Résultats de la recherche
Articles (3430)
- Roller, genre et politique
Inventé en 1930, puis tombé dans l’oubli, le roller-derby connait aujourd’hui un regain de popularité, porté par des groupes issus de la culture alternative. En plus d’être une discipline hautement spectaculaire et réjouissante, ce sport bouscule les carcans de genre, expose la diversité et cultive la communauté.
- Un brin d’espoir pour le centre-ville de Gatineau ?
À la suite de l’industrialisation, de la montée en flèche du système capitaliste et du progrès de l’industrie automobile, le visage urbain des villes nord-américaines se transforme. Les banlieues se développent et « cette urbanisation des espaces périphériques sera accompagnée du “déclin” de certaines zones centrales [1] ». C’est particulièrement le cas à Gatineau, où le centre-ville fait face encore aujourd’hui à des défis majeurs : insécurité, dégradation du paysage urbain, réduction de la population résidante, pauvreté, etc. Dans ce contexte, il est plutôt rare de rencontrer un résidant s’exclamant : « Comme je suis fier d’être Gatinois ! » et beaucoup moins d’entendre l’expression : « Hull, c’est dull ! »
- Au-delà de l’informatique...
Chaque fois qu’un média de masse se développe, il bouleverse les rapports à la culture et à l’information qu’entretiennent à la fois le public et les dépositaires jusqu’alors légitimes de cette culture et de cette information : clercs, professeurs, journalistes, critiques. Le cas des communications informatiques pousse cette dynamique à un niveau inédit : on passe « des médias de masse à la masse des médias », comme l’écrit Ignacio Ramonet. Non seulement la population a-t-elle accès à de plus en plus d’œuvres et de contenus, mais elle participe à leur création et à leur diffusion.
- Histoire populaire des sciences
Histoire populaire des sciences, Clifford D. Conner, Éditions L’Échappée, 2011, 560 p.
- Vagues de libération pour Gaza
Transportant de l’aide médicale et morale pour Gaza, deux bateaux, l’un canadien et l’autre irlandais, ont été arraisonnés le 4 novembre 2011 par les forces israéliennes. Pourquoi ? Parce que n’entre pas qui veut dans la bande de Gaza : celle-ci subit un blocus depuis 2007. La raison ? Pour assurer la sécurité d’Israël, disent les autorités israéliennes. Bien entendu, le blocus de Gaza n’a rien à voir avec la sécurité d’Israël, il n’est qu’une des facettes de l’occupation des territoires palestiniens qui a commencé en 1967. En effet, pendant qu’Israël impose un blocus inhumain à Gaza, la colonisation s’étend sur de nouveaux terrains de la Cisjordanie, ce qui enfreint le droit international.
- Sur les animaux de compagnie
J’ai toujours aimé la présence d’un animal de compagnie, de préférence un chat. Je ne suis pas la première. Très tôt, les hommes ont fait des animaux des compagnons de vie. Jules César aurait déclaré à son retour de Gaule : « Les femmes romaines n’ont-elles donc plus comme autrefois des enfants à nourrir et à porter dans leurs bras ? Je ne vois partout que des chiens et des singes. »
- Chomsky : misères et grandeur de l’université
Pendant qu’il s’apprêtait à céder aux margoulins le sous-sol schisteux du Québec pour une poignée de lentilles (ou peu s’en faut) et sans mesurer l’impact écologique de ce don, le gouvernement Charest donnait un autre vigoureux tour de vis à l’entreprise de démantèlement des services publics et de leur privatisation. Cette fois, c’est à l’université qu’il s’est attaqué, et plus particulièrement aux plus fragiles de ses acteurs : les étudiantes et les étudiants. Les mots manquent devant cette ignominie où la lâcheté le dispute à l’injustice.
- Retour forcé au travail
En 2005, la Loi concernant les conditions de travail dans le secteur public mettait un terme à la négociation collective des conditions de travail des employés de l’État, après quatre années de discussions flottantes, voire d’absence de dialogue. Floués, les travailleurs du secteur public, dont les procureurs et les juristes de l’État – certes en négociation depuis peu à l’époque –, avaient contesté la validité de cette loi devant les tribunaux et les instances internationales. En 2007, le Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail (OIT) mettait le Canada à l’index pour manquement au droit de négocier collectivement les conditions de travail. Le Comité dénonçait « les interventions législatives imposant des conditions de travail, sans qu’il n’y ait eu de consultations franches et approfondies avec les parties impliquées ». Le Comité « espé[rait] fermement que les prochaines négociations se déroul[eraient] en conformité avec les principes » internationaux relatifs à la négociation collective.
- Utopie = No future
Queer et utopie : deux mots qui n’ont guère fricoté ensemble. Révolution et queer encore moins. Et pourquoi en serait-il autrement ? Il y a beaucoup de bonnes raisons de ne pas le déplorer. Si par utopie, on veut dire non un espace ou une simple volonté de transformer le monde, mais une projection temporelle sur un axe linéaire, c’est-à-dire un futur utopique et donc antérieurement modelé pour un grand nombre, la réaction anti-modernisme est sans doute salutaire.
- Le socialisme écologique
Depuis l’apparition du premier manifeste écosocialiste rédigé par Michael Löwy et Joel Kovel en 2001, un nouveau courant de pensée prend de l’ampleur au sein de la critique du capitalisme contemporain. Cherchant à lier théoriquement la critique sociale et la critique écologique du système actuel, l’approche écosocialiste a suscité plusieurs contributions notables parmi lesquelles on peut citer celles de Michael Löwy, Daniel Tanuro, Jean-Marc Harribey, Michel Husson, Elmar Altvater et Joan Martinez-Allier.
- Quelques préférences internet en éducation
J’ai pensé que ce numéro était l’occasion idéale de partager avec vous quelques-unes de mes meilleures adresses en éducation sur Internet. Je les classe, un peu arbitrairement, en trois catégories : les revues ; les sites ; les blogues. Notez que pour ne pas alourdir inutilement ce texte, je ne donne pas les adresses url des sites dont je parle : vous les trouverez cependant facilement, simplement en mettant quelques mots-clés de ma description des sites dans un moteur de recherche, par exemple Google.
