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- L’univers de Chomsky
Pourquoi Noam Chomsky est-il aujourd’hui une figure aussi imposante dans le monde de la linguistique ? Au début des années 1950, il a posé une question très simple qui n’avait jamais été posée auparavant et a découvert que la réponse était fort complexe et tout sauf évidente : Quelle capacité le locuteur d’une langue doit-il posséder pour apprendre à s’exprimer adéquatement sur le plan grammatical dans celle-ci ou dans toute autre langue ?
- Convergence, quelle convergence ?
La convergence entre partis souverainistes, on en parle beaucoup ces jours-ci. Dans le rang des solidaires, le débat est en cours, mais l’idée rencontre de la résistance. On se demande : est-elle possible avec le PQ ?
- Repenser la rupture avec le capitalisme
L’émergence du courant socialisme et indépendance fut intimement liée à l’apogée puis à la crise de l’État providence durant les années 1960 et 1970. Le contexte, caractérisé par le développement des nouvelles classes moyennes et l’affirmation politique du mouvement ouvrier, favorisa la résurgence des mouvements nationaux dans les États du centre (Québec, Catalogne, Écosse, Irlande du Nord). Le projet de joindre l’avènement du socialisme à la réalisation de l’indépendance peut ainsi être pensé comme une radicalisation de l’imaginaire d’émancipation politique du welfare state. Le succès relatif de cette mouvance dans les milieux intellectuels, les syndicats et les groupes communautaires fit cependant long feu lors du passage au néolibéralisme et devant l’échec des socialismes réels.
- Une indépendance timorée
Longtemps ignorée de la majorité du public occidental, à l’exception d’une poignée de militantes et d’intellectuels engagés (dont Noam Chomsky et Eleine Brière), la lutte pour l’indépendance du peuple du Timor oriental a connu une brève flambée d’intérêt en mai 2006, au moment où faisait rage un conflit opposant divers éléments de la police nationale timoraise, les forces armées et des « gangs » de rue. Cette explosion de violence a eu pour conséquences l’intervention militaire de l’Australie (légitimée par l’ONU) ainsi que la démission du premier ministre timorais Mari Alkatiri. Par la suite, la situation au Timor oriental est retombée dans l’oubli, laissant un sentiment de confusion sur le sens à donner à ces événements. Il y a là, pourtant, un enjeu qui dépasse le simple contexte du Timor, amenant à nous interroger sur la portée des indépendances nationales en cette période de mondialisation capitaliste.
- Rompre avec la loi du plus fort
Force est de constater, 60 années après son adoption, que l’ordre souhaité à l’article 28 de cette déclaration historique est encore à venir. Proclamée à l’orée d’un monde bipolaire, la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) fut traduite depuis en 337 langues. Elle demeure une référence partout sur cette planète, au sens où tous les individus sont titulaires des droits et libertés qui y sont énoncés, du seul fait de leur appartenance à l’espèce humaine. Ces droits, inhérents, ont été affirmés tels au-delà des frontières, des nations et autres différences caractérisant les peuples et individus de notre monde. D’où sa portée universelle.
- Socialisme et indépendance : un mot d’ordre toujours actuel ?
Formulée par la revue Parti pris, cette visée stratégique a inspiré l’action de plusieurs regroupements de militant·e·s au cours des années 1960 et 1970. Éclipsée par le Parti québécois (PQ), qui troque le socialisme pour la social-démocratie et l’indépendance pour la souveraineté-association, cette perspective serait-elle en train de retrouver du galon dans la nouvelle gauche apparue au tournant du siècle ?
- Projet de Déclaration universelle du bien commun de l’humanité
À l’initiative du Forum mondial des Alternatives, un projet de Déclaration universelle du bien commun de l’humanité a été présenté au Sommet des peuples, en marge du Sommet de Rio+20, en juin 2012. Il devait être présenté formellement au Forum social mondial de Tunis en mars dernier. Bien qu’aucune activité autour de ce projet de déclaration n’ait été inscrite formellement au FSM par le Forum mondial des Alternatives, les discussions autour du texte se poursuivent.
- Journalisme. L’indépendance à la pige ?
De l’aveu de Pierre Sormany, l’un des fondateurs de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) il y a vingt-cinq ans, l’adoption du terme « indépendant » est une usurpation, une substitution qui vise à éviter le terme « pigiste », jugé péjoratif . Les journalistes « indépendant·e·s » se distinguent donc de leurs collègues salarié·e·s par le type de relation contractuelle qui les lient aux entreprises de presse. En tant que pigistes, les journalistes « indépendant·e·s » se (…)
- Indépendance nationale et souveraineté populaire
De défaite en défaite jusqu’à la victoire finale… Tel semble être le leitmotiv lancinant de la nation québécoise. Jamais au pouvoir, toujours en résistance : tous les soulèvements et projets d’indépendance de ce peuple semblent voués à l’échec. Et pourtant, ils ne sont tels qu’en fonction d’une idée précise de la prise du pouvoir ou de l’accession à un État-nation. Par rapport à la création puis à la perpétuation d’un sentiment national et d’une souveraineté populaire, tous ces « échecs » sont autant de jalons à partir desquels nous pouvons encore nous projeter vers un avenir où le « peuple » québécois décidera de son devenir de manière autonome.
- Aux origines du FLQ : pour l’indépendance et le socialisme
Au début des années 1960, le Québec est en ébullition. La Révolution tranquille est en marche, mais pour plusieurs, elle est insuffisante. Dans ce contexte, de jeunes radicaux fondent en 1963 le Front de libération du Québec (FLQ), « pour l’indépendance et le socialisme ». Ce moment fondateur, moins connu que les coups d’éclat de la fin de la décennie, permet de comprendre les motivations de l’indépendantisme révolutionnaire au Québec et sa pérennité. Soixante ans plus tard, que reste-t-il du premier FLQ ?
- Interdépendance des droits et des luttes
Changer notre monde pour en faire un espace où les personnes peuvent vivre libres, sans crainte de subir les caprices des élites économiques et politiques, apparaît comme une tâche infinie. Les obstacles sur la route menant aux droits et libertés se multiplient. Il suffit d’en abattre quelques-uns pour en voir se dresser d’autres.
