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- Le néopopulisme des cols rouges
Dans son livre Pourquoi les pauvres votent à droite (Agone, 2008), le journaliste Thomas Frank décrit la situation incroyable, mais néanmoins réelle, de l’émergence depuis une dizaine d’années aux États-Unis d’une révolte qui profite à ceux contre qui elle est dirigée. Imaginez, nous dit Frank, une masse de travailleurs envahissant les quartiers riches, pancartes à la main, brandissant le poing face à des millionnaires apeurés, réfugiés derrière les portes closes de leurs maisons cossues pour ne pas entendre le slogan de protestation qui leur est destiné : « Laissez-nous vous aider à baisser vos impôts ! »
- Au-delà du réel
L’usage croissant d’Internet, tant en termes quantitatifs (le nombre d’usagerEs) que qualitatifs (la place du web dans nos vies respectives), amène progressivement un nouveau rapport au monde qu’on n’arrive pas encore à bien esquisser. Les communautés virtuelles, dans lesquelles des individus se créent une nouvelle identité, à partir de laquelle ils peuvent interagir dans un univers alternatif, nous fournissent une illustration frappante des frontières que nous sommes en train de franchir, tant sur le plan identitaire, social qu’économique.
- Leur crise !
Collectif, Nouveaux Cahiers du socialisme, #2, Leur crise !, Automne 2009, 349 p.
- Bilan du gouvernement Harper
Voilà maintenant quatre ans que le gouvernement Harper est au pouvoir, toujours minoritaire, élu par à peine 35 % de la population, dans un contexte où 40 % des Canadiens et Canadiennes n’ont pas voté. Il est temps d’évaluer « notre » gouvernement.
- Ni Dieu, ni Maître : la mouvance anarchiste contemporaine
Récupérer de la nourriture dans les conteneurs à poubelles, s’organiser avec ses voisinEs pour construire un centre social autogéré dans son quartier, s’impliquer dans une fanfare de rue : hors de l’arène partisane, point de salut pour l’action politique ? Alors que de nombreux indicateurs confirment une baisse de la confiance envers les éluEs et un déclin de l’intérêt de la population pour la politique des partis, de nombreuses activités militantes se présentent comme autant d’expressions d’une façon originale de faire de la politique à l’extérieur des voies institutionnalisées. Dans le Québec d’aujourd’hui, plusieurs de ces initiatives sont porteuses d’un projet politique dont la forme et la
finalité s’inspirent d’un renouveau de la pensée politique libertaire. - De la démocratie à la gouvernance
Certains mots surgissent de nulle part et deviennent tout à coup indispensables. Le mot « gouvernance » par exemple. Inconnu au bataillon il y a à peine dix ans, voilà qu’il envahit les discours officiels comme un parasite. Le mot rassure dans sa juvénilité, par le flou qui l’entoure et par ses racines technocratiques — n’a-t-il pas été utilisé au départ par des experts et par des consultants ultra compétents ? Mais surtout, comme la gouvernance ne peut être que « bonne » (rarement parle-t-on d’une « mauvaise gouvernance »), elle s’impose comme une nécessité. Pourtant, il fuat se méfier de cette gouvernance, peu importe la sauce avec laquelle on l’apprête.
- L’équité et l’avenir des services publics
Le gouvernement du Québec et les associations syndicales ont rendez-vous afin de renouveler les conventions collectives de quelque 475 000 salariés de l’État québécois. Les organisations syndicales, regroupées au sein d’un Front commun, demandent des améliorations salariales totalisant 11,25 % sur trois ans. Le gouvernement réplique avec une offre globale de 7 % sur une période de cinq années. Alors que les uns justifient leurs demandes au nom de l’équité et de la capacité d’attirer et de retenir des ressources humaines de qualité, les ténors gouvernementaux font valoir que les salariés de l’État bénéficient d’une rémunération globale qui fait l’envie de plusieurs salariés du secteur privé. Qu’en est-il au juste ?
- La prise de contrôle des soins de santé rentables
Certains contrats sont plus visibles que d’autres. La longue procédure qui doit mener sous peu à la signature de contrats de PPP (partenariats public-privé) pour la construction et l’entretien des deux grands hôpitaux universitaires de Montréal (CHUM et CUSM) au coût de quelque 9 milliards $ est sans doute la manifestation la plus frappante de la nouvelle voie contractuelle empruntée par les pouvoirs publics du Québec au sein du réseau de la santé.
