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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'&#233;tau des privatisations </title>
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		<dc:date>2009-12-31T21:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Halimi, Serge </dc:subject>

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&lt;p&gt;Quelle technique a-t-elle permis d'imposer la mise en concurrence, voire la privatisation, d'entreprises publiques, de faire accepter la fermeture d&#233;finitive de nombre de bureaux de poste et de gares, de remettre en cause la gratuit&#233; de la sant&#233; et de l'&#233;ducation, de transformer la fonction publique en un archipel d'agents concurrents et menac&#233;s ? Le tout presque sans &#171; d&#233;bat &#187;. Pour cela, il a suffi de construire un corridor de &#171; r&#233;formes &#187; &#224; l'int&#233;rieur duquel une porte se verrouille sit&#244;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-11-oct-nov-2005-" rel="directory"&gt;No 011 - oct. / nov. 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Halimi-Serge-+" rel="tag"&gt;Halimi, Serge &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelle technique a-t-elle permis d'imposer la mise en concurrence, voire la privatisation, d'entreprises publiques, de faire accepter la fermeture d&#233;finitive de nombre de bureaux de poste et de gares, de remettre en cause la gratuit&#233; de la sant&#233; et de l'&#233;ducation, de transformer la fonction publique en un archipel d'agents concurrents et menac&#233;s ? Le tout presque sans &#171; d&#233;bat &#187;. Pour cela, il a suffi de construire un corridor de &#171; r&#233;formes &#187; &#224; l'int&#233;rieur duquel une porte se verrouille sit&#244;t qu'on en franchit le seuil, pour conduire &#224; une autre qui s'ouvre &#224; mesure qu'on s'en rapproche. Puis, comme le dit la chanson, assez vite &#171; &lt;i&gt;on n'a plus assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens. Alors il faut qu'on avance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La fatalit&#233; du &#171; il n'y a pas d'alternative &#187; accomplit son office ; la volont&#233; se trouve d'autant plus d&#233;sarm&#233;e qu'on lui a retir&#233; ses armes et qu'on pratique sans rel&#226;che la tactique de la terre br&#251;l&#233;e. La destination ne se d&#233;couvrira qu'au bout de la route. Au final, il s'agit bien d'un projet r&#233;volutionnaire, d'un grand bond en arri&#232;re, mais dont le mouvement d'ensemble est produit par un encha&#238;nement d'&#233;tapes interm&#233;diaires. On ouvre les fronti&#232;res parce que &#171; le monde a chang&#233; &#187;, qu'on n'est ni protectionniste ni nationaliste ; on privatise parce que le monopole public contredirait la concurrence qui d&#233;boule avec l'ouverture des fronti&#232;res ; on sacrifie l'emploi et le service public parce qu'une fois qu'on a privatis&#233;, il faut bien s'armer pour lutter contre la concurrence. &#171; Libre-&#233;change &#187;, &#171; taille critique &#187;, &#171; alliances &#187;, &#171; rentabilit&#233; &#187;, &#171; cr&#233;ation de valeur &#187; constituent autant de pi&#232;ces d'un &lt;i&gt;Meccano&lt;/i&gt; dont les architectes ont imagin&#233; d'avance quel ch&#226;teau fort celui-ci construirait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M. Seilli&#232;re ignore l' &#171; infirmerie &#187;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La feuille de route lib&#233;rale ne jure que par &#171; le pragmatisme &#187; et &#171; la voix du bon sens &#187;. Pour compenser les d&#233;ficits budg&#233;taires, il faut privatiser. Pour vendre les entreprises publiques &#224; bon prix, il faut attirer les investisseurs &#233;trangers. Pour attirer les investisseurs &#233;trangers, il faut r&#233;duire les salaires et les &#171; charges &#187;. Ensuite, la couverture sociale des travailleurs devient trop g&#233;n&#233;reuse dans le nouveau monde concurrentiel ainsi cr&#233;&#233;. L'explosion du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233;, mais &#233;galement la d&#233;syndicalisation, qui pour partie en d&#233;coule, permettent de faire taire les protestations (&#171; corporatistes &#187;) de ceux qui disposent d'un emploi et d'une bonne protection sociale. D&#232;s lors qu'en se taisant ils d&#233;montrent leur &#171; sens des responsabilit&#233;s &#187;, on ne saurait accepter tr&#232;s longtemps que les ch&#244;meurs les narguent en &#233;tant presque autant pay&#233;s qu'eux, &#224; ne rien faire. On durcit donc les contr&#244;les les concernant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au Royaume-Uni, les &#171; clients &#187; demandeurs d'emploi doivent rendre compte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans oublier, au passage, de r&#233;duire leurs allocations, trop porteuses d'une culture de l' &#171; assistance &#187; et de la d&#233;pendance. En 1998, le tr&#232;s affectueux Ernest-Antoine Seilli&#232;re, &#224; l'&#233;poque pr&#233;sident du Mouvement des entreprises de France (Medef), l'avait expliqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas mener les combats d'aujourd'hui avec un regard concentr&#233; sur l'infirmerie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest-Antoine Seilli&#232;re, France 2, 22 janvier 1998.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lib&#233;raux, on l'a vu, ne se d&#233;sint&#233;ressent pas pour autant de la sant&#233; collective. En ce domaine, comme en mati&#232;re d'&#233;ducation, la &#171; progression logique &#187; d'un syst&#232;me public et gratuit vers une industrie largement priv&#233;e et financ&#233;e par des assurances ou par des pr&#234;ts bancaires commence par invoquer le syst&#232;me centralis&#233; qui ne marche pas, qui est bureaucratique, en faillite, in&#233;galitaire. Il convient de d&#233;centraliser l'&#233;difice &#8211; &#171; proximit&#233; &#187; oblige &#8211;, d'abandonner aux r&#233;gions la &#171; responsabilit&#233; &#187; de leurs budgets, de cr&#233;er un march&#233; de l'&#233;ducation ou de la sant&#233; afin de fixer des prix qui permettront de contr&#244;ler et d'orienter la gestion. Cela fait, il conviendra vite tant&#244;t de fermer des h&#244;pitaux (ou des &#233;coles, ou des bureaux de poste) dont on a d&#233;couvert qu'ils n'&#233;taient pas rentables, tant&#244;t de nouer des &#171; partenariats &#187; avec des entreprises locales, tant&#244;t de revenir sur la gratuit&#233; des soins et des &#233;tudes, tant&#244;t de d&#233;l&#233;guer au priv&#233; une part croissante des t&#226;ches d'&#233;ducation ou de sant&#233;, dor&#233;navant &#233;clat&#233;es en particules de plus en plus petites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y parviendra d'autant plus facilement qu'on aura pr&#233;alablement expliqu&#233; qu'il est pr&#233;f&#233;rable de ne conserver que le c&#339;ur du m&#233;tier, qu'il n'est pas n&#233;cessaire que ce soit des fonctionnaires qui assurent le gardiennage, le nettoyage, la restauration, qui fassent les photocopies, construisent et d&#233;pouillent des questionnaires, s'encombrent d'un parc automobile et g&#232;rent les frais de personnel, forment des pilotes d'h&#233;licopt&#232;re. &#192; l'issue de ces &#233;valuations incessantes et de ces d&#233;l&#233;gations successives &#8211; des embarras de tr&#233;sorerie aussi &#8211;, on se d&#233;barrasse d'activit&#233;s autrefois organis&#233;es par l'&#201;tat. &#171; &lt;i&gt;Toutes les missions qui peuvent &#234;tre exerc&#233;es par le secteur priv&#233; devront &#234;tre privatis&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, avait annonc&#233; en 2004 le premier ministre fran&#231;ais, dont le secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la r&#233;forme de l'&#201;tat pr&#233;cisait : &#171; &lt;i&gt;Notre strat&#233;gie est de recentrer l'&#201;tat sur ses missions essentielles et de c&#233;der au priv&#233; toutes les autres, notamment logistiques&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Fonctionnaires : ce qui les attend &#187;, L'Expansion, avril 2004.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En Irak, l'arm&#233;e am&#233;ricaine a m&#234;me sous-trait&#233; des t&#226;ches li&#233;es &#224; la conduite de la guerre et &#224; la collecte (un peu vigoureuse) de &#171; renseignements &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il &#233;tait ministre des Finances, M. Francis Mer fit appel &#224; des cabinets de conseil priv&#233;s pour r&#233;fl&#233;chir&#8230; au meilleur moyen de supprimer 30 000 emplois de fonctionnaires ! Ceux qui &#233;chappent &#224; la hache se sentent en sursis : d&#232;s que possible, on remettra en cause leur statut, leur s&#233;curit&#233; d'emploi, auxquels on substituera un contrat &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e de droit public, puis priv&#233;. M. Christian Blanc, d&#233;put&#233; UDF, s'est d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; favorable &#224; la suppression en France du statut de la fonction publique h&#233;rit&#233; de la Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La consigne pass&#233;e &#224; tous les ministres est stricte&lt;/i&gt;, &#233;crivait le magazine &lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt; &#224; propos de la France : &lt;i&gt;ne remplacer qu'un d&#233;part en retraite sur deux. Un objectif ambitieux qui, s'il est suivi, permettrait th&#233;oriquement en huit ans de r&#233;duire de 300 000 le nombre de fonctionnaires et d'&#233;conomiser en 2012, selon le s&#233;nateur UMP Philippe Marini, 12 milliards d'euros&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ici, l'id&#233;e que le fonctionnaire repr&#233;sente pour le contribuable autre chose qu'une charge mais, par exemple, une infirmi&#232;re qui le soigne, un pompier qui le secourt, un enseignant qui instruit sa prog&#233;niture, un inspecteur du travail qui le prot&#232;ge de l'arbitraire patronal, n'est pas sugg&#233;r&#233;e. Un co&#251;t, c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Suisse, &#171; &lt;i&gt;pour &#234;tre plus comp&#233;titif et changer de culture&lt;/i&gt; &#187;, l'Office