À un regard pressé, tout paraît très simple en éducation puisque les protagonistes se laissent commodément partager selon une frontière étanche qui permet de situer d’un côté des progressistes, de l’autre des traditionnalistes. Les premiers seraient les champions d’une pédagogie centrée sur l’enfant, aussi respectueuse de ses besoins, de son expérience et de ses intérêts que soucieuse de s’adresser à lui dans sa globalité : ici, l’élève construit ses savoirs en allant de stimulantes découvertes en passionnants projets. Sur le plan politique, ces progressistes se donnent volontiers pour la seule légitime incarnation de la gauche en éducation : porte-flambeaux de la démocratie, de l’égalité des chances, du respect de l’identité (notamment culturelle) de chacun, ils seraient les défenseurs d’une vision de l’éducation qui seule assurerait la préparation de citoyens critiques. Les deuxièmes défendraient au contraire une éducation vétuste, prônant une rebutante et inefficace pédagogie de l’instruction, de l’exercice et de la répétition, incapable de susciter l’intérêt et devant s’imposer d’autorité à l’enfant.
Lire la suite