- Les OlympInc
Alors que sont en cours les olympiques de Vancouver, il est intéressant de s’interroger sur le phénomène olympien. D’entrée de jeu, il apparaît important de souligner que même si le point de vue ici adopté se veut largement critique, l’objectif est tout autre que de reprocher à quiconque d’apprécier le spectacle des JO (Jeux Olympiques). Le but est plutôt de proposer une réflexion sur les dimensions sociales et politiques liées aux Jeux tels qu’ils sont actuellement organisés et présentés.
- Qui parle lorsque parle Mathieu Bock-Côté ?
Les thèses nationalistes conservatrices de Mathieu Bock-Côté (MBC) sont de plus en plus remarquées et discutées. Celui qui sévit depuis une douzaine d’années dans les pages d’organes intellectuels vendus à sa cause semble avoir acquis un capital intellectuel qui force la réplique de ses adversaires. Cette trajectoire apparemment ascendante n’est pourtant pas le produit d’un génie particulier ou le fait héroïque d’un auteur isolé qui signe des camouflets incendiaires dont la seule originalité s’imposerait à la lecture. C’est tout le contraire.
- La tempête
Les temps présents sont parmi les plus délicieux que le monde ait vécus. C’est du moins ce dont on nous assure. Loin de nous promettre simplement monts et merveilles, ils actualisent enfin le plein potentiel de l’humanité, voire même de la posthumanité. Les sceptiques sont à chaque jour davantage confondus devant les avancées de la science, de la finance et de la démocratie. S’en trouvent-ils pour formuler quelques doutes sur ce diagnostic aussi ultrapositif que l’ultra-libéralisme ? Les voilà aussitôt renvoyés aux limbes de l’ignorance et du passéisme. Non ! Nous ne coulerons pas ! Jamais plus ! Le naufrage du Titanic ne fut qu’un mauvais rêve.
- On s’assoit dans le siège arrière et on mange un char...
Comme le rappelle Quentin Wilson, le célèbre chroniqueur automobile britannique, parmi tous les symboles matériels de la société industrielle fixant notre valeur et notre statut, l’automobile demeure le plus puissant. Maître de soi-même, on peut apparemment aller là où on veut, quand on veut, avec qui on veut, en empruntant les sentiers battus que l’on veut. Née sous le signe de la liberté et de l’autonomie, l’automobile s’est greffée, tel un périphérique, à un nouveau modèle d’homme (excusez, mesdames, mais le féminin n’est pas utilisé ici exprès).
- Les raisons de notre dissidence
Le Comité de travail sur la pérennité du système de santé et de services sociaux du Québec, lequel a accouché du rapport Ménard, a été mis sur pied par le premier ministre Charest à la suite du Forum des générations de décembre 2004. Son mandat général était de poursuivre les réflexions et d’explorer les pistes de solution au regard de l’organisation des services et du financement de la santé et des services sociaux.
À la fin de juillet 2005, Louis-Jacques Ménard, président de la Banque de (…) - Points de vente
La revue À babord ! est distribuée par Messageries Dynamiques, en plus d’être disponible dans quelques librairies indépendantes. Consultez la carte ci-dessous pour trouver le point de vente le plus près de chez vous :
Alma
LIBRAIRIE HARVEY / 1055 DU PONT
Ange-Gardien
LES ENTREPRISES 235 INC / 98 ROUTE 235
Baie-Comeau
TABAGIE BONBONNIERE / 751 DE PUYJALON
TABAGIE BAIE COMEAU / 162 LA SALLE
Baie St-Paul
DEP. PH MENARD / 46 LECLERC
Beaconsfield
SUPERMAG / 50 ST. CHARLES (…) - Oiseaux moqueurs
Vous, le critique caché derrière son écran. Vous, le chroniqueur payé pour ses déversements quotidiens de haine. Vous, le collègue arrogant, le voisin vulgaire, l’oncle grossier, l’ami nonchalant, l’amant inconscient. Vous qui prenez plaisir à infantiliser, caricaturer, mépriser, humilier, dénaturer ce que nous faisons et qui nous sommes. Vous qui jouissez du plus petit pouvoir possible : celui de vous moquer.
- Ensemble pour l’avenir durable du Grand Gaspé
Pétrolia est connue pour son projet d’exploitation à Anticosti, mais il ne faudrait pas oublier ses forages en Gaspésie. Prisée pour l’extraction de ses ressources, la région n’en reste pas moins farouche. Regard sur une lutte citoyenne pour le respect du territoire.
- L’artiste et le militant
L’artiste, c’est Marcelle Ferron, l’une des plus grandes peintres du Québec moderne. Le militant, c’est Michel Chartrand, le camarade exemplaire, compagnon des luttes d’hier, inspirateur de celles d’aujourd’hui. Ces deux personnages hors normes revivent dans toute leur grandeur et leur splendeur dans des ouvrages récemment parus qui les rappellent à notre souvenir ému.
- Onickakw !
En 2008, Sipi Flamand conduit des recherches par ses propres moyens sur les habitudes de consommation de sa communauté. Il se déplace au dépotoir, documente le gaspillage et l’accumulation de déchets qui détruisent la nature. Il se questionne sur les causes de cette surconsommation et de la pollution alors qu’il considère les peuples autochtones comme étant de grands défenseurs de l’environnement et de grands écologistes.
En 2012, le mouvement Idle no More se lève, mais il a l’impression que sa communauté ne suit pas l’appel, qu’elle accepte ce qui se passe sans réagir. Il décide alors d’écrire ce manifeste afin de « réveiller les jeunes et les gens en général quant à leur responsabilité face au territoire » (« onickakw ! » signifie « réveillez-vous ! » en atikamekw). Il croit que cette nouvelle génération est plus ouverte et consciente des causes historiques des maux de sa communauté – les réserves, les pensionnats, le changement forcé de mode de vie, la Loi sur les Indiens – et que ce sont eux qui doivent transformer leur communauté et sensibiliser les générations précédentes. « Pour changer sa vision des choses, il est nécessaire de reconnaître son passé. »
Sipi Flamand prépare actuellement un court métrage avec la Wapikoni mobile qui sera diffusé en 2017.
