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Articles (165)
- Les verrous de 1968
D’innombrables allégations encombrent la mémoire de Mai 68, devenu pour certain·es la source par excellence des pires maux dont souffrirait notre société : hédonisme individualiste, narcissisme consumériste, repli des individus dans la sphère privée, atomisation de la société, censure du politically correct, supériorité des droits sur les devoirs, perte des valeurs communes au profit de la protection des minorités, dissolution des repères collectifs, dévalorisation des maîtres et des supérieurs, dispersion des familles, fantasme d’autofondation de soi, irresponsabilité de masse, hyperfestivité, maladies vénériennes, impératif de jouissance illimitée, impossibilité des transgressions et des interdictions au profit du règne de l’autorisation et de la permission – quelle faute n’a-t-on pas fait porter à 1968 ?
- Décarbonation du Québec. La cape d’invisibilité de Pierre Fitzgibbon
Face aux impératifs de la transition énergétique et de la décarbonisation, le ministre Fitzgibbon n’a de yeux que pour l’électrification du système énergétique. Cette stratégie, contrairement aux solutions axées sur la sobriété énergétique, ne remet pas en question les modèles de croissance dont nous devons pourtant impérativement nous détacher.
- On est rendu à argumenter sur La petite sirène...
En juillet 2020, on annonce que le rôle iconique de la petite sirène sera interprété par la chanteuse afro-américaine Halle Bailey : c’est le scandale sur les réseaux sociaux. Une analyse du débat en ligne à travers le concept de « racebending » s’avère nécessaire.
- Le point de départ des fiertés était une émeute
Si la naissance des Fiertés était une action radicale, difficile aujourd’hui d’en discerner l’héritage.
- La langue française est straight
Les luttes queers, comme elles se jouent inévitablement sur le terrain de la langue, invitent à la révolution linguistique, ce qui n’est pas sans causer de vives réactions. Retour sur la controverse autour du pronom « iel » en français.
- Mouvements queers et féministes : l’intersectionnalité est une exigence stratégique
La communauté queer naît d’abord d’une identité politique radicale. Elle entretient l’ambition d’un mouvement de libération qui puise dans l’anti-autoritarisme et qui pose l’intersectionnalité comme une composante essentielle de son discours. Pourtant, il existe peu de réflexions stratégiques pour s’assurer que ces exigences survivent au test de la lutte.
- Cauchemar républicain. Guerres culturelles et culture de l’annulation
Le 6 janvier 2021, devant le spectacle de l’assaut du Capitole par les partisans radicalisés du président défait Donald Trump, on pouvait espérer un « recentrage » du Parti républicain. Le trumpisme a toutefois laissé une marque profonde sur le parti.
- Maxiplotte
Julie Doucet, Maxiplotte, L’association, 2021, 400 pages.
- Les rivalités frivoles
Le succès, particulièrement celui des femmes, dérange.
- Inspirer la pédagogie de la bienveillance
Nul ne peut ignorer le débat pour le moins polarisant qui secoue l’univers de l’éducation supérieure à propos de l’enseignement des sujets sensibles. À bâbord ! s’entretient avec Myriam Laabidi, professeure de sociologie au collégial, afin de s’inspirer de sa pratique. Propos recueillis par Isabelle Bouchard.
- La fin du monde, en rire ou en pleurer
« Hey c’tu juste moé ou pendant le confinement, voir Gaétan Barette être présenté dans les médias comme un intervenant crédible pour parler du système de santé, c’tait aussi indécent qu’inviter Luka Rocco Magnotta à l’émission Les Chefs ? »
- Capitalisme carcéral
Jackie Wang, Capitalisme carcéral, Montréal, Éditions de la rue Dorion, 2018, 349 pages.
- Un siècle de solidarité ouvrière
Le Conseil central du Montréal métropolitain – CSN (CCMM-CSN) est reconnu comme une organisation syndicale militante, combative et solidaire, toujours présente au cœur des luttes politiques et sociales. Son influence sur la vie politique montréalaise et québécoise au cours du XXe siècle est indéniable et se poursuit aujourd’hui. Pour souligner son 100e anniversaire, nous proposons un rapide survol de son histoire [1].
- Reterritorialisons Québec
Dans le contexte actuel, il est essentiel de comprendre que l’occupation territoriale dont nous héritons est le produit de l’érosion du bien commun par des intérêts privés.
