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- Dissocier indépendance et nationalisme
La question de l’indépendance représente une contradiction irrésolue dans l’histoire de la communauté politique du Québec. Elle est intimement mêlée aux autres formes de domination, dont l’oppression capitaliste. Si elle a, jusqu’ici, fait partie de l’arsenal idéologique des classes dominantes et des élites nationalistes, cela ne veut pas pour autant dire que la gauche peut se permettre de l’escamoter. Peut-être faudrait-il en revenir à dissocier indépendance et nationalisme. Cela ne veut pas dire nier la réalité nationale, mais plutôt penser l’appartenance à une communauté politique concrète comme condition nécessaire de tout projet d’émancipation et d’autonomie politique [1].
- Convergence, quelle convergence ?
La convergence entre partis souverainistes, on en parle beaucoup ces jours-ci. Dans le rang des solidaires, le débat est en cours, mais l’idée rencontre de la résistance. On se demande : est-elle possible avec le PQ ?
- Repenser la rupture avec le capitalisme
L’émergence du courant socialisme et indépendance fut intimement liée à l’apogée puis à la crise de l’État providence durant les années 1960 et 1970. Le contexte, caractérisé par le développement des nouvelles classes moyennes et l’affirmation politique du mouvement ouvrier, favorisa la résurgence des mouvements nationaux dans les États du centre (Québec, Catalogne, Écosse, Irlande du Nord). Le projet de joindre l’avènement du socialisme à la réalisation de l’indépendance peut ainsi être pensé comme une radicalisation de l’imaginaire d’émancipation politique du welfare state. Le succès relatif de cette mouvance dans les milieux intellectuels, les syndicats et les groupes communautaires fit cependant long feu lors du passage au néolibéralisme et devant l’échec des socialismes réels.
- Une indépendance timorée
Longtemps ignorée de la majorité du public occidental, à l’exception d’une poignée de militantes et d’intellectuels engagés (dont Noam Chomsky et Eleine Brière), la lutte pour l’indépendance du peuple du Timor oriental a connu une brève flambée d’intérêt en mai 2006, au moment où faisait rage un conflit opposant divers éléments de la police nationale timoraise, les forces armées et des « gangs » de rue. Cette explosion de violence a eu pour conséquences l’intervention militaire de l’Australie (légitimée par l’ONU) ainsi que la démission du premier ministre timorais Mari Alkatiri. Par la suite, la situation au Timor oriental est retombée dans l’oubli, laissant un sentiment de confusion sur le sens à donner à ces événements. Il y a là, pourtant, un enjeu qui dépasse le simple contexte du Timor, amenant à nous interroger sur la portée des indépendances nationales en cette période de mondialisation capitaliste.
- Socialisme et indépendance : un mot d’ordre toujours actuel ?
Formulée par la revue Parti pris, cette visée stratégique a inspiré l’action de plusieurs regroupements de militant·e·s au cours des années 1960 et 1970. Éclipsée par le Parti québécois (PQ), qui troque le socialisme pour la social-démocratie et l’indépendance pour la souveraineté-association, cette perspective serait-elle en train de retrouver du galon dans la nouvelle gauche apparue au tournant du siècle ?
- Journalisme. L’indépendance à la pige ?
De l’aveu de Pierre Sormany, l’un des fondateurs de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) il y a vingt-cinq ans, l’adoption du terme « indépendant » est une usurpation, une substitution qui vise à éviter le terme « pigiste », jugé péjoratif . Les journalistes « indépendant·e·s » se distinguent donc de leurs collègues salarié·e·s par le type de relation contractuelle qui les lient aux entreprises de presse. En tant que pigistes, les journalistes « indépendant·e·s » se (…)
- Indépendance nationale et souveraineté populaire
De défaite en défaite jusqu’à la victoire finale… Tel semble être le leitmotiv lancinant de la nation québécoise. Jamais au pouvoir, toujours en résistance : tous les soulèvements et projets d’indépendance de ce peuple semblent voués à l’échec. Et pourtant, ils ne sont tels qu’en fonction d’une idée précise de la prise du pouvoir ou de l’accession à un État-nation. Par rapport à la création puis à la perpétuation d’un sentiment national et d’une souveraineté populaire, tous ces « échecs » sont autant de jalons à partir desquels nous pouvons encore nous projeter vers un avenir où le « peuple » québécois décidera de son devenir de manière autonome.
- Aux origines du FLQ : pour l’indépendance et le socialisme
Au début des années 1960, le Québec est en ébullition. La Révolution tranquille est en marche, mais pour plusieurs, elle est insuffisante. Dans ce contexte, de jeunes radicaux fondent en 1963 le Front de libération du Québec (FLQ), « pour l’indépendance et le socialisme ». Ce moment fondateur, moins connu que les coups d’éclat de la fin de la décennie, permet de comprendre les motivations de l’indépendantisme révolutionnaire au Québec et sa pérennité. Soixante ans plus tard, que reste-t-il du premier FLQ ?
- Interdépendance des droits et des luttes
Changer notre monde pour en faire un espace où les personnes peuvent vivre libres, sans crainte de subir les caprices des élites économiques et politiques, apparaît comme une tâche infinie. Les obstacles sur la route menant aux droits et libertés se multiplient. Il suffit d’en abattre quelques-uns pour en voir se dresser d’autres.
- Les formes de la dépendance
Depuis la signature du traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis et, plus encore, avec la création de l’ALÉNA, il est impossible de comprendre le développement économique québécois sans poser la question de sa dépendance à l’économie globalisée. Paradoxalement, l’accent légitime que le mouvement altermondialiste met sur la critique de l’ouverture des marchés tend à détourner notre attention des dynamiques typiquement canadiennes. Et si les stratégies de développement économique comme le Plan Nord ou l’exploitation gazière et pétrolière, en plus de répondre aux impératifs internationaux, se trouvaient impulsées par les choix du gouvernement fédéral ? Réflexion sur la poursuite de la dépendance du Québec envers le Canada en ce qui concerne la définition des priorités en matière de politique économique.
- L’indépendance ? Ça dépend !
Réponse de Normand
On va m’accuser de donner une réponse de Normand. Et pourtant, ce que je pense de l’indépendance en général et de celle du Québec en particulier est précisément cela : ça dépend.
De quoi ? Essentiellement de ce qu’on veut faire avec.