- Les formes de la dépendance
Depuis la signature du traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis et, plus encore, avec la création de l’ALÉNA, il est impossible de comprendre le développement économique québécois sans poser la question de sa dépendance à l’économie globalisée. Paradoxalement, l’accent légitime que le mouvement altermondialiste met sur la critique de l’ouverture des marchés tend à détourner notre attention des dynamiques typiquement canadiennes. Et si les stratégies de développement économique comme le Plan Nord ou l’exploitation gazière et pétrolière, en plus de répondre aux impératifs internationaux, se trouvaient impulsées par les choix du gouvernement fédéral ? Réflexion sur la poursuite de la dépendance du Québec envers le Canada en ce qui concerne la définition des priorités en matière de politique économique.
- L’indépendance ? Ça dépend !
Réponse de Normand
On va m’accuser de donner une réponse de Normand. Et pourtant, ce que je pense de l’indépendance en général et de celle du Québec en particulier est précisément cela : ça dépend.
De quoi ? Essentiellement de ce qu’on veut faire avec.
C’est que l’indépendance d’une nation est à mes yeux une valeur politique instrumentale ou seconde et non première ou fondamentale. C’est pourquoi, si elle sert certaines valeurs politiques qui sont pour moi fondamentales, ce qui arrive, (…) - Postes : fin d’un service public universel
Depuis quelques années déjà Postes Canada recherche la rentabilité absolue, sans se préoccuper des répercussions sur les travailleuses et travailleurs pas plus que sur les usagères et usagers des services postaux. Comme le soulignait Giuliana Fumagalli lors d’une entrevue réalisée récemment, le désir de la direction de dérèglementer Postes Canada ne date pas d’hier. Cette militante syndicale met l’accent sur les points qui accablent le plus le personnel des services postaux et leurs usager·ère·s.
- L’indépendance contre la globalisation capitaliste
Le discours de la globalisation capitaliste soutient que les frontières se sont effacées devant l’envergure des échanges internationaux, que l’État nation est en déclin et est devenu impuissant devant les acteurs économiques mondiaux. La régulation de l’économie, la plus légère possible, est la tâche des institutions internationales. Il en découle donc que la lutte pour la souveraineté nationale est complètement décalée et passéiste.
- L’Ambassade universelle : squat bruxellois des sans-papiers
Josef, un Nigérien de 27 ans, devient résidant de l’Ambassade universelle peu après que sa demande de statut de réfugié a été refusée par la Belgique. Il est hospitalisé pour anxiété à la suite de ce refus, puis référé, à sa surprise, à « un groupe qui aide les sans-papiers ». Deux semaines plus tard, il se trouve en compagnie de trente sans-papiers habitant un squat dans l’ancienne ambassade somalienne, abandonnée depuis 1991 à cause de la guerre civile. Cet immeuble est situé dans le (…)
- Le Québec et ses minorités
De plusieurs manières, les nationalistes québécois, entendus en un sens large qui inclut les nationalistes qui ne sont pas en faveur de l’indépendance, ont gagné la guerre qui les opposait à la fois à l’Église catholique canadienne-française et à l’État canadien. Le développement continu de l’État québécois et les dispositions législatives établissant la dominance du français dans la vie publique ont considérablement renforcé l’espace politique québécois, au point où la plupart des demandes (…)
- Les innombrables contradictions de la convergence
Québec solidaire n’a pas fini d’entendre parler de son refus d’une convergence avec le Parti québécois lors des prochaines élections. En plus des reproches de dogmatisme, de fermeture et de favoriser la réélection des libéraux, les solidaires doivent aussi jongler avec le scandale entourant la non-divulgation de la feuille de route de OUI Québec sur une démarche commune d’accession à l’indépendance.
- Le souverainisme néolibéral et nationaliste. Les raisons de s’en séparer
Le souverainisme ne va pas bien. La portée du projet se réduit, les discussions sur le monde que la souveraineté pourrait permettre de construire sont remises à plus tard, soumises à l’impératif de gagner d’abord un prochain référendum. La vision du monde, néolibérale, de ses représentant·es officiel·les contribue à approfondir le divorce avec les personnes qui sont portées par une solidarité politique à l’égard des opprimé·es et par un point de vue critique de la mondialisation. L’indépendance peut-elle redevenir un projet progressiste menant à plus de liberté, d’égalité et de justice ? Peut-elle concerner plus spécifiquement les couches populaires et défavorisées ? La possibilité d’une réponse positive à ces questions réside dans la capacité d’invention qu’auront ceux et celles qui prennent leurs distances avec le nationalisme et qui refusent de secondariser les luttes pour l’égalité et la justice sociale.
- L’Écosse debout !
Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse a eu lieu le 18 septembre 2014. Le Non l’a remporté avec 55,3 % des voix. Malgré la défaite, l’humeur est loin d’être morose dans le camp des forces vives de la gauche radicale indépendantiste, comme nous le raconte ici la militante Cat Boyd.
- Les Premières nations
Qu’est-ce qu’une nation ?
Groupe d’humains assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unicité et la volonté de vivre en commun. Source : Dictionnaire Le Robert méthodique.
Cette définition du Robert décrit bien la réalité de la province du Québec, car les nations autochtones et la nation québécoise veulent être reconnues comme des sociétés distinctes et désirent développer des relations de partenariat entre elles dans un respect mutuel des différences. Somme toute, c’est ce (…) - L’indépendance - Laquelle ? Pour qui ?
La question nationale n’est pas nouvelle : elle traverse d’une certaine manière l’histoire du Québec depuis les origines prenant à l’époque contemporaine la forme d’un projet indépendantiste maintenant revendiqué depuis près de 50 ans et toujours non accompli. Si bien que pour plusieurs, cette question est devenue lassante en raison même de son irrésolution.
En la réactivant, en consacrant un dossier au projet québécois d’indépendance, nous voulions « dérégler » une question (…) - L’austérité au temps de l’abondance
L’austérité au temps de l’abondance, Collectif, Montréal, Liberté, 2015, 120 p.
- Le poids de l’héritage
L’accession à l’indépendance de territoires non indépendants est une constante dans l’histoire. Potentiellement porteurs d’effets déstabilisateurs dans le monde, ces développements, en général, ne laissent pas indifférente la communauté des États. D’où l’élaboration, au fil du temps, de textes juridiques pour encadrer ce mouvement d’autonomie. Leurs dispositions sont alors immanquablement évoquées pour tenter de répondre à quelques-uns des nombreux problèmes soulevés à cette occasion. On (…)
- L’indépendance des médias et la liberté d’expression
Les médias d’information sont en crise. Tous, peu importe leur taille et leur modèle d’affaires. Mais c’est parfois en temps de crise qu’émergent des manières différentes de concevoir les choses. Et c’est notamment dans cette conjoncture que se révèle toute l’importance des médias indépendants.