- Le nouveau poupon de l’Assemblée nationale a un an !
Ces lignes me viennent d’une invitation faite par Jean-Marc, Luciano et les autres amis de la revue À bâbord ! d’écrire un billet d’humour sur mon année passée à l’Assemblée nationale. Mais la gauche, vous le savez, n’a pas le sens de l’humour. Moi en tout cas, c’est pas ma tasse de thé. Aucun talent naturel. Puis de toute façon, je trouve que les choses à l’Assemblée sont déjà assez drôles comme ça, pas besoin d’en rajouter.
Tenez, je pense par exemple, aux répliques savoureuses de Serge (…) - La marche vers le Nord sans les Premières Nations
Un an après son annonce par Jean Charest, la seule caractéristique certaine du « Plan Nord » est l’immensité du territoire ciblé. Ce « Plan » s’appliquerait à tout ce qui se trouve au nord du 49e parallèle, soit 70 % du Québec. Pour le reste, les observateurs remarquent que, depuis un an, le premier ministre reste vague et ambigu, y compris dans ses relations avec les Premières Nations.
- Un capitalisme, deux capitalismes...
En cette période de remise en question du système capitaliste, ou du moins de sa variante financiarisée, il peut être utile de bien définir ce système, qui combine la montée du chômage et des inégalités, les risques d’un désastre écologique et le néo-impérialisme. Le regain de popularité de Marx témoigne du désir de comprendre le système. Par ailleurs, des ouvrages récents [1] indiquent un relatif manque de rigueur chez plusieurs commentateurs. S’agit-il d’un système ou de plusieurs systèmes ? Deux livres publiés en 2008 et 2009 peuvent illustrer cle manque d’unicité. Pourtant leurs auteurs, Omar Aktouf et Jean-François Kahn, ne manquent pas de connaissances.
- Le travail du consommateur
Marie-Anne Dujarier, Le travail du consommateur - De McDo à EBay : comment nous coproduisons ce que nous achetons, Paris, La Découverte, 2008, 246 p.
- Éloge de l’action politique jetable
Prenons l’action politique par son bout le plus naïf, par sa nécessité utopique, et par sa véritable motivation. Parlons de cette forme de l’action politique dont l’objectif est de « changer le monde ». Formule creuse ? Principe d’espérance ? Impossibilité ? Évidence ? Le motus de la transformation politique et générale de la vie des communautés humaines accueille plusieurs significations, et celles-ci répondent à différentes conceptions de l’action qui mène au changement, différentes manières de comprendre l’émancipation et ses moyens.
- La décroissance
Engagement politique et dévastation de l’économie productiviste
Notre génération, rencontrant les limites de la biosphère, possède considérablement plus de responsabilités du point de vue politique et moral que les « générations anciennes, dont on peut dire aujourd’hui, par contraste avec nous, qu’elles ne savaient pas ce qu’elles faisaient ».
Bref, le progrès est devenu problématique. Comment pouvons-nous encore avoir confiance dans ce monde marchand qui s’accroît aux dépens de nos (…) - La ville spectacle
Voici l’été qui vient et, à sa suite, toute une panoplie de festivals culturels et d’événements sportifs qui tiendront le haut du pavé dans un grand nombre d’agglomérations du Québec, dont le centre-ville de Montréal. Dans ce dernier cas, la concentration d’activités culturelles est telle [2] qu’elle a conduit à la création d’un « quartier des spectacles », zone qui devrait couvrir un territoire d’environ un kilomètre carré autour de l’intersection de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent. Le but de l’opération est autant culturel qu’économique, l’aménagement du quartier intéressant aussi bien les promoteurs immobiliers que l’industrie touristique. Comme on peut le lire sur le site officiel du partenariat du quartier des spectacles, il s’agit d’apporter une contribution « au rayonnement de la métropole aux quatre coins du monde » [3]. En d’autres termes, il importe pour l’administration municipale, ainsi que pour les gouvernements provincial et fédéral, de « mousser » un avantage comparatif que posséderait Montréal dans la compétition que se font les grandes villes sur le marché mondial. Au bénéfice de tous ? Pas exactement…
- Une crise annoncée
L’origine de la crise actuelle, on le sait, se trouve dans les défaillances massives des prêts hypothécaires à haut risque consentis à grande échelle aux États-Unis à des acheteurs de maison non solvables. Mais elle puise ses racines profondes dans l’hyperdéveloppement d’un capital volatil détaché de l’investissement dans la production, libre de se déplacer dans l’espace planétaire en fonction des seuls besoins de sa valorisation. Le coup d’envoi de ce développement, puissamment stimulé depuis 1980 par la libéralisation et la déréglementation néolibérales, a été donné par l’effondrement en 1971 du système des taux de change fixes entre les monnaies mis en place à Bretton Woods en 1944 et la naissance des ancêtres des complexes produits dérivés* d’aujourd’hui que furent les premiers contrats de couverture (hedge) sur les devises devenues fluctuantes.
