.
- Militantismes et engagement politique à l’ère du numérique
Le cyberactivisme contemporain [2] s’enracine dans ces mouvements qui, au début des années 1970, cherchèrent à politiser le phénomène des télévisions communautaires afin qu’elles deviennent véritablement citoyennes, de même que dans les initiatives ayant fait émerger des connexions nouvelles entre les dimensions locale et globale des luttes sociopolitiques des activistes s’appuyant sur les médias et les outils numériques.
- Privatisation de l’amitié et placement de produit
Pourquoi écrire sur Facebook aujourd’hui ? L’entreprise est si solidement implantée qu’elle s’impose comme une évidence, un poids lourd incontournable de la communication, un réseau aimé ou détesté, mais qui dépasse de loin tous ses concurrents. Un tel empire a nécessairement subi sa part de critiques. Pourtant il se maintient et se renforce, obtient un appui systématique même de ceux et celles qui s’y opposent, parce qu’ils n’ont pas le choix d’y adhérer, disent-ils. En ce sens, Facebook ressemble à bien des multinationales qui occupent presque une position de monopole.
- L’austérité comme stratégie de classe
Alors qu’elle est de plus en plus contestée comme orientation générale des politiques économiques et fiscales, l’austérité demeure l’orientation principale du gouvernement du Québec. L’objectif de la Commission permanente de révision des programmes présidée par Lucienne Robillard est de réduire de manière durable et permanente la taille de l’État et le poids des dépenses publiques dans l’économie québécoise.
- La légitimité de la cause environnementale
Grâce aux succès d’estime remportés par des œuvres dramatiques comme La Répétition (1990), Don Quichotte (1997-1998) et L’Odyssée (2000-2003) [3], Dominic Champagne a acquis une réputation plutôt enviable d’auteur, de metteur en scène, de rebelle qui n’hésitait pas à contester l’ordre établi afin d’interpeller vigoureusement le public auquel il s’adressait.
- Arctique. Vers le dégel…de l’indifférence !
Un phoque sur la glace, un chasseur et un activiste de Greenpeace qui se place, défiant, entre les deux pour éviter le carnage. Voilà l’image que beaucoup de gens gardent des campagnes de Greenpeace dans l’Arctique. Pourtant, aujourd’hui la situation est tout autre.
- Un peuple sans territoire n’est pas un peuple
En décembre 2013, une vingtaine de membres de la communauté algonquine de Lac Barrière, en Outaouais, ont bloqué les activités de l’entreprise Produits forestiers Résolu pour protester contre les coupes à blanc sur leur territoire et demander l’application des accords passés. En réponse, le ministère des Ressources naturelles du Québec a accepté la mise en place d’un processus de consultation pour protéger les zones sensibles. Celui-ci requiert la visite par les Algonquin·e·s de Lac Barrière des terrains où des coupes sont projetées par les compagnies forestières et « une identification des zones tampons qui serviront à protéger les sites d’importance culturelle ou écologique ». Entretien avec Michel Thusky, l’un des aînés et porte-parole de la communauté, sur les résistances des Mitchikanibikok Inik pour faire valoir leurs droits et protéger leur territoire.
- Le peuple de la rivière Kattawapiskak
À la fin du mois de novembre 2011, les Québécois, les Canadiens anglais et les membres des nations autochtones ont subitement appris que la cheffe du peuple cri de la région d’Attawapiskat, Theresa Spence, avait fait appel à la Croix-Rouge canadienne pour que des agents de cet organisme aident de nombreuses personnes de sa communauté à surmonter les problèmes majeurs de logement qu’elles éprouvaient durant une période de froid polaire (environ - 50 degrés Celsius).
- Souvenirs ! Souvenirs !
Le bal au Kremlin, Curzio Malaparte, Paris, Gallimard, Collection L’imaginaire, 2013.
Vladimir Pozner se souvient, Vladimir Pozner, Montréal, Lux éditeur, 2013.
Par-delà leurs différences très évidentes tant sur le plan politique que littéraire, Malaparte et Pozner ont en commun d’avoir emprunté une trajectoire singulière, atypique, originale, qui se distingue de celle suivie par la plupart de leurs contemporains.
- Libérer la nature humaine
Noam Chomsky critique depuis cinquante ans le capitalisme d’État en général et la politique étrangère des États-Unis en particulier. Il interprète la rhétorique politique et ses effets concrets sous un angle socialiste libertaire ou anarchiste. En effet, Chomsky adhère à un grand principe : la vie humaine a une valeur en elle-même. Son inspiration, il la puise dans la lutte de Bertrand Russell pour que la société « […] valorise les choses autrement que sous un rapport de domination et que (…)
- Les 30 glorieuses et la révolution culturelle
Les transformations politiques, économiques et sociales engendrées par la Révolution tranquille ont été bien étudiées. Il n’en est pas de même de la révolution des mœurs et de la culture. Elle a si profondément subverti le Québec que n’importe quel Québécois qui s’était exilé à la fin des années 1950 ne le reconnaissait plus lorsqu’il y revenait une décennie plus tard.
Cette transformation radicale des mentalités affecte, avec une périodicité et une intensité variables, toutes les sociétés (…) - Casseroles contre feux d’artifice
Explosion de protestations au Venezuela au lendemain de l’élection présidentielle pour la succession de Chávez. La courte victoire de Nicolas Maduro, le dauphin chaviste, a fait dire au candidat défait Henrique Capriles Radonski qu’on lui avait volé l’élection. Il a appelé ses partisans à « déverser leur rage » en tapant sur leurs casseroles (cacerolazos). Cette rage en aura poussé certaines à dépasser cet appel formel et le résultat de leurs actions se compte en nombre de morts (entre sept et dix), de blessés (plus d’une soixantaine), de bureaux du parti chaviste [4] (PSUV) incendiés (entre trois et sept), de cliniques de santé partiellement brûlées ou saccagées.