C’est que l’indépendance d’une nation est à mes yeux une valeur politique instrumentale ou seconde et non première ou fondamentale. C’est pourquoi, si elle sert certaines valeurs politiques qui sont pour moi fondamentales, ce qui arrive, (…) - L’indépendance contre la globalisation capitaliste
Le discours de la globalisation capitaliste soutient que les frontières se sont effacées devant l’envergure des échanges internationaux, que l’État nation est en déclin et est devenu impuissant devant les acteurs économiques mondiaux. La régulation de l’économie, la plus légère possible, est la tâche des institutions internationales. Il en découle donc que la lutte pour la souveraineté nationale est complètement décalée et passéiste.
- Le Québec et ses minorités
De plusieurs manières, les nationalistes québécois, entendus en un sens large qui inclut les nationalistes qui ne sont pas en faveur de l’indépendance, ont gagné la guerre qui les opposait à la fois à l’Église catholique canadienne-française et à l’État canadien. Le développement continu de l’État québécois et les dispositions législatives établissant la dominance du français dans la vie publique ont considérablement renforcé l’espace politique québécois, au point où la plupart des demandes (…)
- Les innombrables contradictions de la convergence
Québec solidaire n’a pas fini d’entendre parler de son refus d’une convergence avec le Parti québécois lors des prochaines élections. En plus des reproches de dogmatisme, de fermeture et de favoriser la réélection des libéraux, les solidaires doivent aussi jongler avec le scandale entourant la non-divulgation de la feuille de route de OUI Québec sur une démarche commune d’accession à l’indépendance.
- Le souverainisme néolibéral et nationaliste. Les raisons de s’en séparer
Le souverainisme ne va pas bien. La portée du projet se réduit, les discussions sur le monde que la souveraineté pourrait permettre de construire sont remises à plus tard, soumises à l’impératif de gagner d’abord un prochain référendum. La vision du monde, néolibérale, de ses représentant·es officiel·les contribue à approfondir le divorce avec les personnes qui sont portées par une solidarité politique à l’égard des opprimé·es et par un point de vue critique de la mondialisation. L’indépendance peut-elle redevenir un projet progressiste menant à plus de liberté, d’égalité et de justice ? Peut-elle concerner plus spécifiquement les couches populaires et défavorisées ? La possibilité d’une réponse positive à ces questions réside dans la capacité d’invention qu’auront ceux et celles qui prennent leurs distances avec le nationalisme et qui refusent de secondariser les luttes pour l’égalité et la justice sociale.
- L’Écosse debout !
Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse a eu lieu le 18 septembre 2014. Le Non l’a remporté avec 55,3 % des voix. Malgré la défaite, l’humeur est loin d’être morose dans le camp des forces vives de la gauche radicale indépendantiste, comme nous le raconte ici la militante Cat Boyd.
- Les Premières nations
Qu’est-ce qu’une nation ?
Groupe d’humains assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unicité et la volonté de vivre en commun. Source : Dictionnaire Le Robert méthodique.
Cette définition du Robert décrit bien la réalité de la province du Québec, car les nations autochtones et la nation québécoise veulent être reconnues comme des sociétés distinctes et désirent développer des relations de partenariat entre elles dans un respect mutuel des différences. Somme toute, c’est ce (…) - Pour la liberté
Je radoterai. Forcément. Après plus de 40 ans passés à répondre à cette question. Évidemment, l’événement n’a pas eu lieu. Ce n’est pas une raison pour tenter continuellement d’en refonder la nécessité ou, pire, pour en contester la pertinence. L’indépendance a été, est et sera un projet à réaliser jusqu’à son avènement, pour des raisons irréductibles aux circonstances immédiates. Il s’agit en effet de la question universelle de la liberté de disposer de soi-même.
Tout le reste n’est que (…) - L’indépendance - Laquelle ? Pour qui ?
La question nationale n’est pas nouvelle : elle traverse d’une certaine manière l’histoire du Québec depuis les origines prenant à l’époque contemporaine la forme d’un projet indépendantiste maintenant revendiqué depuis près de 50 ans et toujours non accompli. Si bien que pour plusieurs, cette question est devenue lassante en raison même de son irrésolution.
En la réactivant, en consacrant un dossier au projet québécois d’indépendance, nous voulions « dérégler » une question (…) - 40 ans après la Révolution tranquille, pourquoi sommes-nous encore plus dépendants que jamais ?
Paul Rose a consacré sa vie à la lutte pour l’émancipation nationale et sociale du peuple québécois. Projeté à l’avant-scène lors des évènements d’Octobre 1970, prisonnier politique incarcéré pendant douze ans, docteur en sociologie et syndicaliste actif, il partage avec nous son analyse de l’évolution de la société québécoise au cours des quarante dernières années. Bilan historique et perspectives d’avenir d’un militant de la gauche politique québécoise.
- L’austérité au temps de l’abondance
L’austérité au temps de l’abondance, Collectif, Montréal, Liberté, 2015, 120 p.
- Le poids de l’héritage
L’accession à l’indépendance de territoires non indépendants est une constante dans l’histoire. Potentiellement porteurs d’effets déstabilisateurs dans le monde, ces développements, en général, ne laissent pas indifférente la communauté des États. D’où l’élaboration, au fil du temps, de textes juridiques pour encadrer ce mouvement d’autonomie. Leurs dispositions sont alors immanquablement évoquées pour tenter de répondre à quelques-uns des nombreux problèmes soulevés à cette occasion. On (…)
- L’indépendance des médias et la liberté d’expression
Les médias d’information sont en crise. Tous, peu importe leur taille et leur modèle d’affaires. Mais c’est parfois en temps de crise qu’émergent des manières différentes de concevoir les choses. Et c’est notamment dans cette conjoncture que se révèle toute l’importance des médias indépendants.
- Sortir de la dépendance
Que ce soit les hydrocarbures en milieu marin dans le golfe du Saint-Laurent, les gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, le pétrole de schiste sur l’île d’Anticosti, les réservoirs compacts de la Gaspésie, le déploiement des sables bitumineux par train, par bateau et par oléoduc, le Québec fait face, depuis quelques années, à une invasion sans précédent de « projets fossilisés ». Nul besoin de rappeler que ces derniers n’ont jamais fait l’objet d’une réelle consultation publique digne de ce nom. Par ailleurs, serait-ce qu’il n’y ait qu’un seul projet relevant des énergies fossiles : celui de faire du Québec un État pétrolier à l’image du Canada d’aujourd’hui ? Bien des observateurs le pensent de plus en plus…
- Catalogne. Lutte pour une société nouvelle
La situation politique est devenue explosive en Catalogne. Une délégation de Québec solidaire a pu le constater sur place au cours du mois d’octobre dernier. À l’invitation de la gauche radicale, la Candidatura d’Unitat Popular (CUP), la délégation a pu observer non seulement la répression de Madrid, mais aussi l’auto-organisation du peuple catalan pour la tenue de ce référendum historique.