f&#233;d&#233;ral du personnel s'est, selon ses propres termes, &#171; &lt;i&gt; appropri&#233; les outils du priv&#233;&lt;/i&gt; &#187; : la garantie de l'emploi des fonctionnaires a ainsi &#233;t&#233; abolie en novembre 2000. Une coalition de gauche a g&#233;n&#233;ralis&#233; une pratique identique en Italie : autonomie de gestion des responsables administratifs, individualisation des t&#226;ches, r&#233;tribution &#224; la performance. D&#233;sormais, &#171; &lt;i&gt;seuls 15 % des emplois publics demeurent dans le giron de l'&#201;tat (magistrats, avocats et procureurs d'&#201;tat, militaires, policiers, diplomates, professeurs d'universit&#233;), pendant que tous les autres passent, en moins de deux ans, sous contrat priv&#233;, m&#234;me s'ils restent pay&#233;s par l'&#201;tat &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#233;cile Cornudet, &#171; R&#233;forme de l'Etat : les &#8220;recettes&#8221; &#233;trang&#232;res &#187;, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En Nouvelle-Z&#233;lande, le nombre des fonctionnaires est pass&#233; de 71 000 en 1988 &#224; 32 900 en 1996. Ils travaillent davantage avec moins de ressources ; leur charge a &#233;t&#233; accrue et leur s&#233;curit&#233; d'emploi supprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois m&#233;tamorphos&#233; et red&#233;ploy&#233; vers des missions d'ordre et de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, l'&#201;tat devient moins susceptible d'endiguer un jour l'expansion de la loi marchande. Pour les lib&#233;raux, la privatisation, en bloc ou par tranches, pr&#233;sente &#233;galement l'avantage d'amoindrir le pouvoir de r&#233;sistance des syndicats, ce qui permettra de d&#233;gager la voie pour les &#171; r&#233;formes &#187; suivantes. La revendication sociale s'est en effet souvent adoss&#233;e &#224; des entreprises publiques, plus syndicalis&#233;es que les autres, dont les grandes gr&#232;ves ont rythm&#233; l'histoire de la France (Charbonnages en 1963, R&#233;gie Renault en 1968, SNCF et RATP en 1995). Quand, en 2004, l'Assembl&#233;e nationale a accept&#233; que la majorit&#233; du capital de France T&#233;l&#233;com passe sous contr&#244;le priv&#233;, le d&#233;put&#233; UDF Jean Dionis du S&#233;jour, membre de la Commission sup&#233;rieure du service public des postes et t&#233;l&#233;communications, pr&#233;cisa en passant : &#171; &lt;i&gt;Le texte pr&#233;voit la normalisation des instances repr&#233;sentatives du personnel. En clair, les syndicats, qui participaient au conseil d'administration de France T&#233;l&#233;com, n'en feront plus partie&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Figaro, 20 octobre 2003.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Causes et cons&#233;quences sont souvent li&#233;es dans l'encha&#238;nement du projet lib&#233;ral : la faiblesse des organisations ouvri&#232;res favorise l'imposition de la flexibilit&#233; de l'emploi, laquelle &#224; son tour nuit au recrutement syndical. &#171; &lt;i&gt;Si nous voulons entretenir le moindre espoir d'un retour &#224; une &#233;conomie de libert&#233;, la question de la restriction du pouvoir syndical est une des plus importantes&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;venait Friedrich Hayek d&#232;s le printemps 1947&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Le Grand Bond en arri&#232;re, Fayard, Paris, 2004.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me le d&#233;couragement et la d&#233;faite, &#231;a se construit. Les n&#233;olib&#233;raux sont de grands architectes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t, conform&#233;ment &#224; leurs desseins, une soci&#233;t&#233; priv&#233;e se charge du m&#233;nage, une autre de l'informatique, une troisi&#232;me de la communication d'entreprise. En multipliant les employeurs et les r&#233;gimes d'embauche, on a attaqu&#233; la solidarit&#233; entre les agents et les m&#233;tiers. On avance encore en g&#233;n&#233;ralisant le syst&#232;me des primes au m&#233;rite, c'est-&#224;-dire en individualisant les r&#233;mun&#233;rations. Ce qui devient priv&#233; le restera, ce qui reste public a vocation &#224; &#234;tre privatis&#233; la fois suivante, lors d'une nouvelle campagne politico-m&#233;diatique d'affolement li&#233;e au &#171; trou de la S&#233;curit&#233; sociale &#187; ou &#224; la &#171; faillite &#187; du syst&#232;me &#233;ducatif. Mais nul ne propose de renationaliser une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision priv&#233;e pour endiguer le d&#233;ferlement de m&#233;diocrit&#233; dont ses programmes donnent l'exemple...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, la logique lucrative envahit le public, dont la mission principale &#233;tait de satisfaire des besoins collectifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire l'enqu&#234;te de Gilles Balbastre, &#171; &#192; La Poste aussi, les agents doivent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#201;valuation, restructuration, d&#233;l&#233;gation de mission : les compagnies sous-traitantes auxquelles on fait appel sont souvent d'autant plus concurrentielles que leurs personnels ne b&#233;n&#233;ficient pas du statut &#171; privil&#233;gi&#233; &#187; des fonctionnaires et ne s'encombrent pas de syndicats. Au bout de la route, une fois que les entreprises et les services publics ont perdu leur sp&#233;cificit&#233; (t&#226;che, personnel) et qu'on leur enjoint avant tout de faire des b&#233;n&#233;fices, la voie de leur liquidation est grande ouverte. Et &#224; supposer qu'un jour le nom de la soci&#233;t&#233;, trop hexagonal &#8211; Air France, EDF, France T&#233;l&#233;com (accents compris) &#8211;, indispose les investisseurs &#233;trangers, rien n'emp&#234;chera d'en changer, un peu comme on efface derri&#232;re soi les traces d'une jeunesse dissolue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Moulins &#224; propagande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait hier. La poste, l'&#233;lectricit&#233;, l'&#233;ducation, la sant&#233; n'&#233;taient pas des unit&#233;s de production cherchant &#224; r&#233;aliser plus de profits que leurs concurrents. Elles n'avaient pas de concurrents. Administrations d'&#201;tat ou services publics, leur mission consistait &#224; acheminer le courrier, l'&#233;lectricit&#233;, &#224; garantir l'&#233;ducation, la sant&#233; des populations. Sans &#233;carter les plus isol&#233;es, les moins rentables. On ne calculait pas trop ces choses-l&#224;. Le march&#233; occupait un p&#233;rim&#232;tre assign&#233; &#224; l'int&#233;rieur d'une &#233;conomie mixte. On savait qu'il n'&#233;tait pas bon &#224; tout faire. Ni &#224; se soucier d'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation et &#224; la sant&#233;. Ni &#224; organiser l'am&#233;nagement du territoire. Ni &#224; investir dans des activit&#233;s vitales dont les espoirs de rentabilit&#233; d&#233;passent l'horizon temporel des march&#233;s financiers. Ni &#224; appr&#233;cier le co&#251;t pour la collectivit&#233; de d&#233;cisions individuelles uniquement profitables du point de vue des entreprises qui les prennent. Ainsi, quand on int&#232;gre dans le prix de l'acheminement en camion le risque d'accident de la route et la certitude de la pollution, le transport routier cesse de co&#251;ter moins cher que le fret ferroviaire, et le d&#233;ficit de ce dernier secteur appara&#238;t moins redoutable. S'il y a &#171; concurrence &#187; entre rail et route, la soci&#233;t&#233; a en effet int&#233;r&#234;t &#224; subventionner le fret et &#224; imputer aux poids lourds, machines &#224; produire du gaz &#224; effet de serre, la responsabilit&#233; d'une partie des effets de la canicule, victimes comprises&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Serge Latouche, &#171; Moins loin, moins vite &#187;, La D&#233;croissance, n&#176; 21, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; soci&#233;t&#233; &#187;. Ce mot d&#233;plaisait &#224; Mme Margaret Thatcher. Les lib&#233;raux pr&#233;f&#232;rent ne conna&#238;tre que des individus. Leur vision de la propri&#233;t&#233; publique en d&#233;coule. &#171; &lt;i&gt; Quand tout le monde poss&#232;de quelque chose, personne ne le poss&#232;de, et personne n'a int&#233;r&#234;t &#224; le maintenir en &#233;tat ou &#224; l'am&#233;liorer, expliquait Milton Friedman en 1990. C'est pourquoi les immeubles sovi&#233;tiques &#8211; et les HLM aux &#201;tats-Unis &#8211; ont l'air d&#233;labr&#233;s un an ou deux apr&#232;s leur construction&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Milton et Rose Friedman, Free to Choose, Harcourt, Orlando (Floride), 1990, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une telle logique aurait toutefois sembl&#233; moins imparable &#224; M. Friedman s'il avait voyag&#233; en train au Royaume-Uni depuis que cette activit&#233; y a &#233;t&#233; confi&#233;e au priv&#233;. Mais le lib&#233;ralisme e&#251;t alors peut-&#234;tre perdu dans un accident ferroviaire l'un de ses avocats les plus coriaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le syst&#232;me public ne reculera que pris en tenaille entre des d&#233;ficits devenus insupportables et des ressources en voie de r&#233;traction&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Expansion, 2 novembre 1984.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#201;nonc&#233;s par Alain Minc il y a vingt ans, l'aveu et la recette tenaient un peu du plagiat. Aux &#201;tats-Unis, Ronald Reagan avait en effet d&#233;j&#224; r&#233;duit les imp&#244;ts directs pour cr&#233;er d'&#233;normes d&#233;ficits, lesquels lui servirent ensuite de pr&#233;texte au d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat social. Simultan&#233;ment, il s'employa (&#171; &lt;i&gt;nouveau f&#233;d&#233;ralisme&lt;/i&gt; &#187;) &#224; d&#233;l&#233;guer aux autorit&#233;s locales des services et des administrations publiques, mais sans leur offrir les moyens de les mettre en &#339;uvre. &#192; elles de tenir la s&#233;bile ou le couteau. MM. Bush et Villepin n'ont rien invent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement sup&#233;rieur gratuit est &#224; son tour engag&#233; de force dans le corridor des r&#233;formes par l'insuffisance des d&#233;penses publiques. Annuellement et par &#233;tudiant, elles sont pass&#233;es au Royaume-Uni d'environ 8 000 livres (12 000 euros) en 1990 &#224; environ 5 000 livres (7 500 euros) dix ans plus tard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Drowning spires &#187;, The Economist, 29 novembre 2003.