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Articles (1194)
- Microsoft. Adopter, étendre, anéantir
Le troisième texte de cette série sur les GAFAM porte sur Microsoft, omniprésent dans le monde du travail et dont la stratégie technico-commerciale est féroce.
- Quelle alternative pour le journalisme ?
Il est assez difficile d’imaginer quelles formes pourrait prendre le retour à une pratique journalistique digne de ce nom, alors que la crise du politique qui sévit actuellement tend au contraire à délégitimer jusqu’à l’idée même qu’une parole puisse venir s’interposer entre le citoyen-consommateur et la « réalité » économique immédiate.
- Les nouveaux médias
Ce qu’on appelle les « nouveaux médias », ce ne sont pas tant des nouveaux outils ou encore une nouvelle manière de diffusion, rendus possibles par l’agencement de textes, photos et vidéos qui circulent via diverses plateformes sur le Web. Ces outils auraient très bien pu se développer sans que nous ayons à parler de nouveaux médias. Il aurait été simplement question d’extensions de la presse écrite, de la photo, de l’audio ou de la vidéo sur de nouvelles plateformes.
- Journalisme et mouvements sociaux : aux racines d’une crise de confiance
On a pu mesurer, ces dernières années, toute la profondeur de la fracture entre les médias traditionnels et les mouvements sociaux. L’étendue du fossé séparant les protestataires et les journalistes a mis en lumière une crise de confiance beaucoup plus profonde envers les médias, dont les origines remontent très loin.
- La médicalisation de la naissance
Pour la deuxième fois, À Bâbord ! ouvre ses pages à la Coalition pour la santé sexuelle et reproductive. Cette série d’articles porte sur la médicalisation de la sexualité et de la vie reproductive et vise à mettre en garde contre un discours et des pratiques médicales qui envahissent notre conception du corps et de la santé.
- Le modèle propagandiste des médias
En 1988, il y a donc bientôt 20 ans, Edward Herman et Noam Chomsky publiaient Manufacturing Consent. The Political Economy of the Mass Media.
L’ouvrage a depuis acquis une grande renommée et est devenu une sorte de classique dans le domaine de l’étude des médias de masse. Rappelons d’abord les grandes lignes du modèle d’analyse des médias qui est proposé dans Manufacturing Consent. Ce modèle ayant suscité de très nombreuses discussions critiques – certaines mesurées et constructives, (…) - Critique, censure et riposte
Cette ère n’est pas toute jeune. Cela fait bientôt quinze ans que le Web héberge des médias citoyens alternatifs, autogérés. Les formes de censure qui lui sont propres non plus. Elles se reproduisent, se globalisent, prennent des boucs émissaires. Les pouvoirs menacés par ces formes médiatiques comprennent de plus en plus les risques associés à ces fuites, ces inscriptions, ces circulations, ces prises de parole, mais ils comprennent rarement leur mode de fonctionnement. Au contraire, les réponses et la riposte à ces formes de censure se renouvellent et s’organisent en un réseau de solidarités de plus en plus souple et conscient de ses forces.
- Vers une nouvelle critique des médias
La critique des médias dominants est une nécessité pour contrer la tendance hégémonique de la « pensée unique » néolibérale. Mais une critique trop manichéenne des médias est sans doute démesurément à la mode dans la galaxie altermondialiste. Face au risque d’une critique unique de « la pensée unique », une autre critique des médias est possible, plus sensible aux complications et aux contradictions de notre monde, et donc plus radicale, car plus à même de saisir les racines emmêlées des maux humains dans les sociétés capitalistes actuelles.
- Les mutations de l’univers médiatique
Étant appelé à agir comme témoin au colloque intitulé « Les mutations de l’univers médiatique » tenu le 12 avril dernier, j’ai signalé d’entrée de jeu que nous traversions une période privilégiée. Il suffit de quelques clics pour avoir accès aux journaux de la planète entière. Internet a fait vivre aux passionnés de l’information un bond prodigieux.
- Dans le ciel médiatique, L’Étoile du Nord brille.
Un nouveau média populaire s’ajoute à l’univers médiatique québécois. Qu’est-ce que L’Étoile du Nord ?
- La psychiatrisation des problèmes sociaux
Au printemps dernier une soirée-conférence sur le thème de la psychiatrisation des problèmes sociaux était organisée par Action Autonomie, un organisme communautaire en défense et revendications de droits pour des personnes psychiatrisées. Action Autonomie constate combien certains problèmes sociaux tels que la pauvreté, les problèmes d’adaptation au système scolaire, la difficulté de trouver un logement, le manque de support aux familles monoparentales et la surcharge de travail entre autres, glissent plus souvent qu’autrement vers des interprétations médicales et psychologisantes.
- Pourquoi promouvoir les femmes dans les médias ?
Dans les principaux médias canadiens et québécois, sept individus cités comme experts sur dix sont des hommes. Quand on ouvre la radio, la télévision ou le journal, c’est donc deux fois plus d’hommes que de femmes qui sont représenté·e·s comme possédant du savoir.
- Medias autonomes. Nourrir la dissidence et la résistance
Andréa Langlois et Frédéric Dubois (dir.), Medias autonomes. Nourrir la dissidence et la résistance, postface de Fabien Granjon, Montréal, Lux Éditeur, 2006
- La médicalisation de la sexualité
Après la médicalisation du cycle menstruel (AB ! #12), de l’accouchement (AB ! #13) et de la reproduction (AB ! #14), la Coalition pour la santé sexuelle et reproductive vous propose un regard critique sur la médicalisation de la sexualité. Dernier volet de cette série d’articles où nous tenterons de rester lucides sans devenir lubriques.
- Travailler pour être sur le BS !
L’assistance sociale renvoie à l’idée d’un revenu minimal accordé aux individus dans le besoin. Le projet du gouvernement actuel de Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale 2003-2008 abolit cette référence au profit du rapport au travail.
- Travailler pour être sur le BS !
L’assistance sociale renvoie à l’idée d’un revenu minimal accordé aux individus dans le besoin. Le projet du gouvernement actuel de Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale 2003-2008 abolit cette référence au profit du rapport au travail.