- Un référendum historique
Le 9 novembre prochain, la Catalogne organisera un référendum sur son indépendance. Vues de l’extérieur et a fortiori pour ceux et celles qui ne se frottent pas à la culture catalane, les marques distinctives de celle-ci paraissent biffées au profit d’une prétendue homogénéité hispanique que Madrid a beau jeu de diffuser. Dans le reste de l’Europe, grands financiers et politiques, toujours friands de statu quo, font circuler un discours de catastrophe imminente et de rejet de l’Union européenne. Au Québec, on connaît ce refrain [2].
- Retour sur Octobre
Figure incontournable du Front de libération du Québec, Paul Rose a à la fois pratiqué, sous toutes ses formes, la résistance politique et affronté la violence du système qu’il dénonçait. Docteur en sociologie, il est conseiller syndical depuis plusieurs années. Dans cette entrevue exclusive, il revient sur Octobre 1970, sur les réflexions qu’il en a tirées et sur son parcours de militant.
- « Nous sommes prêts ! »
Le 9 mars dernier, Gabriel Nadeau-Dubois annonçait qu’il faisait le saut en politique au sein de Québec solidaire. Moins de trois mois plus tard, l’ancien leader étudiant était élu co-porte-parole du parti et député de Gouin. Dans son sillage, plus de 6 000 personnes ont manifesté leur enthousiasme en joignant les rangs de la formation de gauche. Au-delà d’un indéniable « effet GND », comment l’arrivée de cette icône du Printemps érable affectera-t-elle les stratégies et le fonctionnement de QS ?
- Peut-on inverser la tendance ?
Depuis la crise économique de 2008, les prétextes se multiplient pour poursuivre les attaques contre les salaires et les législations du travail. Les chocs causés par les crises à répétition ont des effets permanents pour la majorité des populations laborieuses, qui peinent à s’en remettre et voient à long terme leurs conditions de travail et de subsistance se dégrader. Procédant de la même logique, l’austérité financière s’impose comme modèle de gestion des dépenses publiques, venant plomber le filet de protection sociale.
- Le Canada : conquérant ou inféodé ?
Ce dossier sur la politique étrangère canadienne était devenu nécessaire. L’appui canadien à l’agression israélienne contre le Liban et l’implication grandissante du Canada dans la guerre néocoloniale d’Afghanistan apparaissent comme des révélateurs d’une politique étrangère impérialiste qui, si elle n’est pas complètement nouvelle, n’en demeure pas moins inquiétante. Cependant que de plus en plus de voix s’élèvent pour exiger un retrait immédiat des troupes canadiennes d’Afghanistan, la propagande pro-guerre s’intensifie dans les médias de masse et chez la classe politique, laissant présager le maintien du cap militariste de la politique étrangère canadienne.
- Panne chez Facebook. Quand le monopole fait trembler la diaspora
Lorsque les services de Facebook ont cessé de fonctionner le 4 octobre dernier, le véritable séisme n’était pas celui qui a ébranlé Instagram et Messenger : c’était la panne de WhatsApp.
- La langue is never about la langue
En tant que personne qui pratique et enseigne la traduction comme métier, je travaille de très près, et quotidiennement, avec la langue. Chaque jour je la regarde dans le blanc des yeux, lui fouille les entrailles, lui tords le bras, l’embrasse aussi, la caresse. C’est ma spécialité. La langue ne me quitte jamais et j’y réfléchis constamment, avec et par elle, inévitablement. Mais la langue, malgré tout, m’échappe ; je ne suis pas encore arrivé·e, après plus de quinze ans de carrière, à bien la cerner.
- Art et féminisme. Quelques tendances significatives
L’art contemporain est emporté, depuis les années 1990, par une troisième vague du féminisme complexe et polymorphe. Certains modes d’exploration des décennies précédentes demeurent, mais de nouvelles préoccupations s’imposent. J’insiste ici sur certains courants qui s’emparent de la question identitaire, mais l’envisagent de façon innovante.
- L’austérité comme tendance internationale
L’austérité est devenue le principal outil du prêt-à-penser économique. Devant tout problème relié à la dette publique, ou au budget de façon plus générale, il n’existe plus qu’une seule solution : les compressions. Qu’elles donnent ou non des résultats n’a pas vraiment d’importance : « Je coupe, donc je suis », semblent dire les gouvernements dans un nombre élevé de pays.
- Le concert des « ténors souverainistes »
La « débâcle » du Parti québécois aux dernières élections a fourni l’occasion d’un bilan spontané de la part de plusieurs « ténors souverainistes », qui se sont épanchés bien volontairement à la demande des médias sur la question du destin du projet d’indépendance. Leur constat est double.
- Les inégalités : une tendance mondiale
Les inégalités sociales s’accentuent. S’il y a là matière à se scandaliser, il n’y a malheureusement pas matière à être surpris. Des études récentes ont bien documenté le phénomène au Québec et au Canada [3], mais qu’en est-il des autres pays dits « développés » ? Une étude publiée par l’OCDE [4] en décembre dernier s’attarde justement sur cette question et, disons-le, la réponse n’est pas des plus réjouissantes. Les pays membres de l’organisation, malgré trente ans de croissance économique soutenue, ont en effet vu l’écart entre les riches et les pauvres augmenter.
- Relever le défi de l’immigration
Il est difficile aujourd’hui d’évoquer la question nationale en lien avec l’immigration sans avoir en tête les tristes paroles prononcées par Jacques Parizeau le soir du 30 octobre 1995. Les « votes ethniques » et le « nous » lancés dans le discours du premier ministre de l’époque avaient un goût amer pour bien des Québécoises, souverainistes ou pas.