- Dissonances cognitives et autres réactions syndicales
L’annonce de la candidature de Pierre-Karl Péladeau pour le Parti Québécor (PQ) a déjà amplement fait jaser. Il me semble néanmoins que compte tenu des pratiques anti-syndicales de PKP, il convient de se pencher plus spécifiquement sur les réactions des organisations syndicales à cette sortie du PQ [5]. Et, comme on le verra, de s’interroger.
- Comment le président Morsi a perdu sa légitimité
Ceux et celles qui ont visité l’Égypte au courant de l’été 2013 ont pu sentir une fébrilité populaire sans précédent et un engagement intense des gens ordinaires dans les affaires politiques. Ce climat a vu aussi s’exprimer une hostilité d’une rare intensité envers l’Association des Frères musulmans, politiquement isolés, dans tous les secteurs de la société. La pétition du mouvement Tamarrod (Rébellion), lancée au courant du printemps 2013, a reçu plus de vingt millions de signatures, et l’étendue de la mobilisation populaire du 30 juin était sans précédent dans l’histoire égyptienne.
- Enseigner
En 1957, à la fin de mes études secondaires, je veux continuer d’étudier, mais je ne sais dans quel domaine, ni à quel endroit. Deux de mes amis optent pour le collège militaire royal de St-Jean. Les accompagner, y apprendre l’anglais et pratiquer des sports m’intéressent, mais je sais très bien que je ne pourrai y supporter la discipline militaire qui vise à réduire chaque individu à la servilité. Polytechnique ne me dit pas grand-chose. Je ne connais pas les sciences sociales. (J’aurais pu (…)
- Journalisme, militantisme et impartialité
De nos jours, dans les codes d’éthique ou de déontologie qui balisent modérément les activités professionnelles liées aux métiers de l’information, il n’est plus tant question d’objectivité journalistique que d’autres valeurs, telles l’exactitude, l’équité, la rigueur, la vérité et l’impartialité, dont on ne manquera pas de préciser ici qu’elle reste encore et toujours synonyme d’objectivité. Ces mêmes qualités déterminent a contrario ce que la journaliste Colette Beauchamp nomme « la tare de la subjectivité » des militantes, laquelle renvoie à de moins nobles vocables – tels idée reçue, parti pris, partialité – et dote ces acteurs du monopole de l’idéologie.
- Les États-Désunis du Canada
Les querelles entourant les négociations constitutionnelles pancanadiennes des années 1980 et 1990 n’ont pas laissé un grand souvenir dans l’esprit de nombreux Québécois, Canadiens anglais et Autochtones. Ces pourparlers se sont principalement soldés par les échecs de l’Accord du lac Meech [6] (1990), suite à l’opposition des parlements de Terre-Neuve et du Manitoba ; et de l’Accord de Charlottetown (1992), après que l’on ait consulté les peuples québécois, canadien-anglais et autochtone par le biais d’un référendum pancanadien portant sur un prétendu renouvellement de la constitution.
- Tout ce que tu possèdes, un film de Bernard Émond
Au cours des années 1990, Bernard Émond s’est illustré dans le domaine du documentaire québécois en réalisant quelques moyens métrages engagés portant sur des laissés-pour-compte de notre univers modernisé. Parmi les œuvres les plus appréciables du cinéaste qui s’inscrivent dans cette tendance, citons simplement : Ceux qui ont le pas léger meurent sans laisser de traces (1992) et L’épreuve du feu (1997). Après la réussite de Le temps et le lieu (2000), un documentaire traitant de la vie des agriculteurs du Québec, Bernard Émond cherche à approfondir sa réflexion artistique et humaine en réalisant un long métrage de fiction intitulé La femme qui boit (2001).
- Mes premiers ateliers au Forum Social Mondial de Tunis
J’aurais aimé écrire plus tôt, mais les jours défilent rapidement, et les soirées aussi…
Mardi 26 mars avait lieu la grande marche d’ouverture du Forum Social Mondial. Des dizaines de milliers de personnes, assurément, mais je n’ai pas vu de chiffre officiel. Des bannières de toutes les couleurs, des slogans de toutes origines. La délégation québécoise, bien sûr, a entonné ses propres « grands succès », y compris un ou deux « Charest woohoo ». Certain.e.s s’étaient aussi achetés des (…) - L’Égypte, 2 ans plus tard
Vendredi dernier, 25 janvier, c’était le deuxième anniversaire des manifestations égyptiennes de 2011, qui mèneraient ultimement à la chute d’Hosni Mubarak. Vous le savez peut-être, les Égyptien.ne.s protestent à nouveau depuis quelques jours, au point l’état d’urgence a été décrété par le successeur de Mubarak, Mohamed Morsi, dans 3 régions du pays.
Sans avoir fouillé assidûment la couverture médiatique québécoise et radio-canadienne de la situation en Égypte depuis deux ans, il me semble (…) - Un bilan des plus honteux
Il y a environ trente-cinq ans, Richard Desjardins et Robert Monderie ont entamé une singulière collaboration cinématographique qui leur a permis de coréaliser cinq documentaires engagés [7] dont plusieurs observateurs avertis ont souligné la pertinence. Certes, leur œuvre – de Comme des chiens en pacage (1977) à Trou story (2011), en passant par Mouche à feu (1982) – ne s’avère pas aussi abondante qu’elle aurait pu l’être. Ce phénomène s’explique surtout parce que les deux hommes ont longtemps eu de la difficulté à trouver des fonds publics pour réaliser les films militants qu’ils souhaitaient faire.
- La nature liberticide de la liberté libérale
Deux ans après la disparition subite du sociologue québécois Michel Freitag a paru chez Liber L’abîme de la liberté. Une critique du libéralisme. Cet « ouvrage-testament » constitue une réflexion inséparablement anthropologique, philosophique et sociologique sur la liberté et clôt une œuvre dont l’inventaire critique reste à faire. Freitag poursuit essentiellement un double objectif ici : il cherche, d’une part, à critiquer la représentation de la liberté dominante dans notre société et, d’autre part, à expliquer en quoi celle-ci est proprement liberticide.
- De l’État de droit à l’État de la droite !