- Sortir de la dépendance
Que ce soit les hydrocarbures en milieu marin dans le golfe du Saint-Laurent, les gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, le pétrole de schiste sur l’île d’Anticosti, les réservoirs compacts de la Gaspésie, le déploiement des sables bitumineux par train, par bateau et par oléoduc, le Québec fait face, depuis quelques années, à une invasion sans précédent de « projets fossilisés ». Nul besoin de rappeler que ces derniers n’ont jamais fait l’objet d’une réelle consultation publique digne de ce nom. Par ailleurs, serait-ce qu’il n’y ait qu’un seul projet relevant des énergies fossiles : celui de faire du Québec un État pétrolier à l’image du Canada d’aujourd’hui ? Bien des observateurs le pensent de plus en plus…
- Catalogne. Lutte pour une société nouvelle
La situation politique est devenue explosive en Catalogne. Une délégation de Québec solidaire a pu le constater sur place au cours du mois d’octobre dernier. À l’invitation de la gauche radicale, la Candidatura d’Unitat Popular (CUP), la délégation a pu observer non seulement la répression de Madrid, mais aussi l’auto-organisation du peuple catalan pour la tenue de ce référendum historique.
- Un référendum historique
Le 9 novembre prochain, la Catalogne organisera un référendum sur son indépendance. Vues de l’extérieur et a fortiori pour ceux et celles qui ne se frottent pas à la culture catalane, les marques distinctives de celle-ci paraissent biffées au profit d’une prétendue homogénéité hispanique que Madrid a beau jeu de diffuser. Dans le reste de l’Europe, grands financiers et politiques, toujours friands de statu quo, font circuler un discours de catastrophe imminente et de rejet de l’Union européenne. Au Québec, on connaît ce refrain [1].
- Retour sur Octobre
Figure incontournable du Front de libération du Québec, Paul Rose a à la fois pratiqué, sous toutes ses formes, la résistance politique et affronté la violence du système qu’il dénonçait. Docteur en sociologie, il est conseiller syndical depuis plusieurs années. Dans cette entrevue exclusive, il revient sur Octobre 1970, sur les réflexions qu’il en a tirées et sur son parcours de militant.
- « Nous sommes prêts ! »
Le 9 mars dernier, Gabriel Nadeau-Dubois annonçait qu’il faisait le saut en politique au sein de Québec solidaire. Moins de trois mois plus tard, l’ancien leader étudiant était élu co-porte-parole du parti et député de Gouin. Dans son sillage, plus de 6 000 personnes ont manifesté leur enthousiasme en joignant les rangs de la formation de gauche. Au-delà d’un indéniable « effet GND », comment l’arrivée de cette icône du Printemps érable affectera-t-elle les stratégies et le fonctionnement de QS ?
- Peut-on inverser la tendance ?
Depuis la crise économique de 2008, les prétextes se multiplient pour poursuivre les attaques contre les salaires et les législations du travail. Les chocs causés par les crises à répétition ont des effets permanents pour la majorité des populations laborieuses, qui peinent à s’en remettre et voient à long terme leurs conditions de travail et de subsistance se dégrader. Procédant de la même logique, l’austérité financière s’impose comme modèle de gestion des dépenses publiques, venant plomber le filet de protection sociale.
- Le Canada : conquérant ou inféodé ?
Ce dossier sur la politique étrangère canadienne était devenu nécessaire. L’appui canadien à l’agression israélienne contre le Liban et l’implication grandissante du Canada dans la guerre néocoloniale d’Afghanistan apparaissent comme des révélateurs d’une politique étrangère impérialiste qui, si elle n’est pas complètement nouvelle, n’en demeure pas moins inquiétante. Cependant que de plus en plus de voix s’élèvent pour exiger un retrait immédiat des troupes canadiennes d’Afghanistan, la propagande pro-guerre s’intensifie dans les médias de masse et chez la classe politique, laissant présager le maintien du cap militariste de la politique étrangère canadienne.
- Notre système de santé sous la loupe
M Éditeur et À bâbord ! ont le plaisir de vous inviter au lancement du livre
La santémalade de l’austérite. Sauver le système public... et des vies !
sous la direction de Normand Baillargeon
Mercredi 15 novembre de 17 à 19 heures
au YÏSST (901, rue Saint-Zotique Est, Montréal).Entrée libre. Bienvenue à toutes et à tous !
- L’abolition des commissions scolaires
La Coalition Avenir Québec (CAQ) de François Legault, qui a un fort vent électoral dans ses voiles politiques, a commencé à divulguer des éléments de son éventuel programme. En éducation comme ailleurs, l’approche est résolument comptable : la CAQ préconise par exemple qu’on évalue les enseignantes et enseignants afin de les rémunérer selon leurs performances – tout en reconnaissant qu’une infime minorité (5 %, dira Legault) pose problème et en taisant les bien connus dangers et effets contre-productifs de cette approche. La CAQ propose également, dans le but cette fois d’alléger les structures scolaires et d’augmenter les services directs aux élèves, « l’abolition des commissions scolaires (incluant les élections scolaires et les postes de commissaires) et des directions régionales ».
- Entre le soleil de France et de Bab El Oued
L’art n’est pas un antre où pourraient se réfugier intégristes de tout poil ou amuseurs publics. Il s’agit plutôt d’une navigation, d’un entre-deux où circulent et dialoguent de multiples points d’ancrage. Navigation à haut risque comme celle d’Ulysse mais, malgré ses périls, elle seule peut arracher un peu de sens à ce qui ne serait qu’une « histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien ».
L’artiste, donc, comme passeur de signes et de symboles. Rebelle aussi. Rebelle à tout ce qui emprisonne et mutile la vie. Alors qu’un nouveau cycle de luttes contre la mondialisation capitaliste semble s’être enclenché, de nombreux artistes ont repris le flambeau du refus. Qu’on songe, pour la France, au Massilia sound system, aux Fabulous troubadours, à Zebda et, enfin, à Gnawa diffusion. Fondé en 1992 à Grenoble par Amazigh Kateb, ce groupe distille une musique proprement universelle avec de profondes racines africaines et algériennes. Issue de la tradition gnawa, celle des chants des esclaves africains, cette musique fusionne les instruments traditionnels avec l’électricité. Propulsées par cet environnement sonore, les paroles des chansons de Gnawa diffusion sont comme de véritables missiles dirigés contre les crimes et les injustices perpétrés par les dominants à l’encontre de l’ensemble de la planète.