- Le néo-intégrisme et les médias
Le débat biaisé sur les accommodements raisonnables a le mérite de poser deux problèmes majeurs au Québec : le racisme envers les communautés et sa conséquence, soit une résistance qui se présente comme un regain de religiosité, lequel ne peut échapper à l’encadrement intégriste, comme cela arrive dans les pays d’origine de ces communautés.
- Comment rendre l’extrême droite présentable
Les succès considérables de l’extrême droite dans le monde risquent-ils de se reproduire chez nous ? Peu réceptives d’emblée à ce mouvement, les populations québécoise et canadienne sont confrontées à une grande opération de séduction des partis de cette tendance.
- L’intelligence artificielle, cette chimère
Voici un article paru dans la revue Milieu(x) en 2019, reproduit ici avec leur permission.
- Fusion QS et ON. Une avancée pour la gauche indépendantiste ?
En ratifiant massivement à leurs congrès respectifs l’entente de principe de fusion, Québec solidaire et Option nationale ont profité de la conjoncture pour accroître le rapport de force de la gauche indépendantiste sur l’échiquier politique québécois. Cette fusion a le potentiel de redresser la dynamique qui tire inexorablement le mouvement souverainiste vers le bas depuis le virage à droite du Parti québécois, il y a deux décennies.
- Précarité post-référendaire au Kurdistan irakien
Le 25 septembre dernier, les Kurdes irakiens étaient appelés à se prononcer par référendum sur leur avenir au sein de l’Irak. Les résultats n’ont laissé aucun doute : l’indépendance a recueilli près de 93% des voix. Depuis, la région a perdu plusieurs acquis et reste plongée dans une grande précarité.
- L’artiste et le militant
L’artiste, c’est Marcelle Ferron, l’une des plus grandes peintres du Québec moderne. Le militant, c’est Michel Chartrand, le camarade exemplaire, compagnon des luttes d’hier, inspirateur de celles d’aujourd’hui. Ces deux personnages hors normes revivent dans toute leur grandeur et leur splendeur dans des ouvrages récemment parus qui les rappellent à notre souvenir ému.
- Une pilule difficile à avaler
Au Canada, 10 % du PIB est consacré aux dépenses totales en santé [5].Institut canadien d’information sur la santé, Tendance des dépenses nationales de santé, 2010., ce qui nous place au 5e rang mondial. Les médicaments comptent pour une bonne partie de ces dépenses. En effet, le coût moyen des médicaments au Canada se hisse au 3e rang parmi les plus élevés au monde, pour des dépenses totales de 28 milliards $ (7,5 G$ au Québec), en hausse de 10 % par année (1985-2008). L’impact du prix des médicaments sur le coût total des soins de santé est remarquable : de 9 % en 1985, il est passé à 16 % en 2008 au Canada et même à 21 % au Québec !
- L’illibéralisme, le nouvel encerclement
Si l’extrême droite est en expansion dans le monde, c’est dans sa version « illibérale » qu’elle menace le plus les pays démocratiques. Bien que très utilisé dans certains cercles, ce terme est peu connu au Québec. Est-ce parce qu’il demeure peu pertinent dans notre contexte politique, ou désigne-t-il une réalité que nous refusons de voir ?
- Judiciarisation des relations de travail : un levier pour les syndicats ?
Le modèle traditionnel du syndicalisme a bien changé. Aujourd’hui, une grande part de l’activité syndicale passe par la justice : on parle de convention collective, de griefs, de juste représentation des salarié·es. Cette activité complexe est-elle une avancée ou une complication encombrante ?
- Les chauffeurs californiens d’Uber resteront des travailleurs indépendants
Géolocalisés, autonomisés, réduits aux conditions de travail et de santé et sécurité minimales, les chauffeurs Uber californiens ont accueilli dans une grande déception le résultat du référendum ayant pour effet d’abolir une loi qui obligeait les géants de la gig economy à les reconnaître comme salariés.
- Nouveau Parlement, vieilles options
Avec l’appui du quart de l’électorat éligible, la Coalition avenir Québec (CAQ) se retrouve au pouvoir pour les quatre prochaines années. Si l’Assemblée nationale a renouvelé ses visages, les vieilles options et les vieux dilemmes se sont néanmoins réinstallés à demeure. Le gouvernement Legault souscrit en effet à la même logique d’austérité que ses prédécesseurs et, pour le combattre et le remplacer, Québec solidaire (QS) devra continuer à éviter les sentiers qui ont tenu la gauche en échec durant toute l’ère péquiste.
- D’un « bon gouvernement » provincialiste à l’autre
L’arrivée à la tête du Parti québécois en 2012 d’un affairiste conservateur et autoritaire doublé d’un souverainiste résolu, Pierre-Karl Péladeau, illustre bien les tensions principales qui divisent cette formation depuis sa fondation : l’indépendance, le social, le pluralisme et la démocratie.
- Légaliser le cannabis, à quelle fin ?
Il y a fort à parier que le Canada légalisera le cannabis très prochainement, le premier ministre Justin Trudeau ayant mandaté, au mois d’octobre 2016, un comité d’expert·e·s pour réfléchir à la rédaction d’un projet de loi. Future manne d’argent pour plusieurs, la légalisation du « pot » a pourtant beaucoup plus à voir avec la santé publique.
- Le rêve d’une libération algérienne
L’Histoire, comme le dieu romain Janus, est un visage à deux faces : une tournée vers l’avenir à construire, l’autre vers le passé, un passé dont nous ne sommes jamais totalement quittes. Et dans les replis de ce passé, une multitude de vaincu·e·s, tombé·e·s dans les combats pour la libération, attend que nous lui donnions une voix. Abane Ramdane, révolutionnaire algérien dont la voix fut étouffée en 1957, est un de ces vaincus dont la trace reste pourtant toujours présente.
- Entretien avec Jooneed Khan
Originaire de Maurice, Jooneed Khan a œuvré pendant trente-cinq ans au quotidien La Presse comme journaliste de politique internationale. Il nous livre ici ses réflexions sur la nature perfide d’un système mondial qui confine de nombreux pays du tiers-monde – à l’instar de Maurice – à l’inégalité et à la dépendance.