« (…) on ne peut jouir des droits qu’en les exerçant. » Jurgen Habermas. [8]
« Dans les pays démocratiques, la science de l’association est la science mère ; le progrès de toutes les autres dépend des progrès de celle-là. » Alexis de Tocqueville. [9]
Nous vivons dans une société qui se présente comme étant régie par des règles qui relèvent de l’État de droit, c’est-à-dire un État politique et juridique au sein duquel triomphent normalement la suprématie constitutionnelle et le contrôle judiciaire de la constitutionnalité. Le conflit étudiant, de la session hiver 2012, nous a confrontés à un certain nombre d’événements qui ont mis à mal ce concept.
- Parcours de déshumanisation
Alice et Don Heap forment une équipe depuis 61 ans. Ensemble, ils ont lutté pour les droits des travailleurs et travailleuses, des personnes migrantes, pour plus de logements sociaux et abordables, ainsi que pour un système de santé public fort et universel. Ils ont mené, côte à côte, les campagnes électorales de Don, élu comme député fédéral du NPD dans Spadina (Toronto, 1981 à 1993), son quartier. Ils ont imaginé vieillir ensemble, dans leur communauté, parmi leurs proches, dans la dignité. La réalité est bien éloignée de ce projet.
- Condition Critique !
« Nous sommes des travailleurs et travailleuses du secteur de la santé qui ressentons l’urgence de nous unir pour freiner la dégradation de nos conditions. Force est de constater que les pratiques syndicales de notre époque ne suffisent plus à cette tâche ; les dernières négociations nous l’ont démontré. Toutefois, se contenter de critiquer les syndicats, soutenir que ce n’est pas à nous de nous défendre ou sombrer dans le cynisme ne changera ni nos syndicats ni nos conditions. Voici donc notre proposition : nous, travailleurs et travailleuses, devons dès maintenant nous rassembler, briser le cloisonnement qui existe entre métiers et syndicats et nous impliquer ensemble dans nos milieux de travail. »
- Le bien-être animal
Commençons par définir ce qu’on entend par bien-être animal. Selon l’Organisation mondiale de la santé animale, « le bien-être animal fait référence aux conditions de vie auxquelles un animal doit faire face. Un animal a un bon niveau de bien-être s’il est en santé, s’il est à son aise, s’il est bien nourri, s’il est en sécurité, s’il est capable d’exprimer ses comportements innés, et s’il ne doit pas éprouver d’états négatifs tels que la souffrance, la peur et la détresse. La qualité du bien-être d’un animal implique la prévention de la maladie et les traitements d’un vétérinaire, un abri adéquat, une saine nutrition, de même que la manipulation, le transport et l’abattage sans cruauté. » Qu’en est-il chez nous ? Le portrait, on va le voir, est loin d’être rose.
- Le mythe d’un traitement "humain"
Vus de l’extérieur, les défenseurs des droits des animaux (DDA) doivent sembler bien étranges. Nous ne mangeons pas de viande, nous évitons tout cosmétique qui aurait été testé sur des animaux et nous boycottons les « Ringling Brothers » [un cirque qui utilise des animaux, NDT]. Porter de la fourrure est hors de question : les DDA ne portent même pas de cuir ou de laine. En fait, bien des gens considèrent que les DDA sont à classer parmi les cinglés certifiés et les tiennent pour des premiers de classe de la dinguerie. Pourtant, quand on le ramène à l’essentiel, ce que nous défendons est de l’ordre du simple bon sens.
- Aminita Traoré
En novembre dernier, la conférence d’Aminata Traoré à Montréal s’est terminée, dans l’enthousiasme généralisé d’une salle presque comble, avec une ovation debout, chose plutôt rare dans les conférences dites sérieuses. Pourquoi ? Je dirais que le discours d’Aminata fait du bien à entendre. Bien qu’elle parle avant tout de l’Afrique et en particulier du Mali (son pays d’origine), ses propos nous permettent d’établir un lien entre notre modèle politico-économique et les conséquences qui en (…)
- Se libérer du travail
En Occident, dans la foulée de la révolution industrielle, le travail est devenu notre voie de salut, l’outil par lequel l’émancipation devient possible. Cette grande confiance dans les vertus libératrices du travail sera bien sûr soutenue par les promoteurs du capitalisme, mais également partagée par plusieurs de ses opposants, et ce, jusqu’à aujourd’hui. Or, l’utopie du travail est périmée. La gauche du XXIe siècle, et notamment la gauche syndicale, doit apprendre à s’en détacher si elle veut être en mesure d’affronter les défis présents et à venir.
- Nourrir l’imaginaire, encourager l’action
Il y a 100 ans, très exactement, à Lawrence au Massachusetts, les travailleuses de la Everett Cotton Mills ont arrêté leurs machines parce que leur patron avait réduit leur paie de la semaine de 32 cents. Inspirées par ces femmes qui se tenaient debout, 20 000 travailleuses d’autres usines se sont ralliées à leur grève. Sur leurs pancartes, elles avaient écrit « Bread and Roses », du pain et des roses.Du pain pour les besoins essentiels et des roses pour une meilleure qualité de vie.
En (…) - Le monde digital et l’éducation
On trouve désormais, dans la littérature scientifique et philosophique, de nombreux arguments qui sont de nature à tempérer l’enthousiasme technophile que peut provoquer le monde numérique chez certains pédagogues. Ils méritent d’être médités et il revient à chacun – lourde tâche, dans un domaine fort complexe et bougeant à une aussi fantastique vitesse – de décider ce qu’ils impliquent exactement.
- Grandes peurs et petites misères du numérique
Les nouvelles technologies de l’information ont bien évidemment transformé de bout en bout le secteur de l’information. La dématérialisation combinée à la gratuité, mais aussi à la chute des revenus publicitaires, ont fait perdre pied à des empires de presse et vaciller un large pan de la maison médiatique. Dans le monde journalistique, cette mutation fait généralement évaluer les enjeux de plusieurs manières, d’ailleurs non exclusives. En voici trois, parmi les plus prégnantes, toutes liées au numérique, tour à tour présentées comme le moteur d’un avenir radieux, le fossoyeur d’un passé glorieux ou simplement le propulseur dans une éternelle immédiateté.