- Communication assistée : une farce cruelle
La Presse canadienne du 24 novembre 2009 rapportait l’extraordinaire nouvelle suivante : « Rom Houben a vécu la torture pendant 23 ans, incapable de communiquer avec l’extérieur, qui le croyait plongé dans un coma végétatif. “Au début, j’étais en colère, puis j’ai appris à vivre avec”, raconte ce Belge de 46 ans, qui s’exprime aujourd’hui grâce à un appareillage spécial. Quand de nouveaux examens ont finalement révélé qu’il était conscient, ç’a été “une deuxième naissance”, dit-il. Il peut (…)
- La fin du monde chez les Mayas
La nouvelle ne pouvait pas tomber à un meilleur moment. Si vos REÉR ont fondu, si votre courtier s’appelle Vincent Lacroix ou Bernard Madoff, ne vous en faites pas trop, car vos souffrances seront de courte durée : avec leur sagesse séculaire, les Mayas ont prévu la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Je laisse à d’autres le soin d’analyser pourquoi certaines sociétés, à certaines périodes, sont particulièrement friandes de telles nouvelles pour m’intéresser à l’idée de « fin du monde » chez les Mayas d’hier et d’aujourd’hui.
- Le Québec en sevrage ?
Le Gouvernement Marois vient de mettre fin à la "Règle des 15 ans" qui obligeait le Régime public d’Assurance-médicaments à rembourser le produit d’origine même après l’expiration du brevet. Auparavant, il se refusait donc des économies d’échelle. En effet, pratiquement partout ailleurs dans le monde où existe ce type d’assurance, le gouvernement ne rembourse que le médicament le moins cher, qui est évidemment le générique. Alain Dubuc fait donc une sortie qui nous soutirerait des larmes, en dénonçant cette mesure extrême du PQ, soit l’abolition de la règle des 15 ans. Mais séchez vite vos larmes, les Big Pharmas ne vont pas faire faillite demain matin...
- Le modèle propagandiste des médias
En 1988, Edward S. Herman et Noam Chomsky ont publié un ouvrage intitulé Manufacturing Consent : The Political Economy of the Mass Media . La pièce maîtresse de l’ouvrage est ce que les auteurs ont baptisé le « modèle propagandiste des médias », lequel était d’abord présenté, puis appliqué à quelques études de cas.
Le modèle proposé est « propagandiste » en ce sens que les auteurs soutiennent que les grands médias « servent à mobiliser des appuis en faveur des intérêts particuliers qui (…) - Le Collectif de la revue vous offre ses suggestions médiatiques
Le Collectif de la revue À bâbord ! vous soumet quelques recommandations de sources alternatives d’information.
- L’enseignement assisté ou réalisé par ordinateur
Au cours des cinq dernières années, Robert Slavin et son équipe de collaborateurs de l’Université John Hopkins, située à Baltimore, ont réalisé plusieurs méta-analyses sur l’enseignement de la lecture et des mathématiques, et ce, tant au niveau élémentaire que secondaire (Best Evidence Encyclopedia, 2010).
- La médicalisation de la reproduction
Au Canada, près d’un couple sur huit connaîtrait des problèmes de fertilité . Parmi ces couples, certains opteront pour l’adoption, d’autres vont préférer mener une vie sans enfant ou attendre sans traitement. Pour d’autres, les nouvelles technologies de la reproduction (NTR) représentent l’espoir de réaliser leur rêve le plus cher, celui d’avoir un enfant. En effet, la multitude des techniques offertes renouvelle constamment cet espoir, et ce, malgré le taux d’échec important de ces (…)
- Gilets jaunes. L’Imperium en acte
La crise des Gilets Jaunes naît d’une révolte contre la taxe sur les carburants qui est tout sauf écologique. Payer plus cher son carburant ne diminue pas l’utilisation des véhicules et n’améliore pas le transport en commun déficient, dont les lignes rurales de train supprimées par l’État. La mesure rapporte la somme de 5 milliards d’euros que les caisses de l’État perdent en supprimant l’impôt de solidarité sur les fortunes.
- Les limites de l’Europe
Une situation de violence structurelle s’abat aujourd’hui plus que jamais sur les populations en situation de vulnérabilité cherchant refuge en Europe. L’incapacité des leaders européens à accueillir et à intégrer ces réfugié·e·s demandeurs·euses d’asile expose les limites du droit européen et international, de même que celles du projet européen dans son ensemble. À bâbord ! a rencontré François Crépeau, professeur de droit international à l’Université McGill et Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’Homme des migrants, pour discuter des problèmes et défis mis en lumière par ce déplacement inévitable de populations. Résumé critique d’une crise politique.
- Expériences limites
« En fin de compte, tout ce que je puis dire de véridique d’Alfa (…),
c’est qu’elle m’a rendu fou : mais je plains ceux qui méprisent ce genre de folie. »Olivier Rolin, Méroé
- Table-ronde : les médias et les mouvements populaires
Animée par Judy Rebick
avec
Jorge Barrera (APTN), James Patterson (Canadian Dimension Magazine), Cathy Edwards (CACTUS), Monique Moisan (Revue À bâbord !), Sharmeen Khan (Upping the Anti, Media Coop), Steffanie Pinch (rabble.ca)
Vendredi 22 août, 14h45, Université d’Ottawa, Pavillon Desmarais, local 1150
- Esquiver la surveillance numérique
Je réponds ici à trois questions : quels sont les meilleurs moyens pour s’assurer qu’une action ne soit pas découverte avant sa mise en œuvre ? Y a-t-il des outils qui permettent de limiter la surveillance en ligne et si oui, lesquels ? Comment limiter les pistes laissées derrière soi en cas de risque de poursuite au criminel pour soi ou pour les allié·e·s ?
- Qui « nuit au dialogue » ?
Encore un billet sur SLĀV ? Pas exactement. Je voudrais ici prendre un pas de recul et discuter de la question du « dialogue » qui aurait été brisé dans la foulée du débat autour de la création de Robert Lepage et Betty Bonifassi. Lorsqu’il est question de la responsabilité de « maintenir le dialogue » de la part des personnes critiques de SLĀV et des personnes qui se sont portées à sa défense, on peut constater un déséquilibre significatif dans le discours médiatique dominant. Voilà ce que j’aimerais démontrer ici.
- Les positions syndicales implicites, un frein au changement ?
Les différentes visions du syndicalisme ne sont pas suffisamment expliquées et débattues. Elles déterminent pourtant les orientations, les moyens d’action et même le fonctionnement des syndicats.