- L’Amérique latine dans son bicentenaire
L’année 1810 constitue un moment important dans l’histoire latino-américaine. Pour un grand nombre de pays de la région, il symbolise en effet le bicentenaire de la naissance des États nationaux établis sur ce continent. Il est vrai que l’indépendance proprement dite n’a pas été déclarée durant cette année-là ; 1810 a marqué plutôt le commencement d’un processus qui devait mener, quelques années plus tard, à la souveraineté des colonies espagnoles, à l’exception de Cuba, de Porto-Rico et de la future République Dominicaine. Quant au Brésil, il s’est séparé du Portugal presque sans lutte, suivant une chronologie quelque peu différente, mais au cours de la même période.
- Réinventer le social dans le national
Pendant longtemps, les mouvements progressistes québécois se sont battus pour un projet d’émancipation à la fois social et national. Dans les années 1960, c’était la gauche qui mettait de l’avant un projet indépendantiste et socialiste pour briser la structure quasi coloniale qui dominait le Québec, et cela, dans une perspective anticapitaliste et anti-impérialiste. Quant le PQ est apparu dans le décor, il y a eu comme une déconnexion entre les deux dimensions, sociale et nationale. Libéral (…)
- Une démarche originale : L’Assemblée constituante
Au début des années 1970, le terme référendum n’évoquait à peu près rien pour l’écrasante majorité de la population du Québec. Il en est sans doute ainsi, aujourd’hui, pour le projet d’Assemblée constituante proposé notamment par Québec solidaire. Mais, qui sait, dans une dizaine d’années le terme assemblée constituante sera peut-être sur toutes les lèvres ? D’autant plus que l’idée n’est pas nouvelle et pourrait très bien s’imposer comme perspective centrale visant à solutionner la question nationale. Le PQ semble avoir pour sa part définitivement choisi la voie de la gouvernance provinciale.
- Passer à la Caisse
La Caisse de dépôt et placement du Québec annonçait en février 2009 des pertes de 40 milliards $, mettant au jour l’absurdité et l’illégitimité d’un système économique qui donne à gérer aux amis des patrons l’épargne de millions de personnes. Les apparatchiks et boursicoteurs de la Caisse bénéficient apparemment d’une impunité garantie, une impunité « collective » renforcée par la tendance forte à jeter le blâme sur quelques brebis galeuses « incompétentes » et « irresponsables ». Pourtant, (…)
- Un non-alignement souhaitable !
Pour consolider le fragile acquis politique des indépendances, la Conférence des non alignés du Caire de 1962 esquisse les termes d’une coopération essentielle entre le Nord et le Sud au niveau économique. Cela permettra l’avènement, deux ans plus tard, de la Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement. L’ordre international s’avère de plus en plus pervers pour ces sociétés périphériques. Certes, à sa faveur se dispersent, dans le prétendu tiers-monde, des itinéraires selon qu’on dispose de certains atouts pour être intégré favorablement dans le marché mondial. Naturellement donc, les préoccupations du mouvement des non alignés se focalisent sur le dialogue Nord-Sud. Ce fut davantage, et cela le demeure d’ailleurs, un monologue du Sud.
- Les verrous de 1968
D’innombrables allégations encombrent la mémoire de Mai 68, devenu pour certain·es la source par excellence des pires maux dont souffrirait notre société : hédonisme individualiste, narcissisme consumériste, repli des individus dans la sphère privée, atomisation de la société, censure du politically correct, supériorité des droits sur les devoirs, perte des valeurs communes au profit de la protection des minorités, dissolution des repères collectifs, dévalorisation des maîtres et des supérieurs, dispersion des familles, fantasme d’autofondation de soi, irresponsabilité de masse, hyperfestivité, maladies vénériennes, impératif de jouissance illimitée, impossibilité des transgressions et des interdictions au profit du règne de l’autorisation et de la permission – quelle faute n’a-t-on pas fait porter à 1968 ?
- Terre en transe
L’année 1968 devait être, selon les paroles de Fidel Castro prononcées le 2 janvier à La Havane, celle du « guérillero héroïque ». Les échos de la mort du Che allaient se répercuter tout au long de cette année dans le monde, à travers un, deux, trois, mille foyers de révolte. Le Québec n’y échappera pas et cet écho sera modulé selon les caractéristiques propres de la société québécoise : on assiste alors non pas à un « complot international » ou à une transposition tardive de ce qui se fait ailleurs, mais à une convergence de mouvements de lutte qui entrent en résonance avec ce qui se passe au niveau mondial (pouvant, à l’occasion, s’en inspirer) et qui ont des racines dans l’histoire québécoise.
- Il est fini le temps des messies
Un regard original sur la situation politique haïtienne à partir de la réflexion d’un observateur de ce pays depuis plus de 20 ans : le politologue André Corten, professeur au Département de science politique de l’UQAM et membre du Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine [6].
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- Les nouveaux médias
D’Émilie-Gamelin à Tahrir, les réseaux se sont invités partout où l’actualité s’est faite brûlante. Prenons le conflit étudiant et la campagne électorale dans la foulée. Ils ont servi de moult façons. Un événement Facebook pour organiser une manifestation, le mot-clic #manifencours pour la suivre en direct sur Twitter et Instagram pour la revivre façon rétro. On a aussi pu voir des personnalités publiques croiser le fer sur Twitter – ce qu’on appelle un « tweet-fight » –, par exemple celui entre Martine Desjardins et François Legault sur le financement des universités.
- Hong Kong. Entre la Chine et l’Occident
Les récentes orientations autoritaires et expansionnistes de Pékin expliquent la ténacité des militant·e·s autonomistes de Hong Kong qui continuent de manifester malgré le retrait du projet de loi sur l’extradition de suspects vers la Chine.
- Une domination aux mille visages
Il y a parfois de ces idées qui naissent pour décrire et expliquer un état de fait qui semble avoir mille vies, mille visages et renaître à chaque époque sous de nouveaux apparats. L’impérialisme en est une, qui prend aujourd’hui les habits de la mondialisation néolibérale.
- Refonte de la taxation scolaire. Une réforme qui en prépare une autre ?
En labourant les terres caquistes afin d’« alléger le fardeau fiscal des contribuables », le gouvernement Couillard prétend s’attaquer à diverses iniquités fiscales par sa réforme du modèle de taxation scolaire. Or, bien plus qu’un enjeu technique et électoral, cette réforme a une portée politique et idéologique notable.
- Négociation des juristes de l’État
Leur convention collective est expirée depuis mars 2015. Ils et elles ont fait grève pendant 18 semaines. Ça n’a pas empêché les juristes de l’État de se buter à l’obstination féroce du gouvernement Couillard, dont le comportement dans ces négociations a toutes les allures d’un manque de bonne foi. Le 27 février 2017, il adoptait une loi spéciale pour forcer le retour au travail de ces salarié·e·s pas comme les autres.