Entre le soleil de France, de Kingston et de Bab El Oued, Gnawa diffusion et Amazigh Kateb arpentent ainsi l’espace d’une liberté à créer, par-delà les frontières de styles ou de territoires. Une entrevue, donc, avec un homme libre [2]. - Le néo-intégrisme et les médias
Le débat biaisé sur les accommodements raisonnables a le mérite de poser deux problèmes majeurs au Québec : le racisme envers les communautés et sa conséquence, soit une résistance qui se présente comme un regain de religiosité, lequel ne peut échapper à l’encadrement intégriste, comme cela arrive dans les pays d’origine de ces communautés.
- Comment rendre l’extrême droite présentable
Les succès considérables de l’extrême droite dans le monde risquent-ils de se reproduire chez nous ? Peu réceptives d’emblée à ce mouvement, les populations québécoise et canadienne sont confrontées à une grande opération de séduction des partis de cette tendance.
- Art et féminisme. Quelques tendances significatives
L’art contemporain est emporté, depuis les années 1990, par une troisième vague du féminisme complexe et polymorphe. Certains modes d’exploration des décennies précédentes demeurent, mais de nouvelles préoccupations s’imposent. J’insiste ici sur certains courants qui s’emparent de la question identitaire, mais l’envisagent de façon innovante.
- L’austérité comme tendance internationale
L’austérité est devenue le principal outil du prêt-à-penser économique. Devant tout problème relié à la dette publique, ou au budget de façon plus générale, il n’existe plus qu’une seule solution : les compressions. Qu’elles donnent ou non des résultats n’a pas vraiment d’importance : « Je coupe, donc je suis », semblent dire les gouvernements dans un nombre élevé de pays.
- Le concert des « ténors souverainistes »
La « débâcle » du Parti québécois aux dernières élections a fourni l’occasion d’un bilan spontané de la part de plusieurs « ténors souverainistes », qui se sont épanchés bien volontairement à la demande des médias sur la question du destin du projet d’indépendance. Leur constat est double.
- Les inégalités : une tendance mondiale
Les inégalités sociales s’accentuent. S’il y a là matière à se scandaliser, il n’y a malheureusement pas matière à être surpris. Des études récentes ont bien documenté le phénomène au Québec et au Canada [3], mais qu’en est-il des autres pays dits « développés » ? Une étude publiée par l’OCDE [4] en décembre dernier s’attarde justement sur cette question et, disons-le, la réponse n’est pas des plus réjouissantes. Les pays membres de l’organisation, malgré trente ans de croissance économique soutenue, ont en effet vu l’écart entre les riches et les pauvres augmenter.
- Relever le défi de l’immigration
Il est difficile aujourd’hui d’évoquer la question nationale en lien avec l’immigration sans avoir en tête les tristes paroles prononcées par Jacques Parizeau le soir du 30 octobre 1995. Les « votes ethniques » et le « nous » lancés dans le discours du premier ministre de l’époque avaient un goût amer pour bien des Québécoises, souverainistes ou pas.
- L’illibéralisme, le nouvel encerclement
Si l’extrême droite est en expansion dans le monde, c’est dans sa version « illibérale » qu’elle menace le plus les pays démocratiques. Bien que très utilisé dans certains cercles, ce terme est peu connu au Québec. Est-ce parce qu’il demeure peu pertinent dans notre contexte politique, ou désigne-t-il une réalité que nous refusons de voir ?
- Fusion QS et ON. Une avancée pour la gauche indépendantiste ?
En ratifiant massivement à leurs congrès respectifs l’entente de principe de fusion, Québec solidaire et Option nationale ont profité de la conjoncture pour accroître le rapport de force de la gauche indépendantiste sur l’échiquier politique québécois. Cette fusion a le potentiel de redresser la dynamique qui tire inexorablement le mouvement souverainiste vers le bas depuis le virage à droite du Parti québécois, il y a deux décennies.
- Précarité post-référendaire au Kurdistan irakien
Le 25 septembre dernier, les Kurdes irakiens étaient appelés à se prononcer par référendum sur leur avenir au sein de l’Irak. Les résultats n’ont laissé aucun doute : l’indépendance a recueilli près de 93% des voix. Depuis, la région a perdu plusieurs acquis et reste plongée dans une grande précarité.
- L’artiste et le militant
L’artiste, c’est Marcelle Ferron, l’une des plus grandes peintres du Québec moderne. Le militant, c’est Michel Chartrand, le camarade exemplaire, compagnon des luttes d’hier, inspirateur de celles d’aujourd’hui. Ces deux personnages hors normes revivent dans toute leur grandeur et leur splendeur dans des ouvrages récemment parus qui les rappellent à notre souvenir ému.
- Le travail invisible, angle mort des luttes sociales ?
Vous vous souvenez peut-être de la bande dessinée Fallait demander, publiée il y a un peu plus d’un an sur Facebook. La bédéiste Emma y abordait l’épineux sujet de la charge mentale, qui réfère au fardeau cognitif que portent beaucoup de femmes qui doivent « penser à » et s’assurer que « tout soit fait » à la maison. S’il ne s’agit pas d’un problème récent, il doit toutefois être élargi et examiné à nouveau par les mouvements féministes et progressistes.
- Conformer ou émanciper ?
On discute trop rarement de l’école primaire au Québec. Comme si cette institution, à la fois publique, gratuite et universelle, était neutre, lisse et complètement consensuelle. Elle s’impose à nous comme un fait établi. Un enjeu réglé. Un acquis.
- Le progrès fragile de la scolarisation primaire dans le monde
Plusieurs organismes internationaux ont entrepris de promouvoir l’éducation universelle : offrir à tous les enfants une scolarisation de base. Le progrès de l’institution scolaire primaire est indéniable, mais depuis une décennie celui-ci stagne et on craint que les avancées faites de longue haleine ne soient vite effacées dès lors qu’une crise économique ou un conflit militaire survient. Pis encore, le progrès de l’école et le progrès des compétences de base ne sont pas analogues : plusieurs vont à l’école, mais n’y apprennent que trop peu.