- Terre-Neuve-Et-Labrador : Le pétrole au secours de l’écologie
Le 6 avril dernier, Steven Guilbeault donnait son aval au controversé mégaprojet pétrolier Bay du Nord au large de l’île de Terre-Neuve. Cette nouvelle a été accueillie très favorablement par des milliers de personnes qui travaillent et dépendent de l’industrie pétrolière. Bien qu’une grande portion de la population de la province appuie le projet, un clivage social s’est creusé par rapport à ce dernier et a divisé cette province où l’extraction de ressources naturelles est toujours centrale.
- Vivre au bord du précipice du monde
Deux siècles de frondes et de révoltes féministes, antiracistes, anticoloniales et queers travaillent à ébranler les fondements de l’édifice patriarcal cishétéronormatif et les systèmes d’oppression qui en découlent. Toutefois, malgré les avancées, l’épistémè dominante semble toujours robuste et la question demeure : à quelle « révolution à venir » réfléchissons-nous ? De quelles mutations avons-nous besoin ?
- Vers des collectivités durables. Réinventer Postes Canada
Sous le gouvernement Harper, le service des postes du Canada a fait l’objet de graves menaces, comme la fin de la livraison à domicile et la privatisation. Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) a mené une dure bataille contre ces offenses, appuyée par une grande partie de la population.
- Des preuves scientifiques pour la démocratie
L’organisation canadienne Evidence for Democracy (E4D) est née en 2012 en réaction à diverses politiques du gouvernement Harper, dans la foulée d’un mouvement dénonçant « la mort de la preuve scientifique » (death of evidence). Depuis, l’organisme a plaidé en faveur de l’utilisation transparente des preuves scientifiques dans la prise de décision gouvernementale.
Entrevue avec Rachael Maxwell, directrice générale d’Evidence for Democracy. Propos recueillis par Yannick Delbecque.
- Municipales 2021 : abstention et déficit de démocratie
Dans Le Devoir du 9 novembre, l’éditorialiste, madame Marie-Andrée Chouinard, soulignait que le taux de participation à l’élection municipale « avoisinerait à peine les 30 % ». Elle note aussi que « la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, martèle que le Québec est mûr pour le vote électronique. C’est une piste qui permettrait de renforcer la démocratie ». En d’autres termes, la solution à la faible participation trouverait une réponse, selon la ministre, dans la technologie. J’en doute. La recherche de solution à ce problème profond se trouve plutôt ailleurs.
- Donald Trump et la radicalisation du conservatisme américain
Le président républicain Donald Trump, aussi radicalement ignorant, mythomane et raciste soit-il, n’est pas une aberration : il est issu de dizaines d’années de radicalisation du Parti républicain et du mouvement conservateur américain.
- Jean-Marc chez À bâbord !
Le Jean-Marc Piotte que je rencontre à À bâbord ! en 2007 a vu neiger. Il se méfie des utopies toutes faites et englobantes. Non pas parce que le capitalisme ou la social-démocratie lui apparaissent comme des horizons indépassables, mais parce que les idéaux désincarnés, qu’ils soient chrétiens, marxistes ou autres, servent trop souvent de fondements à des formes de domination dans lesquelles les intellectuel·le·s se donnent le beau rôle. Pour Piotte, les principes abstraits éloignent de la réalité telle que vécue et sentie par les individus, réalité qui ne se laisse jamais pleinement saisir par la pensée.
- Résilience. Un mot, plusieurs significations
Qu’il faille promouvoir la résilience des écosystèmes terrestres et aquatiques relèverait désormais de l’évidence. Le stress des changements climatiques et de l’accroissement de l’activité humaine a fragilisé les habitats naturels, les rendant plus pollués, moins divers. C’est du moins le message que déploient plusieurs chercheur·se·s et organisations visant à protéger ces lieux et leurs habitant·e·s.
- Mettre fin à la violence policière : exigeons plus
Encore une fois, les gestes meurtriers de la police et l’impunité qui les permet provoquent une indignation justifiée. Je comprends la rage et je partage la colère. S’il ne surprend pas, le manque de considération pour la vie noire demeure atterrant. Et pourtant, j’espère que cette fois nos demandes répétées pour que la police cesse d’être la police seront entendues.
Un texte de Mariame Kaba, traduit de l’anglais par Philippe Néméh-Nombré.
- Des mots pour Léa
Nous avons appris avec une grande tristesse le décès de Laurence-Léa Fontaine. La contribution de Léa à À bâbord ! est incontournable. Elle a été coordonnatrice de la revue pendant dix ans et tenait les chroniques « Travail » et « Figures marquantes ». Léa était aussi, à l’UQAM, une chercheure et une professeure de droit engagée. C’est une camarade grandement appréciée qui nous a quitté·e·s, autant pour l’efficacité de son travail que pour ses qualités humaines. Certain·e·s parmi nous ont tenu à lui rendre hommage.
- Oser prendre toute la place à gauche
À première vue, les résultats de Québec solidaire (QS) aux élections du 3 octobre 2022 sont assez décevants. Ce maintien des acquis devient troublant quand on le compare à la trajectoire de progression constante qu’a connue QS depuis ses débuts [2]. Pour progresser d’ici 2026, QS doit passer de la consolidation de sa base à la conquête de nouveaux territoires politiques.
- Pour une gestion féministe des fermes
Véronique Bouchard, propriétaire de la ferme Aux petits oignons et titulaire d’une maîtrise en agronomie, discute avec nous des inégalités de genre en agriculture. Elle aborde la nécessité d’un changement dans les structures organisationnelles ainsi que dans les modes de gestion à la ferme pour permettre aux femmes d’y prendre leur juste place et d’être reconnues pour leur travail. Propos recueillis par Amélie Nguyen.
- En attendant les robots
Antonio A. Casilli, En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic, Paris, Seuil, 2019, 399 pages.