- Le modèle du Québec
En 1935, Irénée Vautrin, alors ministre responsable de la Colonisation, de la Chasse et des Pêcheries, propose et fait adopter un projet de loi sur la colonisation. Le plan Vautrin, comme il sera désigné, représentera la plus importante campagne de redéploiement de la collectivité québécoise dans les régions du Québec, sur les bases d’un développement économique qu’elle tentera tant bien que mal de contrôler. Le plan représente la conclusion d’une intense mobilisation du monde syndical et (…)
- YouTube, l’archivage en folie
À l’image de notre monde déréglementé, YouTube est en même temps un immense refuge du n’importe quoi, une accumulation étourdissante du meilleur et du pire. Et qui laisse perplexes quelques-uns des milliards de visiteurs et visiteuses qui s’y aventurent.
- La Cour suprême renforce le droit syndical
Une importante décision a été rendue l’été dernier par la Cour suprême du Canada (CSC). Elle concerne la fermeture, en 2005, du Walmart de Jonquière alors que le syndicat desTravailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) venait d’être accrédité pour représenter les employé·e·s de ce magasin quelques mois plus tôt. Après bien des péripéties judiciaires, ces salarié·e·s sortent vainqueurs et la tête haute de la Cour d’Ottawa, appuyé·e·s avec force par leur syndicat, qui a lutté contre le très affirmé anti-syndicalisme wal martien. Mais leur avenir est encore incertain…
- Idle No More
Depuis des centaines d’années, les peuples autochtones protègent leurs territoires, maintiennent et gardent dynamiques leurs langues, leurs traditions et leurs cultures, et tentent d’avoir des rapports justes et équitables avec les Canadien·ne·s. Or, ces efforts passent souvent inaperçus, et sont même ignorés, jusqu’à ce que se produisent l’étincelle, le point de paroxysme ou la crise
- La ruée vers le gaz de schiste
Gaz de schiste, vous dites ? On entend le terme sur toutes les tribunes, mais savons-nous vraiment de quoi il en retourne ? La dépendance de plus en plus importante aux hydrocarbures fait augmenter la demande en des formes d’énergie comme le gaz de schiste, ce qui fait saliver bien des entreprises d’exploitation qui voient là une source de profits faramineux. Mais la levée de boucliers des citoyens québécois impose une réflexion majeure : qu’est-ce qu’il y a de si dangereux dans les gaz de schiste ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ? Et surtout, comment en est-on arrivé à la situation actuelle au Québec ?
- Peut-on encore vivre de son art ?
Il devient de plus en plus difficile aujourd’hui de gagner sa vie par un travail d’artiste. Nos sociétés archi fonctionnelles arrivent difficilement à intégrer une matière aussi insaisissable et imprévisible que l’art à ses structures économiques. L’archivage illimité et l’accès gratuit à d’innombrables oeuvres sur Internet permettent au public de cueillir des chefs-d’oeuvre en série, sans penser aux intérêts de ceux et celles qui les ont conçus. Dans cette abondance, il y aura toujours des artistes prêts à travailler pour moins, dans le but de se faire connaître.
- Quelques impasses actuelles
Une tendance importante chez nos auteurs fait que l’on écrit au Québec des romans russes, américains, anglais, brésiliens, antillais, etc. La critique louange ces livres et les lecteurs suivent. Mais qu’en est-il alors d’une véritable vision de la société québécoise dans notre roman aujourd’hui ?
- Soigner le mal par le mal
Pendant la crise économique, en 2008, plusieurs ont cru que le capitalisme, blessé au cœur, se relèverait difficilement. Le fait d’avoir suivi aveuglément ses principes les plus élémentaires avait mené à la perte de ses plus puissantes institutions. Mais celles-ci ont survécu par des transfusions de plusieurs milliers de milliards de dollars. Et la crise est devenue le prétexte pour appliquer la stratégie du choc qui se concrétise par les plans d’austérité que l’on applique partout dans le monde, y compris au Québec.
- Souvenirs de l’opération
C’était un soir de 1968, dans ce bar qu’on appelait la Casa espagnole, aujourd’hui disparu, au coin des rues Sherbrooke et Hutchison. Avec la Hutte suisse, toute proche, c’était un lieu comme il n’en existe plus vraiment aujourd’hui, fréquenté par une faune artistique, littéraire, nationaliste et de gauche. On y défaisait et refaisait le monde jusque tard dans la nuit. Je me souviens, en particulier, d’interminables débats avec Gaston Miron, qui pourfendait les gauchistes refusant de suivre (…)
- Vers une nouvelle critique des médias
La critique des médias dominants est une nécessité pour contrer la tendance hégémonique de la « pensée unique » néolibérale. Mais une critique trop manichéenne des médias est sans doute démesurément à la mode dans la galaxie altermondialiste. Face au risque d’une critique unique de « la pensée unique », une autre critique des médias est possible, plus sensible aux complications et aux contradictions de notre monde, et donc plus radicale, car plus à même de saisir les racines emmêlées des maux humains dans les sociétés capitalistes actuelles.
- Revoir l’agriculture. Entrevue avec Carole Poliquin, cinéaste
La documentariste Carole Poliquin, connue pour ses films percutants sur l’économie, nous revient avec le documentaire Humus, l’histoire d’une famille qui se lance dans l’expérience risquée et salutaire de l’agriculture régénératrice. Une aventure qu’elle nous raconte par d’émouvants témoignages et de superbes images. Propos recueillis par Claude Vaillancourt.
- Une hégémonie de longue durée ?
Au-delà du décompte des voix et des sièges, quelles sont les tendances lourdes des dernières élections provinciales ? Quelle analyse faire de ces résultats ?
- Les voix multiples d’Octobre 70
Septembre 2020. Par un après-midi d’automne, je me rends au cinéma Beaubien rejoindre ma grande amie Astrid (nom fictif). Elle, d’ascendance canadienne-française. Moi, Québécoise d’origine haïtienne. Nous allons voir le film Les Rose, portant sur ce qu’on appelle « la crise d’Octobre ». Ni elle ni moi n’étions nées au moment de ces évènements.