- Ouvrir l’école
Dans une prétendue société du savoir, l’accès universel à l’éducation devrait faire l’unanimité. À plus forte raison en ce qui concerne l’école primaire, qui permet d’acquérir les habiletés de base en lecture, en écriture et en mathématiques. Les enfants, nos enfants, vos enfants, doivent aller à l’école. Or, au-delà de la fréquentation et de l’accès à celle-ci, les types d’établissements scolaires, les contenus enseignés, les approches pédagogiques utilisées et les rouages du système scolaire font l’objet de polémiques, voire de luttes constantes entre les différentes actrices et acteurs de l’éducation. L’école primaire, pourtant bien établie en substance, continue de faire l’objet du débat social et politique.
- Judiciarisation des relations de travail : un levier pour les syndicats ?
Le modèle traditionnel du syndicalisme a bien changé. Aujourd’hui, une grande part de l’activité syndicale passe par la justice : on parle de convention collective, de griefs, de juste représentation des salarié·es. Cette activité complexe est-elle une avancée ou une complication encombrante ?
- Les chauffeurs californiens d’Uber resteront des travailleurs indépendants
Géolocalisés, autonomisés, réduits aux conditions de travail et de santé et sécurité minimales, les chauffeurs Uber californiens ont accueilli dans une grande déception le résultat du référendum ayant pour effet d’abolir une loi qui obligeait les géants de la gig economy à les reconnaître comme salariés.
- D’un « bon gouvernement » provincialiste à l’autre
L’arrivée à la tête du Parti québécois en 2012 d’un affairiste conservateur et autoritaire doublé d’un souverainiste résolu, Pierre-Karl Péladeau, illustre bien les tensions principales qui divisent cette formation depuis sa fondation : l’indépendance, le social, le pluralisme et la démocratie.
- Légaliser le cannabis, à quelle fin ?
Il y a fort à parier que le Canada légalisera le cannabis très prochainement, le premier ministre Justin Trudeau ayant mandaté, au mois d’octobre 2016, un comité d’expert·e·s pour réfléchir à la rédaction d’un projet de loi. Future manne d’argent pour plusieurs, la légalisation du « pot » a pourtant beaucoup plus à voir avec la santé publique.
- Le rêve d’une libération algérienne
L’Histoire, comme le dieu romain Janus, est un visage à deux faces : une tournée vers l’avenir à construire, l’autre vers le passé, un passé dont nous ne sommes jamais totalement quittes. Et dans les replis de ce passé, une multitude de vaincu·e·s, tombé·e·s dans les combats pour la libération, attend que nous lui donnions une voix. Abane Ramdane, révolutionnaire algérien dont la voix fut étouffée en 1957, est un de ces vaincus dont la trace reste pourtant toujours présente.
- L’Amérique latine dans son bicentenaire
L’année 1810 constitue un moment important dans l’histoire latino-américaine. Pour un grand nombre de pays de la région, il symbolise en effet le bicentenaire de la naissance des États nationaux établis sur ce continent. Il est vrai que l’indépendance proprement dite n’a pas été déclarée durant cette année-là ; 1810 a marqué plutôt le commencement d’un processus qui devait mener, quelques années plus tard, à la souveraineté des colonies espagnoles, à l’exception de Cuba, de Porto-Rico et de la future République Dominicaine. Quant au Brésil, il s’est séparé du Portugal presque sans lutte, suivant une chronologie quelque peu différente, mais au cours de la même période.
- Réinventer le social dans le national
Pendant longtemps, les mouvements progressistes québécois se sont battus pour un projet d’émancipation à la fois social et national. Dans les années 1960, c’était la gauche qui mettait de l’avant un projet indépendantiste et socialiste pour briser la structure quasi coloniale qui dominait le Québec, et cela, dans une perspective anticapitaliste et anti-impérialiste. Quant le PQ est apparu dans le décor, il y a eu comme une déconnexion entre les deux dimensions, sociale et nationale. Libéral (…)
- Passer à la Caisse
La Caisse de dépôt et placement du Québec annonçait en février 2009 des pertes de 40 milliards $, mettant au jour l’absurdité et l’illégitimité d’un système économique qui donne à gérer aux amis des patrons l’épargne de millions de personnes. Les apparatchiks et boursicoteurs de la Caisse bénéficient apparemment d’une impunité garantie, une impunité « collective » renforcée par la tendance forte à jeter le blâme sur quelques brebis galeuses « incompétentes » et « irresponsables ». Pourtant, (…)
- Un non-alignement souhaitable !
Pour consolider le fragile acquis politique des indépendances, la Conférence des non alignés du Caire de 1962 esquisse les termes d’une coopération essentielle entre le Nord et le Sud au niveau économique. Cela permettra l’avènement, deux ans plus tard, de la Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement. L’ordre international s’avère de plus en plus pervers pour ces sociétés périphériques. Certes, à sa faveur se dispersent, dans le prétendu tiers-monde, des itinéraires selon qu’on dispose de certains atouts pour être intégré favorablement dans le marché mondial. Naturellement donc, les préoccupations du mouvement des non alignés se focalisent sur le dialogue Nord-Sud. Ce fut davantage, et cela le demeure d’ailleurs, un monologue du Sud.
- Terre en transe
L’année 1968 devait être, selon les paroles de Fidel Castro prononcées le 2 janvier à La Havane, celle du « guérillero héroïque ». Les échos de la mort du Che allaient se répercuter tout au long de cette année dans le monde, à travers un, deux, trois, mille foyers de révolte. Le Québec n’y échappera pas et cet écho sera modulé selon les caractéristiques propres de la société québécoise : on assiste alors non pas à un « complot international » ou à une transposition tardive de ce qui se fait ailleurs, mais à une convergence de mouvements de lutte qui entrent en résonance avec ce qui se passe au niveau mondial (pouvant, à l’occasion, s’en inspirer) et qui ont des racines dans l’histoire québécoise.
- Reprendre parole. Entrevue avec la maison d’édition Diverses Syllabes
Nouvelle maison d’édition fondée à l’été 2020, Diverses Syllabes a soulevé un grand intérêt dans le milieu littéraire et au-delà. À bâbord ! a rencontré trois des co-fondatrices.
Version intégrale de l’entrevue parue dans le numéro 86 de la revue.
Avec Sayaka Araniva-Yanez, Brintha Koneshachandra et Paola Ouedraogo
Propos recueillis par Alexis Ross
- Une domination aux mille visages
Il y a parfois de ces idées qui naissent pour décrire et expliquer un état de fait qui semble avoir mille vies, mille visages et renaître à chaque époque sous de nouveaux apparats. L’impérialisme en est une, qui prend aujourd’hui les habits de la mondialisation néolibérale.