- Sommaire du numéro 89
Pour vous procurer une copie papier de ce numéro, rendez-vous sur le site des Libraires ou consultez la liste de nos points de vente.
- Mobilisations et solidarités
Le mouvement Black Lives Matter (BLM), qui a vu le jour dès 2013 aux États-Unis en réaction à l’acquittement du policier impliqué dans le meurtre de Trayvon Martin, a pris une nouvelle vigueur en 2020 à la suite de la mort de Breonna Taylor et de George Floyd aux mains de la police. Au Canada, la mort de D’Andre Campbell durant une intervention policière à Brampton, de Regis Korchinski-Paquet à Toronto et celle de la jeune tla-o-qui-aht Chantel Moore à Edmunston ont suscité l’indignation de (…)
- Politique de la nuit
Alors que les nuits montréalaises sont largement reconnues par la richesse de la scène musicale underground, la Ville peine à déployer les moyens pour protéger la vie nocturne et développer son économie. Entrevue avec Mathieu Grondin, porte-parole de l’organisme sans but lucratif MTL 24/24.
- Organisation syndicale. « Bats-toi ou meurs »
Puisque les travailleuses et travailleurs sont de plus en plus isolé·e·s, que le capitalisme sauvage menace les gains syndicaux obtenus par la lutte et que les milieux de travail traditionnels regroupant tous les salarié·e·s au même endroit sont de plus en plus rares, le syndicalisme doit adapter ses tactiques.
- En attendant les robots
Antonio A. Casilli, En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic, Paris, Seuil, 2019, 399 pages.
- ZLÉA : Le mouvement étudiant contre la globalisation néolibérale
Au Québec, les grèves pour le climat de 2019 n’étaient pas les premières grèves « internationales ». Le 31 octobre 2002, 10000 personnes prennent d’assaut les rues de Montréal pour s’opposer à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), à l’initiative du mouvement étudiant. Un an après le Sommet des Amériques, le mouvement étudiant québécois se positionne à l’avant-garde de cette lutte internationale.
- L’équité et les beautés de la vie universitaire
J’écris ce texte en mon nom personnel, en tant que citoyenne concernée. J’écris car je ressens le besoin de contribuer à un débat en cours dans nos universités et notre société. J’écris du point de vue d’une femme blanche privilégiée, franco-québécoise et professeure permanente, enseignant à l’Université d’Ottawa depuis 2003, en territoire anishnabeg non cédé.
- La couleur du passé : de l’importance de l’histoire des Noir·e·s
Le Mois de l’histoire des Noir·e·s s’est achevé il y a quelques jours, oui, mais il reste toujours important de penser à cette histoire qui fait à chaque instant partie du présent.
- Syndicalisme en santé. Une nouvelle plateforme politique
S’engager dans les luttes sociopolitiques pour contribuer à faire changer les choses, c’est ce que propose l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) à ses membres pour combattre le sentiment d’impuissance vis-à-vis du démantèlement du réseau de la santé.
- Les travailleuses et les travailleurs agricoles saisonniers au temps de la pandémie de COVID-19
Au Canada, plusieurs travailleurs·euse·s (im)migrant·e·s subissent de la discrimination. C’est le cas, entre autres, des travailleurs·euse·s étranger·ère·s agricoles, qui arrivent au Canada en provenance du Mexique, de l’Amérique centrale et des Caraïbes à travers le Programme de travailleurs étrangers temporaires (PTET). La situation s’est aggravée en 2020, avec la pandémie.
- Au-delà des débats : réfléchissons à la dignité des enfants, notre avenir à tous
Réflexions sur un mot qui blesse
Je me lève en me demandant quelles nouvelles horreurs auront à souffrir certains enfants noirs, horreurs liées à la couleur de leur peau qui les confine à une caste. Le mot qui blesse figurera dans certains médias. Le mois dernier, une professeure aurait mentionné le mot en N lors d’un de ses cours. Elle aurait été suspendue par l’Université d’Ottawa. Les journaux s’interrogent sur la façon de survivre à une tempête médiatique alors qu’on s’interroge à (…) - Au coeur de la prison. Le Front de libération des femmes du Québec
En mars et avril 1971, à la prison Tanguay, les militantes du Front de libération des femmes (FLF) ont vécu avec les prisonnières de droit commun une expérience de solidarité féministe unique dans nos annales. En plus de réaliser un travail de conscientisation féministe et de défense des droits des prisonnières, elles ont tissé avec elles de profonds liens de confiance et de sororité sociale et politique. Retour sur une lutte peu ordinaire tombée dans les limbes de l’Histoire.