- Les limites de l’enseignement à distance
Connaissez-vous ce mot relativement nouveau, MOOC ? C’est l’acronyme de Massive Online Open Course, autrement dit : cours en ligne offert à un grand nombre de personnes. On réfère par là à des pratiques relativement nouvelles en éducation, notamment en éducation supérieure, qui proposent un enseignement à distance qui fait usage des importantes ressources d’Internet et qui, en effet, peut être dispensé, gratuitement ou à un coût très minime, à un grand nombre de personnes qui peuvent en outre interagir entre elles.
- « Couper les moins nantis, c’est cheap en esti. »
C’est par la Gazette officielle du Québec que la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, a choisi d’informer les personnes assistées sociales de son intention de faire des coupes majeures à l’aide sociale. Pourtant, deux jours avant cette publication, elle rencontrait un groupe de défense des droits des personnes assistées sociales, mais elle n’a pas eu assez de respect pour annoncer ces compressions aux personnes directement.
- Les vents froids du printemps québécois
99%Média, le collectif de vidéastes à l’origine du documentaire Dérives, s’est formé dans le contexte d’Occupons Montréal. Leur travail est bénévole, très politisé, de grande qualité et librement disponible sur le web [1]. Le 13 février dernier, jour anniversaire du premier vote de grève étudiante de 2012, le groupe lançait Dérives, un documentaire de 73 minutes sur la répression policière lors du Printemps érable, sur son site Web. Quiconque a suivi ou participé aux mobilisations a certainement eu l’occasion de voir des images de brutalité policière sur Internet. Je suis du nombre, et pourtant Dérives m’a bouleversé.
- Les sciences cubaines occultées
À ceux et celles ayant l’habitude de jeter un coup d’œil dans les capsules de science et techniques des journaux, de parcourir la page d’actualités médicales des hebdomadaires ou de feuilleter les mensuels de culture scientifique, le défi est lancé : cherchez des nouvelles sur Cuba dans les archives de vos publications les plus familières. Nada ? Allez donc sur Internet, dans les sites journalistiques spécialisés en culture scientifique. Todavia nada ?
- Misère du journalisme
Au milieu des années 1990, Alain Accardo faisait paraître en France les résultats d’une enquête approfondie sur le journalisme. Ces travaux font actuellement l’objet d’une réédition dans un même volume intitulé Journalistes précaires, journalisme au quotidien, à paraître chez Agone (Marseille). Ce livre suit plusieurs journalistes chevronnés dans leurs pratiques quotidiennes, à l’intérieur des rédactions comme sur le terrain, pour expliquer la nature de la crise profonde à la fois d’identité, du sens et des valeurs, qui affecte aujourd’hui l’ensemble du journalisme et qui compromet la qualité d’une information plus que jamais nécessaire à la vie démocratique.
L’enquête centre l’observation et l’analyse sur le processus de précarisation croissante qui touche désormais l’emploi dans les entreprises de presse, de plus en plus soumises à la loi du marché, avec des effets le plus souvent désastreux tant au plan de l’activité professionnelle – et donc de la qualité de l’information – qu’au plan de l’existence personnelle des précaires (piges, contrats à durée déterminée, etc.). Comme le soulignent le sociologue Alain Accardo et ses amis journalistes du groupe de recherche, « on perçoit actuellement dans le journalisme les conséquences d’une évolution qui affecte plus largement une grande partie du tertiaire et tout particulièrement le secteur de la production et de la diffusion des biens symboliques, évolution caractérisée par l’émergence et le développement au sein des classes moyennes d’un “prolétariat” de type nouveau, comparable à bien des égards à l’ancien prolétariat industriel, et en même temps très différent parce que les nouveaux manœuvres, ouvriers spécialisés et autres “nouveaux pauvres” de la production symbolique sont porteurs de propriétés (origines sociales, capital culturel, dispositions, etc.) grâce auxquelles ils peuvent faire illusion, aux yeux des autres et à leurs propres yeux, et continuer à tourner indéfiniment en rond dans les contradictions inhérentes à leur position de dominants (très) dominés, à la fois victimes malheureuses, souffre-douleur révoltés et complices consentants de l’exploitation qu’ils subissent. »
Le texte qui suit est tiré de la préface de Journalistes précaires, journalisme au quotidien, écrit en collaboration avec Georges Abou, Gilles Balbastre, Christophe Dabitch et Annick Puerto.
- La contamination des mots
C’est un euphémisme de dire qu’on entend beaucoup parler de la contamination des eaux – à moins que ce soit un leurre –, mais beaucoup moins de la contamination des mots. Alors que Guy Laliberté, grâce à l’assistance veule et bénévole des médias, tente de fasciner le monde avec la promotion de sa Fondation One Drop (qu’il appelle fallacieusement sa Mission sociale et poétique), la lecture ou la relecture de Don Quichotte s’avère hautement désaltérante. Sûrement pas pour comparer le Chevalier à la Triste Figure à la tête heureuse de Guy Laliberté, mais pour l’y opposer.
- Reprendre parole. Entrevue avec la maison d’édition Diverses Syllabes
Nouvelle maison d’édition fondée à l’été 2020, Diverses Syllabes a soulevé un grand intérêt dans le milieu littéraire et au-delà. À bâbord ! a rencontré trois des co-fondatrices.
Version intégrale de l’entrevue parue dans le numéro 86 de la revue.
Avec Sayaka Araniva-Yanez, Brintha Koneshachandra et Paola Ouedraogo
Propos recueillis par Alexis Ross
- Les limites de l’hagiographie
Même s’il n’a jamais pu accéder au grand rôle politique auquel il était en droit d’aspirer, Gérald Godin a su s’affirmer comme un député et un ministre importants durant les deux premiers mandats gouvernementaux du Parti québécois à l’Assemblée nationale. Après la défaite électorale de sa formation politique en 1985, malgré une tumeur cancéreuse au cerveau qui ralentissait considérablement le rythme de ses activités, Godin a exercé, dans l’opposition officielle, ses fonctions de député avec dignité et professionnalisme jusqu’à la fin du dernier mandat qu’on lui a confié.
- Ne laissez pas tomber Relations
Lettre ouverte de membres du Regroupement des médias critiques de gauche (RMCG) en solidarité avec la revue Relations suite à la mise à pied de l’ensemble de l’équipe du Centre justice et foi en mars 2024.