- Une crise peut en cacher une autre
Depuis le déclenchement officiel de la crise financière, car, croit-on, elle est différente d’une crise économique, les médias nous ont appris qu’il existe une économie virtuelle et une économie réelle. Dans la première on a des crises financières et dans la seconde, des crises économiques. En fait, les deux économies se retrouvent en crise à ce moment-ci.
- Une nouvelle alliance
Devant l’ampleur des problèmes écologiques, énergétiques et alimentaires à l’échelle de la planète, ainsi que devant l’accroissement effréné des violences et des inégalités sociales, il est urgent de créer des alliances entre les différentes luttes progressistes et plus particulièrement entre les luttes féministes, écologistes et pour la justice sociale.
- Terre, eau et vie
L’intensification des investissements étrangers au cœur de la mondialisation néolibérale a entraîné la multiplication des chantiers d’exploitation des ressources naturelles en Amérique latine. Écorchant les territoires du continent, ces projets sont reconnus pour leurs effets destructifs sur le milieu naturel et les impacts qu’ils génèrent pour les populations vivant sur les terres exploitées. Bien que quelques gouvernements progressistes de la région aient recours à des instruments (…)
- Le forum social des Amériques
Le Forum social des Amériques (FSA) a tenu sa troisième édition au Guatemala du 7 au 12 octobre 2008. Bien que chaque édition reprenne le discours général des Forums sociaux, elles ajoutent leur couleur particulière. Des éléments fortement récurrents aident à dresser un portrait des questions traversant les différentes tendances qui y participent.
- Une question de cohérence
Le rapport du Comité exécutif de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) présenté lors du 62e congrès, en avril dernier, esquisse une analyse de la conjoncture et propose des éléments d’un projet de société qui le distingue favorablement du rapport du précédent congrès qui se limitait au b-a-ba du syndicalisme. Il se différencie également des rapports du tandem Larose/Paquette qui étaient tellement transis de nationalisme que s’y diluaient les objectifs spécifiques du mouvement ouvrier. Ce nouveau rapport sera-t-il suivi de débats et d’actions conséquentes ?
- Prentice, les pirates... et vous
En juin dernier, le ministre fédéral de l’Industrie, Jim Prentice, déposait à la Chambre des Communes le projet de loi C-61 visant à « actualiser » la présente loi sur le droit d’auteur. La défense chétive, par le Parti conservateur, de l’arrivée d’un nouveau « droit de l’utilisateur » n’a pas empêché de vigoureuses critiques d’émaner très rapidement. En fait, le projet de loi C-61 fonce dans le même cul-de-sac répressif que le Digital Millenium Copyright Act du gouvernement états-unien, lui aussi fortement décrié depuis plusieurs années.
- Nous joindre
Revue autonome et indépendante, la revue À bâbord ! est réalisée par des auteurEs et des éditeurEs bénévoles depuis 2003.
Le Collectif de rédaction est composé de : Alexia Leclerc, Arianne des Rochers, Caroline Brodeur, Claude Vaillancourt, Élisabeth Doyon, Isabelle Bouchard, Isabelle Larrivée, Jacques Brisson, Jacques Pelletier, Louise Nachet, Mael Foucault, Maxime Laprise, Miriam Hatabi, Myriam Boivin-Comtois, Natalie Garceau, Nicolas Lacroix, Philippe de Grosbois, Ramon Vitesse, Samuel (…) - Le Québec et la souveraineté alimentaire
De plus en plus de gens à travers le monde se préoccupent des impacts écologiques, sanitaires, sociaux et culturels de l’agriculture industrielle et de plus en plus d’agriculteurs-trices aimeraient se libérer des contraintes de l’industrie agricole globalisée. Ainsi, après des années à vivre sous le régime de la libéralisation économique en folie et davantage d’années encore à observer les effets de l’industrialisation de l’agriculture et de l’agroalimentaire, les groupes et les citoyennes identifient concrètement les menaces posées, élaborent des stratégies et ont redoublé d’efforts pour les faire connaître sur la scène publique en 2007.