- Refonte de la taxation scolaire. Une réforme qui en prépare une autre ?
En labourant les terres caquistes afin d’« alléger le fardeau fiscal des contribuables », le gouvernement Couillard prétend s’attaquer à diverses iniquités fiscales par sa réforme du modèle de taxation scolaire. Or, bien plus qu’un enjeu technique et électoral, cette réforme a une portée politique et idéologique notable.
- Négociation des juristes de l’État
Leur convention collective est expirée depuis mars 2015. Ils et elles ont fait grève pendant 18 semaines. Ça n’a pas empêché les juristes de l’État de se buter à l’obstination féroce du gouvernement Couillard, dont le comportement dans ces négociations a toutes les allures d’un manque de bonne foi. Le 27 février 2017, il adoptait une loi spéciale pour forcer le retour au travail de ces salarié·e·s pas comme les autres.
- Le modèle du Québec
En 1935, Irénée Vautrin, alors ministre responsable de la Colonisation, de la Chasse et des Pêcheries, propose et fait adopter un projet de loi sur la colonisation. Le plan Vautrin, comme il sera désigné, représentera la plus importante campagne de redéploiement de la collectivité québécoise dans les régions du Québec, sur les bases d’un développement économique qu’elle tentera tant bien que mal de contrôler. Le plan représente la conclusion d’une intense mobilisation du monde syndical et (…)
- La Cour suprême renforce le droit syndical
Une importante décision a été rendue l’été dernier par la Cour suprême du Canada (CSC). Elle concerne la fermeture, en 2005, du Walmart de Jonquière alors que le syndicat desTravailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) venait d’être accrédité pour représenter les employé·e·s de ce magasin quelques mois plus tôt. Après bien des péripéties judiciaires, ces salarié·e·s sortent vainqueurs et la tête haute de la Cour d’Ottawa, appuyé·e·s avec force par leur syndicat, qui a lutté contre le très affirmé anti-syndicalisme wal martien. Mais leur avenir est encore incertain…
- Idle No More
Depuis des centaines d’années, les peuples autochtones protègent leurs territoires, maintiennent et gardent dynamiques leurs langues, leurs traditions et leurs cultures, et tentent d’avoir des rapports justes et équitables avec les Canadien·ne·s. Or, ces efforts passent souvent inaperçus, et sont même ignorés, jusqu’à ce que se produisent l’étincelle, le point de paroxysme ou la crise
- La ruée vers le gaz de schiste
Gaz de schiste, vous dites ? On entend le terme sur toutes les tribunes, mais savons-nous vraiment de quoi il en retourne ? La dépendance de plus en plus importante aux hydrocarbures fait augmenter la demande en des formes d’énergie comme le gaz de schiste, ce qui fait saliver bien des entreprises d’exploitation qui voient là une source de profits faramineux. Mais la levée de boucliers des citoyens québécois impose une réflexion majeure : qu’est-ce qu’il y a de si dangereux dans les gaz de schiste ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ? Et surtout, comment en est-on arrivé à la situation actuelle au Québec ?
- Quelques impasses actuelles
Une tendance importante chez nos auteurs fait que l’on écrit au Québec des romans russes, américains, anglais, brésiliens, antillais, etc. La critique louange ces livres et les lecteurs suivent. Mais qu’en est-il alors d’une véritable vision de la société québécoise dans notre roman aujourd’hui ?
- Soigner le mal par le mal
Pendant la crise économique, en 2008, plusieurs ont cru que le capitalisme, blessé au cœur, se relèverait difficilement. Le fait d’avoir suivi aveuglément ses principes les plus élémentaires avait mené à la perte de ses plus puissantes institutions. Mais celles-ci ont survécu par des transfusions de plusieurs milliers de milliards de dollars. Et la crise est devenue le prétexte pour appliquer la stratégie du choc qui se concrétise par les plans d’austérité que l’on applique partout dans le monde, y compris au Québec.
- Souvenirs de l’opération
C’était un soir de 1968, dans ce bar qu’on appelait la Casa espagnole, aujourd’hui disparu, au coin des rues Sherbrooke et Hutchison. Avec la Hutte suisse, toute proche, c’était un lieu comme il n’en existe plus vraiment aujourd’hui, fréquenté par une faune artistique, littéraire, nationaliste et de gauche. On y défaisait et refaisait le monde jusque tard dans la nuit. Je me souviens, en particulier, d’interminables débats avec Gaston Miron, qui pourfendait les gauchistes refusant de suivre (…)
- Vers une nouvelle critique des médias
La critique des médias dominants est une nécessité pour contrer la tendance hégémonique de la « pensée unique » néolibérale. Mais une critique trop manichéenne des médias est sans doute démesurément à la mode dans la galaxie altermondialiste. Face au risque d’une critique unique de « la pensée unique », une autre critique des médias est possible, plus sensible aux complications et aux contradictions de notre monde, et donc plus radicale, car plus à même de saisir les racines emmêlées des maux humains dans les sociétés capitalistes actuelles.
- Gratuité scolaire (2è partie) - Parachever le projet d’équité scolaire et sociale
En faisant adopter le projet de loi no 12 [5], le gouvernement Legault a confirmé qu’il ne tient pas à rendre l’école gratuite, mais à en perpétuer le caractère facturable et, conséquemment, inéquitable. Or, des avenues plus prometteuses et plus structurantes en matière de gratuité scolaire auraient pu être privilégiées.
La première partie de cette chronique est disponible ici.
- Ce qu’il faut savoir
Les études actuarielles confirment que les régimes publics sont viables à long terme et en bonne situation financière, autant les programmes fédéraux (Sécurité de la vieillesse et Supplément de revenu garanti) que le Régime des rentes du Québec. Ainsi, nos régimes publics assurent une couverture universelle, sont en bonne situation financière, mais ils restent insuffisants.
- Le Fonds patrimonial, une solution !
La Coalition pour les régimes de retraite à prestations déterminées créée en 2013 au Saguenay-Lac-Saint-Jean a une solution pour les gens qui désirent protéger les fonds de leur régime de retraite.