- Le gérontocide, forme extrême de l’âgisme ?
En cette année deux-mille-vingt après Jésus-Christ, serions-nous en train d’assister à une forme inédite de gérontocide, cette pratique d’« élimination des vieillards » aussi vieille que l’Antiquité [2] ? Cette question épineuse, difficile à manipuler, me taraude depuis plusieurs jours, comme citoyen et comme gérontologue social.
- Témoigner des violences
Qui d’autres que les femmes ayant vécu l’expérience de donner naissance peuvent témoigner des violences physiques, psychiques et psychologiques subies avant, pendant et après la grossesse ? Il nous semblait incontournable de donner la parole à certaines d’entre elles.
- Lancement du livre Mutations de l’univers médiatique
Le mardi 13 mai, 17 h, au Bar Les Pas Sages (951 Rachel est, Montréal)
- Les limites de Labonté
Début juin 2007, un poignard dans le dos des jeunes punks du centre-ville : l’arrondissement Ville-Marie annonce qu’il met en application un règlement interdisant les chiens dans les Carrés Berri et Viger. Le jour de son entrée en vigueur, la place se vide. Le message, craché à grands coups d’encre et de flashes, a été compris. Plus besoin d’émettre des tickets, les jeunes et les chiens ne circulant plus dans ces endroits normalement fortement fréquentés. En somme, la situation n’est pas en constante dégradation, elle s’est déjà dégradée depuis les 15 dernières années. Ce n’est que la façon de « gérer » l’espace public par nos forces de l’ordre qui a changé. Constats et espoirs…
- La relance de la lutte sociale
Il est trop tôt pour proposer des analyses approfondies, et encore moins un bilan de la grève étudiante. Mais on peut déjà formuler un certain nombre d’observations sur la nature de cet événement extraordinaire qui rappelle, par certains aspects, le Mai 1968 français.
On notera d’abord qu’il s’agit sans doute, par son ampleur et son intensité, de la grève la plus longue et la plus massive que le Québec ait connue. Pour en trouver des équivalents, il faut évoquer des précédents aussi (…) - Au sujet de certaines formes de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États
Voici une liste provisoire et non exhaustive de certains types de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États qui ont pris forme au sein de divers modes de production qui se sont succédé dans l’histoire (la commune primitive, le mode de production esclavagiste, le mode de production féodal, le mode de production capitaliste, le mode de production « socialiste » et le mode de production « communiste »). Les concepts énumérés ici sont définis, par ordre alphabétique, dans un lexique qui apparaît dans la deuxième partie du texte.
- Fin de parti(e) ?
Assistons-nous à l’agonie des formations politiques, le Parti québécois et le Bloc québécois, qui ont porté le flambeau du mouvement souverainiste depuis les années 1960 ? Plus encore, l’heure a-t-elle sonné de la marginalisation définitive et de l’échec ultime de ce mouvement qui, à partir de la Révolution tranquille, a redéfini le nationalisme canadien-français et porté le projet de l’indépendance du Québec ? Bref, assistons-nous à la fin de cette partie qui a opposé si longtemps fédéralistes et souverainistes, en même temps que celle des partis politiques qui furent les porte-étendard de la question du Québec ? Et ultimement, risquons-nous l’effacement lent mais inéluctable de la question nationale, de cette intention ferme et inconditionnelle de préserver et de promouvoir l’existence d’une communauté et d’une culture francophones en ce coin de terre d’Amérique ?
- Mourir dans la dignité...
La commission sur le droit de mourir dans la dignité, après s’être attardée aux recommandations d’experts, en est aux audiences publiques. Les citoyens et organismes défilent massivement devant les commissaires et présentent leurs témoignages, leurs points de vue et opinions, dans les cadres fixés par l’institution sans déroger aux règles établies. Grand soin est pris de ne pas confondre suicide assisté, euthanasie et sédation... le mandat en cas d’inaptitude ou le testament biologique. Mais qu’en est-il de la dignité ?
- Le dossier nucléaire iranien et le Conseil de sécurité
Siddharth Varadarajan, journaliste indien de premier plan, est l’éditeur-adjoint du journal de gauche The Hindu. En novembre 2005, l’Association des correspondants auprès de l’ONU lui a décerné le prix Elizabeth Neuffer pour sa série d’articles intitulée « Le casse-tête iranien », traitant des relations entre l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Reconnu comme l’un des principaux experts sur la question du programme nucléaire iranien, amplement consulté et cité dans le monde entier, M. Varadarajan est cependant méconnu dans le monde francophone. À bâbord ! offre ici à ses lecteurs et lectrices son analyse en profondeur de cette question cruciale.
- Le Conseil de Presse du Québec salue une pièce d’anthologie
« Pour en brosser un tableau à gros traits, dans l’ensemble, les médias adorent être attaqués par la droite : ils adorent qu’on leur reproche d’être subversifs, d’être hostiles, d’aller si loin dans leur passion de saper le pouvoir qu’ils en détruisent la démocratie, et ainsi de suite. (...) Et la raison pour laquelle ils aiment tant ça est claire : c’est qu’alors, ils peuvent répondre (...), « il est vrai que nous sommes parfois allés trop loin dans notre zèle anti-establishment, mais c’est le prix à payer dans une société libre. » Cela fait de très bonnes copies.
Par ailleurs, s’ils sont critiqués par l’autre bord, qui dit : « Voyons, vous faites sans doute votre travail avec intégrité, mais vous êtes très soumis au pouvoir, souvent jusqu’à la servilité, par le choix de vos sujets, par la façon dont vous les mettez en forme et par les points de vue que vous adoptez », ça, ils détestent. »
– Noam Chomsky [3]
- Une révolte citoyenne par l’art
Au Québec, l’expression art engagé évoque spontanément les années 1970, décennie pendant laquelle une masse critique d’artistes s’est mobilisée du côté des forces militantes marxistes, indé-pendantistes, féministes. Depuis, cette période est évoquée avec nostalgie ou cynisme (selon l’analyse produite), mais très souvent comme un moment historique passé. L’ère de l’art engagé serait révolue ! Pourtant, avec la résurgence du militantisme lié aux protestations antiguerre, aux mouvements altermondialistes, aux préoccupations environnementales et équitables, on assiste, depuis une dizaine d’années, à un regain de l’engagement artistique et politique et à une redéfinition de ses paramètres.