- La couleur du passé : de l’importance de l’histoire des Noir·e·s
Le Mois de l’histoire des Noir·e·s s’est achevé il y a quelques jours, oui, mais il reste toujours important de penser à cette histoire qui fait à chaque instant partie du présent.
- Pour la vitalité de l’espace public
La vitalité des sociétés démocratiques repose sur leur capacité à accueillir les tensions et les contradictions inhérentes à la vie humaine et sociale. Ce n’est qu’à travers des espaces publics dynamiques que l’expression du conflit peut se faire entendre, permettant ainsi la mise en place de mécanismes de régulation sociale librement acceptés par l’ensemble des citoyen·ne·s.
- Négociations locales en santé. Des employeurs qui alimentent la crise
Des négociations locales dans les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) sont en cours dans la plupart des régions. Que retenir de ces négociations qui touchent des milliers de travailleuses et travailleurs ? Malgré l’état de crise du personnel du réseau, les employeurs ont continué de vouloir affaiblir notre réseau public.
- La Presse, OBNL. Pertes et profits
L’annonce de la transformation de La Presse en organisme à but non lucratif est un aveu de l’échec financier de la formule gratuite du quotidien numérique défendue par les dirigeants de l’entreprise depuis une dizaine d’années. Cette stratégie a par ailleurs pour objectif avoué d’accéder à de nouvelles ressources financières, publiques et privées. Un nouveau modèle d’affaires qui pose questions.
- Ambiguïté des écologistes
À la toute fin de l’année 2005, le Canada accueillait le gratin du monde environnemental – plus de 10 000 déléguées – lors de la 11e Conférence des parties signataires du protocole de Kyoto. Cette rencontre de première importance pour l’avenir de la lutte aux changements climatiques a transporté la question environnementale sous les projecteurs pour une bonne partie de l’automne, mettant le mouvement environnemental face à ses propres paradoxes.
- L’avenir du Moyen-Orient
Journaliste britannique vivant à Beyrouth, Robert Fisk est correspondant pour le journal londonien The Independent. Depuis trente ans, ses reportages sur le Moyen-Orient ont apporté un contraste nécessaire aux doctrines officielles en présentant une réalité nuancée, complexe et d’une grande érudition historique. Rachad Antonius l’a interviewé sur plusieurs aspects de la situation socio-politique actuelle au Moyen-Orient après l’élection du Hamas en Palestine et la crise des caricatures.
- L’Europe et nous
Il est bien connu que les Québécois·es sont un peu Européen·ne·s par l’origine et la culture, et Américain·e·s par leur appartenance géographique. De ces deux identités, la seconde semble souvent l’emporter. Ce qui se déroule sur le continent européen paraît souvent lointain et peu relié à notre réalité. Dans notre désir de nous créer de nouvelles attaches, nos regards se tournent plutôt vers les pays émergents, en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud, plutôt que vers la vieille Europe.
- De la démocratie athénienne à la démocratie représentative et pluraliste
Voici le texte de mon intervention sur la notion de démocratie à l’émission Simplement humain (CIBL 101,5 FM) le 20 avril dernier.
- Humour et éducation
L’humour a-t-il sa place dans l’enseignement ? Peut-on apprendre grâce à lui ? A-t-il des vertus pédagogiques ? La réponse à ces questions est certainement positive et je suis convaincu que les artisans de Charlie Hebdo souhaitaient, tout autant que faire rire, donner à penser et faire réfléchir. En cela, ils et elles s’inscrivaient dans une tradition littéraire appelée satire, très ancienne puisqu’elle remonte à l’Antiquité.
À Charb, in memoriam
- Une lutte sans merci
Le travail cinématographique auquel se livrent, en collaboration, les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne depuis plus de 35 ans est remarquable par son exigence et sa continuité. Au total, les deux cinéastes d’origine wallonne ont coréalisé 16 films qui traitent de sujets leur tenant à cœur. Après avoir œuvré durant quelques années dans le domaine du documentaire en signant des métrages comme Le chant du rossignol (1978) et Leçons d’une université volante (1982), ils mettent en scène des œuvres de fiction intimistes à partir de la deuxième moitié des années 1980.
- L’austérité comme stratégie de classe
Alors qu’elle est de plus en plus contestée comme orientation générale des politiques économiques et fiscales, l’austérité demeure l’orientation principale du gouvernement du Québec. L’objectif de la Commission permanente de révision des programmes présidée par Lucienne Robillard est de réduire de manière durable et permanente la taille de l’État et le poids des dépenses publiques dans l’économie québécoise.
- Les sorcières ont toujours soif
Ces dernières années, en Occident, on remarque une plus grande visibilité des idées féministes dans les grands médias, l’espace public, la culture, les actions des mouvements sociaux, etc. À titre d’exemple, pour la première fois depuis des décennies, la pièce de théâtre Les fées ont soif de Denise Boucher, qui avait fait tant scandale au Québec en 1978, était de retour sur les planches cet automne au théâtre La Bordée à Québec. Nous émettons ici l’hypothèse que ces idées, et ces féministes, plus visibles et plus présentes, sont une directe conséquence de l’imposition de l’austérité budgétaire en Occident, de la montée des conservatismes et des fondamentalismes tous azimuts et surtout de la « moralisation » du rôle et de la place que les femmes devraient occuper.
- Repérer les angles morts
L’histoire maghrébine et proche-orientale des 20 dernières années regorge d’exemples historiques nous donnant à voir l’irruption du peuple dans l’arène politique dans des sociétés où le politique a toujours été une affaire de rapports de force bruts que les possédants et dominants faisaient subir à des masses qu’ils méprisaient largement. Les récentes révoltes, à appréhender sous un temps long et discontinu, donnaient à voir une appropriation des espaces publics et des formes de mobilisation inédites. C’est le politique qui se libère et s’autonomise dans des sociétés où nous avons tendance à penser que c’est face au seul pôle religieux qu’il faut s’affranchir. Autonomie du politique face au religieux, mais aussi et surtout face au militaire, au policier et à l’arbitraire de l’injustice des possédants.