- Le néopopulisme des cols rouges
Dans son livre Pourquoi les pauvres votent à droite (Agone, 2008), le journaliste Thomas Frank décrit la situation incroyable, mais néanmoins réelle, de l’émergence depuis une dizaine d’années aux États-Unis d’une révolte qui profite à ceux contre qui elle est dirigée. Imaginez, nous dit Frank, une masse de travailleurs envahissant les quartiers riches, pancartes à la main, brandissant le poing face à des millionnaires apeurés, réfugiés derrière les portes closes de leurs maisons cossues pour ne pas entendre le slogan de protestation qui leur est destiné : « Laissez-nous vous aider à baisser vos impôts ! »
- Vous avez dit éducation ?
Voici la 36e chronique consacrée à l’éducation que je rédige pour la revue À Bâbord ! Et je me rends compte que je n’ai encore jamais dit ce que j’entends par ce mot : éducation. Je me console en me disant que je ne suis pas le seul dans mon cas, à parler ainsi d’éducation sans définir ce que ce concept recouvre selon moi : et on conviendra, je pense, qu’il est bien rare, dans nos innombrables et incessantes discussions collectives sur l’éducation, qu’on prenne le temps de préciser ce qu’on entend par là. Seuls les philosophes, semble-t-il, attachent à cette question une immense importance. Et ils ont bien raison de le faire.
- Soigner le mal par le mal
Pendant la crise économique, en 2008, plusieurs ont cru que le capitalisme, blessé au cœur, se relèverait difficilement. Le fait d’avoir suivi aveuglément ses principes les plus élémentaires avait mené à la perte de ses plus puissantes institutions. Mais celles-ci ont survécu par des transfusions de plusieurs milliers de milliards de dollars. Et la crise est devenue le prétexte pour appliquer la stratégie du choc qui se concrétise par les plans d’austérité que l’on applique partout dans le monde, y compris au Québec.
- Deux roues, un avenir
Claire Morissette, Deux roues, un avenir - Le vélo en ville, Montréal, Écosociété, 2009, 253 p.
- La mort du Canada
Maxime Catellier, La mort du Canada - Suivi de : Lettre à Jean Benoît, Collection Essai libre, Poètes de Brousse, Montréal, 2009.
- Gallimard chez les nazis
Jean-François Poupart, Gallimard chez les nazis, Collection Essai Libre, Poètes de Brousse, Montréal, 2009.
- Promesses et périls du monde numérique
Né dans le contexte de la Guerre froide, pour ensuite migrer au sein de la communauté scientifique universitaire, le réseau Internet est aujourd’hui accessible à une proportion sans cesse grandissante de TerrienNEs. Inévitablement, avec les percées de la numérisation et le développement des infrastructures à haute vitesse, les fonctions qu’on lui demande d’accomplir ont elles aussi explosé. On se trouve donc devant un univers où se côtoient ragots et information indépendante, éloge de la (…)
- Une décennie
Au terme de cette première décennie des années 2000, quelques membres du collectif de rédaction ont relevé trois bons coups et un espoir pour la gauche et les mouvements sociaux au Québec et ailleurs dans le monde.
- Le Québec en quête de laïcité
Les débats politiques qui opposent des gens que tout divise sont presque immanquablement prévisibles, stériles et, partant, sans intérêt. A contrario, il arrive que des gens, ayant en commun des valeurs et des positions politiques fondamentales, s’opposent néanmoins sur certaines questions précises qui ont des répercussion pratiques importantes. Quand cela se produit, on peut espérer que leurs débats et discussions seront féconds et que chacun apprendra de ces échanges, pour autant qu’ils (…)
- Trouble de déficit de l’attention
À leur retour en classe, des enseignantes et enseignants ont été avisés que l’un ou l’autre de leurs élèves souffre d’un trouble de déficit de l’attention (TDA). D’autres ont soupçonné qu’un ou même plusieurs de leurs élèves en souffraient et se sont demandé quoi faire : faut-il référer cet enfant ? Devrait-il être sous médication ? Qu’est-ce qui est le mieux pour lui ? Et comment faut-il agir avec lui en classe ?
- Retour au cabotage
Malgré la hausse des échanges commerciaux causée par la mondialisation, la quantité de marchandises transbordées sur le Saint-Laurent est passée de 130 millions de tonnes (Mt) en 1980 à 100 Mt en 1990, puis s’est stabilisée autour de 105 Mt. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) a fait augmenter les quantités de marchandises échangées entre le Québec et ses voisins du sud. En contrepartie, l’ALÉNA et la dérèglementation du secteur des transports ont donné au camionnage la priorité sur d’autres formes (ferroviaire, maritime).
- Désobéissance civile et laïcité
La Loi sur l’instruction publique du Québec prévoit (article 222) que « pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à un élève, la commission scolaire peut, sur demande motivée des parents d’un élève, d’un élève majeur ou d’un directeur d’école, l’exempter de l’application d’une disposition du régime pédagogique. » La chose est rare, on le devine, mais elle se produit parfois. C’est justement le cas ces temps-ci.
- Internet comme mirage pédagogique
Je suis très loin d’être un technophobe et j’utilise au contraire beaucoup et apprécie énormément l’ordinateur, Internet, de nombreux logiciels et des tas d’innovations de l’ère numérique. Tout cela, je le reconnais, a souvent rendu ma vie et certaines des tâches que j’accomplis plus faciles. Pourtant, ce n’est pas sans un grand malaise que j’entends certaines personnes vanter les bienfaits pédagogiques qu’il faut attendre de toutes ces innovations. Je l’avoue : j’ai très souvent de sérieux doutes et de grandes réserves devant les promesses que me font tous ces technophiles.