- Utiles ou encombrants ?
De façon périodique, l’agriculture se retrouve au cœur des discussions commerciales avec l’étranger. Parmi le jargon courant, on retrouve OMC, souveraineté alimentaire, gestion de l’offre, barrières tarifaires, plans conjoints, etc.
- Syndicalisme, solidarité et formation politique
La fonction première d’un syndicat est de défendre les conditions de travail et le salaire de ses membres. Mais s’il réduit ses activités à cette seule défense – ce qui est malheureusement trop fréquent –, il développe un esprit corporatiste qui isole ses membres non seulement de ceux et celles qui ne sont pas syndiquées, mais aussi de ceux et celles qui sont syndiquées ailleurs. Afin de contrer ce corporatisme syndical, de créer des liens avec des organismes communautaires qui combattent l’injustice sociale et de participer au « réseautage » de ressources alternatives au néolibéralisme dominant, la section 574 du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB, FTQ) met sur pied à l’automne 2003 un comité d’action sociale et politique (CASP).
- Castonguay le Lucide
Le Rapport Castonguay constitue un hymne à la privatisation jouant sur les mêmes harmoniques que le manifeste Pour un Québec lucide. L’objectif de départ était d’« assurer la pérennité du système public de santé en augmentant sa productivité et en ajustant la croissance des dépenses publiques de santé au taux de croissance de la richesse ». Serez-vous surpris d’apprendre que ces thèmes recouvrent l’essentiel des recommandations ? En fait, les commissaires ont été payés cher avec les sommes qui sont réputées manquer dans le système de santé pour faire une étude concluant exactement ce qu’ils pensaient au début. Une interview aurait fait l’affaire.
- Les raisons de notre dissidence
Le Comité de travail sur la pérennité du système de santé et de services sociaux du Québec, lequel a accouché du rapport Ménard, a été mis sur pied par le premier ministre Charest à la suite du Forum des générations de décembre 2004. Son mandat général était de poursuivre les réflexions et d’explorer les pistes de solution au regard de l’organisation des services et du financement de la santé et des services sociaux.
À la fin de juillet 2005, Louis-Jacques Ménard, président de la Banque de (…) - Non aux évangélistes du marché
Depuis la signature de l’ALÉNA, les pressions se font de plus en plus fortes afin de libéraliser les services de santé. Ainsi, en 1996 le président du Conseil du trésor de l’époque, Jacques Léonard, invitait à une plus grande participation des « partenaires non-gouvernementaux », notamment « le troisième secteur, dit communautaire, qui pourrait jouer un rôle actif dans la prestation des services sociaux ». Du Comité Arpin (1998) qui recommandait la création de cliniques affiliées aux (…)
- Travailler pour être sur le BS !
L’assistance sociale renvoie à l’idée d’un revenu minimal accordé aux individus dans le besoin. Le projet du gouvernement actuel de Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale 2003-2008 abolit cette référence au profit du rapport au travail.
- Les innovations de l’ALÉNA
L’ALÉNA constitue le fer de lance d’une politique inédite de libre-échange que les États-Unis ont inaugurée par l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis (ALÉ), entré en vigueur en 1989. L’ALÉNA comporte des innovations majeures par rapport aux autres traités de la sorte, comme le Marché commun européen ou le Mercosur (Marché commun de quelques pays d’Amérique du Sud). Ces innovations, qui entraînent à la longue un bouleversement des valeurs et des structures sociales, demeurent le plus (…)
- Mouvement syndical, un combat incertain
Le gouvernement Charest n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en 2003 : des lois antisyndicales imposées à la va-vite, sous le bâillon, sans aucune discussion avec les dirigeants des centrales syndicales. Mal lui en prit : les centrales syndicales, brutalement sorties de leur torpeur, mobilisèrent leurs membres et ameutèrent l’opinion publique au point où la popularité du nouveau gouvernement chuta de façon drastique.
- La bataille de la mémoire
Santiago du Chili, le 22 août.