- Les luttes antiracistes, des luttes contre l’effacement
« Encore aujourd’hui, on continue à associer les luttes antiracistes à l’immigration récente, comme si ces dernières étaient condamnées à un éternel recommencement. Plusieurs événements restent mal documentés et ne sont quasiment jamais évoqués dans les livres d’histoire. »
Alexander Grant
- À une once d’avoir le milieu éducatif le plus enviable
L’analyse du système scolaire est un bon outil pour comprendre un milieu. Démystifier toutes ces microsociétés que sont les écoles et en faire émerger un portrait global est un exercice fascinant.
- Histoire de Fros
J’ai grandi dans Noranda, près de la Fonderie Horne, dans les années 1980. J’y ai connu des jeunes de mon âge avec des noms comme Simbirski et Wigorski. Je demandais : « D’où ça vient un nom de famille en -ski ? » De Pologne, me répondait-on. Certaines personnes âgées les affublaient de la dénomination de « Fros », une contraction du mot anglais foreigner, qui signifie étranger.
- « Qu’est-ce qui vous amène en Abitibi-Témiscamingue ? »
C’est la question qu’on se fait le plus souvent poser quand on fait partie des vagues récentes de l’immigration. Et bien que l’on se considère, après quelques années, comme faisant partie de la communauté d’accueil, on se fait encore poser cette même question.
- La scène métal abitibienne en 666 mots
Depuis les années 1940, de nombreux artistes internationaux de rock, de country et de yé-yé sont venus divertir les gens de la région. Les groupes de la scène métal ne font pas exception.
- Under Pressure
- Changements climatiques. Danser au-dessus d’un volcan
La semaine dernière, j’ai marché jusqu’à une petite boutique de vêtements de mon quartier où j’ai acheté deux chandails dont j’avais vraiment besoin. La vendeuse m’a dit qu’ils étaient faits de fibres en provenance de bouteilles de plastique recyclées et de coton biologique (mais ils ont été fabriqués en Chine, rien n’est parfait). Elle a glissé les vêtements dans mon sac à dos, non pas dans un gros sac de plastique, et m’a envoyé la facture par courriel, « parce que c’est mieux pour l’environnement ».
- Les sublimes
Un puissant recueil qui rend poétiquement hommage « aux femmes qui ont osé ».
Les sublimes. Hommage aux femmes qui ont osé. Adèle Blais, Nathalie Plaat. adeleblais.com, 2018, 80 P.
- Gaspésie : La Biennale Barachois In Situ
À Barachois, un village situé entre Gaspé et Percé qui ne s’inscrit généralement pas dans les circuits touristiques habituels, la dévitalisation régionale est perceptible depuis des décennies. L’école du village a fermé ses portes en 1996, par manque d’élèves. Les services de train et d’autocar ne sont plus offerts depuis 2013 et 2015 respectivement. La population, majoritairement anglophone, est vieillissante et les familles avec jeunes enfants sont rares. Néanmoins, un nouvel évènement artistique attire les curieux et curieuses, et mobilise la population : la Biennale Barachois In Situ.
- Le progrès fragile de la scolarisation primaire dans le monde
Plusieurs organismes internationaux ont entrepris de promouvoir l’éducation universelle : offrir à tous les enfants une scolarisation de base. Le progrès de l’institution scolaire primaire est indéniable, mais depuis une décennie celui-ci stagne et on craint que les avancées faites de longue haleine ne soient vite effacées dès lors qu’une crise économique ou un conflit militaire survient. Pis encore, le progrès de l’école et le progrès des compétences de base ne sont pas analogues : plusieurs vont à l’école, mais n’y apprennent que trop peu.
- Airbnb, Uber et compagnies
Chaque année ou presque, on nous annonce une crise du logement au Québec. On sonne l’alarme depuis le début des années 2000 et pourtant rien ne semble vraiment changer. Après la construction de condos au détriment d’appartements locatifs et le manque de volonté politique pour la construction de logements sociaux, la plateforme Airbnb s’ajoute maintenant comme facteur aggravant de cette crise du logement permanente.
- L’heure du compte
Ils disent que nous les enfants ne savons pas de quoi nous parlons, que nous sommes trop jeunes pour savoir comment le gouvernement fonctionne. Nous disons : foutaises !