- Des comptes et des contes
Les rapports annuels de Barrick Gold racontent-ils les mêmes choses qu’Alain Deneault et son équipe dans Noir Canada ? Alors qu’on parle d’« efficience des marchés », qu’on prétend ainsi que les investisseurs possèdent l’information complète, que savent ceux-ci de ce qu’on raconte hors des informations fournies par l’entreprise ? Et quel effet ce savoir alternatif a-t-il sur leur désir d’acheter les actions de l’entreprise ?
- Refonder l’université
Je fréquente des universités depuis plus 30 ans. J’y ai été étudiant, puis étudiant-chercheur, puis chargé de cours et enfin professeur. C’est à l’université que j’ai passé la plus grande partie de ma vie. Au fil des ans, comme bien d’autres, j’ai assisté à ce qui m’est apparu, à moi aussi, comme une très substantielle mutation de cette institution qui, peu à peu, est devenue une organisation. Dans le texte qui suit, je voudrais expliquer la nature et les effets de cette mutation, ensuite proposer une voie de sortie qui m’est inspirée d’une proposition mise de l’avant il y a près d’un demi-siècle par le philosophe et universitaire libertaire Paul Goodman (1911-1972).
- Lumière humaine
Marie-Hélène Montpetit, Dans le tabou des arbres, Montréal, Tryptique, 2007.
Marie-Hélène Montpetit est poète, auteure de chansons et chanteuse. Après 40 singes-rubis (2002), elle a fait paraître Dans le tabou des arbres, un recueil d’une singulière intensité qui fait l’effet d’une bombe à bouleversement. La posture de l’auteure est celle, paradoxale, de qui aurait voulu, simultanément, vivre sans concession une très forte émotion et la décrire avec rigueur et précision. Une telle posture (…) - « Un enfant pauvre n’existe pas seul »
N’ayons pas peur des mots : au Québec, la pauvreté frappe certaines écoles, particulièrement à Montréal, d’une manière qu’on a du mal à imaginer et qui ne peut que faire pleurer et rager. En ce qui me concerne, ma douleur est d’autant plus grande que le Centre pour l’enseignement en milieux défavorisés de l’UQAM, qu’animait Robert Cadotte, a été fermé – une des toutes premières victimes des coupures qu’on y effectue. Comment se vit cette pauvreté pour les enseignantes sur le terrain ? Que peut-on faire, individuellement et collectivement, pour corriger ces inadmissibles situations ? J’ai voulu en parler avec quelqu’un qui connaît tout cela de près et bien mieux que moi. Et comme j’ai le grand plaisir de parfois croiser Nathalie Morel, qui a non seulement enseigné dans ces quartiers où sévit la pauvreté, mais qui est aussi présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal, je lui ai proposé un échange, qu’elle a eu la gentillesse d’accepter. N.B.
- Quand la marge encaisse
Triste sort que celui du sans-abri au moment où les canicules et les festivals viennent meubler les quartiers centraux de notre chère métropole. Cet été, encore trop fréquenteront des prisons qu’on dirait destinées à tout ce qu’il y a de pauvre dans notre société. D’autres subiront les frasques d’une intimidation policière quotidienne. D’autres encore feront face au regard haineux de résidentEs qui connaissaient à peine l’existence de ces personnes itinérantes quand ils ont atterri récemment dans leur condo du centre-ville. Chronique d’un autre été chaud annoncé.
- L’excès
Il peut sembler futile et dérisoire, à une époque où les défis sociaux et écologiques posés par la mondialisation capitaliste interpellent plus que jamais ceux et celles engagées dans le combat pour changer l’ordre des choses, d’écrire un poème ou de pratiquer un art. Pourtant, dans cette société où la marchandisation de plus en plus poussée réduit tous les moments de la vie à n’être plus que de simples opérations comptables, la poésie constitue une aberration « non rentable », un excès dans (…)
- La déraison de la croissance des transports
Les usagers briseront les chaînes du transport surpuissant lorsqu’ils se remettront à aimer comme un territoire leur îlot de circulation, et à redouter de s’en éloigner trop souvent.
Ivan Illich [10]
- Une voie navigable
Malgré la hausse des échanges commerciaux causée par la mondialisation, la quantité de marchandises transbordées sur le Saint-Laurent est passée de 130 millions de tonnes (Mt) en 1980 à 100 Mt en 1990, puis s’est stabilisée autour de 105 Mt. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) a fait augmenter les quantités de marchandises échangées entre le Québec et ses voisins du sud. En contrepartie, l’ALÉNA et la dérèglementation du secteur des transports ont donné au camionnage la priorité (…)
- Pauvreté et contrôle social : poursuivre la réflexion
Nous avons vu dans ce dossier comment, malgré un désengagement généralisé de l’État dans le domaine socio-économique et en dépit d’une flexibilisation et d’une précarisation du travail et des conditions de vie, nous assistons parallèlement à un redéploiement des fonctions sécuritaires et de contrôle de l’État, devenu « néolibéral-sécuritaire ». Nous donnerons ici quelques pistes de réflexion, de recherche et de lecture pour qui voudra poursuivre la réflexion.
- La médicalisation de la sexualité
Après la médicalisation du cycle menstruel (AB ! #12), de l’accouchement (AB ! #13) et de la reproduction (AB ! #14), la Coalition pour la santé sexuelle et reproductive vous propose un regard critique sur la médicalisation de la sexualité. Dernier volet de cette série d’articles où nous tenterons de rester lucides sans devenir lubriques.
- La « réforme » en éducation entre le pédagogique et le politique
Les collaborateurs au présent dossier se sont donné pour tâche de réfléchir sur les transformations récentes de l’éducation au Québec et sur les tenants et aboutissants de la réforme que nous sommes à mener et dont les maîtres mots sont compétences, constructivisme, projets.
On ne cherchera toutefois pas ici d’unicité de point de vue et le dossier aspire bien plus à faire entendre des voix souvent moins audibles qu’à atteindre un improbable consensus. Mais on trouvera bien ici un ensemble (…) - Le (dé)pistage numérique
Saviez-vous que certains contenus et métadonnées échangés sur Gmail ainsi que sur la messagerie de Facebook sont utilisés à des fins de profilage ? Ce n’est plus un secret pour personne : nous sommes pistés sur le Web.