- L’industrie du mensonge. Lobbying, communication, publicité et médias
John Stauber et Sheldon Rampton, L’industrie du mensonge. Lobbying, communication, publicité et médias, traduit de l’anglais par Yves Coleman, préfacé et complété par Roger Lenglet, Marseille, Agone, 2004.
Malheureusement trop peu connu du grand public, le travail effectué, tout particulièrement pour le compte des entreprises ou des gouvernements, par les firmes de relations publiques, les lobbyistes, les entreprises de communication, les publicitaires et les think tanks contribuent depuis (…) - Gilets jaunes. La France en pleine confusion
Depuis le début du mois de novembre, les Français et Françaises manifestent pour faire annuler la taxe sur le carburant annoncée en début d’année par Emmanuel Macron. La lutte s’est depuis élargie et la question de la qualité de vie est maintenant au centre des revendications des Gilets Jaunes. Occupations des ronds-points dans des centaines de localités et manifestations dans les grandes villes de France tous les samedis depuis plusieurs mois : le mouvement s’étend et confond les commentateurs et commentatrices par la grande diversité des courants politiques qui le traverse.
- Attaques contre le droit à l’avortement
Le 28 janvier 2013 a marqué les 25 ans du jugement Morgentaler, qui a permis la décriminalisation de l’avortement au Canada. Il importe de le célébrer, tout en restant sur nos gardes. En effet, au cours des 25 dernières années, plus de 45 motions et projets de loi ont été déposés au fédéral afin de tenter de limiter ou d’interdire l’avortement… Et ça continue encore aujourd’hui.
- Le journalisme à l’ère Snowden
Les documents fournis par Edward Snowden sur les activités de surveillance de la National Security Agency (NSA) américaine et de son allié britannique, le Government Communications Headquarters (GCHQ), ont suscité de nombreux questionnements sur les activités de nos États comme sur notre usage du réseau Internet. On a beaucoup souligné, à juste titre, le courage de Snowden devant les sacrifices qu’il a dû accomplir. Or, le tumulte provoqué par ces divulgations a aussi gagné le milieu journalistique, particulièrement aux États-Unis et en Grande-Bretagne. C’est ici qu’il faut saluer le travail des journalistes à qui Snowden a, non sans raison, choisi de faire confiance.
- Pauvreté et contrôle social : poursuivre la réflexion
Nous avons vu dans ce dossier comment, malgré un désengagement généralisé de l’État dans le domaine socio-économique et en dépit d’une flexibilisation et d’une précarisation du travail et des conditions de vie, nous assistons parallèlement à un redéploiement des fonctions sécuritaires et de contrôle de l’État, devenu « néolibéral-sécuritaire ». Nous donnerons ici quelques pistes de réflexion, de recherche et de lecture pour qui voudra poursuivre la réflexion.
- Crise climatique : la solution miracle
Il se passe rarement une journée sans qu’une ONG, un gouvernement ou une sommité scientifique nous propose des solutions pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Et chaque 22 avril, nous assistons à un véritable festival des solutions climatiques dans les médias, qui célèbrent ainsi à répétition le Jour de la terre. Or, il n’existe qu’une seule solution miracle au réchauffement climatique : passer de la parole aux actes et mettre en application les solutions que nous connaissons souvent depuis des décennies.
- La situation psychopolitique du Québec
Je ne souhaite pas parler ici de la valeur et des limites de la pratique des accommodements raisonnables. Je veux parler de « l’Affaire Hérouxville », en particulier du texte des « Normes de vie » rendu public par la municipalité mauricienne et de la réaction médiatique et politique à ce texte. Dans les suites de l’affaire, il m’a en effet semblé que nul n’a été en mesure de dire quelque chose sur la lettre du texte. Apparemment approuvé par une majorité silencieuse, le texte des « Normes de vie » a été, du côté de l’élite parlante québécoise, ou bien (1) rejeté du revers de la main (ignorance et paranoïa auront alors été attribuées aux rédacteurs), (2) ou bien qualifié de maladroit pour le détourner de son propos (certains y voyant une manifestation démocratique, d’autres y détectant un républicanisme à la québécoise), (3) ou bien, et c’est ce qui en restera, ridiculisé.
- Journée d’étude sur le lobbyisme et lancement du numéro 95
Samedi 1er avril 2023, à l’édifice CSN (1701 de Lorimier, Montréal), journée d’étude sur le lobbyisme à partir de 9h. Lancement du numéro 95 à partir de 16h30. Bienvenue à toutes et à tous !
- Nouveau Parlement, vieilles options
Avec l’appui du quart de l’électorat éligible, la Coalition avenir Québec (CAQ) se retrouve au pouvoir pour les quatre prochaines années. Si l’Assemblée nationale a renouvelé ses visages, les vieilles options et les vieux dilemmes se sont néanmoins réinstallés à demeure. Le gouvernement Legault souscrit en effet à la même logique d’austérité que ses prédécesseurs et, pour le combattre et le remplacer, Québec solidaire (QS) devra continuer à éviter les sentiers qui ont tenu la gauche en échec durant toute l’ère péquiste.
- De quoi les fausses nouvelles sont-elles le symptôme ?
Le phénomène des fausses nouvelles déchaîne des passions qui peuvent laisser circonspect. Dès que l’on cherche à cerner ce que le terme désigne, le vertige nous prend tant il semble s’appliquer à tout et n’importe quoi. Pourtant, on sent bien qu’il soulève un problème social essentiel [4].
- Notre système de santé sous la loupe
M Éditeur et À bâbord ! ont le plaisir de vous inviter au lancement du livre
La santémalade de l’austérite. Sauver le système public... et des vies !
sous la direction de Normand Baillargeon
Mercredi 15 novembre de 17 à 19 heures
au YÏSST (901, rue Saint-Zotique Est, Montréal).Entrée libre. Bienvenue à toutes et à tous !
- La communauté sourde québécoise
En avril 2013, lorsqu’on discutait sur toutes les tribunes du projet de loi 14 portant sur l’avenir du français, un animateur de la radio de Radio-Canada a eu une réaction de surprise lorsqu’une collaboratrice de l’émission, Eve-Lyne Couturier, lui a mentionné qu’une coalition d’organismes représentant la communauté sourde du Québec demandait un amendement à la Charte de la langue française pour y inclure une reconnaissance officielle de la langue des signes québécoise (LSQ).