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M. Blair pr&#233;f&#232;re n&#233;anmoins faire payer les usagers. Les droits d'inscription universitaires ont ainsi tripl&#233; en 2004-2005 ; ils peuvent dor&#233;navant atteindre 3 000 livres par an (4 500 euros). &#171; &lt;i&gt;Partout dans le monde, se r&#233;jouit l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomique&lt;/i&gt; (OCDE),&lt;i&gt; l'enseignement sup&#233;rieur est soumis &#224; des pressions en faveur du changement.&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Dans cet environnement plus complexe, il n'est plus d&#233;sormais opportun que les pouvoirs publics g&#232;rent directement ce secteur, les m&#233;canismes du march&#233; &#233;tant souvent plus efficaces que les administrateurs pour r&#233;guler l'offre et la demande de divers types de formation assur&#233;s &#224; une vari&#233;t&#233; de clients &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;OCDE, Analyse des politiques d'&#233;ducation, 2003, p. 66.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233; comme une &#233;vidence par les moulins &#224; propagande de la presse &#8211; qui ne tardent jamais &#224; publier les palmar&#232;s des h&#244;pitaux, lyc&#233;es, universit&#233;s, compagnies de t&#233;l&#233;phone &#8211;, le choix de la lib&#233;ralisation a rarement &#233;t&#233; ent&#233;rin&#233; par un vote populaire. Presque chacune des grandes privatisations britanniques a suscit&#233; l'hostilit&#233; pr&#233;alable d'une majorit&#233; du peuple. Interrog&#233;s sur la vente des for&#234;ts domaniales de leur pays, 79 % des N&#233;o-Z&#233;landais s'y d&#233;claraient oppos&#233;s ; 4 % seulement l'approuvaient. Le programme ultralib&#233;ral dont M. Alain Madelin fut l'avocat lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise de 2002 ne recueillit que 3,91 % des suffrages exprim&#233;s. Pourtant, la plupart des industries et des services publics au Royaume-Uni ont bien &#233;t&#233; privatis&#233;s, tout comme les for&#234;ts domaniales n&#233;o-z&#233;landaises. Quand le second mandat de M. Jacques Chirac s'ach&#232;vera, dans dix-huit mois, c'est le programme de M. Madelin qui aura &#233;t&#233; le mieux ex&#233;cut&#233;, pas les promesses pr&#233;sidentielles relatives au combat contre l'&#171; ins&#233;curit&#233; &#187; ou &#224; la r&#233;sorption de la &#171; fracture sociale &#187;. Et d'ailleurs, quelques semaines apr&#232;s le refus par une majorit&#233; des Fran&#231;ais d'une Constitution lib&#233;rale pour l'Union europ&#233;enne, quel homme politique M. de Villepin a-t-il pr&#233;sent&#233; &#224; la t&#234;te de l'OCDE ? M. Madelin, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation du monde correspond &#224; une logique censitaire. Elle confie en effet tous les pouvoirs &#233;conomiques et sociaux &#8211; la cl&#233; de toutes les entreprises et de tous les services, de toutes les possibilit&#233;s de recruter et de d&#233;terminer le niveau des salaires, de sauver ou de condamner des collectivit&#233;s &#8211; &#224; ceux qui d&#233;j&#224; disposent des privil&#232;ges de la naissance et de la fortune. La d&#233;mocratie, le suffrage universel, le syndicalisme, qui permettaient d'&#233;quilibrer cette puissance du capital en lui refusant le droit de contr&#244;ler seul des domaines essentiels de l'activit&#233; humaine (&#233;cole, sant&#233;, fiscalit&#233;, emploi, culture, transports), a toujours &#233;t&#233; per&#231;ue comme un obstacle, voire une &#171; pers&#233;cution &#187; par les directions d'entreprises priv&#233;es et par les actionnaires. Ils n'ont d&#233;sormais pas grand chose &#224; redouter des hommes politiques qui se succ&#232;dent pour les combler de nouveaux avantages. Cela ne leur suffit pas. Pour s'assurer que leur Eden ne s'interrompra pas de sit&#244;t, ils pr&#233;f&#232;rent que la puissance publique perde d&#233;finitivement les moyens de les contraindre, si par miracle il lui en prenait demain la fantaisie. La privatisation de l'&#233;conomie, la lib&#233;ralisation de la finance, le libre-&#233;change, l'affaiblissement du syndicalisme, la domination de l'information et de la culture par des multinationales leur permettent de dormir tranquilles. Mais d'autres qu'eux ont pr&#233;c&#233;demment nourri l'illusion d'une histoire apais&#233;e et le vertige d'un syst&#232;me de domination install&#233; pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au Royaume-Uni, les &#171; clients &#187; demandeurs d'emploi doivent rendre compte chaque semaine &#224; leur &#171; conseiller &#187; de leurs d&#233;marches pour retrouver du travail. &#171; &lt;i&gt;Si un ch&#244;meur britannique n'accepte pas le poste qu'on lui propose dans son domaine de comp&#233;tence, nous suspendons imm&#233;diatement ses indemnit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise la directrice d'un &lt;i&gt;job center&lt;/i&gt;. M&#234;me chose au Danemark.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest-Antoine Seilli&#232;re, France 2, 22 janvier 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Fonctionnaires : ce qui les attend &#187;, &lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;, avril 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#233;cile Cornudet, &#171; R&#233;forme de l'Etat : les &#8220;recettes&#8221; &#233;trang&#232;res &#187;,&lt;i&gt; Les &#201;chos&lt;/i&gt;, 24 sept 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 20 octobre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf. Le Grand Bond en arri&#232;re&lt;/i&gt;, Fayard, Paris, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire l'enqu&#234;te de Gilles Balbastre, &#171; &#192; La Poste aussi, les agents doivent penser en termes de march&#233; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, octobre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Serge Latouche, &#171; Moins loin, moins vite &#187;,&lt;i&gt; La D&#233;croissance&lt;/i&gt;, n&#176; 21, Lyon, mai 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Milton et Rose Friedman,&lt;i&gt; Free to Choose&lt;/i&gt;, Harcourt, Orlando (Floride), 1990, p. 24. C'est au nom du m&#234;me raisonnement que certains lib&#233;raux recommandent la privatisation des troupeaux d'&#233;l&#233;phants africains afin de les prot&#233;ger des braconniers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;, 2 novembre 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Drowning spires &#187;, &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, 29 novembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;OCDE, &lt;i&gt;Analyse des politiques d'&#233;ducation&lt;/i&gt;, 2003, p. 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serge Halimi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste au &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; et auteur du &lt;i&gt;Grand bond en arri&#232;re, Comment l'ordre n&#233;olib&#233;ral s'est impos&#233; au monde&lt;/i&gt;, Fayard, 2004 (r&#233;&#233;dit&#233; et mis &#224; jour en octobre 2005), dont cet article s'inspire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;versibilit&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Reversibilite</link>
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		<dc:date>2008-08-12T05:21:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Claude Vaillancourt, R&#233;versibilit&#233; [roman], Triptyque, Montr&#233;al, 2005 &lt;br class='autobr' /&gt; Les jeux de miroirs ont toujours fascin&#233; les &#233;crivains et m&#234;me les critiques, car le miroir est repr&#233;sentation. Le titre seul de ce roman nous sugg&#232;re d&#233;j&#224; une s&#233;rie de r&#233;f&#233;rences et nous jette d'embl&#233;e dans une inter-textualit&#233; qui peut m&#234;me constituer un d&#233;fi pour le livre lui-m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'image des histoires parall&#232;les que le lecteur a d&#232;s le d&#233;but de la lecture se r&#233;sout dans une syntagmatique manipul&#233;e par le jeu des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-11-oct-nov-2005-" rel="directory"&gt;No 011 - oct. / nov. 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breton-Gaetan-+" rel="tag"&gt;Breton, Ga&#233;tan &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton687.jpg?1642092272' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;269&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Claude Vaillancourt, &lt;i&gt;R&#233;versibilit&#233;&lt;/i&gt; [roman], Triptyque, Montr&#233;al, 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les jeux de miroirs ont toujours fascin&#233; les &#233;crivains et m&#234;me les critiques, car le miroir est repr&#233;sentation. Le titre seul de ce roman nous sugg&#232;re d&#233;j&#224; une s&#233;rie de r&#233;f&#233;rences et nous jette d'embl&#233;e dans une inter-textualit&#233; qui peut m&#234;me constituer un d&#233;fi pour le livre lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image des histoires parall&#232;les que le lecteur a d&#232;s le d&#233;but de la lecture se r&#233;sout dans une syntagmatique manipul&#233;e par le jeu des analepses et des prolepses qui, bien qu'internes &#224; la di&#233;g&#232;se, prennent un certain temps avant de reprendre leur suite chronologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paradoxalement, la grande le&#231;on de ce jeu avec le temps, avec les temps, pourrait &#234;tre qu'on ne peut pas revenir en arri&#232;re et que la r&#233;versibilit&#233; est impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre est travers&#233; par les r&#233;f&#233;rences musicales si ch&#232;res &#224; Claude Vaillancourt. Cependant, la musique n'y joue pas un r&#244;le festif mais agit comme une contrainte. On y fr&#244;le le monde des pianistes de concert dans lequel bien peu peuvent esp&#233;rer r&#233;ussir et o&#249;, comme dans bien d'autres mondes, le talent ne suffit pas toujours. Encore l&#224;, il devient aussi bien difficile de revenir en arri&#232;re sur les chemins de la musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, il s'agit de l'histoire de personnages qui n'ont pas l'&#233;toffe des h&#233;ros dont l'abn&#233;gation ind&#233;fectible m&#232;ne forc&#233;ment aux plus hauts sommets. Les h&#233;ros (si on peut dire) de Claude Vaillancourt ne sont pas tr&#232;s h&#233;ro&#239;ques et continuent leur chemin malgr&#233; les d&#233;ceptions et les &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il s'agit de la vie qu'il est tr&#232;s difficile de remonter mais qui n'est souvent que le reflet de ce qu'elle aurait pu &#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Surexposition et copinage dans les m&#233;dias</title>
