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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Reconnaissance l&#233;gale du droit de gr&#232;ve &#233;tudiant - Contre</title>
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		<dc:date>2012-06-06T13:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonathan Leblanc</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Leblanc, Jonathan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors du congr&#232;s de mars 2011, Qu&#233;bec solidaire a adopt&#233; &#224; la majorit&#233; deux r&#233;solutions ayant notamment pour effet de reconna&#238;tre constitutionnellement, ou quasi constitutionnellement, le droit de gr&#232;ve politique, notamment aux &#233;tudiants et &#233;tudiantes. Cette r&#233;solution fait de Qu&#233;bec solidaire le seul parti provincial &#224; reconna&#238;tre un tel droit &#224; la population &#233;tudiante. Malgr&#233; une adh&#233;sion de principe au droit de gr&#232;ve, peu de personnes dans la gauche qu&#233;b&#233;coise se sont pench&#233;es sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-44-avril-mai-2012-" rel="directory"&gt;No 044 - avril / mai 2012&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Leblanc-Jonathan-+" rel="tag"&gt;Leblanc, Jonathan&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1320.gif?1642092132' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;333&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors du congr&#232;s de mars 2011, Qu&#233;bec solidaire a adopt&#233; &#224; la majorit&#233; deux r&#233;solutions ayant notamment pour effet de reconna&#238;tre constitutionnellement, ou quasi constitutionnellement, le droit de gr&#232;ve politique, notamment aux &#233;tudiants et &#233;tudiantes. Cette r&#233;solution fait de Qu&#233;bec solidaire le seul parti provincial &#224; reconna&#238;tre un tel droit &#224; la population &#233;tudiante. Malgr&#233; une adh&#233;sion de principe au droit de gr&#232;ve, peu de personnes dans la gauche qu&#233;b&#233;coise se sont pench&#233;es sur les impacts de l'application de cette revendication. En effet, qu'implique la reconnaissance d'un tel droit ? Qui serait responsable de l'appliquer ? Engagerait-il le mouvement &#233;tudiant dans un processus de judiciarisation qui a, dans une certaine mesure, emp&#234;tr&#233; le mouvement syndical depuis les ann&#233;es 1980 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode de mobilisation &#233;tudiante, Alexandre Leduc et Jonathan Leblanc, deux anciens militants &#233;tudiants qui &#233;voluent maintenant dans le milieu syndical, vous pr&#233;sentent respectivement le pour et le contre de cette proposition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux congr&#232;s, cinquante ans de distance, un m&#234;me acte militant est en question : le droit de gr&#232;ve &#233;tudiant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quoique ceci ne soit pas l'objet principal de ce texte, il est &#224; noter qu'il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'UGEQ se le donne face &#224; l'&#201;tat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexandre Leduc (2010). &#171; UGEQ : centrale syndicale &#233;tudiante &#187; : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un geste d'autonomie. Qu&#233;bec solidaire veut le reconna&#238;tre l&#233;galement. Dans les lignes qui suivent, nous nous opposons &#224; cette reconnaissance, et ce, pour trois motifs principaux : la distorsion potentielle du lien politique, le danger de judiciarisation et son inutilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De prime abord, cette r&#233;flexion pose la question du positionnement du mouvement &#233;tudiant vis-&#224;-vis de l'&#201;tat. &#192; ce sujet, je crois que la soci&#233;t&#233; change positivement par les tensions diverses. La gr&#232;ve vise &#224; perturber par une pression directe, indirecte et symbolique. Or, la reconnaissance d'un droit par l'&#201;tat implique n&#233;cessairement son encadrement par le corpus l&#233;gislatif et jurisprudentiel, c'est-&#224;-dire par des juges qui n'ont que peu souvent connus la rue et les pancartes. N'en d&#233;plaise &#224; Qu&#233;bec solidaire, ce droit serait la cible des gouvernements de droite qui succ&#233;deraient immanquablement &#224; son hypoth&#233;tique mandat. N'oublions pas que la pr&#233;s&#233;ance l&#233;gislative est pr&#233;serv&#233;e dans notre Constitution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple : article 1 (clause justificative) et 33 (clause &#171; nonobstant &#187;) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui fait en sorte qu'il n'y a pas d'acquis en droit, l'action judiciaire n'&#233;tablissant qu'un garde-fou aux reculs en mati&#232;re sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La reconnaissance l&#233;gale au d&#233;triment de la l&#233;gitimit&#233; morale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du mouvement syndical est une illustration int&#233;ressante du fait que l'investissement dans la sph&#232;re juridique se fait au d&#233;triment du militantisme. Dans ce mouvement, le droit est devenu pour les salari&#233;es une sorte de transcendance &#233;nonc&#233;e par les mystiques juristes. De la l&#233;gitimit&#233; morale que se reconnaissaient les travailleurs et travailleuses, nous sommes pass&#233;s &#224; la recherche de la l&#233;gitimit&#233; juridique. &#192; titre d'illustration, j'ai beaucoup plus souvent entendu de la part des salari&#233;es que je desservais comme conseiller syndical &#171; &lt;i&gt;avons-nous le droit de&#8230; &lt;/i&gt; &#187;, plut&#244;t que &#171; &lt;i&gt;nous voulons le droit de&#8230;&lt;/i&gt; &#187;. Du m&#234;me fait, la judiciarisation de ce mouvement a engendr&#233; la n&#233;cessit&#233; d'une large infrastructure que le mouvement &#233;tudiant n'a pas les moyens de s'offrir, toute