- Une piste inexplorée
Au moment où j’écris, le phénomène du décrochage scolaire est discuté sur toutes les tribunes où on parle d’éducation. Signe des temps, c’est d’abord – et même surtout – en termes économiques qu’il en est question. Un économiste québécois a ainsi calculé que si l’on ajoute, au coût que présente son décrochage pour la personne concernée, le coût de son décrochage pour l’ensemble de la société (précarité, ennuis de santé, recours à l’aide sociale, ralentissement de l’activité économique, baisse des rentrées fiscales, etc.), on arriverait au coût approximatif d’un demi-million de dollars par décrocheur. Un récent rapport du Conseil canadien sur l’apprentissage parle dans les mêmes termes et va dans le même sens.
- Quand l’intelligence artificielle devient sexiste
Une aura de neutralité accompagne souvent l’intelligence artificielle (IA) et beaucoup d’espoirs sont placés dans sa capacité à être plus objective que son équivalent humain. Il a cependant été démontré que l’IA n’est pas à l’abri des préjugés qui imprègnent notre société. Réflexions sur l’impact des biais de genre dans l’IA et la nécessité d’adapter les cadres juridiques existants.
- Pourquoi je suis devenue une pornstar
On imagine souvent que les personnes en situation de handicap sont dans le chemin, qu’elles sont sans importance ou qu’elles ont besoin d’aide. On dit qu’elles sont une « source d’inspiration » quand elles font des choses ordinaires. On les pense moins capables ou pas aussi bonnes que les personnes « normales » (un terme qui est aussi problématique). Ces attitudes renforcent et perpétuent des politiques et des pratiques qui associent handicap et non-désirabilité.
- L’État, les moeurs et la morale
La philosophie morale de Ruwen Ogien, complexe et pleine de subtilités, ne m’a pas laissé indifférent. Au contraire, provocante, elle m’a profondément questionné. Vous ne trouverez pas toutefois ici une synthèse analytique de sa pensée développée dans de multiples ouvrages. J’utilise trois de ses livres (L’éthique aujourd’hui, La guerre aux pauvres commence à l’école et L’État nous rend-il meilleurs ?) pour clarifier et préciser les rapports que j’entrevois entre État, mœurs et morale.
- Chomsky, le langage et la créativité ordinaire
La créativité et la liberté sont des thèmes centraux dans le travail de Noam Chomsky. Avec Descartes, il pense que les êtres humains sont dotés de libre arbitre. Avec les anarchosyndicalistes, il soutient que les êtres humains se réalisent dans des actions et par du travail créatif, tout spécialement dans du travail utile à autrui.
- Debout
Le 25 juin 2013, la sénatrice texane Wendy Davis enfilait une paire de chaussures de course roses pour pouvoir tenir le coup pendant un filibuster historique : treize heures sans s’asseoir ou prendre appui, sans boire ni manger, sans quitter sa place ni le fil d’un discours écrit en opposition à un projet de loi dont l’objectif était non seulement de réduire aux vingt premières semaines de grossesse le droit des femmes à l’avortement (et encore, dans des circonstances quasi exceptionnelles), mais de limiter radicalement leur accès à des cliniques (dont le nombre sera ramené, puisque le projet a finalement été adopté le 13 juillet, de 42 à 5).
- Externalités et économie de l’environnement
Le marché est, selon son modèle théorique, un mécanisme efficient qui permet d’optimiser l’utilisation des ressources limitées d’une société – ressources naturelles, main-d’œuvre, capital et technologies – afin de satisfaire en biens et en services les besoins des consommateurs. Pour les tenants du tout au marché, ce dernier incarne la forme la plus achevée de la démocratie.
- Du Chili au Québec : Radicalisation des crises étudiantes
Avec un étonnant parallélisme, le printemps érable suit pratiquement les mêmes traces que son « jumeau austral », le printemps chilien. De simples conflits étudiants, qui auraient pu se « régler » après quelques semaines de grève, se radicalisent et se transforment en des mouvements multisectoriels questionnant les fondements mêmes de ce qui les nie : une forme restreinte de démocratie, qui marchandise des droits, criminalise la dissidence et prétend limiter la participation citoyenne à un périodique suffrage universel.
- Peut-on encore vivre de son art ?
Il devient de plus en plus difficile aujourd’hui de gagner sa vie par un travail d’artiste. Nos sociétés archi fonctionnelles arrivent difficilement à intégrer une matière aussi insaisissable et imprévisible que l’art à ses structures économiques. L’archivage illimité et l’accès gratuit à d’innombrables oeuvres sur Internet permettent au public de cueillir des chefs-d’oeuvre en série, sans penser aux intérêts de ceux et celles qui les ont conçus. Dans cette abondance, il y aura toujours des artistes prêts à travailler pour moins, dans le but de se faire connaître.
- L’équité et les beautés de la vie universitaire
J’écris ce texte en mon nom personnel, en tant que citoyenne concernée. J’écris car je ressens le besoin de contribuer à un débat en cours dans nos universités et notre société. J’écris du point de vue d’une femme blanche privilégiée, franco-québécoise et professeure permanente, enseignant à l’Université d’Ottawa depuis 2003, en territoire anishnabeg non cédé.
- Le travail invisible, angle mort des luttes sociales ?
Vous vous souvenez peut-être de la bande dessinée Fallait demander, publiée il y a un peu plus d’un an sur Facebook. La bédéiste Emma y abordait l’épineux sujet de la charge mentale, qui réfère au fardeau cognitif que portent beaucoup de femmes qui doivent « penser à » et s’assurer que « tout soit fait » à la maison. S’il ne s’agit pas d’un problème récent, il doit toutefois être élargi et examiné à nouveau par les mouvements féministes et progressistes.
- Une contestation magistrale
Au début de l’année 2012, les associations étudiantes de nombreux cégeps et universités québécois ont déclenché une grève générale illimitée afin de contester les hausses des droits de scolarité que leur avait unilatéralement imposées le gouvernement libéral de Jean Charest. Désireux de traduire le point de vue des étudiantes et étudiants revendicateurs faisant partie de la CLASSE par rapport à la décision catégorique du gouvernement du Québec, les jeunes cinéastes Hugo Samson et Santiago Bertolino ont uni leurs efforts pour réaliser un documentaire sociopolitique significatif qui s’intitule Carré rouge sur fond noir (2013).