		<link>https://www.ababord.org/Surexposition-et-copinage-dans-les</link>
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		<dc:date>2008-08-12T04:16:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Infotainment. L'expression fait gerber, mais faudra s'habituer... ou tout foutre en l'air. La bo&#238;te-&#224;-con se remplit de vedettes bien camp&#233;es &#224; droite apportant leur &#171; petite touche personnelle &#187; &#224; &#171; l'information &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Isabelle Mar&#233;chal est &#171; commentatrice de nouvelles &#187; &#224; TQS, en attendant d'animer la deuxi&#232;me mouture de Loft Story sur la m&#234;me cha&#238;ne. Pas de danger que le chef d'antenne du Grand Journal, Marius Brisson, y voit un quelconque probl&#232;me d'&#233;thique : l'ancien attach&#233; de presse du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Infotainment&lt;/i&gt;. L'expression fait gerber, mais faudra s'habituer... ou tout foutre en l'air. La bo&#238;te-&#224;-con se remplit de vedettes bien camp&#233;es &#224; droite apportant leur &#171; petite touche personnelle &#187; &#224; &#171; l'information &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle Mar&#233;chal est &#171; &lt;i&gt;commentatrice de nouvelles&lt;/i&gt; &#187; &#224; TQS, en attendant d'animer la deuxi&#232;me mouture de &lt;i&gt;Loft Story&lt;/i&gt; sur la m&#234;me cha&#238;ne. Pas de danger que le chef d'antenne du &lt;i&gt;Grand Journal&lt;/i&gt;, Marius Brisson, y voit un quelconque probl&#232;me d'&#233;thique : l'ancien attach&#233; de presse du ministre lib&#233;ral Jacques Dupuis est &#233;galement propri&#233;taire d'une firme de communications, Solution.com.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Gendron, retour d'&#233;gout &#224; la mairie de Huntingdon rep&#234;ch&#233; par TQS, s&#233;vit &#224; l'&#233;mission &lt;i&gt;L'avocat et le diable&lt;/i&gt;, quand il n'est pas occup&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;commenter l'actualit&#233;&lt;/i&gt; &#187; dans le cadre de son &#233;mission &lt;i&gt;Le couvre-feu&lt;/i&gt; &#8211; de 18h &#224; 19h30 &#8211; sur les ondes du 98,5 FM &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ronique Cloutier n'est pas en reste, elle qui tasse les nouvelles de 18 h &#224; Radio-Canada avec son nouveau show intitul&#233; simplement &lt;i&gt;V&#233;ro&lt;/i&gt; (c'est-tu &lt;i&gt;cute&lt;/i&gt;). La conception du libre choix selon V&#233;ronique Cloutier : &#171; &lt;i&gt;Pour les gens qui ont envie d'une autre alternative &#224; 18 h, il y aura moi&lt;/i&gt; &#187;, [&lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 3 septembre]. Pour ceux et celles qui voudraient une alternative &#224; V&#233;ronique Cloutier, il faudra &#233;viter son &#233;mission de radio &#224; Rythme FM, &lt;i&gt;Les Midis de V&#233;ro&lt;/i&gt;, et esp&#233;rer que s'&#233;croule l'empire du spectacle et de la production t&#233;l&#233;visuelle Novem (auparavant nomm&#233; les Productions Guy Cloutier), dont elle est la pr&#233;sidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233;e-Claude Brazeau ne donne pas sa place elle non plus : non seulement peut-on l'&#233;couter sur les ondes du 98,5 FM (&lt;i&gt;Mettons que j'ai rien dit&lt;/i&gt;), mais on peut aussi la voir &#224; la toute nouvelle &#233;mission d'actualit&#233;s de Radio-Canada, &lt;i&gt;La fosse aux lionnes&lt;/i&gt;, qu'elle anime avec deux de ses copines. C'est pour &#231;a qu'elle a renonc&#233; &#224; l'animation de la deuxi&#232;me mouture de &lt;i&gt;Loft Story&lt;/i&gt; &#224; TQS... qui sera donc anim&#233;, disions-nous donc au tout d&#233;but, par Isabelle Mar&#233;chal &#224; partir de janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille d'aller sous presse, Gilles Proulx &#233;tait l'invit&#233; de &lt;i&gt;Tout le monde en parle&lt;/i&gt; &#224; Radio-Canada. Quelques jours apr&#232;s sa d&#233;mission de TQS, qui l'avait auparavant suspendu &#224; la suite de ses propos tenus lors de l'&#233;mission &lt;i&gt;L'avocat et le diable&lt;/i&gt; qu'il coanimait avec l'ami St&#233;phane Gendron (&#233;tourdissant, n'est-ce pas ?), son avenir &#233;tait encore incertain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Christian Rioux (encore)</title>
		<link>https://www.ababord.org/Christian-Rioux-encore</link>
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		<dc:date>2008-08-12T04:10:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Christian Rioux, le correspondant n&#233;o-con, toujours aussi gros-con, continue son valeureux combat pour la d&#233;fense des &#201;tats-Unis : &#171; Au lieu de condamner la civilisation am&#233;ricaine, je crois que si j'&#233;tais en Louisiane ces jours-ci, j'aurais surtout peur qu'apr&#232;s avoir perdu un temps pr&#233;cieux, le gouvernement am&#233;ricain en fasse trop afin de ne plus &#234;tre critiqu&#233;. &#187; [Le Devoir, 9 septembre, soulign&#233; par nous] R&#233;partir &#171; trop &#187; de couvertures, &#171; trop &#187; de nourriture, &#171; trop &#187; d'eau &#187; ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Christian Rioux, le correspondant n&#233;o-con, toujours aussi gros-con, continue son valeureux combat pour la d&#233;fense des &#201;tats-Unis : &#171; &lt;i&gt;Au lieu de condamner la civilisation am&#233;ricaine, je crois que si j'&#233;tais en Louisiane ces jours-ci, j'aurais surtout peur qu'apr&#232;s avoir perdu un temps pr&#233;cieux, le gouvernement am&#233;ricain &lt;strong&gt;en fasse trop&lt;/strong&gt; afin de ne plus &#234;tre critiqu&#233;.&lt;/i&gt; &#187; [&lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 9 septembre, soulign&#233; par nous] R&#233;partir &#171; trop &#187; de couvertures, &#171; trop &#187; de nourriture, &#171; trop &#187; d'eau &#187; ? Recevoir &#171; trop &#187; de secours rendrait-il les Noirs de Louisiane &#171; trop &#187; d&#233;pendants &#224; l'&#233;gard de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral, cr&#233;ant ainsi un dangereux pr&#233;c&#233;dent ? Chez Christian Rioux, le march&#233; ne remplace pas uniquement la solidarit&#233;, il tient lieu de pens&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La sant&#233; &#224; l'urgence, le priv&#233; impatient d'en d&#233;coudre</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-sante-a-l-urgence-le-prive</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-sante-a-l-urgence-le-prive</guid>
		<dc:date>2008-08-12T04:08:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:creator>


		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:subject>
		<dc:subject>Editoriaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En pleine canicule, le Comit&#233; consultatif sur la p&#233;rennit&#233; du r&#233;seau de sant&#233; et des services sociaux du Qu&#233;bec publiait son rapport Pour sortir de l'impasse : la solidarit&#233; entre nos g&#233;n&#233;rations. Le titre m&#234;me de ce rapport donne le ton : l'avenir du r&#233;seau est menac&#233; &#224; cause de la hausse des co&#251;ts li&#233;s au vieillissement de la population. Pour contrer ces menaces, il &#171; faut &#187; notamment contr&#244;ler la dette, avoir recours &#224; de nouvelles sources de financement dont des hausses de tarification (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-11-oct-nov-2005-" rel="directory"&gt;No 011 - oct. / nov. 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Privatisation-et-partenariats-+" rel="tag"&gt;Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Collectif-de-la-revue-A-babord-+" rel="tag"&gt;Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Editoriaux-+" rel="tag"&gt;Editoriaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En pleine canicule, le Comit&#233; consultatif sur la p&#233;rennit&#233; du r&#233;seau de sant&#233; et des services sociaux du Qu&#233;bec publiait son rapport &lt;i&gt;Pour sortir de l'impasse : la solidarit&#233; entre nos g&#233;n&#233;rations&lt;/i&gt;. Le titre m&#234;me de ce rapport donne le ton : l'avenir du r&#233;seau est menac&#233; &#224; cause de la hausse des co&#251;ts li&#233;s au vieillissement de la population. Pour contrer ces menaces, il &#171; faut &#187; notamment contr&#244;ler la dette, avoir recours &#224; de nouvelles sources de financement dont des hausses de tarification et de taxes, cr&#233;er un r&#233;gime d'assurance contre la perte d'autonomie et s'engager plus &#224; fond dans les PPP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes le rapport &#233;nonce, sans &#233;laborer, les effets des d&#233;veloppements technologiques et des co&#251;ts des m&#233;dicaments, mais &#224; l'heure des recommandations et des propositions, le silence s'installe sur ces enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;ni&#232;me rapport ajoute peu de nouveau aux pr&#233;c&#233;dents mais il amplifie &#224; outrance les &#171; &lt;i&gt;risques appr&#233;hend&#233;s&lt;/i&gt; &#187; et autres &#171; &lt;i&gt;d&#233;fis consid&#233;rables&lt;/i&gt; &#187; qui p&#232;sent sur le r&#233;seau. Il est question de &#171; &lt;i&gt;menace s&#233;rieuse&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;d'impasse&lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt;finances