- Sceptiques et négationnistes
Qui donc doute du réchauffement climatique ? Quels arguments invoquent ces gens ? Quelles actions mènent-ils ? Pour aider à y voir plus clair, je suggère qu’il est sage de distinguer entre, d’une part, des sceptiques et, d’autre part, des négationnistes du réchauffement climatique anthropique (dorénavant RCA).
- Canada et Québec sur l’échiquier climatique
En juin 2014, l’agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) nous apprenait que ce mois était le plus chaud jamais mesuré depuis le début des relevés modernes de températures. Ces données soulignent l’ampleur de la crise climatique qui sévit depuis plusieurs décennies ; crise principalement alimentée par l’homme, tel que l’affirmait avec une conviction inédite le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à l’automne 2013. Alors que la biosphère vacille entre équilibre précaire et déclin irréversible, le sort de l’humanité repose sur la volonté des États à faire preuve de leadership sur cet enjeu planétaire. Quel rôle le Canada et le Québec jouent-ils sur l’échiquier climatique ?
- Sur les ruines du « bloc de l’Est »
Hongrie, Roumanie, Moldavie, Ukraine… Souvent classifiés comme « pays de l’Est », car situés à la périphérie de l’Europe, ces pays, de par leur histoire récente, peuvent nous éclairer sur les enjeux du présent. Espoirs déchus, replis nationalistes, révoltes et oppressions : ce voyage offre une interprétation de la situation telle qu’elle était palpable au printemps 2013.
- Ceci (n’)est (pas) mon corps
Le corps a toujours constitué un enjeu féministe, d’autant plus que durant des siècles, les « politiques sur notre ventre » se sont longtemps faites sur notre dos. Si des hommes pratiquent de longue date (et encore aujourd’hui) l’échange de femmes en raison des capacités productives et reproductives de leur corps, il n’est pas étonnant que les mouvements et les réflexions féministes aient fait du corps des femmes un enjeu. Cela est d’autant plus important que les mouvements féministes se sont développés à une époque où, si l’on en croit Foucault, les mécanismes de domination passent largement par le biopouvoir.
- Le Saint-Graal de l’éducation ?
Si vous œuvrez en éducation, je voudrais cette fois vous faire ce que je pense être un vrai cadeau en vous présentant ce que certains appellent le Saint-Graal de l’éducation. Mais laissez-moi d’abord vous expliquer de quoi il en retourne.
- Trois manifestes syndicaux CSN-FTQ- CEQ
Ne comptons que sur nos propres moyens, CSN, M Éditeur, 2012
L’État rouage de notre exploitation, FTQ, M Éditeur, 2012
L’école au service de la classe dominante, CEQ, M Éditeur, 2012
- Casseroles contre feux d’artifice
Explosion de protestations au Venezuela au lendemain de l’élection présidentielle pour la succession de Chávez. La courte victoire de Nicolas Maduro, le dauphin chaviste, a fait dire au candidat défait Henrique Capriles Radonski qu’on lui avait volé l’élection. Il a appelé ses partisans à « déverser leur rage » en tapant sur leurs casseroles (cacerolazos). Cette rage en aura poussé certaines à dépasser cet appel formel et le résultat de leurs actions se compte en nombre de morts (entre sept et dix), de blessés (plus d’une soixantaine), de bureaux du parti chaviste [3] (PSUV) incendiés (entre trois et sept), de cliniques de santé partiellement brûlées ou saccagées.
- Journalismes : institutionnel vs citoyen
Il m’est avis que le Web social marque la fin du monopole des journalistes institutionnels (formés aux écoles de journalistes, accrédités, etc.) sur l’information. Cela ne signifie pas qu’ils sont appelés à disparaître, mais plutôt à voir des transformations dans leur rôle, dans leurs pratiques et dans leur manière d’interagir avec les citoyennes, qu’on ne peut plus simplement appeler « public ».
- Calcul électoral
Relativement aux élections et à l’idéal démocratique, il y a quatre idées qui me paraissent devoir être connues de tout le monde. Certaines, comme on va le voir, seront sans doute jugées très surprenantes, pour ne pas dire troublantes, par qui en entend parler pour la première fois.
- Deux cultures démocratiques se rencontrent
Dans la première partie de cette réflexion, j’ai commencé une analyse montrant que des regroupements tels que Profs contre la hausse (PCLH) et les organisations syndicales s’étaient développées sur la base de fonctionnements démocratiques différents, en raison notamment de l’évolution du contexte historique dans lequel les mouvements sociaux se sont déployés dans les dernières décennies. J’aimerais maintenant démontrer que les moyens de communication à notre disposition depuis une quinzaine d’années encouragent également un renouveau des pratiques militantes.
- La convergence des indépendantistes
Le refus du premier ministre écossais Alex Salmond de se montrer en public en compagnie de Pauline Marois par peur d’être associé à deux échecs référendaires est le symptôme des abcès qui minent l’indépendantisme québécois : le « référendisme » et la dispersion de leurs forces.
- Lettre à Chantal Guy
Bonjour madame Guy,
Vous permettez que je vous vouvoie ? Je sais que vous employez le « tu » dans votre Lettre à la génération pirate, mais quelque chose me retient de faire de même. Déjà que je trouve un peu étrange d’employer le « tu » quand on s’adresse à une génération au complet ; ça me rappelle les profs du primaire qui disent « Les ami.e.s, tu vas maintenant prendre ton cahier de mathématiques ». Pourquoi cet infantilisant « tu » de groupe ? Je ne comprends pas. Mais je m’égare.
- Quelques remarques sur la fuite de documents de la National Security Agency (NSA)
If you’re doing nothing wrong, you have nothing to hide from the giant surveillance apparatus the government’s been hiding.
Stephen Colbert [4]
- Le pouvoir municipal citoyen
Alors que la commission Charbonneau révèle chaque jour l’ampleur de la corruption – érigée en système dans les villes de Montréal, de Laval et sans doute aussi dans d’autres municipalités du Québec – et que nous sommes à quelques mois des prochaines élections municipales qui auront lieu le 1er novembre prochain, deux questions méritent d’être soulevées : quel rôle pour la gauche québécoise sur la scène municipale et quelle stratégie adopter en vue d’obtenir le « droit à la ville » si cher a Henri Lefevbre ?
