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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Cent jours de lumi&#232;re dans la grande noirceur</title>
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		<dc:date>2008-07-20T18:04:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Lagrenade</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Lagrenade, Pierre </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il existe &#224; Salaberry-de-Valleyfield une coalition intersyndicale dont le nom est COTON 46. Les organisations r&#233;gionales de la FTQ, de la CSN, de la CSQ, du SFPQ et de la FIIQ ont choisi cette appellation afin de maintenir le souvenir de la gr&#232;ve de 1946 men&#233;e par les ouvriers et ouvri&#232;res de la Montreal Cottons. Pour perp&#233;tuer la m&#233;moire de cette lutte, COTON 46 a lanc&#233; une souscription aupr&#232;s des syndicats du Qu&#233;bec et de la population locale afin d'&#233;riger, au c&#339;ur de la ville, juste en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-16-oct-nov-2006-" rel="directory"&gt;No 016 - oct. / nov. 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton217.jpg?1642092177' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;272&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il existe &#224; Salaberry-de-Valleyfield une coalition intersyndicale dont le nom est COTON 46. Les organisations r&#233;gionales de la FTQ, de la CSN, de la CSQ, du SFPQ et de la FIIQ ont choisi cette appellation afin de maintenir le souvenir de la gr&#232;ve de 1946 men&#233;e par les ouvriers et ouvri&#232;res de la &lt;i&gt;Montreal Cottons&lt;/i&gt;. Pour perp&#233;tuer la m&#233;moire de cette lutte, COTON 46 a lanc&#233; une souscription aupr&#232;s des syndicats du Qu&#233;bec et de la population locale afin d'&#233;riger, au c&#339;ur de la ville, juste en face de l'ancienne usine convertie en Centre des congr&#232;s, un monument comm&#233;moratif. Confi&#233; &#224; la r&#233;alisation des sculpteurs Reynald Pich&#233; et Denis Poirier, ce monument pr&#233;sente une femme, un homme et un enfant prenant leur envol vers la Baie Saint-Fran&#231;ois. On souligne ainsi le fait qu'en 1946, des familles enti&#232;res employ&#233;es par la &lt;i&gt;Montreal Cottons&lt;/i&gt; r&#233;ussissaient &#224; imposer le r&#232;glement d'une premi&#232;re convention collective &#224; leurs exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Valleyfield, la ville d'une compagnie
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre l'importance de cette gr&#232;ve, il faut se remettre dans le contexte de l'&#233;poque. Vers la fin du XIXe si&#232;cle, la ville de Salaberry-de-Valleyfield s'est construite autour de l'usine de la &lt;i&gt;Montreal Cottons&lt;/i&gt;. Les conditions de travail y &#233;taient particuli&#232;rement p&#233;nibles : des familles enti&#232;res, femmes et enfants compris, y travaillaient six jours par semaine dans des conditions d'humidit&#233; et d'insalubrit&#233; &#233;pouvantables. Au d&#233;but, les pi&#232;tres salaires &#233;taient donn&#233;s non pas aux individus, mais &#224; la famille, selon le nombre de personnes travaillant &#224; l'usine. On vivait dans des logements qui appartenaient &#224; la compagnie. On achetait les provisions au magasin et le lait &#224; la ferme de l'entreprise. Quant &#224; l'&#233;lectricit&#233;, elle &#233;tait fournie par la centrale de la compagnie. Les dirigeants de l'entreprise contr&#244;laient, &#224; toutes fins pratiques, l'ensemble de la ville et son conseil municipal. Lorsque les inspecteurs f&#233;d&#233;raux visitaient l'usine, les patrons &#233;taient avertis et faisaient cacher les enfants dans les bo&#238;tes de coton. De la haute direction jusqu'aux contrema&#238;tres, on &#233;tait unilingue anglais. La totalit&#233; des ouvri&#232;res et ouvriers, les &lt;i&gt;mill hands&lt;/i&gt; comme on les appelaient, &#233;taient