En plein centre de la capitale, dans les locaux de la Gauche chrétienne. Depuis déjà sept jours, ils sont trois, fils et filles de détenus-disparus (Farha Nehgme, Alberto Rodriguez, Pablo Villagra), à se trouver en grève de la faim indéfinie. Pour dénoncer « l’impunité qu’on prétend imposer au Chili » et notamment la nouvelle loi que le président Lagos veut faire passer au parlement pour en finir avec la question tant controversée des atteintes aux droits (…) - Travailler pour être sur le BS !
L’assistance sociale renvoie à l’idée d’un revenu minimal accordé aux individus dans le besoin. Le projet du gouvernement actuel de Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale 2003-2008 abolit cette référence au profit du rapport au travail.
- Les 150 premiers jours du gouvernement libéral
L’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral a suscité bien des angoisses. Pour en discuter, À bâbord ! a réuni les représentants de quatre groupes importants dans notre société : Lorraine Guay, du collectif D’Abord solidaires, Molly Alexander, de l’Union des forces progressistes, Arthur Sandborn, du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN) et François Saillant du FRAPRU. Nous résumons ici – sur la base de deux grandes questions de fond – l’essentiel de leurs propos.
- Kurt Vonnegut (1922-2007)
Maître du roman satirique, Kurt Vonnegut est mort à New York le 11 avril dernier. Il avait 84 ans. Son roman le plus célèbre, Abattoir cinq (Slaughterhouse-Five, 1969), était inspiré par la destruction de Dresde, en Allemagne, en 1945. Prisonnier de guerre, il a été affecté par la Wehrmacht à un commando chargé de déblayer des milliers de cadavres calcinés par les bombes incendiaires larguées par l’aviation alliée. Préoccupé depuis lors par les effets de technologies destructrices contrôlées (…)
- Éducation sexuelle et pulsions mercantiles
Sharon Lamb et Lyn Mikel Brown, deux professeures américaines connues depuis une vingtaine d’années pour leurs recherches sur les femmes et les filles, ont publié en 2006 le livre Packaging Girlhood : Rescuing Our Daughters from Marketers’ Schemes [4]. Ce livre, qu’elles ont écrit en tant que femmes, mères et enseignantes, s’adresse surtout aux parents et porte un regard critique sur la culture dans laquelle les jeunes filles évoluent.
- Pour contrer le terrorisme d’État... des populations civiles en résistance !
En Colombie, les groupes de droits humains, les organisations syndicales et étudiantes ainsi que les communautés rurales font face à une répression grandissante. S’appuyant sur la doctrine de la « Sécurité démocratique », le gouvernement d’Uribe Velez a adopté une série de mesures politiques et judiciaires menant à la criminalisation de larges secteurs de la population, particulièrement lorsque ceux-ci dénoncent la stratégie paramilitaire utilisée par l’État colombien.
Tania Hallé, qui a récemment passé six mois en Colombie, en travaillant dans la province de Choco avec l’organisation colombienne des droits humains Justice et paix, nous retrace ici – loin des informations lénifiantes des grandes agences de presse – les lignes forces de ces politiques répressives ainsi que les efforts des populations civiles pour y résister.
- L’empire de la honte
Jean Ziegler, L’empire de la honte, Fayard, Paris 2005.
- Facebook, un ami qui vous veut du bien
Dans le dernier numéro d’À bâbord !, mon article présentait le marketing viral, une technique pernicieuse de vente qui s’appuie sur des réseaux sociaux déjà existants. Je décrivais cette forme de marketing comme un passager clandestin dans des relations basées sur la confiance et l’affectivité. On ne pourrait trouver meilleur exemple de ce phénomène qu’en étudiant Facebook, le site de l’heure, le site de l’année, le site de votre vie...
- Le Liban sur le qui-vive
Depuis six mois, le Liban va à la dérive. Il n’y a plus de président de la République, le parlement est inopérent car le gouvernement du premier ministre Fouad Sanioura ne respecte plus les règles de représentation exigées par la Constitution libanaise. On assiste à un bras de fer politique entre le gouvernement et l’opposition dirigée par le Hezbollah. La réapparition des milices un peu partout dans le pays et des manœuvres militaires aux frontières ont fait monter la tension d’un cran. Le spectre d’une autre guerre civile se profile. Que se passe-t-il donc ? Pour notre compréhension de la situation politique actuelle au Liban, un retour en arrière s’impose.