- Montréal, espace réservé
C’est la sociologue Ruth Glass qui, dans les années 1960, a pour la première fois parlé de « gentrification » pour désigner la colonisation progressive par une population nantie des quartiers populaires entourant la ville de Londres. Et comme ceux de Londres, de Paris, de New York et d’autres grandes villes du monde, les quartiers populaires de Montréal sont convoités. À la Ville, on parle de réaménagement, de renouveau, de revitalisation pour légitimer la migration forcée de résidentEs et faire place à une population de plus haut standing. Portrait d’une dynamique préoccupante.
- Entretien de CLASSE
Réunis dans le salon d’un appartement de La Petite-Patrie, quelques membres du collectif d’À bâbord ! ont rencontré deux protagonistes du printemps érable, Éric Martin et Gabriel Nadeau-Dubois, pour faire un bilan prospectif de la lutte. Voici le distillé de deux heures de passionnants débats sur les origines et l’À-venir du mouvement.
- Le droit de grève discrètement remis en cause
Les employeurs siégeant à l’Organisation internationale du travail (OIT) ont bloqué, en juin dernier, le processus de contrôle de l’application des normes internationales en raison d’un « désaccord » sur la conception du droit de grève. Le droit de grève serait-il remis en cause dans la plus grande discrétion ?
- Politisation du juridique- Judiciarisation du politique
De février à juin 2012, le Québec a été témoin d’une vague de contestation inédite par son ampleur. Ne sachant plus comment gérer la crise sociale qu’il avait lui-même alimentée, le gouvernement de Jean Charest, aujourd’hui déchu, a eu recours à divers moyens pour venir à bout de la pugnacité étudiante et citoyenne. Il a déployé démesurément des forces répressives, a eu recours à des arrestations de masse injustifiées et à une police anti-émeute qui a matraqué, gazé et poivré des (…)
- Oubliez Rocky
Du spectacle le plus brutal à la réinsertion scolaire et sociale en passant par la boxe olympique, amateur et récréative, les sports de combat ont de multiples finalités. Pour étayer quelques impressions sur cette pratique sportive, j’ai consulté sociologues et boxeurs. Pourquoi boxer ? Les sports de combat peuvent-ils servir à tisser des liens dans une communauté ? La boxe ne fait-elle que réfléchir la violence de la société où les rapports de force sont inégaux, où tous les coups sont permis, où la règle du jeu est celle du plus fort ?
- Roulodrôme et Skatepark
L’aventure du TAZ débute en 1994, à même la rue. Ses deux fondateurs, Janet McNulty et Michel Comeau, adeptes de patin, de skateboard et artistes de la scène, veulent monter des spectacles sur patins, skateboard et BMX. Aucun lieu ne veut les accueillir puisque ces sports sont alors très alternatifs et associés à la délinquance. Ils s’entraînent donc sur la rue avec les jeunes qui cherchent un lieu où l’on respectera leur style de vie.
- Pour Hélène Pedneault
En 1999, à la demande de la maison de la culture Mont-Royal qui désirait honorer le 10e anniversaire de Polytechnique, j’ai écrit et joué un texte de théâtre qui était un long hurlement d’indignation : Cérémonie d’adieu. En 2001, j’ai failli mourir. De 2002 à 2004, j’ai retravaillé le texte en me disant : je dois dire ce que j’ai vu avant de mourir.
Le spectacle raconte l’histoire de l’humanité en se posant la question : qu’avons-nous fait des femmes ? Le spectacle interroge ensuite (…) - Marie-Claire Blais, et le reste
Faisons un test, je vous le propose. Allons en lire quelques pages sur un banc de la gare centrale de Montréal, vers dix-huit heures, quand se croisent tous les étages d’une ville, et toutes les directions qui s’offrent pour s’en éloigner. Nous serons chez elle, elle n’a pas besoin de nommer ce pays pour l’arpenter dans ce qu’il est devenu.
- Santé Canada et la sécurité des médicaments
Ouvrir un flacon de pilules, souvent prescrit par votre médecin, semble un geste anodin pour la plupart des gens. On a tendance à croire que les médicaments que l’on consomme sont très sécuritaires parce qu’ils sont réglementés par Santé Canada. Dans les faits, rien n’est moins sûr.
- Avocasseries
De nos jours, les avocats triomphent. La justice impose des procédures semblables à d’interminables labyrinthes dont ils sont les guides obligés. Les ententes avec les grandes entreprises se concluent en contrats volumineux au langage obtus qu’eux-mêmes parviennent mal à décrypter. Leur salaire grimpe à la mesure de la confusion des textes qu’ils créent et interprètent à n’en plus finir. Les citoyens, quant à eux, non seulement y perdent leur latin, mais aussi l’accès à une justice qui devrait les protéger.
- Le végétarisme
« L’homme est le seul animal qui peut être l’ami de ses victimes jusqu’à ce qu’il les dévore. »
Samuel ButlerIl existe plusieurs sortes de végétarismes, c’est-à-dire de restrictions alimentaires relatives aux produits issus de l’exploitation animale, qu’ils soient motivés par des raisons politiques, économiques, environnementales, sentimentalistes ou encore éthiques. En matière d’éthique animale, deux principaux courants de pensée s’opposent : l’antispécisme et le welfarisme.
- Éthique animale 101
Quel rapport devrions-nous entretenir avec les animaux ? Qu’est-ce que le spécisme ? Est-il acceptable de consommer des produits d’origine animale ? Faut-il agrandir les cages ou, plus radicalement, abolir toute forme d’exploitation des animaux, comme on a aboli l’esclavage humain ? Avons-nous des devoirs envers les animaux ? Ont-ils des droits ?
- L’engagement au présent chez Francine Noël
Francine Noël s’est déjà définie comme une femme habitant un pays, ce qui était une manière de dire que son écriture était informée par sa position de citoyenne québécoise et que ses préoccupations s’inscrivent, de manière critique, ludique ou parodique, dans son œuvre. Les quatre romans qui forment la tétralogie consacrée à la Tribu des Ladouceur évoquent en effet les enjeux de la société québécoise depuis la Révolution tranquille. Si La conjuration des bâtards, le troisième opus de la (…)
- Scène politique québécoise ; où va-t-on ?