francophones et avaient int&#233;r&#234;t &#224; savoir d&#233;chiffrer les ordres qu'ils recevaient en anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1930, la &lt;i&gt;Montreal Cottons&lt;/i&gt; de Valleyfield &#233;tait devenue le ch&#226;teau fort du consortium de la &lt;i&gt;Dominion Textile&lt;/i&gt;. De fait, elle repr&#233;sentait la plus importante usine de textile au Canada. Plus de 3 000 personnes y travaillaient. De nombreux conflits et tentatives de syndicalisation ont jalonn&#233; l'histoire de l'entreprise. Les propri&#233;taires de l'usine de Valleyfield, aid&#233;s par l'arm&#233;e, la police, les juges et le clerg&#233;, avaient toujours r&#233;ussi &#224; m&#226;ter les r&#233;voltes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une longue et patiente campagne d'organisation &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1942, Kent Rowley, jeune organisateur syndical de Montr&#233;al, est envoy&#233; &#224; Valleyfield pour aider les ouvriers de l'usine d'armement (la future &lt;i&gt;Expro&lt;/i&gt;) &#224; se syndicaliser. Il est alors stup&#233;fi&#233; par le contr&#244;le que les dirigeants de la &lt;i&gt;Montreal Cottons&lt;/i&gt; exercent sur la ville et par les horribles conditions de travail pr&#233;valant &#224; l'usine. Kent Rowley rencontre Treffl&#233; Leduc, un vieil ouvrier &#224; l'emploi de l'usine depuis l'&#226;ge de 12 ans, qui s'&#233;tait d&#233;j&#224; signal&#233; dans les diff&#233;rentes luttes men&#233;es au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Avec l'aide et l'exp&#233;rience de ce travailleur, Rowley entreprend une campagne d'adh&#233;sion aux &lt;i&gt;Ouvriers unis du textile d'Am&#233;rique&lt;/i&gt;. Apr&#232;s plusieurs mois d'organisation, le syndicat est accr&#233;dit&#233; par le gouvernement f&#233;d&#233;ral, comme c'&#233;tait l'obligation au cours de la guerre de 1939-1945. Des n&#233;gociations sont alors ouvertes avec la compagnie qui ne veut, &#233;videmment, rien savoir du syndicat. Comme il est interdit de faire gr&#232;ve en pleine p&#233;riode de guerre, ce qui prive le syndicat de tout moyen de pression, le d&#233;couragement gagne un certain nombre de militantes et de militants. Kent Rowley, aid&#233; de Madeleine Parent et de Treffl&#233; Leduc, travaille pendant quatre ann&#233;es &#224; remobiliser les salari&#233;es. Dans des petites r&#233;unions de cuisine et des assembl&#233;es au local du syndicat, on discute des am&#233;liorations &#224; apporter aux conditions de travail. Les femmes, qui travaillent en grand nombre dans l'usine, sont particuli&#232;rement int&#233;ress&#233;es par l'adoption d'une r&#232;gle d'anciennet&#233; leur permettant de contrer le harc&#232;lement des contrema&#238;tres. Ces derniers ont alors coutume, quand les femmes r&#233;sistent &#224; leurs avances, de les menacer d'un transfert sur des machines plus p&#233;nibles et moins payantes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La grande noirceur du gouvernement de Duplessis
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le droit de gr&#232;ve &#233;tant r&#233;cup&#233;r&#233; avec la fin de la guerre, c'est le 1er juin 1946 que les syndicats des usines de textile de Montr&#233;al et de Valleyfield d&#233;cident, ensemble, de d&#233;clencher un d&#233;brayage pour forcer la compagnie &#224; n&#233;gocier leurs conditions de travail et de vie. Pour les usines de Montr&#233;al, la compagnie offre un r&#232;glement, mais il n'est pas question de reconna&#238;tre l'existence d'un syndicat dans son ch&#226;teau fort de Valleyfield. Les syndiqu&#233;es de Valleyfield acceptent alors que leurs camarades de Montr&#233;al mettent fin &#224; leur gr&#232;ve et d&#233;cident de poursuivre seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#232;che avec les dirigeants de la compagnie, Duplessis ordonne &#224; ses juges de refuser de reconna&#238;tre