- Grèce. Exarcheia sur l’échiquier du pouvoir
Depuis l’arrivée au pouvoir du parti conservateur Néa Dimokratía en 2019, une virulente offensive se déchaîne pour expulser les anarchistes, les réfugié·e·s et les migrant·e·s des centres urbains. Emblème par excellence des mouvements anarchistes depuis l’Indépendance de la Grèce, le quartier athénien d’Exarcheia subit des transformations de premier ordre.
- Catalogne. La rue prend l’initiative
Tous les paris sont ouverts sur les issues possibles de l’affrontement entre la Catalogne et le gouvernement espagnol depuis les résultats électoraux du 10 novembre 2019. La grande et inquiétante nouveauté de cette élection est le renforcement inédit de l’extrême droite qui, depuis les élections précédentes tenues en avril dernier, a plus que doublé sa représentation en recueillant plus de 15 % des voix au niveau national.
- Reprendre parole. Entrevue avec la maison d’édition Diverses Syllabes
Nouvelle maison d’édition fondée à l’été 2020, Diverses Syllabes a soulevé un grand intérêt dans le milieu littéraire et au-delà. À bâbord ! a rencontré trois des co-fondatrices.
Version intégrale de l’entrevue parue dans le numéro 86 de la revue.
Avec Sayaka Araniva-Yanez, Brintha Koneshachandra et Paola Ouedraogo
Propos recueillis par Alexis Ross
- La famille conservatrice contre-attaque
Le 23 avril 2019, nous apprenions que l’Île-du-Prince-Édouard passait du côté conservateur. C’est une tendance lourde puisqu’il s’agit de la quatrième province en deux ans à virer bleu.
- Les stages rémunérés, c’est CUTE !
D’abord parue en une version courte publiée dans le numéro 73, voici la version plus élaborée de la rencontre avec ces militantes. Nous la publions aujourd’hui puisque les Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE) profiteront de la journée des droits des femmes pour appeler à l’action et diffuser les perspectives féministes de cette campagne, intrinsèquement liée à la reconnaissance et la valorisation du travail invisible des femmes.
- Les 40 ans de la loi 101
L’histoire officielle a tendance à attribuer la paternité de la Charte de la langue française au seul Parti québécois. Or, elle découle en réalité d’importantes mobilisations sociales, parmi lesquelles figure avantageusement l’action déterminée du mouvement syndical et du mouvement étudiant. On l’oublie parfois, mais ces mobilisations s’enracinent dans une longue trajectoire populaire de résistance à l’oppression nationale.
- Clitoris, vagin, plaisir…
Le clitoris
Jusqu’à la sixième semaine in utero, l’embryon possède le même « tronc commun » génital, qui se développe ensuite vers une forme pénis / scrotum / testicules, clitoris / lèvres / ovaires ou une variation de ces deux formes si la personne naît intersexuée. Si le pénis a plusieurs fonctions (sensation, éjaculation et miction), le clitoris n’en a qu’une : le plaisir. Mission relativement facile à accomplir puisque c’est la partie la plus sensible du corps : elle compte 8 000 (…) - Le spectre de la peste brune
Lors des élections européennes du 25 mai 2014, l’incroyable poussée de l’extrême droite a déstabilisé l’équilibre politique de plusieurs pays. Celle-ci est pour la première fois arrivée en tête en France, au Danemark et au Royaume-Uni, où elle a obtenu respectivement 24,85 % (Front national, FN), 26,7 % (Parti du peuple danois, DF) et 27,5 % (Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, UKIP) des suffrages. Plusieurs autres pays ne sont pas en reste puisque, par exemple, le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) a obtenu 20,5 %, tandis que le Mouvement pour une meilleure Hongrie a raflé 14,7 %.
- Repérer les angles morts
L’histoire maghrébine et proche-orientale des 20 dernières années regorge d’exemples historiques nous donnant à voir l’irruption du peuple dans l’arène politique dans des sociétés où le politique a toujours été une affaire de rapports de force bruts que les possédants et dominants faisaient subir à des masses qu’ils méprisaient largement. Les récentes révoltes, à appréhender sous un temps long et discontinu, donnaient à voir une appropriation des espaces publics et des formes de mobilisation inédites. C’est le politique qui se libère et s’autonomise dans des sociétés où nous avons tendance à penser que c’est face au seul pôle religieux qu’il faut s’affranchir. Autonomie du politique face au religieux, mais aussi et surtout face au militaire, au policier et à l’arbitraire de l’injustice des possédants.
- GAPPA
Actif depuis juillet 2012, GAPPA (Guet des activités paralogiques propagandistes et antidémocratiques) s’inscrit parmi les nombreuses initiatives médiatiques citoyennes ayant émergé récemment au Québec. À l’instar des autres médias citoyens, GAPPA s’approprie les nouvelles technologies de l’information et de la communication afin de produire et diffuser du contenu médiatique original, une possibilité jusqu’à tout récemment presque exclusivement réservée à des corporations et à l’État.
- Accumuler avec Ricardo : la machine à manger
L’anthropologie nous apprend que les pratiques culinaires sont des pratiques sociales liées à un système symbolique qu’elles contribuent à alimenter et à reproduire dans sa matérialité. Aussi, il n’est pas rare que dans une réunion de famille, lorsqu’il est question de cuisine, on en vienne à parler de « Ricardo ». En substance, le pivot de la conversation consistera à discuter les raisons pour lesquelles on aime, ou pas, Ricardo : ses recettes sont simples, il a du « bon sens », il est souriant ; il en fait trop, ce n’est pas vraiment un cuisinier.
- Accords, désaccords et pistes de réflexion
Au Québec, il y a encore bien peu de gens qui réfléchissent aux enjeux soulevés par l’émergence actuelle du mouvement du libre et qui étudient sérieusement le discours des cyberactivistes qui en font partie, ce qui est bien dommage, car les questions sont nombreuses et importantes. C’est pourquoi je me suis réjoui de lire le billet de Marie-Anne Casselot sur la relation de certains des protagonistes les plus en vue de ce mouvement avec la masculinité. Enfin, on peut dialoguer !
- « Une région encore colonisée et un petit peu aliénée »
Montréalais d’origine et résidant de l’Outaouais depuis le début des années 1970, Bill Clennett est le candidat de Québec solidaire dans Hull. Parmi ses multiples combats, il milite pour une conception progressiste de la vie urbaine dans une ville trop longtemps confinée dans sa dépendance structurelle envers Ottawa.