- On peut rêver
La grève étudiante de 2005 passera à l’histoire comme un immense cube rouge dont on a peine à mesurer les dimensions. Une mobilisation d’une largeur sans précédent, avec 250 000 étudiantEs ayant fait au moins un jour de grève, rassemblant des associations aussi disparates que celles de Saint-Laurent et du Vieux-Montréal (les « classiques »), et celles de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et des HEC (du jamais vu). Une grève d’une longueur remarquable, certains cégeps et (…)
- Noir Canada ?
En 1995, la Compagnie Minière San Xavier, filiale de Glamis Gold & Metallica Resources Inc., a engagé des travaux d’exploration des gisements d’or et d’argent du village de Cerro de San Pedro dans l’État mexicain de San Luis Potosi. Rien d’étrange à cela, quand on sait que l’endroit a été fondé en 1592 à partir, justement, de la découverte de l’un des plus riches gisements d’argent et d’or du pays. Mais le problème aujourd’hui est que cet ambitieux projet suppose l’utilisation de (…)
- L’industrie du vivant-marchandise
« Ce que le libéralisme veut, c’est un sujet désymbolisé, (…) un sujet flottant, délesté de toute attache symbolique ; (…) un sujet unisexe et « inengendré », c’est-à-dire désarrimé de son fondement dans le seul réel, celui de la différence sexuelle et de la différence générationnelle. »
Dany Robert Dufour, 2003:248 - Guatemala : promesses bafouées
Entre le 4 et le 9 octobre 2005, le Guatemala fut frappé de plein fouet par l’ouragan Stan. Selon la Coordination nationale pour la prévention des catastrophes (CONRED), l’ouragan causa la mort de 669 personnes, la disparition de 884 individus et détruit 9 136 habitations. Cette catastrophe mit en évidence la situation précaire des populations autochtones et le manque d’attention portée à leur égard par un État qui les a systématiquement négligées, en dépit des Accords de paix signés en 1996 [5]. En fait, les communautés rurales où vivent la majorité de la population autochtone sont les plus marginalisées du pays.
- Les idéologies totalitaires
Lors de ma chronique précédente, j’abordais la naissance et la remise en question de la Raison émancipatrice en annonçant trois formes distinctes de sa remise en question, soit : 1) l’expérience des totalitarismes ; 2) la rupture, par la linguistique moderne, du rapport signifiant signifié ; et 3) le dévoilement du caractère autoritaire (surdéterminant) de la Raison. Les contraintes d’espace m’obligent ici à n’aborder que le premier de ces thèmes et à laisser les deux autres pour la suivante.
- Quelle alternative pour le journalisme ?
Il est assez difficile d’imaginer quelles formes pourrait prendre le retour à une pratique journalistique digne de ce nom, alors que la crise du politique qui sévit actuellement tend au contraire à délégitimer jusqu’à l’idée même qu’une parole puisse venir s’interposer entre le citoyen-consommateur et la « réalité » économique immédiate.
- Luttes contre les mégastores
Très populaires auprès des consommateurs, les magasins à grande surface [6] suscitent de plus en plus une vive opposition chez les résidants des quartiers où leur implantation est prévue, lorsqu’ils ne sont pas dénoncés par des syndicats et autres groupes de défense des travailleurs pour les piètres conditions de travail qu’ils offrent à leurs employées. Face aux Home Depot, Loblaws et autres géants du commerce de détail, la contestation s’organise, des citoyennes se mobilisent. Parmi ces « mégamagasins », Wal-Mart est sans conteste le plus grand adversaire.
- Des hot dogs intellectuels
Mercredi 16 mai 2007. Nous sommes à quelques jours du dépôt du budget provincial, en plein psychodrame parlementaire et médiatique. Ici, à l’hôtel Delta, point de nervosité, comme si l’issue de la crise, de toutes façons, était déjà connue. Lors du dépôt du budget, le 24 mai, la ministre des Finances du Québec annoncera la nomination de M. Castonguay à la tête d’un comité qui doit produire, cet automne, un « rapport » sur la réforme du financement du système de santé. Or, Claude Castonguay (…)
- L’art des superstitions économiques
Le principe de base du discours économique actuel est de déformer systématiquement le sens des mots et des concepts. Quand un terme est employé, il veut dire autre chose que ce qu’il signifiait dans la théorie classique. L’IEDM étant spécialisé dans la récitation des mantras économiques de la classe dominante, son discours est toujours en porte-à-faux par rapport à la théorie à laquelle il prétend pourtant continuer de se référer. Nous avons donc voulu donner ici quelques clefs pour la compréhension du nouveau sens qui se cache derrière les vieux concepts.