un syndicat accr&#233;dit&#233; par Ottawa, de d&#233;clarer ill&#233;gale la gr&#232;ve de Valleyfield et d'y interdire le piquetage. Soup&#231;onn&#233;s d'&#234;tre des communistes, Kent Rowley et Madeleine Parent deviennent les ennemis jur&#233;s de Duplessis. Le clerg&#233; n'est pas en reste : le cardinal L&#233;ger, alors vicaire de l'&#233;v&#234;ch&#233; de Valleyfield, se sert de ses sermons du dimanche pour alimenter la r&#233;pression contre les gr&#233;vistes. Un noyau d'&#233;tudiants du coll&#232;ge, affili&#233; aux Jeunesses &#201;tudiantes Catholiques, va d'ailleurs saccager le local des gr&#233;vistes. De son c&#244;t&#233;, la police provinciale est d&#233;p&#234;ch&#233;e &#224; Valleyfield pour pr&#234;ter main-forte &#224; la milice priv&#233;e de la compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La mobilisation des ouvri&#232;res et des ouvriers
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me que ne se d&#233;clenche la gr&#232;ve, le courant populaire de r&#233;volte contre la compagnie &#233;tait tel qu'un nouveau maire, Robert Cauchon, &#233;tait &#233;lu avec l'appui des ouvri&#232;res et ouvriers de l'usine. Sous les pressions de la population, le chef de police de la ville, connu pour &#234;tre au service de l'entreprise, &#233;tait cong&#233;di&#233;. C'&#233;tait pour se retrouver, d&#232;s le lendemain, chef de la milice priv&#233;e de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscients que le support de la population &#233;tait essentiel &#224; la victoire, chaque dimanche soir, les organisateurs du syndicat organisent une assembl&#233;e publique sur la place du march&#233;. De leur c&#244;t&#233;, les m&#232;res et les &#233;pouses des gr&#233;vistes mettent sur pied l'organisation des Dames auxiliaires du syndicat. L&#233;a Duval, m&#232;re de deux fils et d'une fille gr&#233;vistes, en est l'animatrice. Ces femmes rencontrent les cultivateurs et les commer&#231;ants de la r&#233;gion pour alimenter la cantine des gr&#233;vistes, calment les propri&#233;taires qui ne re&#231;oivent plus le loyer des familles de gr&#233;vistes et accompagnent les dirigeants du syndicat dans toutes leurs d&#233;marches.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La journ&#233;e du 13 ao&#251;t
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voyant que le moral des gr&#233;vistes ne s'&#233;mousse pas, la compagnie organise un grand coup pour le 13 ao&#251;t, de connivence avec les cur&#233;s des paroisses de Valleyfield. Une messe matinale est c&#233;l&#233;br&#233;e, regroupant de petits contingents de briseurs de gr&#232;ve qui, par la suite, se dirigent en procession vers l'usine. Attendus &#224; la porte par la police provinciale, ils p&#233;n&#232;trent dans l'entreprise et, ensuite, furent pris en charge par la milice priv&#233;e de la compagnie. Inform&#233;s que les patrons, cherchant &#224; briser la combativit&#233; des gr&#233;vistes, entendent faire sortir les briseurs de gr&#232;ve pour l'heure du d&#238;ner et les faire revenir par la suite, les dirigeants du syndicat mettent en branle la mobilisation populaire. Les gr&#233;vistes sont appel&#233;s &#224; se pr&#233;senter devant l'usine pour 11 heures. Les Dames auxiliaires font passer le mot par les livreurs de lait, de glace et de pain, si bien qu'&#224; 11 heures pr&#233;cises, ce sont plus de 5,000 personnes qui sont rassembl&#233;es aux diff&#233;rentes portes de l'usine. Sur le coup de midi, la police provinciale tente, sans succ&#232;s, d'ouvrir un passage pour laisser sortir les briseurs de gr&#232;ve. Devant la r&#233;sistance des manifestants, la police se met &#224; lancer des grenades lacrymog&#232;nes, auxquelles r&#233;pondent les pierres des manifestants. D&#233;bord&#233;, le capitaine Labb&#233; de la police provinciale hisse un drapeau blanc et demande &#224; parlementer avec les manifestants. Kent