Emma Gonzalez, février 2018
Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses comme elles sont. Même ce fardeau-là, vous le laissez à nous, les enfants.
Greta Thunberg, décembre 2018
- Quand la bibliothéconomie devient critique
Qu’arrive-t-il à la bibliothéconomie, cet ensemble de savoir-faire disciplinaires qui permet de gérer au mieux toutes les composantes techniques et humaines d’une bibliothèque, lorsque l’on pense son action à partir de la théorie critique ?
- CHUM. Otage des PPP pour 34 ans encore
Dans le projet du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), tout est scandaleux. Il a fallu plus d’une décennie pour choisir l’emplacement. Il y a eu des dépassements de coûts de plusieurs milliards de dollars pour la construction. Et son ouverture a provoqué la fermeture de l’urgence de l’Hôtel-Dieu, réduisant de manière drastique l’accès aux soins pour cette région centrale de Montréal.
- Trump, l’Alt-Right et la résistance
L’administration Trump est l’une des plus réactionnaires de l’histoire des États-Unis. Le milliardaire-président a promulgué une série de décrets ciblant les musulman·e·s, les immigrant·e·s, les femmes et plusieurs autres groupes opprimés. Ces mesures sont non seulement rétrogrades, elles ont aussi permis d’ériger un écran de fumée pour accélérer la déréglementation de l’économie américaine au seul bénéfice de la classe capitaliste.
- Entrevue avec le cinéaste Michel Jetté
Burn Out ou La Servitude Volontaire de Michel Jetté est un film décapant sur le milieu du travail. Son histoire montre à quel point la grande entreprise dévore sans le moindre remords les employé·e·s, complices de leur propre malheur.
- Le MKSS en Inde
Le 25 novembre dernier, À bâbord ! a rencontré Aruna Roy et Nikhil Dey lors d’un événement organisé par le Centre international de solidarité ouvrière. Tous deux militent depuis 35 ans au sein du Mazdoor Kisan Shakti Sangathan (MKSS), soit le Mouvement pour l’empowerment des travailleurs·euses et paysan·ne·s. Discussion autour de deux luttes porteuses de changements dans le Rajasthan.
- L’âge des démagogues - Entretiens avec Chris Hedges
Pierre-Luc Brisson, Montréal, Lux Éditeur, 2016, 128 pages.
- Hoodstock, au coeur de Montréal-Nord
Le Sommet noir 2016 était la troisième édition de Hoodstock, forum social de quartier créé en 2009 par un collectif de citoyen·ne·s suite à la mort de Fredy Villanueva.
- Marinaleda : une utopie andalouse
Dans les pays touchés par la crise et les politiques d’austérité, de plus en plus d’individus dénoncent les irrationalités des modèles économiques et politiques contemporains. Certain.e.s décident de s’unir pour mettre en place un autre type de vivre ensemble.
- Regain du syndicalisme étatsunien
Avec un taux de syndicalisation d’environ 11 % et des décennies de reculs imposés par des gouvernements acquis à la mondialisation et au néolibéralisme, le mouvement ouvrier étatsunien affichait jusqu’à récemment un portrait plutôt déprimant. Or, les choses pourraient être en train de changer.
- Sommaire du no 67
Éditorial
Les démolisseurs
Travail
Frite Alors ! Petite histoire d’un syndicalisme solidaire et combatif | Caroline Brodeur et Richard‑Alexandre Laniel
Grève au Vieux-Port de Montréal | Léa Fontaine
Politique
D’un « bon gouvernement » provincialiste à l’autre | David Sanschagrin
Éducation
Douance : de nouveaux résultats | Normand Baillargeon
La pathologie managériale | Fanny Theurillat-Cloutier
Nations autochtones
La longue marche vers l’autonomie | Julien Vadeboncoeur (…) - Notre démocratie du petit nombre
Un parlement québécois votant, par une imposante majorité d’élu·e·s, l’adoption d’une loi d’exception restreignant les droits fondamentaux d’association, d’expression et de réunion. Un gouvernement péquiste appuyant l’application d’un règlement municipal brimant tout autant ces mêmes droits, sur un territoire plus restreint, mais à perpétuité. Un gouvernement canadien bâillonnant la recherche scientifique autant que l’expression de la critique au sein de tout ce que pouvait subventionner l’État auparavant. Un gouvernement états-unien se dotant du pouvoir d’épier toutes les communications dans le monde et poursuivant, telle une police politique internationale, le courageux dénonciateur de cette situation inacceptable. Un peu partout sur la planète, une criminalisation de l’action collective et une banalisation de lois d’exception décrétées par des gouvernements « démocratiquement » élus (ou non).