- La littérature sert-elle à quelque chose ?
Deux ouvrages récents, La littérature est inutile de Gilles Marcotte (2009) et Une idée simple d’Yvon Rivard (2010), semblent écrits en contrepoint, à commencer par les titres qui sont tous les deux péremptoires et provocateurs. L’air de rien, involontairement même, voici deux auteurs aguerris qui ferraillent dans leur champ, la littérature. Sert-elle à quelque chose ?
- Aucune refonte en profondeur du capitalisme
Après en avoir fait les constats, il semble qu’on ait tiré les leçons de la crise financière et économique mondiale actuelle. S’achemine-t-on, tel que l’ont laissé entendre certains dirigeants du G8, vers une refonte en profondeur de l’économie capitaliste ? Loin de là...
- Un État social unitaire de droit, plurinational et communautaire
Le samedi 7 février 2009, le président bolivien, Evo Morales Ayma, d’origine ayamara, promulguait la nouvelle Constitution politique de l’État, en présence de Rigoberta Menchu (Guatémaltèque et prix Nobel de la paix en 1992), du Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), José Miguel Insulza, des forces armées, de la marine, de la police, de représentants de la nation bolivienne, de ses 36 peuples indigènes d’origine [5] et de plusieurs pays d’Amérique centrale et du Sud. Environ un million de personnes ont participé et assisté à cette cérémonie imprégnée de dignité et de fierté, celles de créer un nouveau pays par cette Constitution.
- Le Saguenay, une région court-circuitée
L’occupation de l’usine d’Arvida par les travailleurs d’Alcan est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du mouvement ouvrier québécois. Jean-Guy Girard en fait ici la chronique.
- Henri Lefebvre et la production de la banlieue
Crise économique oblige, il semble que nous n’ayons plus les moyens de mener le train de vie de l’État-providence. Il faut augmenter les tarifs des services dont la santé et l’éducation, revoir les règles de gouvernance économique, l’évaluation des risques, les attentes de profits. Sauf que personne ne questionne ses pratiques spatiales. Outre la remise en question de la « gratuité », fort peu pour affecter nos façons de faire hormis ces normes comptables. Du coup, la responsabilité se trouve rejetée vers un « autre » commode : le gestionnaire ou le politicien qu’il s’agit dorénavant de discipliner.
- Délire sécuritaire et privatisation de l’espace
Verrous, grillages, agents de sécurité et vidéo-surveillance : les lieux publics semblent assiégés par le crime. Voyage en Amérique du Nord et du Sud, où les barrières de sécurité confondent la limite entre l’espace privé et l’espace public.
- La maladie du profit
Après avoir été débouté à plusieurs reprises, Jacques Chaoulli, un médecin insatisfait de la structure du système public de santé du Québec, a finalement eu gain de cause en Cour suprême. La Cour a rendu une décision très divisée (4 juges contre 3) le 9 juin 2005. Le gouvernement libéral du Québec propose, via le projet de loi 33, trois moyens pour remédier aux listes d’attente : un mécanisme central de gestion de l’accès, la création de cliniques médicales spécialisées (CMS) et l’autorisation limitée de l’assurance privée duplicative, c’est-à-dire une assurance qui se superpose à l’assurance maladie publique. Or, le mécanisme central de gestion de l’accès suffirait, puisque la Cour a basé sa décision sur l’existence de délais d’attente déraisonnables. Les deux autres moyens, les CMS et l’assurance privée duplicative, apparaissent donc comme des décisions de nature purement politique.
- Le capitalisme est-il moral ?
André Comte-Sponville, Le capitalisme est-il moral ?, Albin Michel, Paris, 2004.
- La citoyenneté en marche
Au Canada, plus de la moitié des revendicateurs du statut de réfugié voient leur demande rejetée. Chaque année, environ 5000 demandeurs d’asile déboutés sont déportés du pays alors que de nombreux autres quittent « volontairement ». Depuis trois ans, les sans-statut algériens ont mis en lumière les limites de notre système démocratique et les événements entourant cette question nous amènent à reconsidérer la valeur et le rôle attribué à la notion de citoyenneté.
- Cinq phrases pour embrasser les écologies queers
Les propositions qui suivent découlent du portait que dresse l’auteur Cy Lecerf Maulpoix de ces écologies fondamentalement intersectionnelles, anticapitalistes, décoloniales, féministes et queers.
- Donald Trump et la radicalisation du conservatisme américain
Le président républicain Donald Trump, aussi radicalement ignorant, mythomane et raciste soit-il, n’est pas une aberration : il est issu de dizaines d’années de radicalisation du Parti républicain et du mouvement conservateur américain.
- De la ségrégation des âges et des groupes sociaux en temps de COVID
Le 9 octobre dernier, la médecin et éthicienne Annie Janvier publiait une lettre ouverte dans La Presse intitulée « L’égalitarisme qui tue ». Bien que plusieurs amorces de ce texte soient pertinentes, notamment l’idée de « recadrer rapidement les buts de la santé publique », l’auteure y fait une proposition pour le moins étonnante, soit de mettre en place une ségrégation spatiale et sociale des personnes vulnérables à la COVID-19, en particulier les personnes vieillissantes.
- La grande phobie de la violence
Choisir les actions non violentes, qui vont des grandes manifestations à la désobéissance civile, ou préférer l’action directe, qui ne craint pas toujours d’utiliser la violence pour se faire entendre. La première est jugée acceptable par l’opinion publique, alors que la seconde est sévèrement condamnée. Et si les choses n’étaient pas aussi simples ?
- Né.e.s pour un petit pain ?
Depuis avril dernier, le spectre de la lutte des classes hante à nouveau le Québec. Cette fois-ci, ce ne sont toutefois pas les classes populaires qui luttent pour plus de dignité, de justice ou de liberté. Non, nous assistons plutôt à la revanche des élites contre les peuples. Rigueur et austérité sont les maîtres mots des officines gouvernementales qui s’acharnent sur les plus pauvres, alors que les riches ne se font pas embêter dans leurs paradis fiscaux ou pour leurs primes mal acquises (qu’il s’agisse de député-docteur ou de banquiers) !