La scène politique est confuse. Le Bloc québécois disparaît presque complètement de la scène fédérale, tandis que le Nouveau Parti démocratique (NPD) devient le parti canadien le plus représentatif de la population québécoise. Sur le plan provincial, le Parti québécois (PQ) est en déroute avec la démission de députés, dont le médiatique Pierre Curzi et l’expérimentée Louise Beaudoin, le Parti libéral du Québec (PLQ) garde sa tête hors de l’eau grâce aux malheurs de ce dernier et l’appui jusqu’ici indéfectible des circonscriptions jouissant d’une forte proportion d’anglophones, l’Action démocratique du Québec (ADQ) fait du sur place, tandis que Québec solidaire (QS) prospère dans la foulée des positions fermes défendues par Amir Khadir. Dans l’ombre s’agite François Legault qui voudrait bien devenir chef d’un nouveau parti.
- Le vent du populisme
Sans que la question nationale ne soit réglée pour autant, l’affaiblissement de l’opposition entre souverainistes et fédéralistes au Québec a mis le débat public au diapason du reste du monde. Celui-ci s’aligne désormais sur une opposition marquée entre la gauche et la droite. Ce qui n’entraîne pas un repositionnement important des forces, les souverainistes étant le plus souvent de gauche et les fédéralistes davantage marqués par les idées de droite. Les réajustements concernent davantage le discours : comment, avec quels moyens, avec quel ton doit-on s’adresser à ceux que l’on veut convaincre ?
- Vanité d’une intervention militaire
Dans un contexte géopolitique où différents pays occidentaux ont décidé d’appuyer militairement la guerre d’occupation que mènent, depuis près de dix ans, les États-Unis en Afghanistan afin de répliquer par la force aux attentats commis par des membres d’Al-Qaïda le 11 septembre 2001, on pouvait se demander quel type d’implication militaire apportaient certaines de ces nations. À cet égard, la présence danoise en sol afghan apparaissait comme un secret relativement bien gardé face à l’implication de différents pays de l’ONU (les États-Unis, le Canada et la France) dans l’entreprise évoquée. Soucieux de donner un juste aperçu de la nature de cette participation au peuple danois et au reste du monde, le jeune cinéaste Janus Metz a tracé un portrait très minutieux de la présence des militaires de son pays en Afghanistan, à travers ce documentaire de guerre à dimension politique.
- Le capital canadien en perspective
La bourgeoisie canadienne se constitue peu à peu au rythme de l’essor industriel et de sa propre émancipation de l’Empire britannique. L’accumulation primitive chez cette classe émergente se réalise surtout à travers le commerce, les produits de base (céréales, bois) et les activités de fabrication traditionnelles. Mais l’impulsion déterminante vient avec la construction des canaux et surtout des chemins de fer, au XIXe siècle. Ces initiatives permettent de structurer un espace transcontinental et de créer un marché intérieur favorisant le développement du capital canadien.
- Les suicides au travail
Freud a bien remarqué que pour avoir une vie saine, il nous faut « aimer et travailler ». Ces deux dimensions, si importantes et centrales dans nos vies, atteignent un difficile équilibre que les transformations des Mondes du travail, au cours des 30 dernières années, fragilisent. L’organisation du travail et la gestion sont pensées pour des êtres humains hypothétiques, qui n’existent que dans les modèles théoriques des gestionnaires et des ingénieurs. Peut-on cependant aller jusqu’à commettre l’irréparable à cause du travail ?
- La guérilla cybernétique
WikiLeaks est un site Internet ouvert et anonyme, dont la mission est de donner une tribune aux victimes « des régimes d’oppression », mais aussi aux témoins de comportements suspects des gouvernements et des grandes entreprises de ce monde. Sous le slogan « We open governments », le site recueille principalement des textes d’analyse sociale et politique ainsi que des documents officiels, des rapports secrets, des bases de données et des faits bruts. Avec un tel mandat, la protection des sources est évidemment le premier des soucis. C’est en cela que le projet est soutenu avec ferveur par une communauté de cryptologues et de hackers, mais aussi de journalistes et de militants, afin d’offrir une protection maximale aux contributeurs de WikiLeaks.
- BDS ou la résistance pacifique palestinienne
La terrible réalité de la situation sur le terrain en Palestine occupée fait du boycott total d’Israël et des institutions complices non seulement une obligation morale, mais aussi une nécessité politique urgente pour empêcher le génocide et une explosion incontrôlable de l’ensemble du système géopolitique moyen oriental. - Omar Barghouti [5]
- Le cabinet des horreurs budgétaires
Une fiscalité équitable est le meilleur moyen de financer les services publics. Pour le moment, le gouvernement Charest a tout faux dans ce domaine. Plutôt que d’y aller avec des propositions audacieuses, on se contente de ressasser de vieilles peurs et de reprendre un discours trop entendu depuis le manifeste des Lucides. Il existe pourtant de nombreuses solutions pour renflouer les coffres de l’État, sans que cela ne se fasse aux dépens de la majorité de la population.
- Souvenirs de l’opération
C’était un soir de 1968, dans ce bar qu’on appelait la Casa espagnole, aujourd’hui disparu, au coin des rues Sherbrooke et Hutchison. Avec la Hutte suisse, toute proche, c’était un lieu comme il n’en existe plus vraiment aujourd’hui, fréquenté par une faune artistique, littéraire, nationaliste et de gauche. On y défaisait et refaisait le monde jusque tard dans la nuit. Je me souviens, en particulier, d’interminables débats avec Gaston Miron, qui pourfendait les gauchistes refusant de suivre (…)
- La violence dans l’imaginaire latino-américain
André Corten (dir.), avec la collaboration d’Anne-Élisabeth Côté, La violence dans l’imaginaire latino-américain, Paris, Khartala, et PUQ, Québec, 2008, 421 p.