- 1937 : l’Histoire trébuche
En janvier 1937, Trotsky débarque à Tampico, au Mexique, après des années d’errance sur le continent européen, grâce à une intervention de Diego Rivera auprès du président Lazaro Cardenas qui lui accorde l’asile politique. Au même moment, le météorologue Alexeï Vangengheim, prisonnier dans un camp des îles Solovki, avant d’être liquidé au mois de novembre de la même année, écrit une dernière lettre au camarade Staline, en qui il a toujours confiance, lui demandant d’intervenir en faveur de la révision de l’instruction au terme de laquelle il a été condamné à la déportation au printemps 1934. La révolution mondiale dans sa forme stalinienne les a rattrapés tous les deux dans son emballement, le leader historique comme le cadre obscur, et ils n’en sortiront pas indemnes, acteurs et victimes d’une machine infernale qui va les broyer. C’est cette tragédie terrible qu’évoquent, chacun à leur manière, les livres récemment publiés par Patrick Deville et Olivier Rolin.
- La continuité libérale
Le premier budget Marceau, déposé le 20 novembre dernier est tout aussi surprenant que platement prévisible. Après une campagne électorale où le Parti québécois a clairement tenté de séduire une part de l’électorat située plus à gauche en promettant d’abolir la taxe santé, de revoir le régime de redevances minières et d’augmenter les impôts des plus fortunéEs ; le budget, tant par son contenu que par l’exercice de relations publiques qui l’a entouré, s’avère en fait être un bel exemple de réalignement des orientations économiques du gouvernement.
- La taxe sur les transactions financières
Les marchés financiers occupent une place plus que considérable dans l’économie contemporaine. Les gouvernements abdiquent de leur autonomie afin de prendre les décisions qui les rassureront le mieux possible. Leurs excès rendent les populations victimes des débâcles qu’ils provoquent. Ils échappent à toute réglementation, à toute reddition de compte. Les sommes faramineuses qu’ils accumulent ne sont pas redistribuées. Aucun secteur de l’économie ne s’émancipe si aisément de toute forme de contrôle.
- Agone no 47, « Les théories du complot »
Agone no 47, « Les théories du complot », coordination Miguel Chueca, janvier 2012.
- Old Old Age
Travels with Epicurus. A Journey to a Greek Island in Search of a Fulfilled Life de Daniel Klein (Penguin Books, 2012, 164 p.)
Comment vivre heureux lorsque nous sommes vieux ? L’auteur cherche à répondre à cette question à la lumière d’Épicure qui affirme qu’il faut se libérer « from the prison of everyday affairs and politics » pour jouir de ce qui nous plaît, dont le plaisir de parler avec des amis.
Dans notre monde voué à la consommation, où chacun est convié à travailler (…) - Idle No More et Lysiane Gagnon
Les Amérindiens du Canada se retrouvent en prison dans une proportion aussi forte que celle des Noirs aux États-Unis. Les Amérindiens et les Inuits sont au bas de l’échelle sociale canadienne. Comment expliquer cette pauvreté, cette misère et cette délinquance massive ? Les racistes vont attribuer cette situation à des tares génétiques. Je pense plutôt qu’elle relève de facteurs historiques et sociaux.
Il ne faut pas mettre tous les autochtones dans le même sac. Les Inuits ne sont pas des (…) - À propos d’Aaron Swartz (1986-2013)... et des autres
C’est à moi que revient l’honneur et le plaisir de lancer le blogue de la revue. En ce qui me concerne, j’ai l’intention de publier des réflexions plus ou moins spontanées et pas toujours abouties, mais qui, je l’espère, sauront néanmoins stimuler les esprits et enrichir les débats.
Je me lance.
- Un stade démontable...permanent ?