- Accumuler avec Ricardo : la machine à manger
L’anthropologie nous apprend que les pratiques culinaires sont des pratiques sociales liées à un système symbolique qu’elles contribuent à alimenter et à reproduire dans sa matérialité. Aussi, il n’est pas rare que dans une réunion de famille, lorsqu’il est question de cuisine, on en vienne à parler de « Ricardo ». En substance, le pivot de la conversation consistera à discuter les raisons pour lesquelles on aime, ou pas, Ricardo : ses recettes sont simples, il a du « bon sens », il est souriant ; il en fait trop, ce n’est pas vraiment un cuisinier.
- Le cégep populaire de Saint-Laurent
Le 22 février 2012, cinq jours après que l’Assemblée générale des étudiantes s’est prononcée pour la grève générale illimitée, le cégep populaire de Saint-Laurent était lancé. Son ouverture a été marquée par la tenue d’un Café philosophique sur le rôle de l’éducation dans la société, discussion animée par un collectif de professeures de philosophie dans la grande salle du collège. Cœur de la vie étudiante avec son café, sa radio et le siège de l’association, cette salle est un vaste espace sans portes ni pupitres, où l’on circule à sa guise, au gré d’un horaire que chacune est libre de se forger. Après le Café philo, les professeures ont cédé la place à une étudiante pour un cours de danse afro-brésilienne. Le ton était donné.
- Trois ex-ministres mercenaires
Philippe Couillard, Claude Castonguay et Michel Clair ont été ministres de la Santé à Québec. Aujourd’hui, ils utilisent leur notoriété publique pour promouvoir le secteur privé et en tirer profit personnellement. Il y a conflit d’intérêts. Avec des dépenses de 142 milliards par année, environ 10 % du PIB canadien, le secteur de la santé constitue une opportunité sans précédent. Pour le milieu des affaires, il s’agit de percer ce marché sans faire trop de remous.
- Les 150 premiers jours du gouvernement libéral
L’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral a suscité bien des angoisses. Pour en discuter, À bâbord ! a réuni les représentants de quatre groupes importants dans notre société : Lorraine Guay, du collectif D’Abord solidaires, Molly Alexander, de l’Union des forces progressistes, Arthur Sandborn, du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN) et François Saillant du FRAPRU. Nous résumons ici – sur la base de deux grandes questions de fond – l’essentiel de leurs propos.
- Le néolibéralisme à l’assaut de l’université
En février 2004 a commencé à siéger la Commission parlementaire de l’Assemblée nationale sur le financement des universités. C’est là une question d’une grande importance puisque ce qui est en jeu, c’est tout à la fois l’accessibilité aux études universitaires et l’autonomie de l’université. On peut espérer que le gouvernement Charest n’osera pas, pour le moment du moins, hausser les frais de scolarité. Mais il y a fort à parier qu’il va chercher à promouvoir les diverses formes de partenariat avec le privé qu’il voit d’un bon œil pour solutionner le problème du sous-financement chronique des universités.
- Journalisme et relations publiques
La journaliste souhaite raconter chaque jour une histoire d’intérêt public. Une histoire qu’elle a développée elle-même. Pour réaliser cette aspiration : fabriquer des reportages originaux d’intérêt public, la journaliste doit surmonter plusieurs obstacles. Celui qui nous préoccupe ici est l’industrie des relations publiques.
- L’impunité de l’homme Blanc en Haïti
Le 17 juin 2005, lors de la Conférence internationale de Montréal sur Haïti, un militant a renversé de la gouache rouge sur les mains du ministre des Affaires internationales Pierre Pettigrew en lui assénant cette vérité bien sentie : « Vous mentez, le peuple haïtien se meurt et vous avez du sang sur les mains ! ». Un incident similaire est survenu le 1er juillet alors que le même ministre tentait de parader dans les rues de Parc Extension.
- Au-delà de l’alternative électorale ?
Le mariage de raison annoncé entre l’UFP et Option citoyenne a été célébré les 3, 4 et 5 février derniers. À plusieurs égards, il amène des perspectives nouvelles pour la gauche québécoise, mais il laisse bien des questions en suspens. Certes, on peut se réjouir de la naissance de Québec solidaire, dans la mesure où une alternative électorale à la gauche du Parti québécois amènera peut-être un certain nombre de personnes à participer aux consultations électorales, principalement chez les (…)
- Détournement majeur
Au-delà des chiffres exorbitants ayant retenu l’attention médiatique sur l’actuelle crise financière qui secoue l’Université du Québec à Montréal, l’enjeu sous-jacent de cette crise est celui d’une transformation de l’orientation de la vocation de l’enseignement au Québec. Dans la foulée des mesures d’austérité envisagées pour résorber cette crise financière, l’exercice gestionnaire auquel se prête la direction de l’UQAM, au moyen d’un plan de redressement imposé par la ministre de l’Éducation, vient compromettre la mission d’enseignement de cette institution.
- Projet de loi 2 : les corps trans contre l’État
La reconnaissance identitaire est un des points centraux des militances trans et non binaires contemporaines. Rien de surprenant quand on sait le temps que nous mettons chaque jour à négocier nos identités avec les institutions et les personnes cis [6]. Mais la récente lutte contre le projet de loi n°2 nous enseigne les limites d’une approche minoritaire et nous invite à remettre le corps au centre de notre projet politique.
- Incarner nos aspirations collectives
Au-delà des vœux pieux et des professions de foi formulées à chaque congrès syndical, que peut-on faire, concrètement, pour qu’advienne le syndicalisme combatif que l’on souhaite ? Voici quelques moyens qui pourraient, selon nous, permettre d’atteindre ces objectifs.
- Voir les sciences comme un fruit de la nature
Comment l’épistémologie des sciences a-t-elle évolué à travers le temps ? À bâbord ! s’est entretenu avec Serge Robert, qui nous propose une lecture « naturaliste » du travail scientifique pour éclairer nos discussions sur l’engagement et l’objectivité des scientifiques. Propos recueillis par Élisabeth Doyon.
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- Mini-dossier : Nommer pour mieux exister
- Dossier : Qui échappe à l’extractivisme ?
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- No 103 - Printemps 2025
- Mini-dossier : COVID en continu
- No 101 - Automne 2024
- No 020 - été 2007
- Dossier : Résilience écologique. Résistance ou résignation ?
- No 084 - été 2020
- Dossier : Qu’est le Québec devenu ?