- Scène politique québécoise ; où va-t-on ?
La scène politique est confuse. Le Bloc québécois disparaît presque complètement de la scène fédérale, tandis que le Nouveau Parti démocratique (NPD) devient le parti canadien le plus représentatif de la population québécoise. Sur le plan provincial, le Parti québécois (PQ) est en déroute avec la démission de députés, dont le médiatique Pierre Curzi et l’expérimentée Louise Beaudoin, le Parti libéral du Québec (PLQ) garde sa tête hors de l’eau grâce aux malheurs de ce dernier et l’appui jusqu’ici indéfectible des circonscriptions jouissant d’une forte proportion d’anglophones, l’Action démocratique du Québec (ADQ) fait du sur place, tandis que Québec solidaire (QS) prospère dans la foulée des positions fermes défendues par Amir Khadir. Dans l’ombre s’agite François Legault qui voudrait bien devenir chef d’un nouveau parti.
- Une révolte à politiser
Les peuples du Maghreb et du Proche-Orient se révoltent vaillamment face à leurs oligarchies respectives. Ces révoltes, toutefois, constituent un invariant historique qui n’a jamais cessé depuis les indépendances de ces pays il y a près d’une cinquantaine d’années. Il reste toutefois à politiser ce sentiment de révolte pour lui permettre d’insuffler une véritable logique de rupture avec les différents régimes en place, mais aussi avec l’ordre mondial global qui les sous-tend.
- Les attractions passionnées de Charles Fourier
Parmi les socialistes utopistes, Fourier se distingue à plusieurs égards. Loin de l’ascétisme monastique qui inspire L’Utopie de Thomas More ou, plus près de lui, L’Icarie de Cabet, il se propose de fonder Le nouveau monde industriel et sociétaire [7] sur la base des attractions passionnées. Ainsi son phalanstère s’occupe autant de trouver une façon harmonieuse d’organiser la production économique que de construire une forme de communauté amoureuse, fondée sur les passions, les goûts et les instincts. Plaisirs et travail non seulement ne sont pas la négation l’un de l’autre, mais peuvent être à l’origine d’un monde véritablement harmonieux parce qu’ils font tous deux appel à des dimensions fondamentales de l’être humain.
- Le Québec du citoyen Martineau
Richard Martineau réclame avec force une liberté de parole qu’il exerce depuis plusieurs années. Or il existe en ce moment une position idéologique très payante au Québec : elle consiste à parler à partir du point de vue « du monde ordinaire ». Le génie de Mario Dumont est d’ailleurs d’avoir su percevoir le potentiel de cette position jusqu’à réussir à l’incarner. C’est le débat sur les accommodements raisonnables et le coming out d’une droite intellectuelle revancharde au Québec qui ont permis à Richard Martineau de se forger une personnalité dans le Journal de Montréal. Le chroniqueur, qui se fait dans ce contexte le porte-voix du « vrai monde », a développé une pensée politique constituée de deux lignes idéologiques qui forment un faisceau sulfureux. La première tend vers une définition républicaine de la société bonne, tandis que la seconde est attachée à une politique du ressentiment aux accents autoritaires. Portrait-robot d’un consensus idéologique.
- La nouvelle servitude volontaire
Il existe certaines histoires que l’on ne peut s’empêcher de relier. Aux États-Unis, George W. Bush diminue l’impôt des riches, accumule en quelques années un déficit monstre, justifie une guerre coûteuse et impopulaire contre l’Irak par de grossiers mensonges. Ses entreprises guerrières reçoivent l’appui enthousiaste d’un Tony Blair désavoué par ses électeurs, qui sacrifie son indépendance devant le grand frère américain au point d’en perdre toute dignité.
- La domination masculine
À l’âge de 19 ans, la Kabyle Nadia Zouaoui a été arrachée de force à son village de Tazmalt et mariée à un compatriote émigré au Québec. Des années plus tard, elle revient en Kabylie afin de comprendre ce qui, dans sa contrée, freine l’émancipation des femmes. C’est cette quête de sens que met en scène le documentaire Le voyage de Nadiaqu’elle vient tout juste de réaliser avec Carmen Garcia (Argus Films et ONF, 2006).
- Un monde à bout d’énergie
La consommation mondiale d’énergie primaire a augmenté ces dix dernières années de 13 % pour s’établir à un niveau de 9,405 M de T.E.P. Comme nous pouvons le constater à la figure 1 ci-dessous, les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon) répondent à nos besoins énergétiques à hauteur de 85 %, le reste du gâteau étant partagé par le nucléaire et les énergies renouvelables (hydraulique compris). Cela démontre notre énorme dépendance à l’égard des producteurs de pétrole et de (…)
- D’une passion prépolitique
Parmi les positions qui se sont mariées, pour le meilleur et pour le pire, dans ce débat chargé de positions de principe, quatre ont particulièrement contribué à enflammer les discussions et à les faire dévier vers des zones troubles : 1. l’approche policière, selon laquelle il serait nécessaire que l’État intervienne pour mettre fin au désordre que les multiples demandes d’ordre religieux, émanant d’un excès de « droits démocratiques », contribueraient à semer dans la cité ; 2. l’approche antireligieuse, qui postule qu’il faudrait limiter, sinon éliminer de l’environnement public ou semi public, toute trace visible des religions [8] ; 3. l’approche identitaire, considérant lesdites demandes et la prétendue transformation de l’environnement social comme le symptôme de l’amenuisement de l’identité et des valeurs collectives, menacées par la multiculturalisation de la société ; et 4. l’approche xénophobe, pour laquelle l’immigration serait la principale cause de cette menace. Ces positions ont convergé dans le discours entourant l’établissement, ici et là en région, de « normes de vie » destinées à accueillir les immigré·es de demain. Ces approches méritent d’être sérieusement examinées. Nous nous penchons ici sur les deux dernières.
Rubriques (70)
- No 014 - avril / mai 2006
- Dossier : Gaspésie - Forces vives
- Dossier : L’indépendance - Laquelle ? Pour qui ?
- Dossier : L’institut économique de Montréal, repaire de la droite
- Dossier : Qui échappe à l’extractivisme ?
- No 056 - oct. / nov. 2014
- No 030 - été 2009
- Dossier : À ras bord !
- Dossier : Démasquer la réaction
- No 058 - février / mars 2015