publiques sursollicit&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Les m&#234;mes mantras chers au gouvernement Charest nous sont resservis, notamment cette insistance sur le Qu&#233;bec en tant que &#171; province la plus endett&#233;e au Canada &#187;. Faut-il se surprendre ? Depuis plus de vingt ans s'&#233;labore un discours visant &#224; convaincre la population de la vuln&#233;rabilit&#233; du syst&#232;me de sant&#233;, des dangers qui menacent son existence et des sacrifices &#224; mettre en &#339;uvre pour le sauver. Et ces sacrifices, ce sont les citoyennes et les citoyens qui devront les assumer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que propose essentiellement le rapport M&#233;nard ? Que chaque personne &#171; g&#232;re &#187; sa sant&#233; en adoptant de saines habitudes de vie, en utilisant de fa&#231;on raisonnable les services disponibles et en remplissant un bas de laine pour faire face aux al&#233;as de la vieillesse. Exit l'universalit&#233;, l'accessibilit&#233;, le caract&#232;re public, l'int&#233;gralit&#233; des soins sur tout le territoire. Dor&#233;navant, l'&#233;quit&#233; se r&#233;duit &#224; &#171; &lt;i&gt;donner &#224; chacun ce qui lui est d&#251;&lt;/i&gt; &#187; en &#171; &lt;i&gt;tenant compte de la disponibilit&#233; des ressources&lt;/i&gt; &#187;. La solidarit&#233; se traduit par une assurance, &#171; &lt;i&gt;assurance contre la perte d'autonomie&lt;/i&gt; &#187;, et &#171; &lt;i&gt;la contribution de tous les segments de la soci&#233;t&#233;, individus et entreprises au financement du syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187;. La r&#233;partition des risques sur les personnes au nom de l'&#233;quit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle remplace la r&#233;partition de la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, comme le d&#233;montrent les &#233;tudes successives, ce sont les changements dans les habitudes d'utilisation des services, le co&#251;t du mat&#233;riel m&#233;dical, celui des technologies de pointe et l'explosion des co&#251;ts des m&#233;dicaments qui font gonfler les co&#251;ts de sant&#233;. Pire, c'est au Qu&#233;bec que la part du priv&#233; a augment&#233; le plus rapidement au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es. Alors pourquoi ne pas s'attaquer prioritairement &#224; ces causes ? Parce que la logorrh&#233;e de chiffres dont est farci ce rapport, loin de se situer &#171; &lt;i&gt;au-del&#224; de toute d&#233;marche id&#233;ologique&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;montre, encore une fois, l'influence perverse de l'id&#233;ologie gestionnaire sur les d&#233;cisions politiques et la volont&#233; de l'entreprise priv&#233;e de prendre le contr&#244;le des services de sant&#233;. Le rapport M&#233;nard r&#233;duit le d&#233;bat politique &#224; une &#233;vocation de suppos&#233;s &#171; probl&#232;mes budg&#233;taires et financiers &#187;, occultant ainsi les autres aspects de la vie sociale : l'&#233;conomie devient la priorit&#233;, la privatisation est signe de progr&#232;s. On souhaite carr&#233;ment que le gouvernement se transforme en pourvoyeur financier d'un r&#233;seau g&#233;r&#233; par l'entreprise priv&#233;e, laquelle ne risque rien puisqu'elle collecte directement &#224; l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lecture de ce rapport, force est de constater que le bulldozer de la privatisation acc&#233;l&#232;re la cadence. S'appuyant sur tout ce que le Canada peut compter d' &#171; &#233;vang&#233;listes du march&#233; &#187;, ces &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt; ultralib&#233;raux, le rapport M&#233;nard pousse un peu plus loin les attaques contres les institutions de l'&#201;tat et y distille l'in&#233;vitabilit&#233; du d&#233;ploiement de la logique marchande dans les services publics. Faut-il se surprendre de ce d&#233;tournement alors que les valeurs qui fondent ce rapport s'articulent autour de la compassion ? Sommes-nous condamn&#233;s au &#171; conservatisme de compassion &#187; si cher au pr&#233;sident Bush ? Que non. D&#233;j&#224; des voix dissidentes se sont &#233;lev&#233;es contre ce rapport. Refusant d'&#234;tre complices d'un tel d&#233;tournement du syst&#232;me de sant&#233; qu&#233;b&#233;cois, les organisations syndicales membres du Comit&#233; M&#233;nard, la CSD, la CSQ et la FTQ, ont refus&#233; d'ent&#233;riner les recommandations et les propositions qui nous conduisent tout droit &#224; &#171; &lt;i&gt;un r&#244;le accru du secteur priv&#233; que ce soit dans le financement des infrastructures et des technologies que dans la prestation des soins et des services&lt;/i&gt; &#187;. Pour sa part la Coalition Solidarit&#233; Sant&#233; souhaite provoquer des d&#233;bats dans toutes les r&#233;gions du Qu&#233;bec et engager des actions pour assurer la p&#233;rennit&#233; du r&#233;seau. Le R&#233;seau de vigilance en a lui aussi fait une priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Collectif d'&lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; sera actif dans ce d&#233;bat pour d&#233;fendre ce principe inali&#233;nable : la sant&#233; est un droit et non une marchandise. Ce droit n'est pas l'apanage d'une &#233;lite qui a les moyens de payer pour des services de sant&#233;. Les femmes et les hommes du Qu&#233;bec ne sont pas les &#171; clients &#187; d'un syst&#232;me mais des citoyennes et des citoyens. Nous y reviendrons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;Collectif&lt;/strong&gt; de la revue &lt;strong&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Transports, &#233;cologie et changement social</title>
		<link>https://www.ababord.org/Transports-ecologie-et-changement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Transports-ecologie-et-changement</guid>
		<dc:date>2008-07-31T18:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain, Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Casgrain, Antoine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On reste afflig&#233;, sans &#234;tre surpris, devant l'inconscience des gouvernements et des entreprises face &#224; la catastrophe permanente que constitue la d&#233;t&#233;rioration des &#233;cosyst&#232;mes. Les hausses r&#233;centes du prix du p&#233;trole et le r&#233;chauffement plan&#233;taire annoncent une crise &#233;nerg&#233;tique et &#233;cologique profonde que l'on ne fait que repousser &#224; plus tard. Cela ne semble pas perturber nos &#233;lites qui &#8211; &#224; la veille de la tenue &#224; Montr&#233;al de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Casgrain-Antoine-+" rel="tag"&gt;Casgrain, Antoine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton424.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;369&#034; height=&#034;166&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On reste afflig&#233;, sans &#234;tre surpris, devant l'inconscience des gouvernements et des entreprises face &#224; la catastrophe permanente que constitue la d&#233;t&#233;rioration des &#233;cosyst&#232;mes. Les hausses r&#233;centes du prix du p&#233;trole et le r&#233;chauffement plan&#233;taire annoncent une crise &#233;nerg&#233;tique et &#233;cologique profonde que l'on ne fait que repousser &#224; plus tard. Cela ne semble pas perturber nos &#233;lites qui &#8211; &#224; la veille de la tenue &#224; Montr&#233;al de la &lt;i&gt;Convention des Nations unies sur les changements climatiques&lt;/i&gt; (du 28 novembre au 9 d&#233;cembre 2005) &#8211; nous r&#233;p&#232;tent, sans rire, leur engagement en faveur du &#171; d&#233;veloppement durable &#187;. Ce concept fourre-tout perd cependant de son vernis &#224; la lumi&#232;re des absurdit&#233;s commises en son nom et se r&#233;v&#232;le de plus en plus pour ce qu'il est : une ineptie ou pire, une abomination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;cologique contemporaine est due en large partie &#224; l'inflation des transports des personnes et des marchandises, tant au niveau local que r&#233;gional ou international. Parmi les 10 mandats actuels du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), la moiti&#233; concerne la construction ou l'&#233;largissement de voies de transport automobile, alors que le p&#233;trole est unanimement (ou presque) reconnu comme un enjeu de conflits majeurs (Irak, Afghanistan) ou en voie de le devenir (Soudan, Tch&#233;tch&#233;nie et, bient&#244;t, le Venezuela ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dossier, qui ne pr&#233;tend pas faire le tour du sujet, la question des transports, en plus d'&#234;tre analys&#233;e sous l'angle &#233;cologique, est int&#233;gr&#233;e &#224; une critique plus large du capitalisme (voir le texte de Christian Brouillard). En effet, les transports rec&#232;lent de nombreux enjeux culturels et sociaux : la question de la soumission de l'humain &#224; l'automobile et &#224; sa propagande (voir le texte de Debora Pinheiro) et les nombreuses luttes socio-&#233;conomiques men&#233;es autour de la question des transports (voir les textes d'Antoine Casgrain, de Fran&#231;ois l'&#201;cuyer et de Ricardo Pe&#241;afiel). Enfin, on conviendra avec Serge Latouche que toute r&#233;forme de nos modes de transport doit n&#233;cessairement s'appuyer sur une refondation de nos modes de vie, sur une restructuration de nos fa&#231;ons de produire et d'&#233;changer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'empire de la honte</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-empire-de-la-honte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-empire-de-la-honte</guid>
		<dc:date>2008-07-30T18:21:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karine Peschard, Jean Ziegler</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Tiers-monde</dc:subject>