proportion gard&#233;e quant &#224; leurs champs d'intervention. Et ainsi s'op&#232;re la translation de la prise autonome de puissance des travailleuses et travailleurs, &#224; la d&#233;pendance et l'embourbement dans l'illusion juridique. Dans cette optique, cette reconnaissance placerait donc le mouvement &#233;tudiant devant le risque de voir ses &#233;nergies pour d&#233;fendre ce droit migrer du d&#233;bat retentissant de la rue aux murs insonoris&#233;s des tribunaux. Or, le groupe contestataire, celui qui se pose vis-&#224;-vis de l'&#201;tat et qui tire sa l&#233;gitimit&#233; de ses propres principes, est essentiel pour une d&#233;mocratie minimale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est logique de se demander si l'&#201;tat pourrait d&#233;j&#224; interdire aux &#233;tudiantes d'exercer la gr&#232;ve. Je ne le crois gu&#232;re. Notons &#224; ce sujet que dans les derni&#232;res d&#233;cennies, le gouvernement s'est limit&#233; &#224; des mesures administratives pour g&#233;rer les cons&#233;quences de la gr&#232;ve, &#233;vitant la strat&#233;gie courante dans le domaine du travail de la loi sp&#233;ciale et du d&#233;cret. Dans l'expectative d'une telle mesure, je crois que l'importance sociopolitique de la gr&#232;ve &#233;tudiante dans les soci&#233;t&#233;s occidentales inscrit celle-ci dans une sorte de &#171; coutume &#187; ; on pourrait alors d&#233;fendre juridiquement son exercice en en appelant aux libert&#233;s d'expression et d'association d&#233;j&#224; reconnues. J'ajouterais que l'&#233;tat des choses fait en sorte que les &#233;tudiantes et &#233;tudiants ne sont jamais sanctionn&#233;s officiellement par les institutions pour avoir exerc&#233; la gr&#232;ve, mais pour d'autres motifs qu'une reconnaissance de ce droit ne pourrait pas &#233;carter (m&#233;faits, acte de &#171; violence &#187; r&#233;elle ou per&#231;ue, etc.). Il en est de m&#234;me pour les strat&#233;gies sournoises de harc&#232;lement &#8211; souvent trop intangibles pour &#234;tre judiciaris&#233;es &#8211; exerc&#233;es envers les militantes par les institutions scolaires. Ceci d&#233;montre l'inutilit&#233; d'une telle reconnaissance contrairement au droit du travail, o&#249; il est n&#233;cessaire de prot&#233;ger les travailleurs et les travailleuses contre les sanctions du patronat qui tient leur emploi entre ses mains.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Susciter la participation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, selon ses d&#233;fenseurs, cette reconnaissance permettrait de lib&#233;rer des forces vives. De quelles forces parlons-nous ? Probablement celles des habitu&#233;es et des &#233;lues qui ont l&#233;gitimement besoin de temps pour organiser les divers rassemblements n&#233;cessaires au fonctionnement de la gr&#232;ve. &#192; l'inverse de cette proposition, n'oublions pas que l'exp&#233;rience du militantisme &#233;tudiant est pour plusieurs la premi&#232;re &#233;cole de la contestation. La lev&#233;e de cours est aussi souvent sa porte d'entr&#233;e, attirant des &#233;tudiantes qui ignorent tout des structures associatives et qui ne font pas partie de ce milieu militant difficilement accessible par ses barri&#232;res culturelles. En effet, plusieurs ont pos&#233; ce premier geste simple de participation dans l'&#233;lan du moment, suite &#224; un appel en fin d'assembl&#233;e. En fait, cette activit&#233; inscrit l'&#233;tudiant et l'&#233;tudiante dans l'impression positive de faire partie du mouvement, dans un moment o&#249; l'&#233;nergie de l'action est ressentie de fa&#231;on beaucoup plus convaincante que lors des soporifiques mais n&#233;cessaires assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. La lev&#233;e de cours et le piquetage ne sont pas de l'&#233;nergie perdue, mais bien un lieu de communication et de communautarisation des &#233;tudiantes. Et ceci n'est pas l'expression de la &#171; th&#233;orie du pire &#187;, mais bien le rappel du r&#244;le primordial de la militance de terrain, dont l'&#233;chec de la tentative de gr&#232;ve de 2007 constitue une d&#233;monstration &#233;vidente : les leaders &#233;tudiantes enferm&#233;es dans leurs r&#233;unions ont alors oubli&#233; qu'un mouvement se construit par la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, il s'agit donc ici de ne pas r&#233;veiller le chat qui dort par une mesure ayant un impact seulement symbolique, et de laisser aux &#233;tudiantes le droit de d&#233;cider de la l&#233;gitimit&#233; de leur gr&#232;ve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quoique ceci ne soit pas l'objet principal de ce texte, il est &#224; noter qu'il serait opportun de faire la distinction entre un droit et une libert&#233; de gr&#232;ve. Le droit exprimant une obligation positive de l'&#201;tat dans la mise en place et la protection des conditions d'exercices, le concept de libert&#233; refl&#233;tant plut&#244;t une interdiction d'entraves pour l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alexandre Leduc (2010). &#171; UGEQ : centrale syndicale &#233;tudiante &#187; : l'id&#233;ologie syndicale au sein du mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois des ann&#233;es 1960 &#187;, M.A. UQAM, Montr&#233;al. Disponible en ligne au &lt;span class='ressource spip_in'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.archipel.uqam.ca/3539/1/M11563.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.archipel.uqam.ca/3539/1/M11563.pdf&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple : article 1 (clause justificative) et 33 (clause &#171; nonobstant &#187;) de la Charte canadienne des droits et libert&#233;s ; article 9 (clause justificative) de la Charte qu&#233;b&#233;coise des droits et libert&#233;s de la personne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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