- Les patrons ont toujours aimé l’État-nation
Philosophe et militant de gauche, Antonio Negri développe depuis plusieurs années une pensée politique qui ouvre de nouvelles perspectives sur le travail, les classes sociales, les formes d’oppression biopolitique et les nouveaux lieux de résistance. En travaillant à partir du concept de « multitude » plutôt qu’avec celui de « peuple », Negri déplace le paradigme de l’État-nation vers un réseau de singularités, de sujets engagés, qui propose un vivre en commun, une communauté dans l’action. Antonio Negri a écrit, en collaboration avec Michael Hardt, Empire (2000) et Multitude (2004). Il a aussi publié récemment Job, la force de l’esclave (2002), Fabrique de porcelaine : pour une nouvelle grammaire du politique (2006) et Lent Genêt : essai sur l’ontologie de Giacomo Leopardi (2006). Dans le présent entretien accordé à À bâbord ! lors de son passage à Montréal en avril 2006, Negri revient sur les dernières élections italiennes, sur le Contrat de première embauche (CPE) en France et sur sa prise de position en faveur de l’Union européenne.
- Pauvreté, un enjeu collectif
Le numéro 99 peut être commandé en ligne via le site des Libraires.
« Nous nous appauvrissons ! » Ce constat actuel et généralisé occupe de plus en plus d’espace médiatique, bien plus qu’au moment où le collectif de notre revue a envisagé pour la première fois de consacrer un dossier à la question de la pauvreté. La multiplication du nombre d’articles et de reportages traitant d’une manière ou d’une autre de cette question nous a réjoui·es – enfin on commence à dénoncer que certaines personnes vivent dans des situations inexcusables de pauvreté ! Cette couverture élargie nous a aussi inquiété·es : si les réalités de la pauvreté sont grandement exposées, les racines du problème semblent trop souvent écartées.
- Se réaliser comme militant politique dans la soixantaine
Même si j’ai milité politiquement dès la vingtaine, les circonstances ont fait que ce n’est que dans la soixantaine que je me suis réalisé pleinement dans ce domaine. Les nombreuses expériences que j’avais vécues auparavant m’avaient laissé insatisfait parce qu’elles n’avaient pas connu d’aboutissement qui leur aurait assuré un certain caractère de pérennité.
- Politique canadienne et guerre du pétrole
Les dernières élections fédérales ont montré une fois de plus à quel point le Canada est divisé. Cette division s’est manifestée plus particulièrement sur un sujet vital : celui de l’environnement. Alors que la côte du Pacifique, une grande partie de l’Ontario, le Québec et les Maritimes semblent prêts à faire des efforts importants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le centre du pays tient mordicus à son modèle économique axé sur le pétrole.
- Dématérialisation des lieux de travail
La dématérialisation des lieux de travail ne date nullement d’aujourd’hui. Par le passé, plusieurs préoccupations ont été soulevées quant au télétravail, soit l’exécution du travail à domicile, tel que l’effectuaient les couturières ou encore les pigistes. Avec l’avènement des ordinateurs portables, des téléphones intelligents ou des tablettes numériques, il devient de plus en plus aisé pour certaines travailleuses et certains travailleurs d’effectuer leurs tâches en dehors des murs de l’établissement de l’employeur. Pour autant, est-ce que les salarié·e·s y trouvent réellement un avantage ?
- De vocation à profession
Durant un mois, d’octobre à novembre 1963, quelque 250 infirmières de Sainte-Justine se mettent en grève pour obtenir une véritable reconnaissance de leur travail. De vocation sous les auspices des bonnes sœurs, le travail infirmier deviendra une profession. Ces infirmières ont pavé la voie à la reconnaissance syndicale dans tout le secteur public. Retour sur une grève historique méconnue.
- La marchandisation de la santé
La médicalisation est le processus qui consiste à transformer des expériences normales de la vie en « maladies » pour lesquelles un traitement médical est alors proposé. De la naissance à la mort, des menstruations au vieillissement, de l’humeur au désir sexuel, ce qui était auparavant considéré comme normal devient de plus en plus souvent un « problème » qui doit être soigné. Et on demande à celles et ceux qui sont lésés de changer au lieu de chercher à modifier le contexte social qui crée ces problèmes. Bref, on utilise des traitements médicaux et des pilules comme des modes ou des instruments de contrôle social.
- Le budget carbone du Québec
Tous les ans, dans les mois qui précèdent le dépôt des budgets gouvernementaux à Ottawa et à Québec, nous avons l’habitude de revivre un psychodrame sur l’état de nos finances publiques. Y aura-t-il ou n’y aura-t-il pas de déficit ? Est-il possible d’effectuer des compressions dans tel ou tel service de l’État ? Toutefois, jamais il n’est question de l’autre déficit que partage pourtant l’ensemble des pays « développés », soit le déficit carbone. Bon an mal an, le Québec se retrouve pourtant avec un déficit carbone de 11,3 mégatonnes de CO2, dans l’indifférence quasi générale.
- Idle No More
Depuis des centaines d’années, les peuples autochtones protègent leurs territoires, maintiennent et gardent dynamiques leurs langues, leurs traditions et leurs cultures, et tentent d’avoir des rapports justes et équitables avec les Canadien·ne·s. Or, ces efforts passent souvent inaperçus, et sont même ignorés, jusqu’à ce que se produisent l’étincelle, le point de paroxysme ou la crise
- Vers l’engluement bitumineux
À Cacouna, dans le Bas-du-Fleuve, la société TransCanada ambitionne de bâtir un terminal pétrolier, tête de pont au Québec de son projet Énergie Est. Un port qui serait alimenté par le plus gros pipeline d’Amérique du Nord, capable de transporter 1,1 million de barils de pétrole par jour. Au Québec, depuis plusieurs mois, citoyen·ne·s, défenseur·e·s de l’environnement et scientifiques se mobilisent et dénoncent les risques environnementaux considérables qu’un tel plan fait peser sur la région de Cacouna, sa « pouponnière » de bélugas et, plus largement, sur le bassin versant du Saint-Laurent. Face à l’offensive des compagnies pétrolières, le gouvernement du Québec tarde à réagir.