		<dc:subject>Peschard, Karine </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Ziegler, Jean</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean Ziegler, L'empire de la honte, Fayard, Paris 2005. &lt;br class='autobr' /&gt; L'empire de la honte, le dernier livre de Jean Ziegler, est un v&#233;ritable r&#233;quisitoire contre la dette. Comme l'&#233;crit Ziegler : &#171; Quiconque meurt de faim meurt assassin&#233;. Et cet assassin a pour nom la dette &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ziegler souligne comment la violence subtile de la dette s'est substitu&#233;e, sans transition, &#224; la brutalit&#233; visible du pouvoir colonial et repr&#233;sente aujourd'hui le principal instrument de domination des pays du Sud. Il y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-11-oct-nov-2005-" rel="directory"&gt;No 011 - oct. / nov. 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tiers-monde-+" rel="tag"&gt;Tiers-monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Peschard-Karine-+" rel="tag"&gt;Peschard, Karine &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ziegler-Jean-+" rel="tag"&gt;Ziegler, Jean&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton461.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;259&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean Ziegler, &lt;i&gt;L'empire de la honte&lt;/i&gt;, Fayard, Paris 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'empire de la honte&lt;/i&gt;, le dernier livre de Jean Ziegler, est un v&#233;ritable r&#233;quisitoire contre la dette. Comme l'&#233;crit Ziegler : &#171; &lt;i&gt;Quiconque meurt de faim meurt assassin&#233;. Et cet assassin a pour nom la dette&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ziegler souligne comment la violence subtile de la dette s'est substitu&#233;e, sans transition, &#224; la brutalit&#233; visible du pouvoir colonial et repr&#233;sente aujourd'hui le principal instrument de domination des pays du Sud. Il y d&#233;nonce l'absurdit&#233; meurtri&#232;re des &#171; logiques &#187; &#233;conomiques et l'hypocrisie du discours dominant : l'obsession du remboursement de la dette ne r&#233;pond en effet &#224; aucune rationalit&#233; bancaire. C'est plut&#244;t le geste visible de l'all&#233;geance au syst&#232;me, et un m&#233;canisme qui permet aux cr&#233;diteurs &#8211; gouvernements des pays industrialis&#233;s, institutions financi&#232;res internationales, banques priv&#233;es et publiques &#8211; d'imposer leurs choix et leurs priorit&#233;s en mati&#232;re de politiques sociales et &#233;conomiques. &#171; L'empire de la honte &#187;, c'est donc celui des soci&#233;t&#233;s capitalistes transcontinentales priv&#233;es qui constituent, selon Ziegler, de nouvelles f&#233;odalit&#233;s qui n'ont rien &#224; envier aux anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'empire de la honte&lt;/i&gt; n'est pas un ouvrage sur le capitalisme, et cette manie bien europ&#233;enne de tout ramener &#224; la r&#233;volution fran&#231;aise peut faire sourire, mais c'est sur la question de la dette et de la faim &#8211; et sur les liens &#233;troits qui les unissent &#8211; que Ziegler a quelque chose &#224; apporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sa qualit&#233; de rapporteur sp&#233;cial des Nations unies pour le droit &#224; l'alimentation, Ziegler parcourt le monde et b&#233;n&#233;ficie d'un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; aux lieux et aux personnes cl&#233;s. M&#234;me lorsque l'on est familier avec la probl&#233;matique de la dette et de la faim, ce livre vaut la peine d'&#234;tre lu, ne serait-ce que pour les anecdotes savoureuses &#8211; quand elles ne fr&#244;lent pas l'absurde &#8211; ou carr&#233;ment r&#233;voltantes que celui-ci rapporte. Par exemple, sur le fonctionnement interne de l'ONU et le pouvoir qu'y exercent les &#201;tats-Unis, ou encore sur des cas o&#249; famine c&#244;toie surplus de production dans d'autres r&#233;gions d'un m&#234;me pays, comme ce fut le cas en &#201;thiopie en 2004. Il faut savoir que les &#201;tats-Unis refusent de financer l'achat sur place, pr&#233;f&#233;rant &#233;couler les surplus de c&#233;r&#233;ales &#8211; g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es &#8211; des producteurs am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir abord&#233; les probl&#233;matiques de la faim et de la dette de fa&#231;on globale, Ziegler consacre deux chapitres &#224; une discussion plus approfondie sur l'&#201;thiopie et le Br&#233;sil. Si la dette et la faim sont au centre de son analyse, Ziegler aborde une multitude de sujets, des d&#233;bats entourant les OGM et le lait en poudre au r&#244;le pervers jou&#233; par les multinationales de l'agroalimentaire. Ziegler d&#233;nonce au passage l'approche privil&#233;giant l'obsession s&#233;curitaire au d&#233;triment de la lutte contre la mis&#232;re. Comme il le souligne, la violence irrationnelle des mouvements islamistes est le miroir de la barbarie des cosmocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Ziegler est d'autant plus pertinent qu'une famine aigu&#235; s&#233;vit actuellement au Niger, pays o&#249; 30 % du budget est consacr&#233; au service de la dette alors que seulement 20 % l'est aux services sociaux. Force est de reconna&#238;tre que plus de deux d&#233;cennies apr&#232;s que les travaux pionniers d'Amartya Sen aient d&#233;montr&#233; que les causes des famines sont avant tout structurelles, ces derni&#232;res continuent le plus souvent d'&#234;tre per&#231;ues et d&#233;peintes comme des catastrophes naturelles. &lt;i&gt;L'Empire de la honte&lt;/i&gt; est une contribution bienvenue &#224; une probl&#233;matique bien contemporaine. Ziegler a, heureusement, la plume et la sensibilit&#233; d'un &#233;crivain et non celle d'un technocrate. Son livre se veut un appel &#224; l'insurrection des consciences ; la honte &#233;tant selon lui, avec l'utopie, l'une des deux grandes forces de l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine Peschard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;galomanie urbaine : la spoliation des espaces publics</title>
		<link>https://www.ababord.org/Megalomanie-urbaine-la-spoliation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Megalomanie-urbaine-la-spoliation</guid>
		<dc:date>2008-07-30T18:18:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mark Douglas Lowes, M&#233;galomanie urbaine : la spoliation des espaces publics, &#201;cosoci&#233;t&#233;, Montr&#233;al, 2005. &lt;br class='autobr' /&gt; La ville d&#233;capit&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
On assiste depuis quelques ann&#233;es, dans le sillage de l'omnipr&#233;sente mondialisation capitaliste, &#224; une transformation profonde des grands centres urbains, ces derniers se r&#233;duisant &#224; ne plus &#234;tre qu'un simple espace o&#249; se d&#233;ploient &#233;v&#232;nements culturels et m&#233;gaprojets sportifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon Mark Douglas Lowes, dans son livre M&#233;galomanie urbaine, cette r&#233;duction de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-11-oct-nov-2005-" rel="directory"&gt;No 011 - oct. / nov. 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton460.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;176&#034; height=&#034;271&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mark Douglas Lowes, &lt;i&gt;M&#233;galomanie urbaine : la spoliation des espaces publics&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, Montr&#233;al, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La ville d&#233;capit&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste depuis quelques ann&#233;es, dans le sillage de l'omnipr&#233;sente mondialisation capitaliste, &#224; une transformation profonde des grands centres urbains, ces derniers se r&#233;duisant &#224; ne plus &#234;tre qu'un simple espace o&#249; se d&#233;ploient &#233;v&#232;nements culturels et m&#233;gaprojets sportifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Mark Douglas Lowes, dans son livre &lt;i&gt;M&#233;galomanie urbaine&lt;/i&gt;, cette r&#233;duction de la ville &#224; des fonctions spectaculaires s'est accompagn&#233;e d'une id&#233;ologie, celle des &#171; villes internationales &#187;. Dans cette vision, une grande ville ne peut se positionner dans la nouvelle &#233;conomie-monde qu'en tentant d'attirer le plus possible les promoteurs d'&#233;v&#233;nements culturels. Cependant, comme toute id&#233;ologie, on ne peut comprendre ce discours sans mettre au jour les facteurs &#233;conomiques, politiques ou sociaux qui sont sous-jacents. C'est ainsi qu'en parall&#232;le au processus de gentrification qui frappe les grands centres urbains et qui a pour effet de chasser les populations traditionnelles et pauvres des quartiers centraux, on assiste &#224; une importante mutation &#233;conomique, les fonctions proprement productives tendant &#224; dispara&#238;tre au profit d'activit&#233;s culturelles, touristiques et symboliques. Les retomb&#233;es de ces transformations se traduisent concr&#232;tement par l'expulsion des simples citadins et citadines au profit de classes plus ais&#233;es et de ces turbo-B&#233;cassines dont parlait Gilles Ch&#226;telet dans &lt;i&gt;Vivre et penser comme des porcs&lt;/i&gt; (Gallimard, 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces changements &#233;conomiques et sociaux, les autorit&#233;s politiques des villes se sont adapt&#233;es, rentrant ainsi dans une course effr&#233;n&#233;e en vue d'attirer le plus possible la tenue de grands projets sportifs ou culturels internationaux. L'exemple de Paris en concurrence, entre autres, avec la ville de Londres pour l'organisation des Jeux olympiques de 2012 repr&#233;sente une illustration &#233;loquente de cette chasse &#224; l'&#233;v&#233;nement. On sait ce qu'il est advenu de la candidature de Paris...