- L’économie verte, un écran de fumée au service des puissants
Depuis quelques années, la notion d’économie verte tente de se frayer un chemin dans le vocabulaire médiatique et politique. Substitut de choix au très galvaudé « développement durable », le terme « économie verte » suggère l’idée de mettre l’économie au service de la protection de l’environnement ou, à tout le moins, de faire en sorte que la protection de l’environnement soit rentable, donc plus attrayante pour les entreprises. Il s’agit d’une idée certes séduisante et rassurante, puisqu’on reste en terrain connu, mais le marché peut-il vraiment régler la crise écologique actuelle ?
- Quand la crise dure et perdure sans fin !
Dans les démocraties occidentales, le peuple est réputé « souverain ». À lui de choisir, lors des élections, qui sera au pouvoir. Depuis l’avènement du suffrage universel, les électrices et électeurs des systèmes électoraux dits démocratiques sont investis d’une capacité d’action apparemment fort enviable. Mais la classe dirigeante forme quant à elle un petit groupe sélect, une élite qui veut façonner le monde conformément à ses intérêts, selon le politologue Gaetano Mosca. D’où son intérêt à voir la crise du modèle politique associé au welfare state se prolonger le plus longtemps possible.
- Cette école vous est interdite
En réaction à un article de La Presse faisant écho aux efforts du Collectif éducation sans frontières, un sombre chroniqueur du Journal de Montréal invitait récemment son lectorat à ne pas « se laisser intimider » par la rhétorique des « idéologues du sans-frontiérisme » évoquant l’« inhumanité » des décisions du système d’immigration canadien qui se débarrasse d’un nombre grandissant d’êtres humains jetables venus d’ailleurs et qui deviendront des sans-papiers privés de droits fondamentaux s’ils refusent l’ordre de déportation et les pénibles conséquences d’un retour forcé au pays qu’ils ont fui. Il était alors question d’enfants – des milliers au Québec – exclus des écoles faute de statut migratoire. Avertissement : le présent article pourrait vous intimider.
- Du Chili au Québec : Radicalisation des crises étudiantes
Avec un étonnant parallélisme, le printemps érable suit pratiquement les mêmes traces que son « jumeau austral », le printemps chilien. De simples conflits étudiants, qui auraient pu se « régler » après quelques semaines de grève, se radicalisent et se transforment en des mouvements multisectoriels questionnant les fondements mêmes de ce qui les nie : une forme restreinte de démocratie, qui marchandise des droits, criminalise la dissidence et prétend limiter la participation citoyenne à un périodique suffrage universel.
- Parcours de déshumanisation
Alice et Don Heap forment une équipe depuis 61 ans. Ensemble, ils ont lutté pour les droits des travailleurs et travailleuses, des personnes migrantes, pour plus de logements sociaux et abordables, ainsi que pour un système de santé public fort et universel. Ils ont mené, côte à côte, les campagnes électorales de Don, élu comme député fédéral du NPD dans Spadina (Toronto, 1981 à 1993), son quartier. Ils ont imaginé vieillir ensemble, dans leur communauté, parmi leurs proches, dans la dignité. La réalité est bien éloignée de ce projet.
- Le revenu de citoyenneté
J’ai croisé Michel Chartrand sur la question du revenu de citoyenneté alors qu’il faisait campagne contre l’ex-premier ministre Lucien Bouchard dans le Comté de Jonquière lors des élections provinciales de 1998. Son slogan « Pauvreté zéro » contrait frontalement celui du Parti libéral : « Déficit zéro ».
Fin du travail et dignité humaine
La pauvreté zéro, cela veut dire principalement : l’éradication de la misère pour deux millions de Québécois ; le respect des personnes ; l’aide (…) - Une pilule difficile à avaler
Au Canada, 10 % du PIB est consacré aux dépenses totales en santé [6].Institut canadien d’information sur la santé, Tendance des dépenses nationales de santé, 2010., ce qui nous place au 5e rang mondial. Les médicaments comptent pour une bonne partie de ces dépenses. En effet, le coût moyen des médicaments au Canada se hisse au 3e rang parmi les plus élevés au monde, pour des dépenses totales de 28 milliards $ (7,5 G$ au Québec), en hausse de 10 % par année (1985-2008). L’impact du prix des médicaments sur le coût total des soins de santé est remarquable : de 9 % en 1985, il est passé à 16 % en 2008 au Canada et même à 21 % au Québec !
- Incendies, de Denis Villeneuve
Après s’être retiré du monde du cinéma durant quelques années, Denis Villeneuve y a fait un retour fort remarqué à travers la réalisation de deux films de haut niveau : d’une part, le court métrage Next Floor (2008), une fable corrosive dénonçant les abus du capitalisme contemporain, et d’autre part, le long métrage Polytechnique (2009), un drame troublant qui propose une (ré)interprétation très nuancée de la tristement célèbre tuerie de l’école polytechnique de l’Université de Montréal en 1989. À travers ces deux œuvres, le cinéaste nous prouve clairement qu’il n’a rien perdu de la dextérité qu’il manifestait dans Un 32 août sur terre (1998) et Maelström (2000). Mieux encore, Villeneuve a su élargir le champ de ses intérêts pour traiter de questions d’ordre universel, qui n’étaient guère présentes dans ses premiers films. Dans cette veine, le cinéaste renoue avec une réalité tragique, mais dans un contexte international, en signant Incendies (2010), une adaptation plutôt fidèle d’une pièce à succès écrite par le dramaturge québécois d’origine libanaise Wajdi Mouawad.
- Droits et responsabilités sont-ils compatibles ?
Plus que jamais, les réalités qui se dissimulent derrière le mot RESPONSABILITÉ sont inquiétantes. Lorsque nos gouvernants – le gouvernement Harper par exemple – affirment agir de manière responsable, il est devenu impossible de les croire. Ce n’est pas un hasard ! On a confié beaucoup de responsabilités formelles aux gouvernements en prenant pour acquis que c’était leur rôle de voir à notre bien-être. Nos espoirs sont largement déçus.
La collusion entre les élites politiques et (…) - Bonjour Réaction sournoise !
Madame Monique Jérôme-Forget donne une grande conférence significativement intitulée : La révolution tranquille : un héritage épuisé et paralysant. Le 14 décembre 2009, des économistes paléo-libéraux remettent en cause la capacité d’action de l’État québécois. La réaction sournoise est en marche.