- Monter vers le bas
En 2003, dans un carrefour de savoirs, des personnes en situation de pauvreté ont comparé la société à un palier d’où partiraient un escalier roulant qui monte et un escalier roulant qui descend. « Vivre la pauvreté, ont-elles dit, c’est comme monter un escalier roulant qui descend ; au lieu de vous acharner à nous faire monter des escaliers roulants qui descendent, occupez-vous donc des escaliers ! »
- Fraudeuses du fisc
En plus d’œuvrer au Canada, il faut savoir que les banques canadiennes sont également présentes dans de nombreux autres pays. Outre les États-Unis et le Royaume-Uni, elles se retrouvent au sein de plusieurs petits pays que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) considère… comme des paradis fiscaux ! C’est à cet aspect qu’une récente étude de la Chaire d’études socio-économiques (CESE) de l’UQAM [6] s’est attardée, c’est-à-dire aux répercussions que la présence des banques canadiennes dans ces endroits ont sur les recettes fiscales de nos gouvernements. Cette étude a donc quantifié les montants d’impôts sur le revenu des sociétés que les principales banques canadiennes ne versent pas aux fiscs canadien et québécois, puisqu’elles ont pignon sur rue dans des pays où l’imposition du profit est quasi inexistante.
- 6000 ans d’occupation laurentienne !
Longtemps, on a cru que les Laurentides avaient été peuplées à partir de l’arrivée des premiers colons, à la fin du 19e siècle. Des recherches archéologiques éclairent ce passé en faisant plutôt remonter la présence humaine à plus de 6000 ans.
- Le logement n’est pas une marchandise
Les débats entourant l’encadrement des plateformes numériques d’hébergement touristique (dont la plus populaire est Airbnb) reviennent fréquemment dans l’actualité et les médias de masse, que ce soit au Québec ou ailleurs dans le monde. Le Comité logement du Plateau-Mont-Royal propose pour sa part leur interdiction totale.
- Socialisme et indépendance : un mot d’ordre toujours actuel ?
Formulée par la revue Parti pris, cette visée stratégique a inspiré l’action de plusieurs regroupements de militant·e·s au cours des années 1960 et 1970. Éclipsée par le Parti québécois (PQ), qui troque le socialisme pour la social-démocratie et l’indépendance pour la souveraineté-association, cette perspective serait-elle en train de retrouver du galon dans la nouvelle gauche apparue au tournant du siècle ?
- Les néonics : un tueur silencieux
Les « néonics » (abrégé de néonicotinoïdes) désignent une série de composés chimiques dérivés de la molécule naturelle qu’est la nicotine. Commercialisés depuis la fin des années 1990 en tant qu’insecticides, les néonics se sont avérés être des tueurs d’abeilles, malgré le fait que leur usage est dénoncé depuis plus de cinquante ans.
- Ce qu’on doit savoir sur l’(in)sécurité de l’information
Dans un contexte où de nombreuses crises – environnementales, sociales, etc. – font rage, la gestion appropriée et sécuritaire de l’information devient une composante nécessaire à la citoyenneté responsable et à l’intégrité de campagnes militantes.
- L’identité québécoise. Du château fort à la gélatine
Débattre publiquement d’identité, québécoise ou canadienne, n’implique pas nécessairement de sombrer dans le conservatisme identitaire, où l’Autre est perçu comme une menace à la préservation de « notre » culture.
- Sexe, handicap et éducation. Les mots qui changent tout
Lorsque j’étais étudiant au cégep, les élèves devaient s’ajuster aux particularités de l’enseignement, alors que le contraire était rarement vrai. Quelques professeurs avaient des idylles, parfois connues, avec des étudiantes, et celles-ci devaient se méfier d’enseignants qui contrôlaient mal certaines pulsions.
- De quoi Total est-elle la somme ?
Alain Deneault, De quoi Total est-elle la somme ?, Montréal, Écosociété, 2017, 440 pages.
- La Remise. Plus qu’une bibliothèque d’outils
De plus en plus de politicien·ne·s, de scientifiques et de militant·e·s s’accordent sur le fait que les crises sociales, économiques et écologiques ne peuvent être résolues par la croissance soutenable. La coopérative La Remise est une initiative, parmi de nombreuses autres, qui permet de revoir nos façons de consommer.
- Du côté des petites librairies
Avec l’ouverture attendue et imminente de la coopérative de solidarité l’Euguélionne, librairie féministe à Montréal, nous avons cru bon de revenir sur les motivations qui ont fait naître le projet et sur celles qui l’habiteront tout au long de son existence.
- Adam Smith, l’antidote ultime au capitalisme
Thierry C. Pauchant, Adam Smith, l’antidote ultime au capitalisme, Dunod, 2023, 191 pages.
- Décarbonation du Québec. La cape d’invisibilité de Pierre Fitzgibbon
Face aux impératifs de la transition énergétique et de la décarbonisation, le ministre Fitzgibbon n’a de yeux que pour l’électrification du système énergétique. Cette stratégie, contrairement aux solutions axées sur la sobriété énergétique, ne remet pas en question les modèles de croissance dont nous devons pourtant impérativement nous détacher.
- Quand chanter est politique
L’auteur-compositeur-interprète Mike Paul Kuekuatsheu nous a livré ses réflexions sur la place du chant chez les Ilnus, ainsi que sur sa propre démarche politique, où la musique rejoint la défense du territoire et des pratiques ancestrales.
Propos recueillis par Isabelle Bouchard , Philippe de Grosbois et Audrée Thériault Lafontaine
- Maxiplotte
Julie Doucet, Maxiplotte, L’association, 2021, 400 pages.
Rubriques (339)
- Dossier : Lobbyisme. Le pouvoir obscur
- Dossier : Sexe
- No 054 - avril / mai 2014
- No 095 - Printemps 2023
- Dossier : Littérature, fuite et résistance
- Dossier : Partenariats public-privé
- Dossier : Cégeps – 50 ans d’existence
- No 082 - janvier 2020
- Dossier : Le populisme de gauche. À tort ou à raison ?
- Dossier : Santé - État d’urgence