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rh&#233;torique &#233;labor&#233;e par les administrations municipales pour justifier aupr&#232;s de la population l'organisation de ces spectacles, n'est pas tr&#232;s diff&#233;rente de celle avanc&#233;e par l'ensemble des instances politiques au sujet de la mondialisation capitaliste : c'est in&#233;vitable, n&#233;cessaire et cela permet des retomb&#233;es &#233;conomiques appr&#233;ciables. Dans un cas comme dans l'autre, comme le souligne Lowes, les faits ne semblent nullement confirmer ces pronostics... Par ailleurs, dans le cadre de l'organisation des grands &#233;v&#232;nements, les villes utilisent des espaces publics (terrains vacants, parcs, etc.) afin de les convertir en lieux priv&#233;s d&#233;di&#233;s &#224; la consommation. Cette conversion d'espaces publics, ouverts, en lieux priv&#233;s, clos, ne se fait pas cependant sans r&#233;sistances. Lowes d&#233;crit ainsi en d&#233;tails la mobilisation de r&#233;sidants et r&#233;sidantes de Vancouver contre la relocalisation du Molson Indy, une course automobile, dans un parc de leur quartier. Cette lutte a r&#233;ussi, non sans difficult&#233;s, &#224; faire reculer le promoteur sur ce projet et &#224; contraindre la municipalit&#233; &#224; poursuivre la d&#233;marche en vue de rendre le parc Hasting &#224; l'ensemble de la communaut&#233;. Cet exemple d'une lutte locale victorieuse est instructive &#224; plus d'un titre, ne serait-ce que parce qu'elle montre que les citadins-citadines ne sont pas encore totalement r&#233;duits &#224; n'&#234;tre que de simples consommateurs passifs face &#224; la spectacularisation de leur espace, mais qu'ils peuvent aussi devenir des sujets politiques actifs dans les affaires de la Cit&#233;. &#192; cet &#233;gard, la lecture de l'ouvrage de Mark Douglas Lowes est stimulante et esp&#233;rons qu'elle suscitera, comme on disait autrefois, bien des &#171; vocations &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand le rouge s'allie au vert</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quand-le-rouge-s-allie-au-vert</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Quand-le-rouge-s-allie-au-vert</guid>
		<dc:date>2008-07-30T18:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En jetant un regard sur l'&#233;tat de la plan&#232;te, nous ne pouvons que dresser un constat des plus accablants : d&#233;forestation acc&#233;l&#233;r&#233;e, &#233;puisement des sols, &#171; effet de serre &#187;, destruction de la couche d'ozone et changement climatique, multiplication des catastrophes &#171; naturelles &#187;, accumulation des d&#233;chets dont ceux d'origine nucl&#233;aire (avec une dur&#233;e de vie de quelques milliers d'ann&#233;es&#8230;), pollution g&#233;n&#233;tique et ogm. Ce constat sur l'&#233;tat alarmant des &#233;cosyst&#232;mes est largement partag&#233;, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En jetant un regard sur l'&#233;tat de la plan&#232;te, nous ne pouvons que dresser un constat des plus accablants : d&#233;forestation acc&#233;l&#233;r&#233;e, &#233;puisement des sols, &#171; effet de serre &#187;, destruction de la couche d'ozone et changement climatique, multiplication des catastrophes &#171; naturelles &#187;, accumulation des d&#233;chets dont ceux d'origine nucl&#233;aire (avec une dur&#233;e de vie de quelques milliers d'ann&#233;es&#8230;), pollution g&#233;n&#233;tique et ogm. Ce constat sur l'&#233;tat alarmant des &#233;cosyst&#232;mes est largement partag&#233;, de l'Organisation des Nations unies jusqu'aux simples citoyens et citoyennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quant aux causes, peu de gens mettent maintenant en doute le r&#244;le jou&#233; par les activit&#233;s humaines dans cette destruction environnementale. Notable exception, l'administration Bush, aux &#201;tats-Unis, n'y voit que des incidences dont le mode de production &#233;conomique dominant n'est aucunement responsable. Cette myopie est partag&#233;e par les grandes entreprises, dont celles du secteur &#233;nerg&#233;tique, qui n'ont de cesse de contourner ou de saboter les quelques accords internationaux, entre autres celui de Kyoto, promulgu&#233;s en vue d'att&#233;nuer les d&#233;g&#226;ts. Comme le souligne Michael Lowy dans un ouvrage r&#233;cemment publi&#233; (&lt;i&gt;&#201;cologie et socialisme&lt;/i&gt;, Paris, Syllepse, 2005), ce n'est pas c&#233;der &#224; la panique que de souligner que le saccage de l'environnement terrestre ne peut que s'acc&#233;l&#233;rer avec la course folle aux profits des grandes entreprises, course largement facilit&#233;e par les politiques n&#233;olib&#233;rales adopt&#233;es par la grande majorit&#233; des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas c&#233;der &#224; la panique mais tirer froidement une conclusion : le mode de production h&#233;g&#233;monique, le capitalisme, repr&#233;sente une formidable machine &#224; d&#233;truire l'environnement et les ressources naturelles, une machine qui, si elle n'est pas stopp&#233;e, risque d'entra&#238;ner l'humanit&#233; dans la destruction et la barbarie. Il est donc clair que rien ne changera si nous ne proc&#233;dons pas &#224; un s&#233;rieux virage, non seulement en termes de style de vie (consommation, etc.) mais aussi au niveau de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que se pose la question des alternatives &#224; proposer face &#224; la situation critique dans laquelle nous sommes engag&#233;s. La mont&#233;e du mouvement altermondialiste a certes permis l'&#233;mergence d'un acteur international qui, jusqu'&#224; un certain point, forme l'&#233;bauche d'un contre-pouvoir. Cependant, si nous savons ce &#224; quoi nous nous opposons, les propositions concr&#232;tes d'alternatives en sont encore &#224; leurs premiers balbutiements. Il est vrai qu'&#224; la suite de la chute du mur de Berlin en 1989, il fallait proc&#233;der &#224; un long bilan sans complaisance des tentatives de changement social qui ont eu lieu au cours du XXe si&#232;cle. La caricature de socialisme qui s'est d&#233;velopp&#233;e en URSS, pas plus que le capitalisme r&#233;ellement existant, n'ont su apporter une v&#233;ritable solution tant &#224; la question sociale qu'&#224; la question environnementale. Tchernobyl et la Mer d'Aral en constituent d'&#233;loquents t&#233;moignages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, entre autres choses, &#171; Du projet de dominer la nature &#187;, annexe D du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Critique de deux paradigmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par-del&#224; cette &#233;valuation des exp&#233;riences pass&#233;es, il s'agit de revoir s&#233;rieusement les conceptions th&#233;oriques ayant nourri et l&#233;gitim&#233; les processus r&#233;volutionnaires tels que les r&#233;volutions russe, espagnole ou chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, le socialisme, dans toutes ses composantes mais surtout le marxisme, s'est construit autour de l'id&#233;e du progr&#232;s, celui-ci se basant &#224; son tour sur une croissance &#233;conomique sans fin. Le &#171; d&#233;veloppement des forces productives &#187;, lib&#233;r&#233; de l'entrave des rapports de production capitalistes, &#233;tait cens&#233;, en bout de course, lib&#233;rer l'humanit&#233; de la &#171; vieille merde &#187;, pour reprendre les termes de Marx. Encore faut-il noter, au sujet des &#233;crits de ce dernier, que tout n'&#233;tait pas aussi clair, car tout en louangeant le c&#244;t&#233; positif que le d&#233;veloppement du capitalisme pouvait avoir dans un premier temps, Marx relevait avec inqui&#233;tude les effets de la production manufacturi&#232;re sur la sant&#233; des travailleurs-travailleuses ainsi que l'impact de l'agriculture sur la qualit&#233; des sols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la plupart des &#233;pigones de Marx vont r&#233;duire sa th&#233;orie &#224; l'&#233;tat de cat&#233;chisme baptis&#233; &#171; socialisme scientifique &#187;, o&#249; la domestication de la nature est un &#233;l&#233;ment essentiel dans la construction du socialisme. Cette construction relevait exclusivement de l'&#201;tat op&#233;rant au nom du prol&#233;tariat. Il apparut vite que les nouveaux &#201;tats socialistes op&#233;raient &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; le prol&#233;tariat, r&#233;alisant d'importantes avanc&#233;es industrielles, mais &#224; quel prix en termes humains et environnementaux ! Le courant anarchiste a depuis longtemps d&#233;nonc&#233; ces tendances autoritaires-centralisatrices du socialisme marxiste, basant plut&#244;t son action sur l'&#233;mergence de communes de base f&#233;d&#233;r&#233;es. Cela dit, l'id&#233;e de progr&#232;s reste encore pr&#233;gnante dans la mouvance anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vers les ann&#233;es 60 et 70 qu'un nouveau paradigme surgit, dans la foul&#233;e des luttes sociales de cette &#233;poque et de la constatation des d&#233;g&#226;ts grandissants inflig&#233;s aux &#233;cosyst&#232;mes (&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Rapport du Club de Rome, appelant &#224; une croissance z&#233;ro, para&#238;t en 1972 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les diff&#233;rents courants d'&#233;cologie politique qui ont ainsi &#233;merg&#233; remettent en cause le productivisme qui est &#224; la base des syst&#232;mes capitaliste et &#171; socialiste &#187; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;). Ce trait commun &#233;tant pos&#233;, le courant &#233;cologiste pr&#233;sente lui aussi de nombreuses tendances. Pour les tenants de la &lt;i&gt;Deep ecology&lt;/i&gt;, le probl&#232;me, c'est l'humanit&#233; en tant que telle. Pour d'autres, dont Barry Commoner ou ceux et celles qui s'inscrivent dans les courants de l'&#233;cologie sociale (avec Murray Bookchin) ou de l'&#233;co-f&#233;minisme, c'est le type de soci&#233;t&#233; o&#249; nous vivons qui est &#224; d&#233;noncer, sans pour autant d&#233;velopper une vision socialiste. Enfin, pour beaucoup d'&#233;cologistes comme Alain Lipietz en France, la tentation est forte de faire de l'&#233;cologie &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; science par excellence, celle qui r&#233;soudra tous les probl&#232;mes d'une mani&#232;re similaire au &#171; socialisme scientifique &#187; de nagu&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tableau, forc&#233;ment sommaire, &#233;tant bross&#233;, peut-on esp&#233;rer voir s'esquisser, malgr&#233; leurs contradictions internes et leurs divergences th&#233;oriques, une convergence entre le rouge du socialisme et le vert de l'&#233;cologie ? Pour certains, comme Joel Kovel, Victor Wallis et James O'Connor aux &#201;tats-Unis, Michael Lowy, Philipe Corcuff et Pierre Rousset en France ainsi que beaucoup d'autres &#224; travers le monde, cette convergence est non seulement possible, elle est n&#233;cessaire si on veut changer durablement l'ordre social. Un manifeste &#233;cosocialiste, sign&#233; autant par des personnalit&#233;s du Nord que du Sud, a &#233;t&#233; lanc&#233; il y a deux ans. Signe que les choses commencent l&#233;g&#232;rement &#224; bouger.