- Éthiques et créateurs d’emplois ?
À gauche, on a tendance à appuyer les initiatives des centrales syndicales. À juste titre car elles sont des composantes essentielles des forces vives du Québec. Qu’on pense à la création du Mouvement socialiste en 1977 par Marcel Pépin et autres syndicalistes, aux démarches de Michel Chartrand pour améliorer la sécurité sur les chantiers et, plus récemment, à l’appui de la FTQ et de la CSN en faveur de la défense de l’Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique, cible d’une (…)
- Repaire de la droite
Le cerveau des dominés est une composante majeure de l’arsenal des dominants. Ils l’ont d’ailleurs depuis longtemps compris et déploient énormément d’argent, d’énergie et de ressources à le façonner. Il s’agit de faire en sorte que les dominés soient persuadés de vivre dans une société juste et de n’avoir qu’à s’en prendre à eux-mêmes pour leur situation, de faire en sorte que les pauvres votent pour les riches, les exclus pour ceux qui les excluent, les malades contre des soins de santé (…)
- Une priorité syndicale discutable
Récemment, Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), annonçait que sa centrale était prête à faire des concessions pour aider les entreprises forestières à sortir de la crise. Rusé, il affirme ne pas penser « nécessairement à des réductions de salaire ou des avantages sociaux, mais plutôt à des changements dans l’organisation du travail et à des retraites anticipées ». Autrement dit, et pour le dire en termes non diplomatiques : il annonce à la partie patronale qu’il est même prêt à de telles réductions afin de maintenir les emplois.
- Comprendre le monde. Introduction à l’analyse des systèmes-monde
Immanuel Wallerstein, Comprendre le monde. Introduction à l’analyse des systèmes-monde, La Découverte, Paris, 2006.
- Rapport Castonguay : le néolibéralisme triomphe
Les médias ont beaucoup parlé des « réserves » exprimées par le ministre de la Santé Philippe Couillard à l’égard de certaines recommandations formulées par le groupe de travail présidé par Claude Castonguay. Mais ils ont peu parlé du désaveu ayant immédiatement suivi et qui n’annonce rien de bon…
Le mandat confié à Claude Castonguay en mai 2007 portait sur le financement du réseau public de santé. Dans le rapport de 2008, quelques propositions concernent le financement : assurance privée (…) - Nos souliers sont usés !
À Montréal, la pauvreté existe toujours. 29 % de la population vit sous le seuil de faible revenu défini par Statistique Canada. 40 % des travailleurs et travailleuses gagnent moins de 20 000 $ par année. 56 % des femmes monoparentales se retrouvent sous le seuil de faible revenu. La majorité des personnes qui subissent la pauvreté, s’en étonnera-t-on, n’ont pas d’auto. Le transport en commun est un service public qui devrait être accessible à tout le monde, indépendamment de nos revenus. Mieux, il devrait être gratuit et financé par des impôts réellement progressifs. La gratuité du transport en commun s’avère également nécessaire dans la lutte contre les changements climatiques. La gratuité favoriserait le passage de l’auto au transport en commun. En plus d’être écologique, une telle mesure serait un exemple de justice sociale.
- Contre-réforme agraire et agrobusiness
On estime à 3,5 millions le nombre de déplacées internes en Colombie au cours des vingt dernières années. Toutefois, il ne s’agit pas d’une population déplacée pour cause de guerre, c’est plutôt une guerre menée exprès pour déplacer les populations. Le phénomène du déplacement forcé, bien qu’il soit parfois dû aux confrontations armées, est une stratégie étatique contre les populations rurales qui a pour but d’opérer une contre-réforme agraire et de mettre des territoires stratégiques au service des intérêts économiques nationaux et internationaux. Sur ces terres volées aux paysannes se déploie actuellement une vaste gamme de projets agro-industriels, d’élevage extensif, d’exploitation minière, pétrolière et forestière. La Colombie est l’un des pays ayant la plus grande concentration de terres en Amérique latine. Aujourd’hui, le gouvernement d’Uribe Velez prétend légaliser cette contre-réforme agraire par des nouvelles lois sur le « développement rural » et sur la « démobilisation » des paramilitaires.