Le stade olympique de Londres comptera 80 000 places. Afin d’en assurer la pérennité, on a pensé à édifier une structure démontable permettant de réduire l’ensemble à 25 000 places, en faisant du coup une infrastructure moins coûteuse à gérer, et s’intégrant davantage dans l’East End de Londres, fortement défavorisé, en lui fournissant des installations sportives de proximité. Mais c’était sans compter sur les intérêts du sport professionnel…
- Informations privées
Les présentes consignes ont trait à l’utilisation sécuritaire d’enveloppes brunes à des fins d’influence. Nous vous demandons formellement de ne pas transmettre ces instructions par voie électronique, de ne pas y faire allusion lors de conversations téléphoniques. Si par obligation, vous devez en discuter dans un salon, bleu ou autre, assurez-vous d’un environnement sonore bruyant. La musique de chambre des communes est déconseillée. Veuillez détruire ce message après en avoir bien mémorisé (…)
- Nos services publics - Un trésor collectif en péril
Les services publics sont sans aucun doute l’une des plus belles réalisations de l’espèce humaine. Conçus selon un principe essentiel de solidarité, ils nous permettent de vivre dans un monde plus équitable et préoccupé de justice sociale. Leur organisation nécessite un partage de la richesse et une prise en main collective des secteurs fondamentaux que sont, entre autres, la santé, l’éducation, la culture et la fonction publique. De bons services publics traitent toute la (…)
- Un gain à la Cour suprême
Dans le domaine des relations du travail, il est rare que les travailleurs enregistrent des gains importants devant les tribunaux. Devant un système judiciaire créé par la classe dirigeante et tributaire de son idéologie dominante, les travailleurs ne pourront jamais combattre à armes égales avec les employeurs, qui mènent le jeu. Or, il arrive parfois que les droits individuels reconnus par la classe dirigeante produisent des effets pervers qui bénéficient aux travailleurs, ne serait-ce que de façon mineure. Une démonstration éloquente nous en est faite avec la décision récente de la Cour suprême dans l’affaire Health Services and Support – Facilities Subsector Bargaining Assn. c. Colombie-Britannique (2007 CSC 27). Cette décision a renversé la jurisprudence dominante en donnant une interprétation plus large à la notion de liberté d’association. En outre, elle produit déjà ses effets sur la législation antisyndicale adoptée par le gouvernement libéral au Québec.
- On se calme !
À la suite des agissements questionnables des dirigeants de la SAQ, notamment en matière de fixation des prix, il ne se passe pas une journée sans que l’on propose, à cor et à cris, la privatisation de cette société d’État. Or, les partisans du privé omettent de préciser une chose fort importante : en quoi, exactement, le secteur privé ferait-il mieux en termes d’éthique et de pratiques commerciales ?
- Pour les élites locales
La décentralisation apparaît de plus en plus comme une quête du Graal. Après plus de 40 années de politiques, d’orientations et de livres de toutes les couleurs, force est de constater que nous sommes bien loin de la terre promise. Ceux et celles qui réclamaient une véritable décentralisation doivent se contenter d’une longue liste de promesses brisées et d’espoirs déçus.
- Le chant de sirènes de l’IEDM
L’Institut économique de Montréal a une mission ingrate : convaincre les éluEs et la population d’adopter des mesures néfastes pour la majorité, notamment en privatisant les services publics. Pour exécuter ce travail délicat, l’Institut bénéficie de beaucoup d’argent, de puissants alliés et de contacts privilégiés avec plusieurs élus. Ce qui ne lui garantit pas d’arriver à ses fins. Afin de détourner l’opinion publique en sa faveur, il lui faut jouer le jeu, débattre, argumenter. L’IEDM doit donc prendre le contrôle du langage, user avec habilité de la rhétorique, organiser soigneusement les discours, comme on met au pas une assemblée d’actionnaires. Peu importe si l’on doit faire, à quelques moments, de légères entorses à la vérité.
- La ruée vers l’uranium qui enrichit
Après de longues années d’absence, tapi sous le sol, la réputation lourdement entachée, l’uranium refait surface. Au cours des derniers mois, l’élément 92 est devenu la coqueluche des compagnies d’exploration minière, des investisseurs et des analystes financiers et le Québec, lui, un lieu de prédilection pour l’exploration de l’uranium. Ce retour en grande pompe ne fait toutefois pas que des heureux. Un peu partout sur le territoire québécois, des groupes s’organisent, manifestent leur mécontentement, expriment leur crainte et exhortent le gouvernement à instaurer un moratoire contre l’exploration, l’extraction et l’exploitation d’uranium.
- Grande noirceur et quelques lueurs
Au Québec comme ailleurs dans le monde occidental, la crise qui suivit le krach boursier de 1929 donna lieu à la formulation de solutions diversifiées au désordre engendré par la dépression : de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, du corporatisme et du fascisme au socialisme et au communisme, on assista à un foisonnement idéologique dont témoigne la presse québécoise de l’époque.