- Quand revaloriser rime avec surcharger
Depuis bientôt cinq ans, les acteurs et actrices du milieu de l’éducation tiennent à bout de bras l’école publique malgré de sévères compressions budgétaires. N’en déplaise au ministre de l’Éducation qui affirme que les commissions scolaires peuvent facilement absorber la nouvelle ronde de compressions, la réalité sur le terrain est tout autre : diminution des services et hausse des tarifs sont à l’agenda de la rentrée scolaire 2015-2016.
- Tisser le fil rouge. Le printemps érable en Outaouais
Francine Sinclair, Stéphanie Demers et Guy Bellemare (coord.), Tisser le fil rouge. Le printemps érable en Outaouais, Montréal, M éditeur, 2014, 270 p.
- Poursuivre la lutte
Début mars, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a reeté l’entente de principe intervenue avec le gouvernement Couillard en décembre dernier. Cette entente était insatisfaisante pour les 110 000 travailleuses et travailleurs des syndicats du secteur public de la FSSS.
- Histoire de pêche
La Gaspésie évoque le poisson et la mer. Les Amérindiens ont exploité cette dernière depuis des millénaires, les Européens depuis au moins 600 ans. Histoire de la pêche, de ses débuts jusqu’à aujourd’hui. Qu’en reste-t-il ?
- Pour un plan national de lutte à la pauvreté !
À l’occasion de la sortie de son numéro portant sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean, tout le collectif de rédaction d’À bâbord ! traverse le parc des Laurentides lors de la fin de semaine du 16-17-18 juin. Nous présenterons donc sur place notre plus récent numéro, à Chicoutimi le 16 juin et à Alam le 17. Tous les détails ici.
Au plaisir de vous y trouver !
- Sommaire du numéro 70
À l’occasion de la sortie de son numéro portant sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean, tout le collectif de rédaction d’À bâbord ! traverse le parc des Laurentides lors de la fin de semaine du 16-17-18 juin. Nous présenterons donc sur place notre plus récent numéro, à Chicoutimi le 16 juin et à Alma le 17. Tous les détails ici.
Au plaisir de vous y trouver !
- Deux lancements au Saguenay–Lac-Saint-Jean
À l’occasion de la sortie de son numéro portant sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean, tout le collectif de rédaction d’À bâbord ! traverse le parc des Laurentides lors de la fin de semaine du 16-17-18 juin. Nous présenterons donc sur place notre plus récent numéro.
- Quand le collège Stanislas menace de sous-traiter…
Il n’est pas ici question de faire le procès du financement du privé par le public, qui est un sujet en soi. Mais il s’agit de dénoncer le recours à la sous-traitance de plus en plus courant dans divers services à la population.
- Deux lancements en Abitibi
À l’occasion de la sortie de son numéro 80 portant sur l’Abitibi, le collectif de rédaction d’À bâbord ! traversera la réserve faunique La Vérendrye lors de la fin de semaine des 14-15-16 juin. Deux lancements sont prévus, d’abord le 14 juin à Val-d’Or puis le 15 juin à Rouyn-Noranda.
- Surcharge et précarité pour les éducatrices en CPE
Les politiques du gouvernement libéral ont aggravé la situation des travailleurs et travailleuses et tout particulièrement celle des éducatrices dans les centres de la petite enfance (CPE).
- Des centres sociaux autogérés à la lutte avec les sans-papiers en Andalousie
Militant anarchiste, travailleur social et fondateur du Bureau des droits sociaux de Séville[Voir : http://ods-sevilla.org/], Carlos S.E s’investit depuis plus de 20 ans dans divers collectifs qui partagent les principes de l’auto-organisation basée sur la gestion horizontale ainsi que la démocratie et l’action directes. Nous l’avons rencontré afin qu’il dresse un portrait de ces expériences qui prennent racine dans la transformation de la réalité socioéconomique contemporaine.
- Lancement du no. 33 d’{À Babord !}
Lancement du no. 33 d’À Babord ! Nos services publics, un trésor collectif en péril
ainsi que du no. 3 des Nouveaux Cahiers du Socialisme :
État : Pouvoirs et Contre-Pouvoirs
Le mardi 16 février, de 17h à 20h
Au Bar L’Alizé
900, rue Ontario est, Montréal
Entrée libre ! - L’autre gauche, celle qui lutte
Pierre Beaudet, On a raison de se révolter, Chronique des années 1970, Montréal, Écosociété, 2008.
- Quand la démocratie fait des vagues
Plus d’un million de personnes défilent, rivière interminable qui se dirige vers la place principale de la ville de Mexico. C’est la marche du silence, le dimanche 24 avril 2005, la manifestation la plus fréquentée que ces rues aient jamais connue dans leur histoire. Des milliers de pancartes écrites de leur main par ceux qui les brandissent désignent le président Vicente Fox. Ils l’accusent de s’en prendre à la démocratie.
Un an auparavant, Fox avait décidé d’empêcher qu’Andrés Manuel (…) - Les tribunaux contre la liberté
Avez-vous remarqué que l’État n’est jamais à cours de budget quand vient le temps d’attaquer judiciairement la dissidence ? Sommes-nous si dangereux que ça ? Peut-être que non. Mais serait-il dans l’intérêt de l’État d’attendre le jour où la dissidence représentera une menace digne de ce nom à l’égard de la minorité privilégiée ? Poser la question, c’est y répondre !
- « Sortir ça du public »
De plus en plus, les voix bien pensantes de l’économie néolibérale canadienne s’élèvent pour obliger les municipalités à avoir recours au PPP. Le ministre des Finances Jim Flaherty affirmait publiquement vouloir le faire en 2006, alors que l’Institut économique de Montréal y consacrait un bulletin entier en septembre dernier [11]. Un rapport commandé par la Fédération canadienne des municipalités met en garde contre les dangers de ce projet [12].
