Quand il s’agit de cerner la place de la culture dans les sociétés capitalistes contemporaines, le recours au concept marxien de fétichisme de la marchandise peut être d’une grande utilité [1].
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Le Printemps érable a rendu manifestes l’existence et la force d’une « masse critique » au Québec capable de remettre en question les fondements d’un système de domination. La présence dans les rues de centaines de milliers de manifestantEs nous a permis de constater comment un conflit ponctuel pouvait se transformer en symbole unificateur d’une série de luttes, dépassant largement une revendication sectorielle ou la somme de toutes ses parties. Pourtant, un an plus tard, nous avons la (...)
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Avec un étonnant parallélisme, le printemps érable suit pratiquement les mêmes traces que son « jumeau austral », le printemps chilien. De simples conflits étudiants, qui auraient pu se « régler » après quelques semaines de grève, se radicalisent et se transforment en des mouvements multisectoriels questionnant les fondements mêmes de ce qui les nie : une forme restreinte de démocratie, qui marchandise des droits, criminalise la dissidence et prétend limiter la participation citoyenne à un périodique suffrage universel.
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« Qui fournit la poudre, et qui l’allumeur ?
Personne ne sait ni comment, ni où, ni quand
Nos lèvres touchent à la bouche du volcan »
— Richard Desjardins, L’engeôlière
Lire la suiteLors de ma chronique précédente, j’abordais la naissance et la remise en question de la Raison émancipatrice en annonçant trois formes distinctes de sa remise en question, soit : 1) l’expérience des totalitarismes ; 2) la rupture, par la linguistique moderne, du rapport signifiant signifié ; et 3) le dévoilement du caractère autoritaire (surdéterminant) de la Raison. Les contraintes d’espace m’obligent ici à n’aborder que le premier de ces thèmes et à laisser les deux autres pour la suivante.
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De défaite en défaite jusqu’à la victoire finale… Tel semble être le leitmotiv lancinant de la nation québécoise. Jamais au pouvoir, toujours en résistance : tous les soulèvements et projets d’indépendance de ce peuple semblent voués à l’échec. Et pourtant, ils ne sont tels qu’en fonction d’une idée précise de la prise du pouvoir ou de l’accession à un État-nation. Par rapport à la création puis à la perpétuation d’un sentiment national et d’une souveraineté populaire, tous ces « échecs » sont autant de jalons à partir desquels nous pouvons encore nous projeter vers un avenir où le « peuple » québécois décidera de son devenir de manière autonome.
Lire la suiteLe droit de propriété intellectuelle est l’un des principaux enjeux des accords commerciaux négociés un peu partout sur la planète et notamment dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). On nous dit qu’en l’absence de droits d’exclusivité sur les brevets, il n’y aurait plus d’incitatif pour la création de nouvelles connaissances. Les compagnies spécialisées dans la recherche et le développement exigent d’étendre ces droits dans le temps et dans l’espace. Quel intérêt, nous dit-on, aurait un laboratoire à engager des sommes faramineuses dans la recherche et la création s’il ne peut jouir du privilège d’exploiter de manière exclusive les retombées de ces idées ? Comme si l’humanité n’avait pas été en mesure de créer quoi que ce soit jusqu’ici. Comme si la création de connaissances ne pouvait se faire qu’en fonction des profits escomptés. Comme si le fait d’interdire à la communauté des chercheurs l’accès à une connaissance cruciale pour l’avancement de nouvelles recherches pouvait augmenter le potentiel créateur de l’humanité. Sans en avoir l’air, cette question concerne le fondement de toute politique d’émancipation.
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Cet oxymoron, juxtaposant dans le même énoncé deux termes contradictoires, qu’on pouvait lire sur les murs de Mai 68, répond implicitement au dénigrement des utopies en tant que « pures spéculations », projections imaginaires dans des mondes impossibles. Plutôt que de renier le caractère imaginaire des utopies (« l’imagination au pouvoir ! »), il en exalte le plus haut degré de « réalisme ». De fait, les utopies ne sont rien d’autre que des projections imaginaires. Mais ces projections ne sont pas que des « vues de l’esprit ». Elles nous permettent de voir « sous les pavés, la plage » ; elles sont précisément ce par quoi le « réel » se dévoile tel qu’il « est » (contingent) plutôt que comme il « paraît » (apodictique). Et sans cette mise à distance de l’apparente naturalité, fatalité ou inéluctabilité des rapports sociaux « réellement existants », aucun dépassement de ceux-ci n’est possible.
Lire la suiteNé dans le contexte de la Guerre froide, pour ensuite migrer au sein de la communauté scientifique universitaire, le réseau Internet est aujourd’hui accessible à une proportion sans cesse grandissante de TerrienNEs. Inévitablement, avec les percées de la numérisation et le développement des infrastructures à haute vitesse, les fonctions qu’on lui demande d’accomplir ont elles aussi explosé. On se trouve donc devant un univers où se côtoient ragots et information indépendante, éloge de la médiocrité et (...)
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Ernesto Laclau, La raison populiste, Paris, Seuil, coll. « L’ordre philosophique », 2008, 295 p.
Lire la suite[1] Karl Marx, Le Capital, Paris, Flammarion, 1985, p. 68 et suivantes.


À bâbord! est membre de la société de développement de périodiques culturels québécois (SODEP)