Rowley, accompagn&#233; d'un repr&#233;sentant du syndicat et de deux membres des Dames auxiliaires, va n&#233;gocier l'entente suivante : la police provinciale escortera le chef de la milice priv&#233;e de la compagnie (ancien chef de police de la ville) et ses fiers-&#224;-bras hors des limites de la ville, tandis que les officiers syndicaux, de leur c&#244;t&#233;, accompagneront les briseurs de gr&#232;ve jusqu'&#224; leur domicile avec la promesse que l'usine restera ferm&#233;e jusqu'&#224; la fin de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui suivirent, Kent Rowley est arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233;. C'est alors Madeleine Parent, &#233;galement sous le coup d'une arrestation, forc&#233;e ainsi d'&#234;tre dans la clandestinit&#233;, qui prendra pendant trois semaines la direction de la gr&#232;ve. La d&#233;termination des gr&#233;vistes &#233;tant plus forte que jamais, la compagnie est oblig&#233;e de n&#233;gocier une entente qui, trois semaines plus tard, est ent&#233;rin&#233;e par le syndicat : la compagnie accepte de n&#233;gocier une premi&#232;re convention collective &#224; condition qu'une fois retourn&#233;s &#224; l'usine, les travailleurs se soumettent &#224; un vote d'all&#233;geance syndicale supervis&#233; par le minist&#232;re du Travail afin de confirmer ou non la repr&#233;sentativit&#233; du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille du vote, le syndicat menace de boycott les repr&#233;sentants du minist&#232;re si les bo&#238;tes de scrutin et la votation ne sont pas surveill&#233;es par des repr&#233;sentants du syndicat autant que par les repr&#233;sentants de l'union de boutique mise sur pied par la compagnie. Le vote se tient donc &#224; l'usine, de 6 heures le matin &#224; 19 heures. Dans la soir&#233;e, le maire de Valleyfield r&#233;ussit &#224; rejoindre Madeleine Parent pour se plaindre du fait que plus de 1 500 cyclistes mass&#233;s autour du Palais de Justice emp&#234;chent les repr&#233;sentants du minist&#232;re, venus faire le comptage des voix, d'en sortir. Madeleine Parent l'assure qu'une fois connus les r&#233;sultats du vote, les officiers du syndicat iraient convaincre les cyclistes de lib&#233;rer le Palais de Justice. Quelques minutes plus tard, on apprend que le syndicat choisi par les travailleurs avait gagn&#233; par deux tiers des voix.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un des premiers coups de clairon de la R&#233;volution tranquille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En plus de la reconnaissance du syndicat de leur choix et de la conclusion d'une premi&#232;re convention collective, la lutte des cent jours de l'&#233;t&#233; 1946 a ouvert la voie &#224; la syndicalisation de l'ensemble des usines de la r&#233;gion. Les patrons ont compris qu'il &#233;tait p&#233;rilleux de s'opposer &#224; des travailleurs d&#233;termin&#233;s. La gr&#232;ve de 1946 a &#233;galement contribu&#233; &#224; l'essor de l'ensemble du peuple qu&#233;b&#233;cois en s'opposant au gouvernement, &#224; la police et aux juges du r&#233;gime de Duplessis, ainsi qu'au pouvoir du clerg&#233; et de la petite bourgeoisie locale. Les gr&#233;vistes de 1946 ont sonn&#233; l'un des premiers coups de clairon annonciateurs de la R&#233;volution tranquille. Dans les maisons des familles tr&#232;s catholiques des gr&#233;vistes, il n'&#233;tait pas rare de voir les portraits de Kent Rowley et de Madeleine Parent accroch&#233;s &#224; c&#244;t&#233; du crucifix. Les ouvri&#232;res et ouvriers de Valleyfield ont pris leur situation en main. Ce ne sont ni les cur&#233;s, ni les autorit&#233;s, quelles qu'elles soient, qui sont en mesure, hier comme aujourd'hui, de leur dire quoi penser et quoi faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Lagrenade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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