- Tromperies et reculs à l’aide sociale
Le 13 décembre 2002, l’Assemblée nationale du Québec adoptait à l’unanimité la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Cette loi visait et vise toujours à engager le gouvernement et la société québécoise à « tendre vers un Québec sans pauvreté ». Deux ans plus tard, une réforme de l’aide sociale en trois morceaux – le projet de loi 57 – s’avère l’une des pièces les plus empoisonnées de l’automne politique. Le gouvernement prétend appliquer la loi sur la pauvreté. En réalité, il l’enfreint grossièrement. Il y a ici un test pour les processus démocratiques. Et un autre pour l’action citoyenne.
- L’arme qui n’est pas une arme
Le 20 décembre 2007, a eu lieu une manifestation à l’hôtel de ville de la Nouvelle Orléans pour protester contre la décision de démolir 4 500 logements sociaux épargnés par Katrina pour construire des appartements plus chics, hors de prix pour les anciens locataires. Les victimes de Katrina contestent, dans le calme, mais à très haute voix. Les policiers arrivent et utilisent le gaz à poivre et leurs tasers pour rétablir l’ordre : cinq victimes de tasers sont hospitalisées, dont deux femmes (…)
- Que le théâtre ne meure...
Le théâtre québécois est-il accessible à tous ? Ou s’agit-il d’un art élitiste, destiné à une population privilégiée, sensible à un type de spectacle audacieux et sophistiqué et, surtout, capable de se payer des billets de plus en plus chers ? Une longue tradition, allant de Brecht et son Berliner Ensemble au Théâtre national populaire en France ou au Théâtre populaire du Québec, cherchait à rapprocher le théâtre des gens, quitte parfois à aller au-devant du public. Que reste-t-il de ces ambitions aujourd’hui alors qu’on demande aux troupes théâtrales de se tourner vers le secteur privé pour compenser un financement public insuffisant ? Marchandisation et démocratisation peuvent-ils aller de pair ? À bâbord ! a rencontré Martin Faucher, metteur en scène et président du Conseil québécois du théâtre, pour discuter de ces sujets.
- Un autre modèle est-il possible ?
Des universités hors de l’université publique ? Des lieux alternatifs et libertaires de production et d’appropriation de savoirs critiques ? La réactivation des Universités populaires en France par le philosophe Michel Onfray à Caen en octobre 2002 a ouvert un champ de questionnements et de pratiques. Philippe Corcuff, cofondateur de l’Université populaire de Lyon (créée en janvier 2005), revient ici sur une série d’enjeux et de problèmes liés à ces expériences.
- Le rôle politique de la mémoire
Depuis 2000, on assiste à des changements majeurs et presque impensables en matière de droits humains dans les pays du Cône sud de l’Amérique latine : abolition des lois protégeant l’impunité dans l’Argentine de Nestor Kirchner ; au Chili, sous la présidence de Michelle Bachelet, création d’une journée nationale des détenus-disparus et première tentative du gouvernement de la Concertación pour faire annuler l’amnistie décrétée par Pinochet ; en Uruguay, émergence d’un mouvement visant à reposer la question du référendum de 1989 ayant mené à la confirmation de l’amnistie des militaires ; mais surtout, partout, la présence marquée et soutenue de mobilisations massives en faveur de la justice, qui ont semblé faire irruption depuis 1998 et depuis l’affaire Pinochet.
- Manigances et intrigues
En août dernier, quatre requêtes en accréditation venaient indéniablement écrire une page historique pour le mouvement syndical au Canada. Ces requêtes ont été déposées au Québec et au Manitoba par des travailleurs agricoles migrants mexicains ayant reçu l’appui du syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC, affilié FTQ au Québec). Selon le communiqué officiel des TUAC, ces travailleurs « seront pour la première fois en mesure de négocier leur salaire et conditions de travail qui, jusqu’à présent, ont été établies exclusivement par les gouvernements mexicain et canadien en vertu du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) du gouvernement fédéral ». Aussi, il est important d’ajouter que ces requêtes représentent de véritables tests des lois canadiennes au regard du droit syndical.
- Parcours de la reconnaissance
Paul Ricœur, Parcours de la reconnaissance, Stock, Paris, 2005.
- Abitibi-Témiscamingue : toujours vigilante !
Des Réseaux de Vigilance, regroupant associations étudiantes, groupes communautaires, féministes ou écologiques et syndicats, se sont formés dans presque toutes les régions du Québec pour affronter le gouvernement Charest qui, nouvellement élu en 2003, attaque directement les acquis syndicaux et sociaux par un certain nombre de lois. Cette mobilisation passionnée des forces militantes du Québec, même si elle n’a pu bloquer l’adoption de ces lois, a exercé incontestablement une influence modératrice sur les visées belliqueuses du gouvernement libéral. Or, le réseau national devrait faire le post mortem des réseaux qui se sont peu à peu défaits au fil du temps, chacun retournant à ses préoccupations particulières. Pourtant, dans certaines régions, comme l’Abitibi-Témiscamingue, des militantes réussissent heureusement à maintenir vivant ce réseautage : comment et pourquoi ?
- La réforme permanente
Le contraste entre le système d’éducation québécois d’avant la grande réforme des années 1960 et celui que nous avons depuis est assez frappant pour mériter toute l’attention qu’on donne au rapport Parent et à la révolution tranquille dans nos manuels d’histoire.
Rubriques (702)
- No 071 - oct. / nov. 2017
- Dossier : Le Saint-Laurent en eaux troubles
- Dossier : Vieillir
- No 084 - été 2020
- Dossier : Santé - État d’urgence
- No 054 - avril / mai 2014
- Dossier : L’énergie du désespoir
- Dossier : Quand l’art se mêle de politique
- Dossier : Gaspésie - Forces vives
- Mini-dossier : Droits des enfants