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sous le signe de l'arc-en-ciel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'arc-en-ciel de la lib&#233;ration est pourtant au creux de vos mains.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui se rappelle &lt;i&gt;la Rainbow coalition,&lt;/i&gt; initi&#233;e aux &#201;tats-Unis durant les ann&#233;es 80 en vue d'offrir une alternative aux vieux partis ? Peu de gens, et pourtant on trouvait l&#224; l'esquisse, malgr&#233; bien des contorsions &#233;lectoralistes et r&#233;formistes, de ce qu'avance l'&#233;cosocialisme. Le th&#233;oricien marxiste fran&#231;ais Henri Lefebvre a d&#233;velopp&#233; cette id&#233;e, appelant &#224; une vaste coalition regroupant le rouge du socialisme marxiste, le mauve du f&#233;minisme, le vert de l'&#233;cologie et le noir libertaire, alliance bas&#233;e non pas sur de simples &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales mais sur une compr&#233;hension claire de l'interd&#233;pendance des diverses probl&#233;matiques et de leurs solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;cosocialisme, il est clair qu'il y a articulation entre la lutte contre le capitalisme et pour la protection de l'environnement, ne serait-ce que parce que la logique m&#234;me du capital, le profit maximum, ne peut se traduire que par un pillage sans fin de la nature. Cette articulation ne se fera cependant que par une remise en cause des notions de progr&#232;s et de croissance. Sans aller jusqu'&#224; l'asc&#233;tisme, des mesures concr&#232;tes peuvent d'ores et d&#233;j&#224; &#234;tre prises comme la valorisation des &#233;nergies douces et renouvelables, un accent plus fort sur le transport public, l'abolition de la dette du Tiers monde ou une l&#233;gislation plus s&#233;v&#232;re &#224; l'endroit des entreprises pollueuses. Ces mesures, en soi, ne sont pas &#171; r&#233;volutionnaires &#187; mais elles constituent autant de grains de sable dans la machine du capital et permettent, &#224; terme, la construction d'un rapport de force. Par ailleurs, l'&#233;cologie politique doit int&#233;grer plus fortement la dimension sociale dans sa vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas l&#224; des prescriptions qui permettraient de tracer l'autoroute conduisant vers des lendemains radieux. Des autoroutes, il y en a trop et elles ne conduisent nulle part, comme on a pu le voir durant le si&#232;cle tragique que nous venons de quitter. Il s'agit d'ouvrir, humblement, un simple chemin, sans savoir d'avance les r&#233;sultats ultimes, tant il est vrai que &#171; &lt;i&gt; le chemin se construit en marchant&lt;/i&gt; &#187; (Antonio Machado).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, entre autres choses, &#171; Du projet de dominer la nature &#187;, annexe D du livre de Michel Barillon, &lt;i&gt;D'un mensonge d&#233;concertant &#224; l'autre&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 1999, pp. 129-132.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &lt;i&gt;Rapport du Club de Rome&lt;/i&gt;, appelant &#224; une croissance z&#233;ro, para&#238;t en 1972 alors que le livre pionnier de Barry Commoner, &lt;i&gt;L'encerclement&lt;/i&gt;, sort en 1971. Andr&#233; Gorz, pour sa part, publie, en 1975, &lt;i&gt;&#201;cologie et politique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;mocratie contre capitalisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Democratie-contre-capitalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Democratie-contre-capitalisme</guid>
		<dc:date>2008-07-30T18:07:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Thomas Coutrot, D&#233;mocratie contre capitalisme, La Dispute, Paris, 2005, 236 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; Le retour de l'autogestion &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous vivons une &#233;poque paradoxale. Alors que les dirigeants de la plan&#232;te, George Bush Jr en t&#234;te, ne cessent de proclamer que la d&#233;mocratie est en pleine expansion, jamais n'avons-nous autant assist&#233; &#224; un approfondissement de la d&#233;saffection des populations envers le spectacle d&#233;mocratique, celle-ci se traduisant par de fortes abstentions aux &#233;lections ainsi qu'un sentiment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-11-oct-nov-2005-" rel="directory"&gt;No 011 - oct. / nov. 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton458.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;278&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Thomas Coutrot, &lt;i&gt;D&#233;mocratie contre capitalisme&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2005, 236 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour de l'autogestion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons une &#233;poque paradoxale. Alors que les dirigeants de la plan&#232;te, George Bush Jr en t&#234;te, ne cessent de proclamer que la d&#233;mocratie est en pleine expansion, jamais n'avons-nous autant assist&#233; &#224; un approfondissement de la d&#233;saffection des populations envers le spectacle d&#233;mocratique, celle-ci se traduisant par de fortes abstentions aux &#233;lections ainsi qu'un sentiment d'impuissance et de d&#233;go&#251;t face &#224; la classe politicienne. Pour Thomas Coutrot, &#233;conomiste et membre d'ATTAC, dans son ouvrage &lt;i&gt;D&#233;mocratie contre capitalisme&lt;/i&gt;, ce paradoxe n'est qu'apparent. De fait, si les formes de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative se sont r&#233;pandues de par le monde, favoris&#233;es souvent par les multiples interventions de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, ce cadre formel se vide de tout contenu sous l'impact des politiques n&#233;olib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res repr&#233;sentent la r&#233;ponse que le patronat et ses id&#233;ologues ont &#233;labor&#233;e pour surmonter la crise de contr&#244;le social que le syst&#232;me a subie au cours des ann&#233;es 60 et 70. En arrimant &#233;troitement les prises de d&#233;cision aux int&#233;r&#234;ts des entreprises, via les privatisations, d&#233;r&#232;glementations et d&#233;r&#233;gulations, le n&#233;olib&#233;ralisme a subordonn&#233; le politique &#224; des instances essentiellement non-d&#233;mocratiques. Par ailleurs, les strat&#233;gies du capital en vue de &#171; flexibiliser &#187; les salari&#233;es (pr&#233;carisation, multiplication des statuts, d&#233;localisations, etc.) conduit &#224; briser les anciennes solidarit&#233;s de classe et les communaut&#233;s, aggravant d'autant le sentiment d'isolement et de perte de rep&#232;res, cr&#233;ant un terrain propice aux int&#233;grismes de tout poil et aux politiques &#171; s&#233;curitaires &#187;. La naissance du mouvement altermondialiste, &#224; la fin des ann&#233;es 90, a certes permis de voir un acteur, multiforme et international, contester l'h&#233;g&#233;monie du capital. Cependant, cet acteur, &#224; cause de sa pluralit&#233;, est tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne et travers&#233; de contradictions : pour certains groupes ou ONG, il s'agit d'humaniser et de r&#233;guler le capitalisme ; pour d'autres, il s'agit de carr&#233;ment sortir de ce mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Coutrot, l'&#233;l&#233;ment fondamental qui se d&#233;gage malgr&#233; tout des diverses pratiques du mouvement altermondialiste, c'est une volont&#233; de remettre l'&#233;conomique au pas, de le soumettre &#224; une logique d&#233;mocratique qui, ultimement, puisse d&#233;boucher sur une r&#233;actualisation du projet autogestionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le dossier &#171; Sortir du capitalisme &#187;, &#192; b&#226;bord !, No. 6, Oct.-Nov. 2004.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'autogestion constitue une extension de la d&#233;mocratie dans la sph&#232;re &#233;conomique, permettant de revivifier les structures repr&#233;sentatives. Encore faut-il reprendre le d&#233;bat, laiss&#233; en plan durant les ann&#233;es 80 au moment o&#249; le n&#233;olib&#233;ralisme monopolisait le champ id&#233;ologique, pour d&#233;broussailler ce que l'autogestion, pratiquement, peut signifier. Entre le &#171; socialisme de march&#233; &#187; et l'&#233;conomie participative (promue entre autres par Michael Albert), Coutrot penche vers un socialisme autogestionnaire qui articulerait Plan (intervention de l'&#201;tat), march&#233; et autogestion. Il va de soi que pour l'auteur, les id&#233;es de Plan et de march&#233; doivent &#234;tre radicalement repens&#233;es dans le sens de laisser la plus large place &#224; la participation populaire. Comme il conclut lui-m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;le seul clivage pertinent, dans la gauche internationale, s&#233;pare ceux qui veulent am&#233;nager l'actuel ordre n&#233;olib&#233;ral&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;de ceux qui visent de nouvelles avanc&#233;es d&#233;mocratiques recherchant la participation active des citoyens aux d&#233;cisions qui les concernent...&lt;/i&gt; &#187;. C'est dans le retour de l'autogestion que pourront se r&#233;actualiser la d&#233;mocratie et le socialisme, seule alternative &#224; la barbarie n&#233;olib&#233;rale capitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le dossier &#171; Sortir du capitalisme &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, No. 6, Oct.-Nov. 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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