- Freiner le processus de privatisation
Les réseaux modernes et universels de services publics, tels que nous les connaissons, sont le fruit de luttes syndicales et citoyennes mémorables. Jusqu’au début des années 60, les conditions de travail dans les établissements de santé et les institutions d’enseignement, tout comme les services offerts, variaient considérablement d’un établissement à l’autre, d’une région à l’autre. En obtenant la négociation nationale des conventions collectives, notamment, les syndicats ont atténué ces disparités. Ces injustices risquent aujourd’hui de réapparaître sous une forme nouvelle.
- Grève ou crève
En même temps qu’il dit consulter la population sur l’avenir des universités (en février) et des cégeps (en juin), le gouvernement libéral enfonce le clou de l’endettement étudiant. Avec une coupure draconienne de 103 millions $ dans le système d’aide financière aux études, il tourne le dos au principe de gratuité universelle de l’éducation. De son côté, le mouvement étudiant essaie tant bien que mal de résister.
- Écrits politiques
Léon Tolstoï, Écrits politiques, Écosociété, Montréal, 2003
- Le monde en feu. Violences sociales et mondialisation
Amy Chua, Le monde en feu. Violences sociales et mondialisation, Paris, Seuil, 2007
- Insécurité sociale et surgissement sécuritaire *
L’analyse comparée de l’évolution de la pénalité dans les pays avancés durant la dernière décennie fait ressortir un lien étroit entre la montée du néolibéralisme comme projet idéologique et pratique gouvernementale mandatant la soumission au « libre marché » et la célébration de la « responsabilité individuelle » dans tous les domaines [7] d’une part, et le déploiement de politiques sécuritaires actives et punitives, d’autre part. Ces politiques sont ciblées sur la délinquance de rue et les catégories situées dans les fissures et les marges du nouvel ordre économique et moral qui se met en place sous l’empire conjoint du capital financiarisé et du salariat flexible.
- D’une passion prépolitique
Parmi les positions qui se sont mariées, pour le meilleur et pour le pire, dans ce débat chargé de positions de principe, quatre ont particulièrement contribué à enflammer les discussions et à les faire dévier vers des zones troubles : 1. l’approche policière, selon laquelle il serait nécessaire que l’État intervienne pour mettre fin au désordre que les multiples demandes d’ordre religieux, émanant d’un excès de « droits démocratiques », contribueraient à semer dans la cité ; 2. l’approche antireligieuse, qui postule qu’il faudrait limiter, sinon éliminer de l’environnement public ou semi public, toute trace visible des religions [8] ; 3. l’approche identitaire, considérant lesdites demandes et la prétendue transformation de l’environnement social comme le symptôme de l’amenuisement de l’identité et des valeurs collectives, menacées par la multiculturalisation de la société ; et 4. l’approche xénophobe, pour laquelle l’immigration serait la principale cause de cette menace. Ces positions ont convergé dans le discours entourant l’établissement, ici et là en région, de « normes de vie » destinées à accueillir les immigré·es de demain. Ces approches méritent d’être sérieusement examinées. Nous nous penchons ici sur les deux dernières.
- Le droit à l’hospitalité
Tout individu a droit à 24 heures de liberté par jour.
René Magritte
- Mobilité en déroute. Comment sortir de l’impasse du financement ?
Le transport coûte cher, très cher. La construction d’infrastructures de transports collectifs se chiffre en milliards de dollars, les frais d’exploitation en millions, et les dépenses liées à l’entretien ont tendance à grossir chaque année. Comment peut-on alors espérer financer de nouveaux projets, étendre nos réseaux et améliorer la qualité de l’expérience usager ?
- De l’exode à la reconquête
L’agriculture, la foresterie et la pêche côtière ont longtemps dominé l’activité économique de cette région. À partir des années 1950, l’industrialisation et l’urbanisation accélérée du Québec entraînent le territoire dans une profonde mutation marquée par la chute des économies traditionnelles et l’exode des populations éloignées vers les grands centres.
- Tous égaux face à l’inflation ?
Faut-il à ce point se méfier de l’inflation ? Si la question peut étonner, la poser nous permet de souligner que ce phénomène n’a pas les mêmes conséquences pour tous et toutes, mais aussi que la manière d’y réagir entraîne des effets différents selon la position que chacun·e occupe dans l’économie.
- Le gaz me donne les bleus
« On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels », écrivait Anatole France en 1922 dans L’Humanité, au sujet de la guerre. « On croit mourir à cause de l’emballement du climat ; on meurt à cause des industriels », pourront dire nos enfants, si la tendance se maintient. Les stratégies gazières qui se mettent en place au Québec illustrent de manière troublante la primauté des intérêts industriels sur la vie.
- Revoir l’agriculture. Entrevue avec Carole Poliquin, cinéaste
La documentariste Carole Poliquin, connue pour ses films percutants sur l’économie, nous revient avec le documentaire Humus, l’histoire d’une famille qui se lance dans l’expérience risquée et salutaire de l’agriculture régénératrice. Une aventure qu’elle nous raconte par d’émouvants témoignages et de superbes images. Propos recueillis par Claude Vaillancourt.
- Une hégémonie de longue durée ?
Au-delà du décompte des voix et des sièges, quelles sont les tendances lourdes des dernières élections provinciales ? Quelle analyse faire de ces résultats ?
- Les voix multiples d’Octobre 70
Septembre 2020. Par un après-midi d’automne, je me rends au cinéma Beaubien rejoindre ma grande amie Astrid (nom fictif). Elle, d’ascendance canadienne-française. Moi, Québécoise d’origine haïtienne. Nous allons voir le film Les Rose, portant sur ce qu’on appelle « la crise d’Octobre ». Ni elle ni moi n’étions nées au moment de ces évènements.
- Grèce. Exarcheia sur l’échiquier du pouvoir
Depuis l’arrivée au pouvoir du parti conservateur Néa Dimokratía en 2019, une virulente offensive se déchaîne pour expulser les anarchistes, les réfugié·e·s et les migrant·e·s des centres urbains. Emblème par excellence des mouvements anarchistes depuis l’Indépendance de la Grèce, le quartier athénien d’Exarcheia subit des transformations de premier ordre.
Rubriques (81)
- Dossier : Au travail ! - Organisation du travail et assujettissement
- No 014 - avril / mai 2006
- Dossier : Gaspésie - Forces vives
- Dossier : L’indépendance - Laquelle ? Pour qui ?
- Dossier : L’institut économique de Montréal, repaire de la droite
- Dossier : Qui échappe à l’extractivisme ?
- No 030 - été 2009
- Dossier : Réfugiés. Droits et libertés en péril
- No 056 - oct. / nov. 2014
- No 030 - été 2009