- Pour une nouvelle économie
Libéré de la contrainte réelle ou affirmée que constitue ce que l’on appelle en finance la « rationalité limitée » des individus, je peux oser l’utopie. Comme Petrella, je demande le droit de rêver, car si nos idées se laissent brider par les contingences, qu’en sera-t-il de nos actions ?
Le but ultime de l’activité économique
L’activité économique doit servir au développement de l’humain, pas le diriger. Autrement dit, il faut comprendre le contraire de ce qu’on nous dit tous les jours, (…) - Affaire non classée
« Quand on se réconcilie sur une affaire, dit-elle, c’est qu’on n’y entend plus rien. […]
Qui dit réconciliation en ce sens historien, dit-elle, dit pacification et momification. »– Charles Péguy, Clio
- Une éducation pour la liberté
La question des 103 millions de coupures dans le régime des bourses d’études et les dénonciations, aussi fourbes que démagogiques, de la supposée « violence » des grévistes par le ministre Fournier, résument bien mal les enjeux soulevés par les grèves étudiantes de mars 2005. Ce mouvement, sans conteste un des plus importants au Québec depuis la fin des années 60, posent des enjeux de fond sur les finalités de l’éducation au Québec, de même que sur sa nature démocratique et publique : contre (…)
- Les projets d’Hydro-Québec
Le projet du Suroît semble définitivement écarté de notre paysage politique. Il faut dire qu’on croyait la même chose à la suite du rapport du BAPE. Les intérêts semblent considérables et l’entêtement des dirigeants d’Hydro sans bornes. On a beau les renvoyer à leurs cahiers de devoirs, les vandales reviennent toujours en force.
- Nouvelles mouvances africaines
L’histoire récente de l’Afrique australe est teintée des luttes de libération, de la fin de l’apartheid et du passé colonial. L’Afrique du Sud conserve toujours une position d’empire régional, dominant ses voisins et particulièrement le Mozambique, un pays détruit qui peine à se relever des années de guerre. Le Zimbabwe quant à lui sombre dans la crise et survit grâce à l’aide alimentaire alors qu’il y a tout juste trois ans ce pays exportait sa production agricole dans toute la région.
Il y a vingt ou trente ans, les anciens marxistes sont devenus les « libérateurs », mais sans réussir le pari d’amener les pays vers de réelles victoires au plan social. C’est plutôt une nouvelle colonisation capitaliste qui a commencé et qui affecte la grande majorité de la population dont la moyenne d’âge est moins de 25 ans. Dans cette Afrique lusophone et anglophone, des mouvements relativement récents s’élèvent contre les dirigeants actuels. Partout, il y a le risque de passer pour rétrograde et de vivre le rejet de ses anciens « camarades ».
- Après la réélection de Bouteflika, quelle alternative ?
Le scrutin du 8 avril dernier a conduit à la réélection spectaculaire (avec près de 85 % des voix) d’Abdelaziz Bouteflika à la présidence de l’Algérie. La période pré-électorale a été marquée par une crise au cœur du pouvoir et des institutions algériennes. Les rivalités aiguës, exacerbées par l’approche des élections présidentielles, ne proposant aucun débat clair et aucune controverse porteuse de sens, ont entraîné l’opinion populaire vers le repli méfiant et l’attentisme.
- La revue
Publication indépendante paraissant quatre fois par année, la revue À bâbord ! est éditée au Québec par des militant·e·s, des journalistes indépendant·e·s, des professeur·e·s, des étudiant·e·s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une révolution dans l’organisation de notre société, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
À bâbord ! a pour mandat d’informer, de formuler des analyses (…) - Les démolisseurs
En 2014, ils ont dit que les services seraient épargnés. Ils ont laissé entendre que les coupes seraient faites « dans le gras ». Surtout, ils ont juré que leurs mesures étaient nécessaires et que les plus vulnérables n’écoperaient pas.
Rubriques (23)
- No 072 - déc. 2017 / janv. 2018
- No 083 - mars 2020
- Dossier : L’assaut contre les retraites
- Dossier : La gauche au Québec, entre la rue et les urnes
- Dossier en ligne : AB ! au Forum social mondial 2016
- Mini-dossier : La musique engagée
- Dossier : Cégeps – 50 ans d’existence
- Dossier : Aux voleurs ! Nos ressources naturelles et le Plan Nord
- No 062 - déc. 2015 / janv. 2016
- Dossier : Abitibi. Territoire des possibles